AUTEL PRINT EN ÉMAIL SUR LA CHASSE DE SAINT CALMIN DE BIO
I n'y avait pas de tabernacle pour recevoir les hosties, Jl'Eucharistie se conservait dans des vases faits les uns en forme de colombe, les autres en forme de tours qui étaient tantôt suspendus, tantôt renfermés dans des armoires placées à côté de l’autel.
Aux XI°. et XIIe, siècles, les autels étaient souvent consacrés en l'honneur de plusieurs saints, On y renfermait aussi plusieurs reliques,
Des inscriptions dédicatoires étaient quelquefois gravées sur le bord de la table des autels comme à St.-Savin, en Poitou, et quelquefois, comme à Montierneuf de Poitiers, sur des tables en pierre qu’on incrustait dans les murs voisins (4).
(4) Voir mon Cours d'antiquités, t. VI, page 455 et suivantes.
212 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRR D'ARCHÉOLOGIB.
Une de ces inscriptions dédicatoires de Montierneuf de Poitiers que je cite comme exemple, peut être lue de la manière suivante :
Hoc. altare, XII. kalendas. februarii, est, consecratum. in honore, sanctorum. aposto-orum. Simonis. et, Jud«æ. et. omnium. apostolorum. et. Vincentii, martyris, atque. ibi, sunt. conditae. reliquiae. sanctorum. Abundi. Petri. et. martirum. Maximi. presbiteri. Archelai. diaconi,
C'est-à-dire :
Le XII des calendes de février, cet autel a été consacré en l’honneur des saints Apôtres, saint Simon et saint Jude, de tous les Apôtres, et de saint Vincent, martyr.
Les reliques des saints Abundus, prêtre, et des martyrs Maxime, prêtre, et Archélaus, diacre, y ont été renfermées.
Qu’appelez-vous des crédences ?
Ce sont des niches plus ou moins historiées, pratiquées dans l'épaisseur des murs, le plus souvent du côté de l’épitre, mais quelquefois des deux côtés de l’autel,
À quel usage étaient-elles destinées ?
Le pape Léon IV, qui vivait au IX°. siècle, nous l’apprend quand il recommande, dans la curieuse instruction qu'il adresse aux évêques, qu'il y ait près de l'autel un lieu où l’on puisse jeter l'eau qui a servi à laver les vases sacrés, et que le prêtre y trouve de l’eau et du linge blanc pour se laver les mains et les essuyer après la communion (4).
Les crédences avec des piscines pour l'écoulement des eanx, paraissent avoir succédé aux armoires qui, dès le V°, siècle, existaient dans les églises des deux côtés de l’autel.
- D'après Pautin, évêque de Nole, dans celle de éroite étaient enfermés les objets composant le saint ministère, c'est-à-dire, les calices et les autres vases en usage dans les cérémonies religieuses; celle de gauche contenait les livres saints, savoir : le livre des évangües, ceux des psaumes et des épitres et le missel,
À quelle époque voit-on paraître les crédences dans les églises ?
‘ Ce n’est que dans la 2°. moitié du XIIe, siècle (cathédrale de Lau-
(4) Locus in secretario aut juxta altare sit præparatus, ubi aqua effundi possit, quando vasa abluuntur et 1bi linteum nitidum cum agqu4 dependeat, ut ibi se eerdos manus lavet post communionem.
sanne, Sugères (Deux-Sèvres), Pontigny (Yonne), etc., et encore sonl-
elles rares avant le églises romanes ont
A défaut de crédences, il paraît qu'il y avait près de certains autels des piscines pédiculées et percées, au fond de la euvette, d'un trou pour l'écoulement de l'eau qui avait servi à laver les mains du célébrant,
J'ai dessiné celle que voici dans l’église de l’ancien prieuré de St.-Gabriel (Calvados), où elle se trouve encore en place dans le sanctuaire, du côté de l'épitre ; la cuvette
XIIIe. La plupart de celles qu'on voit dans les été établies après coup.