‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 31 sur 128 · ÈRE ROMANE SECONDAIRE (BATTANTS DB PORTES · texte numérisé non relu

ÈRE ROMANE SECONDAIRE (BATTANTS DB PORTES

Ces portes sont couvertes de sculptures, taillées dans la masse du bois. Les ornements ont été peints (rouge, bleu, etc.) et même dorés.

On y voit des sujets tirés de rÉcriture, et des vers léonins expliquent ces divers sujets.

Je donne (p. 856) Tesquisse de la porte de La Voulte-Chilhac, telle que Ta figurée M. Ajrmar, dans les Mémoires de la Société académique de la Haute-Loire. Évidemment elle a dans son ornementation quelque chose d^exotique et d*oriental. Cette porte avait été rectangulaire dans Torigine ; plus tard, on Ta adaptée à une ouverture ogivale, œ qui a fait disparaître, vers le haut, une partie des ornements et des inscriptions.

On voit dans la partie supérieure une croix à branches égales et pattées, et en-dessous, plusieurs bandes horizontales diversement ornées d^inscriptions , de rinceaux , de fleurons ou d*arabesques ; une assex large bordure encadre le tout.

Au milieu de la porte on lit, disposés en trois lignes, les deux hexamètres léonins suivants :

HIO TIBI RIX BBOITM HOC CONDIDIT ODILO TBMPLUM ; A6MINIBUS 8UPBRIS QOBII MISCUIT AnBlTBR ORBIJW

« La fiicture de ces vers , dit M. Aymar , les conjonctions de « certaines lettres, leurs formes particulières montrant un mélange de « capitales et d^onciales, indiquent une concordance d^époque très- « remarquable avec les deux belles portes qui , dans la cathédrale du « Puy , donnent entrée aux chapelles de St-Gilles et St-Martin ; m seulement Tomementation est moins riche à La Voulte qu*au Puy. »

On doit à M* Le Blanc, bibliothécaire et membre de la Société française d'archéologie à Brioude, la description des portes de l'église collégiale de cette ville. Elles sont, dit M. Le Blanc, composées de deux battants rectangulaires , et ont été recouvertes, d'après les procédés indiqués par le moine Théophile , d'un cuir fort épais peint en rouge , sur lequd on a attaché des armatures en fer, au moyen de clous à tète saillante. Je présente un dessin de ces ferrures (V. la page 558 ). Deux poignées en brome, de forme ronde, complètent cette ornementation dans le centre. Des tètes aux yeux d'émail retiennent dans leurs mâchoires l'anneau servant à tirer les battants. Ces tètes sont accom-

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pagDées dMnscriptions circulaires en vers latins. Ces inscriptions, restées long-temps cachées sous ime couche de peinture et de poussière, ont été pour la première fois dégagées, en 1855, par M. Compagnon et par M. Le Blanc qui a feit exécuter des

dessins de ces portes. Voici les |

inscriptions. g

La première, autour de la tète g

d*homme, est ainsi conçue : ^

ILLECBBRIS ORIS CAPTOS FALL4X a

m TRAHIT 0BBI8 (i). r

La quantité indique qu'il faut lire «

ainsi le second vers, qui entoure une ^.

tète de chien :

ORIO nn ANIMIS VITAm DAT

sptnd» ORis:

Orion, roi, le souffle de la bouche donne la vie aux âmes.

On ne serait pas embarrassé de citer des textes pour établir que, par Orion , le poète a entendu le Christ

Ces portes, par leur forme carrée, par la simplicité de leurs ferrures, parle caractère paléographique des inscriptions, semblent plus anciennes que les portes de Téglise d'Orcival ( Puy-de-Dôme ) qu'elles rappellenL.

J'ai décrit, dans le Bulletin monumental , la porte de Téglise St- Ambroise de Milan, dont les anneaux ont le plus grand rapport avec ceux de la porte de Brioude.

A Cologne, la porte de TégUse S*«-Marie-<ln-Capitole ( transept Nord) peut dater du Xir siècle, à en juger par des moulures qui la décorent et servent d*encadrements à une série de tableaux carrés dans lesquels on voit Thistoire du Christ, sculptée en bas-reUeC Ces taMeaox sont au nombre de vingt-huit : quatone sur chaque battant

Mais il est bien rare de trouver des sculptures en bois remontant à oette époque.

(I ) Le monde trompeur entraîne ceui que captivent les léduciions da langage. Aumoyen-ige, orbiê , monde, signifiait les méchants, letréprooTés, propter multitudinem.

ftRI ROMANS SECONDAIRE (BATTANTS DE rOIiT£S }. (559

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Au contraire, fl nous reste un certain nombre de portes en brooie fondues au XI* et au Xn« siècle ; dles portent presque toutes leur date et montrent comment les bas-reliefs étaient disposés sur les battants des portes sculptées. Les deux battants de la grande porte de la cathédrale de Hildesheim, que f ai examinés, remontent au XI*siède, ainsi que le prouve rinscription suivante :

AMHO DOiamCE IUCABRATIONIS MXV

BBBMWAIOOS BPISCOPIIS DITS MOIOBIB BAS

TALYAS FUSILBS

IN FACIBM ANGELia TEMPU OB MOlflMERTLll

SUI PBCIT SUSPENDI.

Chacun de ces battants de bronze est di>isé en huit cadr»», renfer* maiit autant de battants en has-relief.

Sur le battant droit, ces tableaux présentent la création de Thomme, sa chute, son expulsion du Paradis terrestre et plusieurs autres scènes de TAncien-Testament.

Sur le battant gauche, les huit tableaux se rapportent à Thistoirede J.-C., depuis TAnnonciation jusqu*à la Passion et à la Résurrection.

Les portes de bronze de la cathédrale d'Augsbourg ne sont pas moins curieuses que les précédentes : on y voit trente-cinq compartiments renfermant trente4rois bas-reliefs, et les anneaux de chacun des battants. Cette porte a été décrite par M. le docteur Franz Joseph Ailloli.

Il y a des portes de bronze à Aix-la-Chapelle et dans plusieurs grandes églises dltaUe : une monographie comparative de tous ces mo^ numents en métal serait très-intéiessante.

Parmi les portes garnies de leurs ferrures et paraissant se rapporter à la période romane secondaire on peut dter la porte de Palalda , près d*Amélie-les-Bains (PyrénéesOrientales), dont nous présentons un des battants diaprés le dessin du savant naturaliste Quoy , correspondant de rinstitut. Les ferrures qui la recouvrent montrent des enroulements qui se détachent des bandes horizontales destinées à consolider les pièces de bois qui forment le battant. L'anneau et la plaque qui le porte sont conservés.

Des fers-à-cheval ont été doués après coup sur cette porte ; les églises dédiées à saint Martin offrent quelquefois des ex-tfoto

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