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ARCHITECTURE ROMANE PRIMITIVE

LIS caraclëres de rarcbileciure romane primitive ou style latin sont multiples, et, pour les mieux saisir, il sera bou d*adoptcr la méthode aualjtique, c'est-à-dire, d*étudier la Tonne des églises et d'examiner ensuite séparément chaque membre du corps architectonîque : V appareil , les colonnes et les pilastres, les corniches, V entablement , les fenêtres, les portes, les ornements intéiHeurs et extérieurs , etc.

Vn le petit nombre de tyiies, les généralités qui vont suivre s'appliqueront à la période entière du roman primitif, que nous di- Tiserons pourtant en deux parties , en groupant dans la première tout ce qui parait caractériser l'état de l'art avant le IX* siècle.

Forme des premières égrlises.

PRiMiTiveMEXT Ics églîscs chrélicnnes ont été calquées sur le^ basiliques romaines.

Les basiliques sen aient à la fois de tribunaux et de bourses de commerce. On s'y réunissait pour parler d'affoires ; quelques-unes pouvaient aussi contenir des étalages de marchandises, comme nos halles ou nos baxars.

A l'intérieur, deux rangs parallèles de colonnes ou de pilastres di* visaient l'édifice en trois parties inégales , dans le sens de la longueur.

La galerie centrale était la plus large et la plus élevée ; elle était occupée en partie par les marchands, les plaideurs, les avocats, en partie par le peuple^ Les plaideurs et les curieux se plaçaient aussi , à

DE GADMOKT. ABÉCéDAlHE D'ARGUKOLOCIE,

lr.+

droile el h gauche, dans les deux ailes latérales.

A Textrémilé de ces Irois galeries il y avait uu espace peu profond qui, comme dans nos tribunaux actuels, était réserré exclusi?emeiit aux arocats, aux greffiers et aux autres officiers de justice, et qui se terminait par un enfoncement semi-circulaire placé Tis^vis de la galerie centrale. C^élait au milieu de cet liémtcycle que s'asseyait le président ou premier juge, a^ant à ses c6tés les juges assesseurs.

Les basiliques une fois transformées en églises, il ne fut pas dilEdle d'adapter les cérémonies i-eligieuscs à la disposition du local.

L'évéque ou le prêtre qui oUciait, entouré des prêtres assislauls , se plaça au fond de Thémicyde appelé frt6iiiie, où étaient auparavant les juges, sur un siège, cathedra, ordinairement en marbre, et qui soulevait au-dessus des bancs en pierre adossés k Tabside destinés aux autres prêtres s de là il dominait et présidait rassemblée. L'espace réservé aux avocats, entre Thémicycle et les nefs, devint ure cnaintc privilégiée pour les cliaulres el les ecclésiastiques ; il prit le nom de duvar ; Tautcl fut placé à peu prZs entre le chœur et le preshytcrium ou tribune.

En avant de Tautel on plaça uncdiaiic, que l'on appela «un («cft,

C> DCg *MROXS DE BV\E>>E.

dans laquelle on montait de dcu\ côtés difiëicnls (A, B) et où Ton venait lire l'épître et l'ét angine.

ÈR£ ROUA.XE PRIJJITIVE ^FORUb DES ÉGLISES].

LcsfMis^ nd^ Éttliiiliques farent oceupées par les fldèlef : le côté#0!t aait cdai des bMMM, et le gauche celai des femmes.

liMqu*il y cat deux ordres érvokmnes dans la nef centrale, et qa*ll r^Pi one galerie au-dessus di pnnnier ordre, ces espèces de tribunes ifent résenrées aux veures et faix vierges qui se consacraient I la

Hlir rappeler les temps de yaaéculion où les fidèles câébraient les mtfifkfm dfiM les Cata^m^i sur les tombeaux des martyrs, on creusa SHII^IK^ .lAMMitti dans lequel on déposa les restes descbrétiens m«rts en odeur de sainteté.

Ocawau Alt appelé la tonfeuion, en mémoire des martyrs qui avaient vené leur sang pour confesser la foi dirétienne, et dont il contenait les reUques»

Les Catacombes étaient , comme tout le monde le suit , des galeries souterraines auxquelles les Romains avaient donné le nom d'Arc Norùr, parce qn*eUes avaient été creusées pour extraire des matériaux et de la pouzzolane, espèce de sable volcanique que Ton employait pour la confection des mortien»

Ces galeries se ramifient à Tinfini sous la campagne de Rome et fiorment, à une certaine profondeur au-dessous du sol, une multitude de chemins dans les directions qira.Tectaient les matériaux exploités pendant des siècles.

Ce fiirent ces espèces de labyrinthes que les premiers chritUmi ehoiiirent pour prier 9ecriiemcnt en commun , mais surtout pour itt« humer les saints, les martyn et ceux qui appartenaient k la corn* momon chrétienne; car il existait probablement déji des •ralolres dans la ville.

On trouve dans les Catacombes des espèces de chambres [cubieula) qui ont pu servir à la célébration des mystères. Le tombeau d*un martyr {tiiuius^ memoria, confessio) adossé au mur servait d'autel i c'était sur ce tombeau , recouvert d'une dalle de pierre, que le saint sacrifice se célébrait Des lampes, suspendues à la voûte ou atta* chées aux muralUes , éclairaient ces réduits souterrainsi

La forme des basiliques ne fût pas exclusivement adoiitéc pour les églises. Il y eut, dès Torigine, quelques églises circulaires : telle fut entr'autres celle de St-Êtienne-k-Rond , à Rome, qui remonte au y* siècle. Cette forme fut adoptée pour l'église bâtie k Jérusalem , sur le Sl-Sépulcre, par l'impératrice Hélène, et elle parait avoir

o Ht CAIMO.NT. ADi-tl'.DAIUL D'ARCIILOLOGlt:.

élé préfô'ée , dès ies premicis temps, pour les églises dont ,on Êûsait des chapelles funéraires.

La forme circulaire et , plus fréquemment encore, la forme octogone furent aussi adoptées pour les baptistères, qui étaient des édifices distincts , près des églises , et dont on parlera bientôt*

Les églises bûtics en Occident, au V* siècle, offrirent des innovations partielles dans le plan des basiliques. La plus notable, peul-ître, fut Tapparition des transepts c*cst-à-dirc Télargissement que prit le vaisseau entre Tabside et les nefs, de manière à donner au plan de TédiOce la forme d'une croix. Quelquefois aussi , au lieu d'une seule abside, on en fit trois de proportions dirférentcs , on mit leur diamètre en rapport avec la largeur des nefs \is-à-\i$ desquelles elles étaient placées.

Plusieurs églises très -anciennes se terminent par deux absides. Tune à TEst, Taulre à rOuest , et les extrémités du transept étaient aussi semicirculaires : c'est ce que prouvent le plan de Téglife souterraine de St-Laurent de Grenoble « probai K-ment du V« siècle; celui de l'église de Germiny-les-Prés, dulX% et d'autres encore que je pourrais citer.

Le plan des églises en Orient fut différent de celui des églises d'Oaidcnl. Quand Constantin eut transporté à Dvzance le siège dcl'F.mpire, et qu'il voulut y fonder, sous l'invocation du Fils de Dieu , un temple auqiiel il donna le nom de 5"-5f)/>/ii>, on iTproduisit vrai-

rL&R DR SAIRTE-CONSTiRCb UOIIS LtS ■ORS«

i nous.

skt^i-rxtL lions im< uoiis, a nous.

ÈRf: r.OMANK IMUMITIVK ( FOltME DES ÉGLISI^S). 9

senibiableiiieiH le lype de Téglhe St-Pierre de Rome, qui passait alors pour la |dus belle du moode; et Téglise de ConsUnUiiople dot, à son tour» servir de modèle dans TEmpire d^Orient

Mais cette basilique, lelevée par -Constance, brûlée et réparée deux fois sous Arcadius et Théodose-le- Jeune , fut détruite enlièreiiient dans la cinquième année du règne de Justinien (5d2)«

Ce prince, ami des arts, conçut le projet de rétablir la baslllqae, et, pour rcxécnUon de celle entreprise, U choisit, entre les phts célèbres ar^itecles de son siècle, AnUiémius, de Tralles, et Isidore , de Milet Ces hommes habiles formèrent le dessein d*élever un temple tel que , surpassant tous les autres en étendue ou eu majesté, il eût encore sur eux l'avantage de n'être bâti qu'en pierres et en briques; des voûtes remp'acèrent les plafonds en bois« et Ton Yit apparaître de lourds pilastres, destinés, à supporter des coopoles hémisphériqueà.

L^égUse de S**-Sopbie est carrée ; elle a 250 pieds de long et autant de large. Du milieu de Tédifice s'élève une vaste coupole.

PLA!! l*E L*écUSE DE 8U?(TE-80PRIK.

suspendue sur quatre arcades à plein-cintre, que suppoKenl un ^al nombre de pilastres isolés, disposés de manière ù figurer la croix jçrecqnc.

10 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'ARCIIÉOLOGIE.

Ce qui avaK frappé dans cette construction , c^étail le parti qu*on avait su tirer de IVmploi des voûtes bém»p!iériques, et le bel effet de la coupole centrale. On sVllorça donc de la reproduire dans des temples moins considérables, loit qu'on leur donnât la ibrme d'une croix grecque, soit qu'ils offrissent simplement un carré ou une eaceiate arrondie.

La forme carrée et les voûtes eu coupole devinrent ainsi un des caractères principaux des églises grecques.

L'Occident resta fidèle au st}le btin; le plan des églises fut, k partir du V* siècle, peu différent de celui que j'indiquais tout k l'bcure (prges 5 et 8); seulement le cbœur s'ullongea progrèsbivement, les autels se multiplièrent, les cryptes prirent un accroissement notable.

Appareils.

/V N ap|)clle nny^rtii la taille et la dîsBMBÎJlioQ des pierres qui ^V entrent dans 1« jccnslructicn des murs.

La plupart des ||)pareils romains se trouvent dans l'architecture romane piimitlif , ce eout t le petit appoieil «égulitr a, l'appareil en

Cli4iii« d« biii{i

feuilles de fougère ou en arêtes de poisson 6, l'appareil réticulé c. Le g-und appareil d n'a dû être employé que rarement dans les

Lre i;o31\>e pnniiTivE (aitaiilils). Il

preinlèpcs constructioiis religienses de l« '/

Fiance da nord ; il devait être moins rare dans le midi.

La brique de grande dimension avait é<é fnéquemmei^ employée dans les con- a structions romaines de petit appareil (i); j eHe j avait été disposée par zones hori- f lontaks pour maintenir le niveau des

«vises, et aussi pour romemeiit extérieur des édiaccs. Le même système se perpétua durant plusieurs siècles du moyen-ége.

Qadques églises sont entièrement construites en briques; ou re-

icarquc aîors, cuire chaque assise, u::c couche épaisse de mortier:

(1/ V. la (roikicm? p.trlio de mon Court d'uni itjuiliê cl XAbhidairc d'ay cht l'^ic ( erc ^«llo<iotnainc ).

i'2 DE CAIMONT. AUÉCFDAIRE u'AnCHÉOLOGlK.

ce mode de construction a été général en Italie où , depuis rEoipire romain jusqu'à nos jours, on a &it un grand usage de la brique.

Colonnes , pilastres et cliapiteaux.

J^rr Rome et dans les anciennes villes où les monumeub ro- 2^\ mains iMuvaient fournir des colonnes, on les employa à soutenir les arcades des nefs : nous en trouvons une prodigieuse quantité eu Italie; mais dans nos contrées, beaucoup moins favorisées sous ce rapport, on remplaça souvent les colonnes par des piliers carrés. Nous trouvons néanmoins quelques colonnes de marbre et des chapiteaux, d'une composiLiou fort gracieuse, qui ont été feits pour les églises des premiers siècles, ou empruntés uux édifices galloromains du 1V« siècle; tels sont ceux que voici :

«HMIIKMX DE L*CGL1SE SOtTERMilHC DE JOCARKE

M, ^au a trouvé, dans les déblais qui ont été exécutés pour rallongement de la cathédrale de Nantes, un fragment de chapiteau corinthien en marbre blanc, qui, selon toute apparence, est un de

KRE ROMANK PKIMITlVi: (cOLOXiNKS KT PILASTRES). 13

ceux qui décoraient la première, basilique chrétienne élevée à Nantes. Ce chapiteau, d'un volume considérable, devait appartenir

"^ '" *' • i?i OES rnAFiiF^rx m: LK?Rr.inHt BASiUQrp dk ?<\xtf4}.

à une colonne d'un grand diainèlre, et l'on peut, avec ce fia,i;mcnl, se faire une Idée de ce qu'était la cathédrale mérovingicnn? dt^ Nnnle*;,

»4 DK CAUMONT. AB^X^.DAlBi: D'AnCllÉOLOOIE.

Le» chaiftiteaux de Vé^Ww souterraine de St-Lauretil, à Gienoble, sonl aussi caractérisliques que possible des premiers siiclcs du chrislia-

nlsmc : parmi les sujets sculptes qu'on y voit , soil sur la corlieillc, soit sur le tailloir, on rcmaïque dnix o'sccux devant la croix poitant nu l:ec une palme ou un épi de blé ; deux r}çncaux en legard sous un aibrc, sujet r^'péfé sur des monuments ^m VI' sinleà nrvrnne; un

ÈRE BOMANE PRIMITIVE ( CUAPITEAirX ). 15

vase d*où sortent des pampres ; 1rs mêmes sujets sont souvent répétés sur les chapiteaux, en regard les uns des autres.

La crjpte de St-Brice, dans les faubourgs de Chartres, qui a été construite sur remplacement du premier sanctuaire chrétien de cette ville, offre un chapiteau provenant du premier oratoire et qui est absolument pareil au chapiteau de Jouarre ( figuré p. 42 ).

Le chapiteau qui suit est tiré du baptistère deSt*Jcan, à Poitiers, un des monuments les plus remarquables de Tépoque mérovingienne.

r\ DFS r.a\nTE4CX HÉftOTIXOIE^It DC BAPTISTÈRE SAI.XT-JVA!! DB rOITIEtS.

rai trouvé, dam le musée lapidaire de Fentes, an chapiteau trèscertainement d*une époque reculée, qui provient, m*a-t-on dit, de la reconstruction d*une portion de Téglisc dé VertOft , près de celte ville : la partie refaite était, à ce qu'il parait, du XII* siècle ; mais dans la maçonnerie se sont trouvés les débris d'une église bien plus ancienne , et très-probablement celle du monasièfe de Vertott^ qui existait dès le \T siècle (4).

(t) Saiol Martin, foodaleur du mooaalèredo Vertou, naquit à Nantes vers Tan 527 t après avoir visité les principaux monastères de l'Europe , il se relira k Verlou où le bruit de ses vertus attira de nombreux disciples ; il leur imposa une règle sévère el bâtit un monastère qu*il dédia & saint Jean-Baptitte. Après avoir gouverne, pendant de longues années, ses compagnons, dont le nombre sVleva ju9qu*à trois cents, saint Martin mourut, h Vertoo, le 24 octobre COI. fï'ie des snints du Poitou , par M de Cbergé.)

l<i UK CAIMONT. ABKCKIïAir.K D^AIU Iir.(îl.( <;IK.

Le cliapileau suhant, que j'ai vu au musée (l'Arles, paraîl aussi avoir appartenu ù un nionument rlnélien des premiers siècles.

J*ai retrouvé ce chapiteau composite ailleurs, et toujours attribué à de Irjrs-anciennes constniclions religieuses.

Le chapiteau suivant se voit dans la crypte de St-Gei-main d'Auxerre.

Cl DES ClUPITEvrX DR I.\ CBÏPTF DE S\l\T-'iRRMU> o'aXF.RBE.

Je pourrais citer beaucoup d'auliies chapiie.icv ar.fici.s, notamment

ÈRE ROMANK PRIMITIVE (FENÊTRIS). 17

le soifant, que Ton voit dans le baptistère SC-Jean, à Poitiers;

mais il faut se hniiioi* à des iudJcalions.

Entablement .

SOLVBXT on supprima les frises el les architraves , pour ne consener que des corniches , supportées quelquefois par des consoles ou modillons.

Dans bien des monuments, ces modillons ne portaient aucun ornemeul et figuraient simplement Textrémité d'une poutre taillée en biseau. Les modillons offraient aussi beaucoup de rapport avec ceux que Ton voit dans les monuments romains des derniers temps , et même dans ceui du III' siècle : les bains de Dioclélicn, à Rome, en présentent qni ressemblent tout-ù-fait à ceux de nos anciennes é{?lises.

P'enètres.

HABiTCELLEMBNT Ics feuètres u'offraieut pas de colonnes à Pextérieur, et le cintre qui les couronnait reposait presque constamment sur les

pieds-droiLs de la maçonnerie. Ce cintre, Ini-m^me, était d'une grande

18 DU GAOMONT. ABÉCÉDAIRE U*ARCHÉOLOGIK.

simplicité et rarement décoré de moulures ; on n'y voyait, le plus ordinairement , qu'un rang de pierres symétriques.

Quelquefois ces pieires étaient séparées les unes des autres par deux briques, accolées et disposées suivant le système que l'on observait dans beaucoup de constructions romaines ^i).

Portes et arcades.

E cintre des portes reposait ordinairement sur de simples pieds-

PORTE DE L'É(.LISE SU^T-ECSÈBE , K GE!niE8 ( MUTtr-KT-LOIRP ).

(I) V. la (leiMÎcmr partir de mon Cours d'antiqtiîiéê.

ÈRE ROMANE PAIUITIVB ( PORT£S BT i^RCADES ). i9

droits on pilaslres, plus rarement sur des colonnes. Presque toujours une porte carrée était ourerte au milieu de l'arcade principale.

On afpelfe tympan l'espace compris entre la porte carrée et l'arc dntré;tl était rempli, taaUH en petit appareil simple ou réticulé , tantôt par limais de h>«i»ix ou par quelqu'autre bas-relieC Les sujets sTmboKqves ont été souvent soulptés sur les tjrmpans mérovingiens.

TT11M9 mBWLI P-Vt Vy PCTIT APP%REIL \TEC CHAINR DE niQfCfi.

Le tjrri^aii 4t TégNse 9t-Pierre de Vienne est orné d'une croix formée àt trifues incrustées entre deux frontons triangulaires (V. la page suiT«).

Les areêdes qui mettaient la nef en communication avec les ailes n'offraieiit le plus souvent que des pierres symétriques , quelquefob séparées les unes des autres par des briques, suivant le système du temps ; léais la grande arcade qui était au milieu des transepts , entre le ehœur et la nef, était quelquefois ornée d'incrustations et de moulureiL Elle portait, dans les premières églises, le nom d'arc triomphtd, parce qu'elle ressemblait à un arc-de-triomphe.

Moulures.

IL serait difficile, en considérant le peu de monuments anciens qui nous restent, de donner l'énumération complète des moulures employées ^vê kl décoration des é()iAees religieux de la première époque. On peutUBmer» cepondant, qu'elles furent assci variées et imitées de celles 1flrt décoraient les édifices antérieurs.

20 DE CAOMONT. ABÉCéDAIIlB D'ARCHÉOtiOGIE.

ÈRE ROMANE PRIMITIVE (MOULURES). 'il

Voici crabord quelques spécimens de noulures mérovingiennes qui exisictit an mus^ lapi 'aire de Lyon , ce sont des sculptures très-

MOiLIBCS MBIOTINGIIHNCS DE MilNT-ltélliB, 4 LTOll.

intéressantes qui furent trouvées eu 182ft à SUrénée, ainsi que nous rapprend le catalogue du musée ; ces moulures sur tables de marbre blanc étaient, vraisemblablement, appliquées contre des murs pour la décoration intérieure : on y voit des rosaces à fleurons en méplat , dont quelques-uns sont cloisonnés., des entrelacs, des palmes et d*aalres figures. Les figures que j'appelle cloisonnées sont formées par des lignes en relief qui offirent ainsi quelques rapports aTCc les

22 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRB D'ARCHiOLOGIB.

cloisons métalliques qui forment les alvéqles dans lesquelles sont maintenues les pieiTCS de couleur des bijoux mérovingiens. Cc^il un ca-

MOCURES XÉaOYIM.IE>NU DE S%inrr-IK&'<lêE , A LTON.

ractèrc que j'ai remarqué dans plusieurs ornements sculptés de cette époque.

D*autrps tables de marbre sculptées , % rapportant à la même période f existent dans la crypte de St-Seurin de Bordeaux, et je puis anssî en offrir un dessin d^autant plus exact qu'il a été fait par

MOritRLS MÉB()^l>r.lE>>LS, A ii\i^T- I:rRl^ DE BOBDEAlX.

M. Léo Drouyn , d'après les moulages que nous devons à M. rarchitede Durand, membre de la Société française d*archéologie.

*2li i)i: (AL. MONT. ABÉcfeiuinK o'auchkologik.

MilUtno !MEII(»\l?lblE>>E8 , A S\IM-Stllll> 1*^ U<IHIiL\l\.

Ce> plaques de maibrc ont pu faire parlk* de la baluslrudc d*uii sanctuaire, ou décorer le |>ourtour d^une abside.

Je trouAe, dans Touvrago de M. Albert Le Noir, une esquisse des clùlui-cs du chœur de S'*-Marie-Translevère , qui se composaient de tables de marbre couvertes d'ornements, et qui ont été employées dans le pavage lors de la reconstniction de cette basilique au XJl*

siècle ; 00 >oU que ces plaques ont beaucoup de ressemblance avec relies de Sl^Seurin de Bordeaux.

^011/ RES riKKM * (»M."»TE-M*Bir.-TR\.\îîTF.V|-Ri:, » ROVr.

Un de ces ornemeuts a le plus frappant rapport a\ec d^autrcs mouhires mérovingiennes cl qui se trouvent aujourd'hui dans le mur de Féglise de Bayon (Gironde ), où elles ont été dessinées par M. Léo Drouyn, sur Tindicaiion de M. Paul de Chasteigner auquel on en doit la conservation (V. la page suivante).

Je regarde comme appartenant aussi à l'ère mérovingienne les moulures qui proviennent des fouilles faites dans Tintéressante église de

DE CADMONT. ABÉCÉDAIRE d'ARCUÉOLOCIE.

MOrLCRES MÉBOVINOIEKÎira DAK8 t'éCLlM DE BATON ( GIBOIIDB ).

ÈKK houa.në primitive (uoull'res). 27

Sl-Pierre, à Vienne : ce sont des cniacemenls gracieiweiiieul ogencés

dont le dessin se rcprodnil souvent dans les plus anciens t^dinces romans. I^ rosace suirantc, dont un cercle et dés cnlrdocs h quatre

28 DE CAUMOMT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.

pétales dessillent le contour et les fonnes principales, s'est retrouvée plusieurs fois au milieu de débris appartenant ù la période romane primiU\e. Les mêmes combinaisons se rencontrent souvent sur des ngrafes et des objets en niélal de l'époque mérovingienne.

Les pilastres cannelés, la croix et l'entablement qui décorent les parois de la crypte renfermant le tombeau de saint Quentin, sont encoi-e dos sculptures mérovingiennes .

KDLrmBS llteOTIN«IBHHE8, A lAxiiT-Qinnrnii.

khZ ROMANE PRIMITIVE (MOULURES). 2^

11 eiîste, à IfégUse St-Jean de Poitiers, des tables de pierres sculptées încrustéei daa» la maçooMile entré les lieD^ares, et dont la partie snpérieare est taillée en forme de fronton. Les moulures en méplat qui onient ces pèces, d'une date à peu près certaine, montrent ausil la

Ce sont des rosaces à lobes arrondis ou lancéolt's et cloisonnés , À

des bordures formées de perlea allongées et de torsades : ccmbinaisons que f ai 50u>ent relromées dans les objets d'art de cette époque.

30 DE CAUJCONT.— ABéCÊDAIRE D^ARCIléOLOGfC.

Arcatures et frontons, ornements divers.

^XuBANT l*ère méroYÎugieiine, les niches et les fausses fenèUcs \/ surmontées d*un fronton triangolaire, les arcatures, etc., etc.. Turent aneofe employés eomme^^ments de décoration.

Oh pëlit affiikimer que tes toMbs lies pavés en moMlque de l'ère galte-romaiae ont fourni des èlliÉents de décoitairon «tux sculpteurs mé^finiifiens. Les formes s^Mtriques dessinées pour ces pavés u'oiftraient pas de grandes diOÉbaltés à éeux qui les tradulMent sur la jfkrre au moyen du ciseau.

IIOfàÎQOKS OàtSÂi-KOéklt/k» RKPK0WhTE5 KV U3TSX*-A0k.

IMITiTIORS DIS DCaSlMS Dl LA MOSaIqOI PRfcc<(OK(ITK.

iRB ROHAiXE PRIMiTlVK ( MOSAIQOKS ). ^i

Incrustation de couleur.

H trooTe dans les inamstatioDS en pierre de couleur, en marbre ^et en terre coite , des moUfii nombreux de décoration & l*inlëfieur et à Feitérieur des monuments des premiers siècles du mojen-ftge.

La terre cuite était plus particulièrement employée à la décoration extérieure. Les marbres servaient à la décoration intérieure.

Durant la période mérovingienne, les marbres des monuments romains, alors très-nombreux encore, ont été exploités pour la décoration des églises. Les fikts de colonnes étaient rajustés et utilisés toutes les

Bouct (Ul.

nCBCkTATlO^S ER TEB»K crilE D\Mi LE MCR DE I.'kGL1SE 6\I?IT-P1ERRK , A VIE?iXE.

fins qu'on pouvait s^en procurer, aussi bien que les autres matériaux précieux des ruines gallo-romaines.

Mosaïques.

rintérieur , les murs étaient plaqués de marbre , couverts de peintures, incrustés des plus riclies mosaïques.

^ DE GACIIONT. ABéCÉDAIRE d'ARCUëOLOGIE.

Ces mosaïques, priDcipalement employées pour la décoration des absides, des murs latéraux, elc, etc., étaient formées de petits cubes en émail opaque de dilTérentes couleurs et souvent dorés. Le bleu, le vert, le noir, le rose, le blanc, le brun, le grisâtre, sont les couleurs qu'on a le plus employées dans la composition des tableaux ainsi formés de fragments vitrifiés.

Nous u*avons plus en France qu'une de ces belles mosaïques en verre, bien qu'elles y aient été nombreuses durant Tère mérovingienne, ainsi que le prouvent des témoignages incontestables ; c^est celle de Germinyles-Prés, que Ton croit du IX' siècle, comme Téglise où elle se trouve; mais ritalie nous en montre encore un certain nombre. Nous donnons comme spécimen des mosaïques de St-Vital de Ravcnnc , les tableaux qui ornent les deux côtés de la travée q«i précède Tabside et qui forme le chœur de cette église ronde , bâtie vers le milieu du VI* siècle. Cest, du côté de Tévangile, Pempereur Tbéodose, et Tévêque saint Maximieu , accompagné d*un certain nombre de personnages. Le nom de Tévéque est inscrit au-dessus de sa tête : m aximianvs.

L'Empereur, le diadème en tète, tient entre ses mains un vase d*or , indiquant probablement les présents qu'il fait à la nouvelle église ; par-dessus une longue robe blanche il est revêtu du manteau impérial, de couleur violette, orné de broderies d'or. Outre le diadème

qui orne sa tète, un nimbe indique sa puissance, car on sitil que le» iconographes d'Orient donnent cet attribut à tous ceux qui partipîpenl à la sainteiO de Dion on à sa pnissnmv.

iBE KOMANE PRIMITIVE (MOSAÏQUES). 33

A gauche de rEoipereur, le poDtife saint Maximien , sans ninibe , est refétu d'un vêtement blanc et de la casuta d*or ; un manteau blanc garni de croix courre ses épaules ; il tient dans la main droite une croix enrichie de pierres précieuses. A la gauche de Tévéque sont deux personnages ayec des Tétements blancs, recouverts d'espèces de dahnatiques : on dirait un diacre et un sous-diacre. Le premier ' porte un livre d'or enrichi de perles, et l'autre un vase de couleur violette, soutenu par trois chaînes, qu'on peut considérer comme un

L'Empereur est entouré d'un plus grand nombre de personnages ; a sont d'abord trois courtisans, revêtus de la chlamyde, retenue sur l'épaule droite; puis quatre guerriers, armés de la lance, portant des Tétements verts ; on d'eux, leur chef, tient un magnifique bouclier onié de pierres précieuses, timbré du monogranune du Christ, aussi garni de perles; ses vêtements sont plus riches que ceux des autres.

Du côté de l'épitre , c'est l'impératfice Théodora entrant dans le temple. On voit la fontaine jaillissante servant aux purifications, et deux courtisans précédant la princesse ; l'un d'eux soulève la courtine de la porte; l'impératrice tient aussi le vase où sont déposés ses pré-

senis, elle est nimbée comme Justinien. Des perles ruissellent de WD diadème et viennent se confondre avec le riche collier qui orne sa poitrine ; elle porte une ro[>e blanche sous un riche manteau violet , chargé de broderies d'or. On voit, à sa suite, huit dames d'autant pins

3^ DK GAUMONT. ABécÊDAIRC D'ARCHÉOLOGIE.

richement costumées qu'elles sont plus près de la princesse; les couleurs varient en se mariant admirablement : ce sont des manteaux violets recouverts de fleurs d'or, des manteaux au fond blanc avec des feuillages verts ; ce sont des robes vertes, blanches, ou de pourpre, rehaussées d'ornements variés (ij.

Les mosaïques de St-ApoUinaire intra muros ne sont pas moins curieuses que celles deSt-Vital, on en fixe la date dans la deuxième moitié du VI* siède.

Une frise d'une grande richesse, dont je présente le dessin très-réduit, règne de diaque côté de la nef principale, au-dessus des colonnes.

A droite en entrant, c'est la dté de Ravenne ; au-dessus de la porte de la ville on lit les mots civitas bav. A cette porte se trouve joint le palais orné de colonnes et d'arcades; de riches courtines courent d'une colonne à l'autre ; au centre de ce magnifique édifice s'élève un fronton sur lequd on Ut palativm. De là semble partir une longue procession de martyrs nimbés, ajant à la main une couronne. Leurs noms sont inscrits au-dessus de leur tète; un palmier, sjmbde de la justice et de la victoire , les sépare les uns des autres. Ils sont au nombre de vingt-trois ; ils se dirigent vers le Sauveur , assis sur un riche trône et environné de quatre angei. Jésus-Christ porte le nimbe crudfère ; c'est la première fois que nous le rencontrons ainsi dans les mosaïques de Ravenne. Les anges, nimbés et ailés, tiennent une longue vei^ à la main. Une partie de ce dernier tableau de la mosaïque est fbrtement endommagée.

Il n'est peut-être pas hors de propos d'indiquer id les noois des saints qui composent cette frise, en conservant le rang qu'ils occupent :

Saint Clément, saint Just, saint Laurent, saint Hippolyte, saint Corneille, saint Cyprien, saint Cassien, saint Jean, samt Paul, samt Vital, saint Gervals saint Protais, saint Ursicin, saint Apollinaire, saint Sébastien, saint Dimiter, saint Polycarpe, saint Vincent, saint Chrysogone, saint Protue, sainL , saint Sabin.

A gauche, c'est une autre procession de saintes martyres , vierges et femmes, tenant toutes aussi des couronnes à la main , et séparées

(1) V. dans le Bulletin monumental, L XXV , p. 678 et suiv., la deacripUoa des moMiquet de Ravenne par Mg' Croanier , protonotaire apostolique, vicaire général de Nevers.

ÈRR ROMANE PRIMITIVE ( MOSAIqUES ).

36 DE CÂUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGII:.

de même pur des palmien (V. la page saiTante ). Leur tête est ornée da nimbe. On dirait qu'elles sortent de la ville de Claisis , dont oo voit la porte et une partie de la citadelle jointe au port, pour suivre les rois Mages qui vont offrir leurs présents au Sauveur. Marie est assise sur un riche siège , elle a sur ses genoux le saint Enfont portant le nimbe crudlère ; elle semble lui montrer ceux et celles qui viennent le visiter. Quatre anges, tenant aussi de longues baguettes, environnent le trône de Marie. Les trois Mages portent en tète de ridies diadèmes , indice de leur royauté ; tous les .trois ont un manteau d'hermine • mais leurs autres vêtements varient : on voit qu'ils ne sont pas partis du même pays. Le second est un Nègre, moins richement costumé que les autres; tous les trois présentent des bottes, plus ou moins ornées, qui renferment leurs présents (I).

M. Barbet de Jouy, conservateur-adjoint des antiques et de la sculpture moderne au Musée impérial du Louvre, a fait paraître an livre d'un grand intérêt qui épargnera bien des incertitudes, bien des tâtoimements à ceux qui visiteront la vUle de Rome ; c'est la description des mosaïques chrétiennes de celte ville , groupées chronolofiquement Je regrette beaucoup, pour ma part, de n'avoir pas en, quand j*ai visité Rome , le livre de M. Barbet de Jouy : je cherchus de tous côtés les renseignements précieux qu'il nous donne , et je ne les trouvais nulle part.

« Les premières mosaïques chrétiennes de Rome, dit M. de Jouy , datent du IV* siècle, celles qui, exécutées publiquement sous la protection de l'empereur Constantin , ont toujours vu le jour , car assurément les cimetières souterrains en possèdent d'antérieures ; les plus rapprochées des temps primitifs sont les mosaïques du baptistère de S**-Constance, que Constantin créa à la demande de sa sœur, et où celle-ci reçut le baptême avec la fille de l'^pereur (V. le plan figuré page 8). Jésus-Christ y est représenté deux fois, et l'une des deux compositions où , assb sur le globe du monde , il remet les clefs à l'apôtre saint Pierre, existe peinte dans la catacombe dite Platonia. Dans la mosaïque et la (resque, la disposition, l'action et I« mouvement sont semblables ^ la pose de saint Pierre est identique; mais l'expression des têtes diffère complètement, et tout l'avantage est du côté de la peinture empreinte d'une exquise

(1) V. daiM le BulUtin monumental U descripliOD de» autres parties des moMiquM de Ravcnne , par iVl|{'' Crotuier , do N^^vcr».

KRK RO\|A\r. PRI\flTI\K ( MOS AÎOL'fs ). 'M

<tô DE CAUMOfCT. ABÉCÉDAIRR D' ARCHÉOLOGIE.

douceur. Il semble que le mosaïste de S^'-Constance n'eût point encore perdu rhabitude de foire la tète de Jupiter : son œuvre n'a de chrétien que le sujet et le costume; elle accuse une main mal exercée et une époque de décadence.

• L*origine des mosa^ues se confond a%ec l'histoire des peuples de l'Asie; on connaît remploi qu'en tmt foit les Grecs en Orient.

« Lorsque le luxe des Romains se développa dans les denUers temps de la République et sous les premiers empereurs , les mosaïques s'étendirent du sol sur les murs; et en raison de cette destination noa- ▼elle, les matières qui les composaient pouvant être modifiées, des cubes de verre coloré furent substitués aux diverses nuances du silex et du marbre. Pline et Senèque parlent de ces mosaïques en verre ; mieux encore que tous les textes, les fouilles du royaume de Naples nous ont rendu ces brillantes ornementations de l'antiquité : le musée Bourbon conserve de grands pilastres et des pans de murailles décorés en cubes de verre coloré ; et des voCItes semblables, qui ont abrité des fontaines, sont encore à leur place, dans la ville de Pompéi.

« Lorsque Constantin appliqua à la décoration des églises, et h l'expression des idées nouvelles , le revêtement en mosaïques dont l'emploi devint , à Constantinople comme à Rome , général et bientôt exclusif, cette branche de l'art avait accompli une première carrière et subi la loi de dépérissement commune à toutes les autres, b

On voit , par ce peu de mots, comment la mosaïque était devenue, avec la peinture, un des éléments les plus considérables de la décoration intérieure dans les premiers siècles du christianisme, et les exemples peu nombreux , mais très-importants , que je viens de citer suflBsent pour édifier sur ce point Je ne puis que renvoyer à Touvrage de M. Barbet de Jouy pour les exemples qui existent à Rome. Tai cité, ailleurs, les mosaïques de la cathédrale de Trieste et une mosaïque à Milan, comme remontant, probablement, aux premiers siècles du christianisme.

Il me reste à dire que, dans les premiers siècles du christianisme, les tableaux en mosaïque et les peintures à fresque représentaient le Christ, les Apôtres ou .d'autres personnages, tantôt sous leur forme véritable , tantôt sous diverses formes emblématiques dont l'usage ftit consacré, à partir du V* siècle.

Ainsi le Sauveur est souvent figuré par un agneau éleré sur un tertre d'où sortent quatre fleuves , et auquel rendent hommage douze autres moutons représentant les douze Apôtres.

L'agneau, seul avec la croix, représente Jésus-Christ.

Tout le mJvmde' sait ((HC la figure du Bon-Pasteur, portant un agneau sur ses épantes et tenant à la main la houlette ou pedum , e^ l'image de la communatité chrétienne.

Le bœnf, l'ange, l^iigle et le lioflf furent tr^-andennement, saiis que je puisse assigner répkxftte, les symboles des quatre Évangélisies.

Plusieurs autres animaux expriment des idées symboRqnes. Les colombes sont' prises pour l'image de la pureté et de la doifceur chrétienne ; le paon ou le phénix sont l'eknbf^e de Timmorlalité de l'âme et de la félicité étcnielle; les cerls ou les daims, qui viennent^ se désaltérer à une fontaine, figurent' les chrétiens aspirant aux esta vivifiantes.

Les poissons étaient emblématiques de la qualité de chrétien.

Outre les ornements sculptés et peints sur les murs, on' voyait encore dans les églises des tentures en étoffes plus ou moins riches.

On suspendait des rideaux aux balustrades qui entouraient le sanctuaire, aux arcades des ne&, etc. (i).

Les portes ellrs-mêmes étaient fermées au moyen de rideaux, dont la tradition s'est conservée jusqu'à nos jours, en Italie, dans ces pesantes tentures qu'il feut soulever et pousser devant soi pour pénétrer dans les églises.

Favés.

JB tiens de dire que des mosaïques à fond d'or décoraient souvent les voûtes et les murs des premières églises chrétiennes : les pavés de ces églises étaient aussi en mosaïques analogues à celles de Tépoque gallo-romaine. On en trouve ([uelques débris sous les pavés actuels de

(1) Austaae-le-Bibliothécaire parle louvent des rideaux qui décoraient les difEérentea parties des églises.

certaines églises, et lorsqu*on creusa le sol de la nef de St-Hilaire, à Poiliers, on découvrit deux fragments de mosaïques, dont M. de Longuemar a donné la description et qu'il croit de deux époques , tout en les rapportant Tun et Tautre à une période comprise entre le VI* siècle et le IX«.

nUGMOrr des MOeHIQtBS de SAIirTHlILÂlIE DE roiTIFM.

Les mosaïques durent être un pavé de luxe, réservé aux sanctuaires et aux parties les plus vénérées des églises , telles que celles où se trouvaient Tautel et des tombeaux de saints. Dans ce cas, elles pouvaient offrir exceptionnellement , comme celles des murs, des cubes dorés ; mais ces derniers étaient habituellement réservés aux parties élevées.

Au reste, les carreaux de pierre et de terre cuite, et surtout les aires en ciment môle de fragments de pierre dure ou de marbre, durent être le plus habituellement employés comme pavage , du V* au X« siècle. Ces aires avaient été communes aussi, durant Père galloromaine, pour les constructions publiques et privées, ainsi que le prouvent les nombreux débris qui nous restent

Quelques pavés anciens se composent de fragments de marbre , de porphyre et d'autres matériaux précieux incrustés dans une aire de ciment : c'est ce qu'on appelle Vopus Alexandrinum,

KKi: R<»MANK PRIMITIVE (AITKLS). '|1

Autels.

^V AHS les premiers temps de l'Église , les autels étaient soutent en \/^1mh8, ainsi que le pron^ent an grand nombre de ftits et d'antorités ; les ans ressemblaient à une espèce de coffre qui pouvait s'ouTrir et se fermer ; d'antres devaient offHr simplement Tiroage d'une table can-ée. Mais le 26* canon du Concile d'Épone, tenu Tan 517 , la A* année du pontificat du pape Hormisdas , ordonna de ne consacrer à TaTenir que des autels en pierre, et quoique cette prescription n'ait pas été constamment suivie, on s'y conforma la plupart du temps, et les exceptions lurent assez rares.

Les plus anciens autels de pierre fiirent carrés , le plus sou\ent composés d'une table portée sur un pédicule central et sur des colonnes habituellement au nombre de quatre, quelquefois au nombre de six. D'autres autels étaient formés de planches en marbre et offraient l'image d'un coffre. Il y eut aussi des sarcophages de marbre transformés en autels.

Quelques autels étaient revêtus de lames d'or et d'argent, et incrustés de pierres précieuses : tous étaient couverts d'étoffes plus ou moins riches , souvent relevées par des broderies dont quelques-unes reproduisaient de pieuses images. Rien n'est plus intéressant à lire que les descriptions, données par Anastase-le-BIhliothécaire , de ces liches surtouts d'autels.

Les autels étaient surmontés de ciboires ; on appelait ainsi un dais ou baldaquin supporté par des colonnes.

{.es ciboires étaieiil d'une grande magnificence dans les églises les

^2 DE CAUMONT. AB^!CÉDAIRK l»'ARCMÉOLOCrE.

plus importantes. Celui que le pape Grégoire I" 6t élever à St-Pierre de Rome était, d'après Anastase-le-BibHotbécaire , sur des colonnes en argent massiC

Devant Tautel on plaçait des espèces de lustres dont parle so^ vent Anastase^e-BibUothécalre, et qui portaient les noms ée Phùra , Pharacitnihara , Coronœ. Les phares et les couronnes ofliratient des cercles d'un diamètre plss ou moins considérable, dont le pourtour était chargé de cierges ou de lanternes, et qui étaient suspendus au mo>en de chaînes ou de cordons fixés à la voûte; Tusage s*en est perpétué longtemps dans les églises de France.

Il est probable qu'il n'y ent d'abord qu'un autel dans chaque église ; mais bientôt on en établit plusieurs. Grégoire de Tours , parlant de Téglise de Breine au diocèse de Soissons , dit qu'il y célébra la messe sur trois autels différents. Le pape Grégoire-Ie-Grand , qui vivait au VI« siècle, dte une église dans laquelle il y en avait jusqu'à treize. Enfin Mabillon prouve, par des autorités incontestables, que la pluralité des autels avait commencé de bonne heure. Cependant il fiiut remarquer que, jusqu'au XIP siècle, beaucoup d'églises n'eurent que quatre on cinq autels.

Il existe en France un petit nombre d'autels antérieurs au IX* siècle.

On peut citer l'autel du Ham, table en pierre chargée d'inscriptions, déposée à la Bibliothèque de Valognes , et que j'ai décrite dans mon Covrs d*aHiiquitéi, t. VI, pages iS7 et suiv. : c'est une taWe en pierre, d'un seul morceau, bordée d'une moulure saillante et portant une inscription attestant qu'il avait été érigé au VII* siècle sôus l'épiscopat de «aint Fromont , évèque de Coutances ( V. la page suivante ) : une croix ancrée gravée au trait orne le centre de la table ; des croix nimbées occupent chaque angle de la partie concave de cette table. Tous les autels anciens ont , comme celui du Ham , un encadrement saillant ; c'est un caractère certain, je crois , des autels antérieurs au XII* siècle ou au XI*. On peut citer encore un autel lr{ s étroit, porté sur quatre colonnes et un piveau central , que j'ai remarqué dans l'église de Tarascon ; enfin quelques autels cubiques fort anciens , mais dont la date est incertaine.

At'TELS poaTATiFS. — Oulrc les autels ordinaires, il y avait dans quelques églises des autels portatifs : c'étaient des morceaux de marbre ou de bois incrustés de métaux , d'ivoire, etc., etc., de I pied sur tous sens environ , et parfois encadrés dans un cercle de métal ayant une

t\r fKUJn DC LA TAtLK'DE L'iiTIL »0 lAM DéPOséC 4 LA ngLlOTnfcQrE DE TALOCHES.

44 l)K CAIMOXT. ABKOl^DAinE d'aHCHÉOLCHIIK.

poignée. On trouye ces autels mentionnés dans des conciles , des chartes , etc., sous les dénominations suivantes : altare viaticum , portatUe, gestatorium , lapis portatUis. On les appelait aussi tables ou autds itinéraires, altaria itineraria, parce qu*on s^en «errait principalement en voyage.

Il est probable que ces espèces de pierres sacrées se plaçaient sur des piédestaux, quand elles servaient à la célébration du divin sacrilice.

Baptistères.

LBS édifices dans lesfjuels on administrait le baptême consislaient , à ce quMl parait, en deux pièces principales : Tune destinée aux céré* monies préparatoires, Tautre au baptême proprement dit. Ils étaient parfois spacieux et ornés de portiques à colonnes. La piscine sacrée se trouvait au centre ou vers le fond.

Les églises des premiers temps élaienl souvent précédées d*une cour, ou atrium, environnée d^une galerie et offrant à peu près Tirnage d*un cloître.

Quelquefois ce fût au milieu de cette enceinte qu'on plaça la piscine destinée à Tadministration du baptême; mais, plus souvent, elle se trouvait en dehors dans un bâtiment séparé de Téglise, placé tantôt en avant de celle-ci, tantôt de côté, et parfois adossé aux parties latérales : beaucoup de baptistères ftirent aussi à une certaine distance des basiliques et tout-à-&it indépendants de ces dernières.

Les baptistères étaient sous Tinvocation de saint Jean-Baptiste, et aussi sous celle de Notre- Dame. La piscine affectait le plus souvent la forme ronde , carrée ou octogone, quelquefois celle d'une croix ; on y descendait par

PL*N D'OI BAPTISTEar..

des degrés.

Gomme le nombre des baptistères éUît très-restreint et quMl ne pouvaient suffire aux besoins, il fallut plus tard, lorsque les paroisses se multiplièrent, annexer des fonts baptismaux à beaucoup d'églises. Alors la piscine fbt placée dans le vestibule ou narthex des basiliques, près des portes; et, de ce moment, on dut construire peu de baptislères, tout en continuant à se servir de ceux qui existaient.

àBE ROMANE PftlMlTlYE ( BAPTlSTàRES ). 65

Neusoe ponvoDg dire abflofament à queUe époque les euvet btptlB- Bttles ont été anneiées aux églises.

Uestcertaiiiqiie, dans le XI* sièele, eUes étalent trèsHXHWaaiies et qQ*elles se troa?aient habitaellenieiit à pea de distance des portes iTentrée, du c6té du Noid-Ouest ; nuds cet usage était plus ancien : le p^ Léon IV leoonunande au deigé, Ters le mOieu du IX« siècle. d*aToir dans chaque église des fNits en pierre : unnsquisquê fanta lairidtoê habeau La translation ou le placement des eûtes baptismales dus les églises dut a?oir lieu plus tôt, quand Tusage de baptiser les aifcnts peu de temps après leur naissance derint général, et quand le baptême ftit administré par tous ks prêtres indiflérenunent, au Ueo de Tétre par les éréques ; car il lUhit multiplier les cuves baptisnuJes et en placer dans les principales églises.

Les baptistères ont été nombreux en France, mais U en reste à peine quelques-uns. Je ne connais que Téglise St-Jean de Poitiers, d^ citée, et le baptistère anneié à la cathédrale d*Aix, qui a été reconstruit au XVI* siècle, et dont il ne reste d'ancien que les colonnes antiques de marinre et de granité supportant la coupole.

Le baptistère de Fr^'us est d*une date incertaine, mais ne remonte probablement pas aussi loin.

Sépiilturee de la période romane primitiTe.

A K remarque des moulures Tarlées dans les tombeaux dont Tâge \/correspond à la première période de l'ère romane primitive (du V* au IX* siècle}. L*étude de ces tombeaux est d*une grande importance, elle nous fournit de précieuses données sur la sculpture durant Tèie mérovingienne.

Dans cette période, comme dans les suivantes, une division toute natordle se présente à Tesprit , savoir :

Les tombeaux apparenu, qui sont restés visibles, et les tombeaux wm appartmts ou recouverts de terre.

Les premiers sont ornés de sculptures.

Les seconds se rencontrent par centaines dans les lieux andennement consacrés aux inhumations, mais ils sont sans moulures et oonsémoins intéressants pour Thistoîre de Tart.

Tombeaux appaxehts. — Les tombeaux apparents ont dû, dans Porigine, être placés a découvert, soit daiis les cimetières, soit sous de

/|6 DU CAUMOMT. AB^.CÊDAIRF. d' ARCHÉOLOGIE.

palilB édkiiles, Mil dans de» éf Iimb «t ^éts dkaprileB., MUcHtosous des arcades, dans des cryptes ou des csveavx fiwéniRs.

Les fk» acmaMpsibles sont «o aunère, sosTCOt oniés de penoeiMfes CD ba»-i8Kif et de moahum.

On « tnmé hmaeoimp de saicopliafc»dtfMeiiS'de nairibre è Anne, en Italie et dans l&niidi de la France ; ils sont très^vare^dafli le naali

La iMurfeite similitade qui existe etAm les «ijelB des ba»-rdlefe qù taooiiVTe&t eonx qui eut été ebsemés, toit en Ttnmee, sok en Italie, poite à oroire ^qiK des âdiriqiies «aistaient dans «e dender pays et qu'elles eapédiaient leurs produits dans le midi ^ëe la Ftanee, oà 4es dépôts de eercueils pouvaient exister

Les prineipaQi sujets reproduits dans ces bas-rdiefii se rapportent à rhistoire du Christ, ou sont puisés dans les traditions bibliques.

Ainsi, Ton y voit J.-C rendant la fve ft Tavengle, MsanBcUnttt le Laiare, guérissant lliémorroîsse ; la Multiplication des pains; J.-^ paraissant au tribunal de Pilate. Ou y tron?e souvent Daniel dans la fosse aux tfons; Jonas englouti par la baleine et revond psur eUe; Moise ùdsant jaillir une source d*nn racber; le Passage de la mer Rouge , etc. , etc.

Les sculpteurs se sont aussi appliqués à -reproduise oertatusaufels emblématiques, des animaux, des arbres, qui avaient été symbolisés par les Pères de TÉglise. Nous y trouvons piesque toute la symboéîqae chrétienne du V* siède.

Le tombeau de Tempereur Honorins, à Baveane, offire, au centre, rAgneMi, au-dessus duquel a'élève «ne croix dont les barras portent

TowmAV o'BOHomos a B«tBinn ( m mamrk ).

deux colombes : sjmbole du boDheur procuré t«x clirfttieiis par la Passion dn ChriaL

Deux arcades datrées on portes s iauiliies, raposant sur des oolonnes cannelées, accompagnent ce table«a. A reitrémité du sarcophage , qui deirait ^tre en vue , on remarque un vase sur les bords duquel des

CRB DU emiHJTÊS DO TOMMAC D'BOHOKU'S , h RATCHNE.

colombes viennent se désaltérer. Cette image, symbole de la douceur et de Tunion chrétiennes, se reproduit IK's^Féquemment au V* siècle.

Sur un autre tombeau de Ravenne , j'ai trouvé des palmiers chargés de fruits, des agneaux, des colombes, le monogramme du Christ, etc.

ïse phénix et le paon sont un emblème d'immortalité et de résurrection qae f ai vu sur plusieurs sarcophages ; la couronne est un signe funéraire de la plus houle antiquité.

DB CAUMONT. ABÉCiDAIRE d'aRGHÉOLOGIE.

, Le dtaphln est mmitcdI représenté sur les tombeaux , parce que ce poisson est réputé Tami des hommes, et que le corps de saint Lucien Alt retiré des ondes par un dauphin et porté au lieu de sa sépulture.

COOTBiaB D'OH tASCOPHACB EH MAKtBI , A SAlNT-BILAltl DE rOITIBBI.

Tous les sujets représentés sur les sarcophages sont analogues à ceux qui se troUTaient, en bas-rèlier ou en peinture, dans les Catacombes de Rome.

On peut citer, à cause de sa forme qu'on rencontre dans beaucoup d*autres, un magnifique sarcophage en marbre d'une conservation parfidte, muni de son couvercle, qui existe au musée de Bordeaux.

Ce beau sarcophage provient des caveaux de Téglise St-Seurin, dans lesqueb on en trouve encore d'autres du même style.

s\r.rofn«6E k mmukaii.

O sarcophage offi-e un é\asenictit «toimible depuis s;i base J5i?»(|u*à inm

OQfcrture; plusieurs autres cercueils chrétiens affectent la même forme. Le deraot de ce beau cercueil est di?isé par des pilastres en trois parties principales : le panneau central est occupé d'abord par le mone du Christ, encadré dans une espèce de couronne ou de guir- ^, puis par des guiriandes de pampres chargés de fruits, sortant ^ -dent TMes et remplissant tout Tespace compris entre le monoframmeet les pilastres; les deux autres corapartimenlB sont ornés H:hacon de deux rangs de cannelures disposées en sig-xag , séparés Tun "^ Taetre par une bordure.

Le cooTercle, en retrait sur le cercneU, prismatique et à bouts ratatiB, est «mai divisé en trois compartiments. Au centre, on y a ff^éléte moBogramme du Christ avec les lettres A et û ; des rameaui ft femllcs en forme de cœur remplissent les deux autres compartiments ; rauHe cdté du toit , qui ne devait pas être en vue , n*oifre que des IhiSles imbriquées.

Les deux sarci^ages suivants (V. la page 50) sont également en mairie; Ton se trouve, conune le précédent, au musée lapidaire de Bordeaux. Avant d*y être déposé, il se trouvait à Talence (Gironde } où M servait d*auge, mais on croit qu'il venait de St-Seurin ; le couverde parait tvoir appartenu à un autre sarcophage. Le second se trouvait dans la ferme de la Caresse, près du Mas-d*Agenais, où il servait aussi t il 7 a peu d* années, à abreuver les bestiaux quand il a «ttdeasfaié.

Ladécoraiioii de ces deux tombeaux est traitée à peu près comme dans le précédent. Le monogranraie du Christ , avec Talpha et Poonéga , occupe aussi la partie centrale ; l'un , orné de feuillages conduits en rinceaux , est divisé en trois parties seulement , par des pilastres; Tautre, garni de moulures en iig«iag, est divisé en cinq

Le sarcophage en marbre figuré page 51 a aussi été acquis par le musée de Bordeaux , il y a quelques années : il a été trouvé dans la eommûne de Tabanac (Gironde ) ; il n*a plus son couvercle.

Beaucoup de cercueils qui, comme les précédents, ne sont point dé^ côrés de personnages, sont couverts de cannelures en spirale qu*on appA des strigiUs, parce qu^elles ressemblent, par leur forme, à l%rtnmient dont les Romains se servaient pour ôter la sueur qui counaît leur corps, et pour se nettoyer la peau dans le hain. Au centre

50 DE CAUMOr^T. ABKCÉDAIR

52 DE CACMONT. ABÉCÉDAIRE d'aUCUÉuLOGIK.

apparaît le inonogramme du Christ, dans une guirlande de fcuIlld^CN

Ce sarcophage a été signalé par M, Dauzac de La Mai liuie , comme se trowvanl dans une église du département de la Dordogne.

ÈRE ROadAM. PRIMITlVè: ( TOMBEAUX ). 53

y. Léo Drou>n a dessiné , dans TégUse de Pujob [ Gironde ) , uu

sarcophage du même stjle dont Toici Tesquime.

Ôii DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRGHÉOLOGIE.

Le moaogramme du Christ occupe dans ce tombeau , conune daii5 les précédenu, le milieu de la feçade. Ce monogramme est celoi que Constantin avait fait tracer sur le Labarum : il se décompose en P (ro) ei\(chi), et se traduit par le mot fçrec XjoeoTo;, le Christ. Les lettres A et n, qui

accompagnent ordinairement le monogramme , sont ^ , ,

placées pour indiquer que J.-C. est le commencnnent M 1 u

et la fin , suivant les paroles rapportées dans VÀpo^ ^ ^ calypse de saint Jean : Ego sum alpha et oméga , principium et finis, Tertullien a donné Texplicition de ces deux lettres mystiques.

Je peux citer des sarcophages en marbre analogues à ceux qui précèdent dans plusieurs villes du midi de la France. On en voit un à la porte de Téglise d'Arles -sur-Thec , près Amélic-les-Bains ( Pyrénées-Orientales ) ; un autre dans le musée de Perpignan, deux à Rodez. Narbonnc nous en montre une dixaine, rangés dans le jardin du musée.

Les sarcophages eu marbre , de St- Victor de Marseille , ont été figurés ; Tun d'eux est gravé dans l'ouvrage de Millin ; ceux de l'église de St-Maximin ont été décrits par M. Rostan : on en voit aussi à Aix. C'est peut-être à Arles qu'on en trouve le plus, dans le musée lapidaire : la plupart sont historiés ; ils ont été plusieurs fois décrits. On pourrait en citer une douzaine encore dans diverses localités do sud-est de la France : il serait très-utile de les dessiner tous et de les publier.

Nous en trouvons d'autres au musée lapidaire de Lyon et à Autuo. Clermont en a deux qui ont été figurés par M. Bouillet (1).

M. BuUiot a décrit un tombeau en marbre qui avait été autrefois à St-Pierre-l'Élrier , près l'abbaye de St-Symphorien d'Autun , et qui a été donné récemment au musée de cette rille. Ce sarcophage , dont l'esquisse ci-jointe montre la forme, est arrondi aux extrémités : il est composé de deux blocs , l'un formant l'auge destinée à recevoir le corps, l'autre formant lecou\ercle; les dimensions ont été exactement mesurées par M. BuUiot II suffit de savoir que la longueur extérieure est de 2 mètres ; le pourtour de à mètres 70.

Le caisson central, de forme rectangulaire avec bordure , se termine

(1) Voir le t. VI de moa Coun d'anti^uitiê , dans lequel pluaieur» de tarcophaget lODt figura».

en queue (Taroude aux extrémités. M. Bulliot pense quMl renfermait une inscription qui a été effacée, et que les figures symboliques que Ton Toit sur le cou?ercle ont été gravées après coup : ce sont une guiriande de feuilles de lierre à la base du couvercle , et sur celui-ci le monopamme du Christ avec Talpha et Foméga dans un encadrement cdrcalaire, deux branches de palmier surmontées d*une colombe et une croix pattée, garnie de lobes figurant des pierres précieuses. Sans suivre

StBCOraACI RK ■AIMJ! AC HCSÉE D'&CTC?!.

M. Bulliot dans ses conjectures sur rattributiou dernière de ce sarco> phage et sur les transformations qu'il a pu subir, nous le rangeons dans la classe des tombeaux des premières époques chrétiennes. Nous en connaissons d'autres de cette époque dont les extrémités sont ar-

O'y DK CAL MO. NT. ABÉCKDAIIIE D'aRCMKOLOGIË.

rondies, notamment celui de St-Léonieo à St-Maorice de Vienne, et celui dont les débris se voient dans l'église de Sanlieu.

Je ne prétends pas établir de classification pour les sarcophages que je viens d'indiquer, mais je suis convaincu qu'ils remontent à une période antérieure au VIII* siècle.

Il y a eu dans les cimetières mérovingiens, près de certaines lombes, des stèles en pierres apluties plantées en terre, portant simplement le monogramme du Christ et quelques ornements en méplat ; j'en ai trouvé une au musée de Trêves représentant le mo-

STÈLE MÉSOtlKGIElfVE AU MTOÈE DE TUfeTB*.

nogramme entre deux colombes. On en a trouvé une autre à Bourges , que fai figurée dans le Bulletin monumental.

Une grande quantité de faits prouvent que les chrétiens des premiers siècles utilisaient les débris de monuments romains qu'ils trouvaient à leur portée, pour en faire des tombeaux. Â Bayeux , ils avaient creusé un cercueil dans une colonne milliaire ; à Vieux, une frise corinthienne avait été employée de même ; enfin, nous voyons à Valognes les débris d'une colonne utilisés pour le titulus d'un sarcophage trouvé à Lieusaint et dont voici l'image ( V. la page suivante ) ; ce tombeau est en pierre calcaire , couvert d'une dalle en deux morcraux ofTrrnl r.ne art^lc k'gèrement prisn^atique; à la lile on a\ait

ËRK romam: iMtiurrivK (tombkaix ). 57

p'acé la moitié d'une base de colonne retournée. Sur le boid de ce demi-oliiidre on lit : SVNNOYlfiA.

Mab , à défaut de matériaux antiques , on creusait les sarcophages dans des pierres tendres, si Ton en a?ait dans la contrée ; quelquefois on les formait de plusieurs pièces, suivant la nature et la qualité des matériaux.

Le sarcopbage suivant ( p. 58 ) a été trouvé à St-Vigor , près

58 DE CACMONT. ABÉCÉDAIHE d'aKC.IIÉOLOGII:.

Bayeux : H est d'une seule pièce , en pierre calcaire. Un fronton poilè

par des coloonettes et timbré d*une croix orne , à Tintérieur , Textrêmité destinée à recevoir la tête ; les parties intérieures et extérieures portent les traces d*un instrument à dents dont on se serrait alors pour unir la pierre.

Il est probable que ce cercueil avait un couvercle prismatique.

Des cercueils de la forme suivante ont été trouvés en grand nombre à Neuvic, département de la Charente-lnféiieure. Le nom du défunt est inscrit sur un des côtés du prisme qui forme le couvercle.

IV CVN èV

D'autres cercueils du môme temps avaient des couvercles plats. Le musée de Niort nous fournit des spécimens iiUéressauts de ce gcni-c de cimverrics.

00 DE CALMONT. ABKCKDAinK D*A«tîlKOLOGIE.

Il 8*a|pt de saToir si ces cercueils ont été apparents ou engagés dans la terre. H est probable que plusieurs ont été apparents dans le principe, ou au moins à fleur de terre. Plus tard on les aura recou?erts.

l^ierres torabales raérovingriennee.

LES dalles tumulaires placées au ni?eau des pavés sur des tombeaux engagés dans le sol, quelquefois dans des niches le long des murs , ont été usitées dès le V* siècle ; elles furent parfois ornées de quelques dessins au trait Un des exemples les plus intéressants que je puisse signaler d^une pierre tombale mérovingienne se trouve au musée archéologique de Nantes : elle a été décrite par M. de La NicoKère , membre de la Société française d'archéologie. C'est une table en schiste ardoisier, qui mesure eo longueur 1 mètre 81 sur une largeur de 66 centimètres à la tête et de 0 mètre 6A vers les pieds. On n'avait pas pris la peine de régulariser ni de poKr la dalle schisteuse qui devait recevoir des ornements gravés au trait. Le milieu est occupé par une croix reposant sur une boule, comme celle de Tambon de Ravenne , figuré page 6. Au-dessus des bras de la croix apparaissent deux animaux, en partie efifocés, dans lesquels M. de La Nicolière croit reconnaître un cerf et un lion (1). La planche ci-jointe ( V. la page suivante) me dispense de décrire cette très-curieuse pierre tombale, dont les angles parallèles dessinent un encadrement complet. Chaque angle des pieds est oiné d*uiie croix incrustée ou nimbée.

Du côté de la tête, les deux lignes du cadre sont remplies par une corde roulée en torsade ressemblant, comme Ta très-justement lait observer M. de La Nicolière, à une moulure de même forme existant sur le tombeau d'Honorius à Ravenne , figuré page À6. Cette partie supérieure de la pierre est divisée en deux compartiments : le premier contient des croix incrustées dans des cercles de dl0érentes grandeurs , au nombre de sept ; le second renferme la légende , en lettres capitales. M. de La Nicolière y lit, avec beaucoup de probabilités, Sadrukrtcs hic bbqcisxit ( pour requiescit ). Sandrebert , religieux de Tabbaye d*Indre, fut ami et disciple de saint Hermeland , fondateur de cette abbaye. Cette pierre a été trouvée sur remplacement autrefois occupé parla chapdle St-Léger, oratoire dont les Actes des Bollandistes attribuent la construction au saint abbé d'Indre.

(t) V. le U XXVlll du BuUttin numumgnt^l, p. 7 et suiv.

^ :, /HcfE^Snl

\ij^y/>i^^jjff^fi^^j

Une mitre pierre tombale très^orieuse et très-aulhentk]iie est celle

6'i DF. CADMONT. ABKCKDAinE irARCMKOLOlJR.

(Ip Boulins, scplii'inc évoque de Carpcutras et de Venasqnc ,

àlK ROMANE PRIMITIVE ( TOMBEAUX ). 63

en 60à, qui a été décrite et pubUée par M. RévoiL Cette pierre est en marbre blanc veiné de rouge, en forme de trapèie; sa longueur est de i mètre 78 ; sa plus grande largeur sous rinscription de 0 mètre 72 , et sa plus petite à la base de 0 mètre 55. Lorsqu'elle était complète , cette pierre devait avoir 2 mètres de longueur , 0 mètre 80 de largeur à la grande base et 0 mètre 55 à la petite. I/inscription peut être ainsi lue , en comblant quelques lacunes :

HIC BBQUIBSCIT vir

BOIVE MBHOBIAB Bok

BTYVS EPBS QVl VIXIT tfl e

PTO ANirVS XX MBIISIS >0

BIT. X KL. rVlV. nVDICCIONB SBPTIMil

Le reste de la pierre est orné de fleurons à pétales lancéolés encadrés dans des bordures et occupant des compartiments rectangulaires. L'alpha et Toméga, suspendus à des chaînettes, occupent deux de ces compartiments. Des croix pattées remplissent les compartiments infi^eurs. Une grande croix pattée se dessine visiblement, au milieu des bordures qui délimitent les compartiments.

Tombeaux abçcés. — Les tombeaux dits arqués sont placés sous des arcatures pratiquées dans l'épaisseur des murs*

Les Catacombes de Rome en renferment beaucoup ; on en fit de

dk DE r.AUMONT. ABÉd^.DAIKE d'aRCHÉOLOGIK.

pareils dans les murs des cryptes et des églises , durant les premiers siècles du moyen-âge.

Le plus soufent ils étaient très-simples et sans sculptures, sauf de rares excei)tions.

Je m^arréte à regret dans cette description des tombeaux des premiers siècles chrétiens. Les portiques, les colonnettes, les frontons, les frises et les autres détails représentés sur les sarcophagrs donnent une idée assez exacte de Tétat de Tart à cette époque Nous y voyons d^ailleurs les premiers pas du génie chrétien dans la sculpture, et quoique cette école ne soit pas encore dégagée des traditions païennes, elle nous montre cependant dés types hiératiquc<i bien arrêtés et une symbolique déjà compliquée.

S'il reste aujourdliui très-peu de tombeaux mérovingiens , il fiiul Tattribuer à la nécessité où Ton se trouva, dès le VIII' siècle, de les cacher au-dessous du pavé des églises , où ils étaient devenus extrêmement nombreux ; c*est ce que nous apprend un des capitulalres de Théodulphe, évèque d*Orléans, dans lequel nous lisons :

« C*est une ancienne coutume en ce pays d^enterrer les morts dans c les églises, de sorte qu'elles deviennent des cimetières. Nous « défendons d*y enterrer personne à Tavenir , si ce n*est un prêtre c on un autre homme distingué par sa vertu. On u'ôtera pas, toa- « tefois, les corps qui sont dans les églises, mais on enfoncera tes « tombeaux et on les èovrnra de peOfés , de sorte quHls ne paraissent • peint* »

ToHBBAox NON APVAiicNTS. — Léi cerctieils enfouis sous terre sont bits de diflèrents ibatériaux , sulvàtn tè^ idMMilSes où on les rencontre : le plus souvent on s'est ser\1 de pierre càlcaline , et plus elle était tendre et légère, plus elle était recherchée, parce qu'elle était plus fiicile à travailler et qu'il était plus aisé de transporter au loin les cercueils fabriqués dans les carrières où on exploitait la pierre. 1^ calcaire poreux et coquillier auquel on a donné, en Tourtine, le nom de tufeau, et dont l'analogue se trouve sur quelques points de de la France, a été employé ée firélérekice là où on pouvait en troaver.

Après le tufeau, les calcaires pioreux secondaires, tels que ceux

iu ROiuiu PtdmmwM { tovbbai x ). ê5

\ 4ft C«m» dtt PoiiM a d« plHie«»aiitr« eoabf^M, «it dé lechmhte pow le mAM iMgfi» A kur dtfnt, on 8*til itnl de (vbt d*ariUMe et de diffirsiles radm pisiiilet tk pfau on moiie dMcflesà tailler.

Enfin, dans certainet conUées dépoonmes de pierres snseeptiblet d'être cieosées en Corme d*aage, et trop tioignées des lieux qni en fRireiKaient ponr qu^on pût y en transporter sans de grandes dépaisesy on formait des cercueils avec plusieurs morceaux de pierres ptes juxta pai<Si et dawntés, qoel^ttefols aùaisi atec des brigues; on trovre méiÉe des t&twÈBs aMâl 1l9noé8 de phièAiSurs ' pièces dans des localités où Ton pouvait se procètér des ceretiéih d*tin' seul înomaiî, sam doute pniee qu^ coûtaient moins cher, et qû*oîi trouvîli sur place des matérfatix pour hs construire.

Quant à hi fbrme, ce sont toujours des coffres, moins larges vers les pieds que vers la tfite, fermés avec un couvercle , tantôt plat, tantdt prismatique on en dos-d^ne.

La partie étroite ou des pfeds est en général tournée vers rEst , de sorte que , dans les cimetières que f ai explorés , les cercueil forment des rangs plus ou moins régulièrement alignés , dkigés du Nonl au Sud.

IL fU>bé Leconle, ancien curé de S^Exupère de Bayenx, a (kit, ea ilB, des fMiflles pour retrouver Tancien caveau dans lequel ivtieit étd internés les premiers évéques de cette viHë. Cette rectodra dH cMiooiiée de succès. Nous avons publié une vue des fouitedaas If-BkUetin monwnental,

L*^fe 8l-£s«pèrc étsdt à i kilomètre à 1*Est de la ville romaine de Bajta; Itam Itutc^ les autres villes gallo-romaines, les premiers é?£^#^siit été inininés dans le suturbium : ainsi , au Mans , ce Ait lu tamm da Pré , iw4elà de la Sarthe; à Rouen, à St-Gervab ; à riiÉfajy k St-9ticé; à Tours, dans le faubourg de St-Martin; à AnHii, à'^St-Acbeul, etc., etc., etc., que furent inhumés les praaieÉ^iféqvea.

Je sdÉrik ti>n'i<tiiiawté d*établir un ordre chronologique absolu pour céd'dkmif^ de sépulture , et je crois ne pas devoir y attacher 4lJ^portance ''par cette raison que les inhumations s*étant neeédi sasi inieii'uptiiti, dans beaucoup de cimetières, depuia le V* nèele juMIu^au XVI* , ils renfierment des cercueils de plusieurs

Dans ceux qui contenaient des squelettes ayant ajymrienu à des

guenien, j*ai trouTé dei boodes sur la partie des aqœleltef ifaï répondait à la iiauteur du veatre; elles étaient éridemment de»tÎDées à fixer le ceinturon ; à droite du mort gisait une lame de salue »

coupant d*un seul cdté, et sur laqueDe on remarquait presque toujours une rainure dessinant , au milieu de la lame, la forme de la lame elle-même.

Ce caractère est à peu près constant Du côté opposé (à gauche du défunt) était ordinairement une espèce de poignard ou de couteau , très-souvent de la même forme que le sabre.

Tai trouvé ensuite des clous de bronze, les uns bombés, les autres aplatis, et diverses pièces de métal qui avaient été appliquées sur Tarmure, des fibules et autres petits objets.

L'esquisse , que voici , d'un tombeau ouvert en ma présence et dessiné par moi immédiatement, montre toutes les particularités que je viens de mentionner : à droite , le sabre ; à gauche, le poignard; sur le bassin, la boucle (C) du ceinturon qui servait à suspendre ces deux armes tranchantes.

Plusieurs de ces cercueils renferment de petites bouteilles, ayant probablement contenu de Peau bénite. Voici Thnage d'un de ces petits vases : il est en verre, trèsaplati, et représente un goulot cylindrique évasé à son extrémité; des filets de verre ondulés ou plissés, appliqués sur les deux côtés , à partir de la moitié du goulot Jusque sur le Tentre de cette bouteille, forment deux anses, à Taide desqudles on aurait pu la porter en sautoir. Des filets semblables , appliqués sur le mifien

de raplatissement du rase, y dessinent le monogramme da Christ. '^

Le suivant est de forme globuleuse» arec des plis sur la panse.

Ces vases sont le plus souvent en terre cuite et de fonne globuleuse.

Les boucles ou agrafes, les haches, les sabres, etc. , etc. , trouvés dans les tombeaux prè-

68 DE GAUMONT. ABÉCéDAlRE d'ARCHÉOLOGIB.

suinés des époques méroYingienoe et carloTiogîenpe, tta^> Vt^^aUt A nombreux dans les collections qu'il est bon ;dfi s'y v^éifir vu peu.

Les boudes en bronze et en fer ont souTent été damasquinées oa incrustées d'un métal qq| produit l'effet de l'argent : les figures oot é»/b creusées dans les parties qui devaient être ainsi argentées, pour fivmer un excipient au métal incrusté. Dans plusieurs coUections f ai Irouvé exécuta de la sorte, sup des agrafes en bronie, un sujet qui n'est autre que la représentation de Daniel dans la fosse aux lions, ainsi que le

prouve l'agrafe ci-jointe, qui porte l'inscription suivante: D^^on. Profbta^Abacv Profeta, et que j'ai vue à Mikon. Cela prouve^ «l'on pouvait encore en douter, que ces objets appartiennent, bieii à T^foque mérovingienne.

Les pointes de flèches, les fers de laaoes, les débris d^lMNidiers et les autres objets qui suivent, sont provenus dt. di^aiies sépultures

dcH onvironfl de Troyes ^Aube), de TélHiqi^ n^cMÎDgipnne^

DE CAIMONT. ABÉCÉDAIRE DARCHBOLOGIB.

M. Hugo, conservateur de la bibliothèque publique de Colmar, a recueilli un très-grand nombre d'objets et de bijjux dans des sépultures roéroTingiennes ; on en voit aussi une série ù Épinal , dans le musée départemental des Vosges; à Dijon, dans la riche collection de M. Beaudot ( V. la page suivante ) ; dans ceDes de la \ille de Metz et dans beaucoup d'autres que j'ai visitées.

£n6n M. Tabbé Cochet, de Dieppe , a fouillé un très-grand nombre de cimetières mérovingiens dans la Scine>Inférieure, et a décrit avec soin les caractères qui distinguent tous ces objets et les sépultures qu'ils accompagnent On peut consulter les renseignements donnés par lui, à ce sujet, dans le XIX* volume du Bulletin monumental et surtout dans l'ouvrage important qui a pani depuis sous le titre : Normandie souterraine.

wsntunH D'cn^'cncmai mèiotimiiii

TXOVTi A tUIITV-«jLBIllt.

«turc noorif ?ab m. nkvwn, w duoh , daxs des Torniiux iiiioTiiiêiiiit.

( Toir l6 bMQ Tolome orné de plaDcbcf publié par C9t aottar rar Ift fépvltortt méroTlDclennM. Dijon, 4t<0.)

11 DE CADMOIIT. ABÉCÉDAIRE D*A]IGHÉ0L06IB.

Paléogrrapb.ie murale.

ON 4|pgne sous le nom de paléof^phie murale, la scjUb^^d^i^Qp- V^f^m^vm^ .gravées sar pierre ou sur mui^ réfute 4|S fMcr%tions ^^mfl^ à diverses époques dans les égalises ou sur d^aotro édifices : il est K^ de oomiaStre les ciMiqgements qui se sont snceessivemem opérés éjfis.la forme des lettres, pofu* disUnguer Tâge des inscriptions.

La p^^Qgraphie murale diirèf« de la paléographie manuscrite , en ce que r«i.a presque constamment «nployé les lettres capitales pour les inscriptions murales et qu'elles ont toujours eu des proportions comparativement «saei grandes, tandis que la paléographie manuscrite embrasse Tétude de tous les genres d^écritures : capitale^ oneiaU, cursive , mixte , minuscule , etc., etc.

On peut prétenter quelques exemples d^iteriptions murales se rapportant à la période romane primitive, D«9iDt cette période et la sui-

vanle r roman s^co^daire), les capitales romaines ftirent presque

Ire romane primitive ( paléographie morale). 73

ronslamment anployées sans altération ; plus tard , quelques ahératSoos seulement s^introduisirent dans la forme de certaines lettres. Les c devinrent quelquefois carrés ; les o approchèrent de la Ibrme d*un losange ; puis on vît les lettres Bées on intercalées dans d^antres, mafo les lettres liées étalent déjà en usage sotts l*fimpire romain.

Les inscriptions sur pierre des premiers siècles parvenues }asqu*à nous sont presque toutes tumulaires : on y volt le plus souvent le monogramme du Clirist avec les lettres A et û, les colonibes symboliques* etc., etc., comme dans cette inscription qui existe au musée de Trêves (4).

iTiSCaiPTIO.f DO ▼• BlJtCLB, A TftfcVES.

\ rinscriptiou suivante que Ton voit au musée de Lyon, et qui doit être aussi d^une date fort reculée, quoique moins ancienne peut-ètie queb précédente, les lettres sont assez inhales et montrent les altérations que subissaient quelquefois les capitales. Le mot tumolo y est employé pour tumulo, La lettre L dans tumolo wsaemUe a un T renvereé. A la seooMie ligne, on trouve tequmcit pottr t>equieêeit, et te Q a

[1) Elle doit èlre lue aioû, eu rétabliMaat lAsteots «ftitégés: Hie in pmet ^uietcit Digntssima Fidèles ^u« vixit anmtm I mensts FUI di«t V Dipumiiua tt Èttropia patris tituiuwi poêutnatt.

la fonne du chiffre arabe 9 ; à la quatrième ligne, le Q se compote d'an petit o et d*mi L

Cette inscription est encore remarquable en ce que les figures syan boUques , qui consbtent en deux paons devant un Taae d*où sortent des pampres , ont la tète en bas ; je conclus de cette bizarrerie qu*0D traçait quelquefois ces figures avant de donner une destination au marbre qui les portait : ici la négligence du graveur des lettres a été teDe qu'il n'a pas distingué de quel côté il fallait placer le commencement de l'inscription (i).

I N Ho6 TVMoio RE9VIKGITB0NAE

^^EMoKlAE^o^\AKlvs PRFsBiTfKnvivixrr

INPACE^NNis<;xi[k o*B1IIHqHn/M]<T[B

IfftCUItlOH viftOTIllOIEiniB kV Iflisil DE LTOI.

L'épitaphe de Fcedula, dame Viennoise, baptisée par saint Martin de Tours, est d'autant plus intéressante que sa date approximative est certaine : en void le foo-simile (3).

(4) L'inscription doit être lue kinti t

In hoc tumulo rt^ieseit h<mm mtmorim Aotnantu prêêhiitr fin vûrit in p«M «HUM LXIII obiit nemtm këUnioê fthruria».

(2) Voici U tradoction de l'inscription de Foedula , publia par M. de Terreuse :

« Fodola , qui par la miséricorde de Diea a quitté le monde , repose dans

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