STYLE OGIVAL PRIMITIF ( PORTES
Det réprouvés sont entraînés, à gauche, par des démons aux formes
iesplus bizarres et les plus hideuses, puis précipilés dans les Oammes
de renfisr, figuré par une énorme gueule prête à tout engloutir.
llbO DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D*ARCHÉOLOGIB.
Les figures suivantes, tirées de la catliédrale d>miens, niootrent des damnés entassés par les démons dans une chaudière dont le feu est etcité par deux diables '• l*un souffle pendant que Tautre attise le feu dfujie, main, ^l présente de Pautre un fer rouge ft un damné pour
ètanclier sa s(4£t La plupart des réprouyés ont des lézards, ou des crapauds , qui ■*it*""hffnt ^iJtffrgÇBiillÉliti' ^V' l^^r corps.
Quelquefois les sculpteurs ont figuré le démon aveo- une venre
STYLK OGIVAL PRIMITIF ( PORTRS ). 451
UmMhfiOt rem«ii|uable. Ainsi, à Amiens , on Toit un démon à tète de eliien, à pieds, <iueae et ailes de coq, bandant son are aTec une exptcirion saicutique tf«9-habilement rendue, pour en percer les paufres \ déjà si doulonreiKement tourmentés par d'autres démons.
Sur le pilier du milieu, qui séparait les portes géminées de l'entrée principale , on remarquait souvent une statue de J.-C. portant le livre des Évangiles et donnant la bénédiction.
Sur quelques portes, on voit Thistoire de J.-O. , la vie de la Sainte- Vierge (i), sa mort, son ensevelissement par les Apôtres et son assomption; différents sujets de T Ancien-Testament, etc., etc.
Les tympans des deux portes principales de Téglise de Notre-Dame de Trêves, bâtie vers le milieu du XIII* siècle, méritent d'être cités comme exemples.
(1) Quelqaefoi* on Irouve dana le tympan le Christ et m Mère, imU tur deux siège» à pea près semblables et en quelque sorte ex «quo^ce qui au jamais lien dans les tableaux ùix le Sauveur préside au Jugement dernier ; dans eeaxrd, la Sainte-Vierge a toujours Tattitude suppliante dont nous avons parlé.
452 DE CADMONT. ABéCÉDAIR£ D*ARCHiOL061£.
Sur l'un de œs tympans la Vierge tient TEnfiint-Jésas sur tes | elle ibule aux pieds un dragon , emblème du péché. A droite, on distingue rAdoration des Mages : le roi le plus rapproché de la Saîote- Vierge a mis un genou en terre et s'est découTert ; il porte sa coaroiiiie de la main gauche, et présente son oflTrande de la main droite ; les deux autres rois sont debout, leur couronne sur la tète ; Tétoile qui les a guidés est figurée dans la bordure cpii encadre le tympan.
A gauche de la Vierge, on vœt la présentation de J.-C au temple.
TTMPAIf , A NOTftB-DAME OR TtiTBS.
Derrière la Sainte-Vierge, saint Joseph porte de la main gauche un panier à anses, dans lecpiel sont deux colombes, offrande ordinaire des personnes du peuple.
Après ces groupes qui remplissent presque tout le tympan, on Yoit d'autres personnages plus petits qui débordent sur la guiriande de l'encadrement et Tinterrompent : ce sont , du c6té gauche , les beigers avertis par un auge de la naissance du Christ , et , du c6té droit , le massacre des Innocents.
L'autre tympan représente le couronnement de la Sainte-Vieige ; le Christ , reconnaissable à son nimbe croisé, pose la couronne sur la tète de sa Mère, aidé par un ange placé du c6(é opposé; puis Tiennent deux autres anges debout , tenant des couronnes ; l'espace qui reMe de chaque côté est occupé par des ari>re8 (i).
{{) Il e»t difficile de «avoir si ces deus arbre* , dant l'un dcMpielt est ttd
STYLB OGIVAL PRIMITIF f VOUTES ). ^53
La voussuro la plus rapprochée du tympan , et qui rn forme la bordure, est remplie par huit anges, dont deux encensent la Vierge
TTUPAR , A HOTBl-DlMe DE TftkTES.
et six ont des couronnes à la main. Dans la seconde voussure, on voit des anges portant des vases à parfums» des livres, des ciboires, etc. Le tout est garni de guirlandes de feuillages admirablement exécutées.
Abcadbs. — Les grandes arcades supportées par des colonnes ou des pilastres, à Tintérieur des ne6, ne sont jamais ornées de figures en bas-relief comme les portes. Souyent, au XIII« siècle, Tare de ces ogives est surélevé et se rétrécit légèrement près des impostes. Cette disposition des arcades contribue beaucoup à donner aux monuments à ogives de la première époque la hardiesse et rélancement qui en font , à nos yeux .
le principal mérite.
oÏMtu, sont mi« là poar remplir les ride», ou s*il« ont une autre deftinatioo. On Mit que le palmier était le lymbole de la résurrection. '
456 l)t CAUMO^T. ABÉCÉDAIRE O^ABCHÉOLOGII.
Voûtes.
*B8T, peut-être^ dans la coostructioD des voùtet que les ardu* , tectes da XIII* siècle ont montre le plus dlialûlelé. Il j a des voûtes qui n*ont que 6 pouces d'épaisseur, et qui sont jetées d*iui mur à Pautre à plus de 100 pieds d'élévation, avec une hardicase admirable ; jamais elles ne sont dites en pierres de taille, mais en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier; et cependant œs voûtes, si faibles en apparence, ont une telle solidité, qu'elles résistent , après des siècles , aux efiorts des hommes et des éléments (i).
Les arceaux des coûtes en ogive sont croisés, comne ceux des voûtes à plein-cintre ; quelques-uns sont parallèles entre eux , et traversent les nefs en ligne droite , de manière à séparer ces travées. Tous viennent se réunir et s'appuyer sur les massife qui séparent les fenêtres.
Cette retombée des arceaux se fiiit ordinairement au niveau de l'entablement qui supporte les fenêtres du troisième étage. 11 en réaahe que , vues du portail de l'Ouest , ces fenêtres se trouvent masquées en partie et séparées les unes des autres par les arêtes de la voûte.
Les points où s'opère le croisement des arceaux sont ornés de fleurons; un petit nombre d'arceaux ont été tapissés de violettes ou de fleurs disposées en guirlande.
On remarque, dans la hauteur de l'arc des voûtes, les mêmes variations que dans celle des arcades.
En Anjou , en Poitou , et en général au-delà de la Loire» on trouve constamment, au XIll* siècle et dans les siècles suivants, un système de voûtes qui n'a point été usité dans les provinces du Nord , ni dans beaucoup d'autres contrées de la France et dont j'ai déjà parlé, page S2i«
Les neh ont été longitudinalement divisées par des arcs paiallèl» correspondant à chaque travée, et les voûtes viennent dans le sens
• 1) Je connais de* vofttes du XIII* &iecle qui sont exposées, d<ipu^ plus de quatre-Tingts ans, i Faction des eaux pluviales par suite de renlèvemeot d«s toits de* églises dont elles font partie et qui sont encore très-solides. Certes, des voûtes en pierres de grand appareil n*auraient pas résisté pins longtemps, ei jamais il n^eùl été possible, vu la pesanteur des matériaux et la légéretr des supports, de les établir à des hauteurs aussi considérables que las voûtes de nos églises ogivales.
STTLB OGIVAL PRIMITIF ( VODTES ). ^55
longitudinal s'appnyer sur eux en s'abaissent , comme elles le font sur les murs latéhiux : de sorte qu'au Heu d'offrir , romme aiire'urs , uo niveau constant à leur sommet dans toute IViend'ue de l*édifice , elles présentent une suite de renflements et de dépressions dans lé sem loDgitudinaL
TOUTE De Xlll« «ikCLE, AVEC ktiCEKl LO>r.niJIM>AL OMT! i:.
Ces voûtes, dont chaque compartiment est de forme conique , sont d'aiUeurs fortifiées par des arceaux ou boudins, dont les uns se croispnl à angle droit et les autres diagonalement, à peu pr^s comme on les
tnmve daiis les Toutes conique qni ooeapent le centre dutmnsqri de DOS églises ogirales du Nord Ce ^TStème, qui peut oflGrir quel' qoesaTantages pour la solidité , ne permet pasd^embrasser d*un coupd'cdl la perspective de Pédifice : le point de Tue se trouve continuellement arrêté par la retombée des ▼oùtes sur les arcs parallèles , qui forment ainsi une suite de diaphngmes d*un eflet désagréable.
Tours.
i^u XIII* siècle surtout, le géy|nie des architectes parvint & élever jusqu^à une hauteur prodigieuse ces pyramides élancées qui donnent tant de mouvement e
à l'architecture ogivale. g
Objet d'étonnement pour les siè- ^
des qui les ont vues naître, ces tours |
feront Tadmiration de tousceux qui «
seront témoins de leur durée. Z
Elles sont percées de fenêtres s
longues et étroites, et assez sou- =
vent couronnées par des flèches •
octogones. Les espaces triangu- S
laires qui existent entre les quatre *"
angles de la tour et la base de la pyramide octogone, sont remplis de quatre clochetons; et les^quatre pans de Toctogone qui correspondent aux quatre faces de la tour, sont occupés par des fenêtres è pinacles.
Beaucoup de tours n'ont pas été terminées et s'arrêtent là où eût dû commencer la pyramide octogone. Elles sont alors couverte.
STYLE OGIVAL PRIMITIF ( TOURS )• iS|57
d'une plate-forme ou d'un toit supporté par une charpente (Notre- Dame de Paris, Reims, etc.)* ,^ Dans les grandes églises du XIII* siècle, comme dans celles les deux tours principal placées ù droite et à ga grand portail de Poues autre tour d'une plus hardiesse s'élève, portée quatre piliers des arcades
cupent le centre des ti S
Ce dôme était quelquefoi |
de manière à présenter u ^
vide au-dessus des voûtes ^
semblables à des lunette |
sales, ces tours allaient, ( «
Coutances, puiser la lumiè ^
grande hauteur pour h m
au milieu des nefs. S
Mais on ne s'est pas g
contenté de trois tours ^
pales, dans les grands S
ments du XIll* sièc] transepts qui offrent des d'une structure remai au nord et au midi , so quefois flanqués chacun tours carrées, isolées si
feces , et percées de longues ouvertures sans vitres (Chartres^ Reims, etc.), qui devaient offrir la répétition des deui grandes tours de l'ouesU A Chartres , deux autres tours étaient encore placées de chaque côté du chœur, à peu près au point où commence la courbure du rond-point
Ces tours , qui auraient produit un effet admirable si elles eussent été achevées, sont presque toujours demeurées imparfaites (1).
Voici quelques exemples de nos tours du XIII* siècle, les plus sveltes et les plus élégantes.
(1) A Chartres et à Reims, elles ne s'élèvent guère plus haut que le loit et se terminent par des plates-formes. Mais la solidité avec laquelle elles ont été nonstroitps ne permet guère de douter que » dana l'origine , on n'ait pas eu l'intention de les cooronQor de flèches en pierre.
/|58 DE CAOMONT. ABÉCÉDAIRE D'aRCHÉOLOGIE.
roCR Dt tll|< HÈCLK PBHCêB OC DKCX IU1B8 9tB CIUQVE FACE, StRMOlITÉC D*0!<t ILCCHC A QOiTEE PàlOS.
i!|60 DK CAUMONT, AOÉcéOAIRK d'aRCHÉOLOGIC.
TOVM DO S||l« ntcu. Boii*t ilr>.
STYLR OGIVAL PRIMITIF ( TOURS ). ^6l
P^IE DBS TOCaS DE LA CATHKUR%Lr. OK L«ON.
^6'2 DE CAUMONT. ABiCÉDAIRK D^ARGHéOLOGlB.
Les tours tenninées en bfttière , comme celle-ci, devaient pour la plu*
part être courounées (Viine autre manière. Je n'ai trouvé qu'un Irètpetit nombre de toits à double égout qui remontassent au XII' siècle; la plupart sont postérieurs à la tour qui les porte.
UtU DE GADMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIK.
Dans beaucoup de contrées, les tours du XI (I* siècle ne sont pas élégantes comme celles que je viens de figurer ; je choisis les types les plus distingués du Nord-Ouest et du centre de la France : régions dans lesquelles le style ogiTal a été le plus brillant
Dans le Midi , les ^
tours ont été lourdes S
et trapues au XIII* Z
siècle , et souvent , ^
comme auparavant, |
couvertes d*un toit ?
obtus. Les flèches en z.
pierre ne se rencon- S
trent en grand nom- i
bre que dans certains ^
pays. l
mi
Clochbtons. — Les ■
clochetons offrent en '^
petitrimagedes tours 1
percées, sur chacune S
de leurs faces, d'une S
ouverture en forme §
de lancette géminée ; S
la plupart se terminent par une flèche octogone, ou par une pyramide quadrangulaire.
Dans quelques tours , notamment ^
dans celle de la cathédrale de Goutances que void, et qui doit dater de la première moitié du XIII* siècle, les clochetons se composent de plusieurs étages superposés au-dessous du toit conique. Ils deviennent très-élevés quand la tour prend la forme octogone avant la naissance de la pyramide , et la figure d-jointe en montre lacauie.