‹ Abécédaire, ou, rudiment d'archéologie (volume 2)Chapitre 56 sur 154 · PLAN DE LA CRYPTE DE SAINT-EUTROPE · texte numérisé non relu

PLAN DE LA CRYPTE DE SAINT-EUTROPE

églises romanes de France et d'Italie.

Quelques cryptes, comme celles de Spire, de Sillé-le-Guillaume (Sarthe) et de plusieurs églises d'Italie, s'étendent sous les deux transepts jusqu'à leurs extrémités.

On descend dans les cryptes par des escaliers placés dans les transepts, dans la nef près de l'entrée du chœur, ou de côté, dans les collatéraux.

Appareils. Les principaux appareils en usage dans l'architecture ro-

maine et dans l'architecture romane primitive, se retrouvent dans celle des XI°. et XII°. siècles.

Le petit appareil régulier de quatre pouces carrés et le moyen appareil de huit pouces environ sur cinq, se rencontrent très-fréquemment.

Les édifices construits en moëllon , tels que certaines églises de campagne, offrent assez souvent des murs en blocage. Lorsqu'on s'est servi de pierres plates pour le revêtement, elles ont presque toujours été rangées sur le côté et inclinées alternativement à droite et à gauche ( opus spicatum, maçonnerie en feuilles de fougéres ou arte de poisson ). Une combinaison à peu près semblable a été figurée, mais très-rarement par la coupe des pierres de taille de moyen appareil.

D'autres appareils, les uns composés de pierres hexagones, les autres dont les pièces sont en forme de losange, ont été employés dans les murs extérieurs comme décoration. Ces pièces sont séparées les unes des autres par une couche de ciment coloré en rouge (1).

On rencontre assez souvent en Poitou un autre appareil composé de pierres arrondies d’un côté, carrées de l'autre, et séparées par du ciment coloré. Une fois rangées, elles ressemblent à des écailles imbriquées, ou plutôt à certaines feuilles, car la partie arrondie est souvent placée en-dessus. Elles sont disposées ainsi dans les couronnements coniques de certaines tours, où limitation végétale est plus caractérisée (2).

Signes d'appareils. On appelle ainsi des figures diverses très-variées dont quelques-unes ressemblent à des lettres renversées, et que l’on trouve gravées en creux sur les pierres d'appareil dans la plupart des édifices du midi de la France et dans beaucoup d’autres contrées. On

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croit communément que ce sont des signes de tâcherons ou de tailleurs de pierre qui auraient à ce moyen reconnu les pièces qu'ils avaient dégrossies.

(1) Ordinairement la couleur rouge a été appliquée seulement à la surface du ciment et n’a pas plus de six lignes d'épaisseur dans les jointures des pierres. (2) Voir la quatrième partie de mon Cours d’antiquités et l'atlas.

Contreforts. Dans l'architecture romane primitive, les contreforts se présentaient comme de simples nilastres d'ornement ; à partir du L XIe. siècle, ils n'ont encore que très-peu de saillie comparativement à ce qu'ils en Étr—acquirent dans la suite. Ce sont des pilastres parfois À ornés sur les angles, de co- À lonnes engagées, avec couronnements en pente garnis d’imbrications, ou bien des demi-colonnes qui tantôt s'élèvent jusqu'à la corniche, tantôt s'arrêtent un peu plus bas et se terminent par un petit toit conique (façades de Parthenay-le-Vieux, de | St.-Jouin-de-Marnes, etc. , etc, ), murs latéraux de St.-Germer (Oise), etc. , etc. Quelques contreforts rectangulaires à la partie basse se transforment en colonnes à une certaine hauteur,

En Italie, dans le midi de la France, en Alsace, sur les bords du Rhin, etc., les contreforts très-plals ne consistent souvent que dans des ressauts espacés également les uns des autres sur la muraille.

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Ornements. Les ornements et les moulures emn- = ployés dans les XI°, et XIIe. siècles, se voient sur les —= archivokes des portes, des arcades et des fenêtres, = sur les coruickes et sur le plain des murs, £

Pour abréger les explications, je présente l’image de quelques moulures typiques du roman secondaire : si j'avais une série complète de figures, je pourrais les ranger par grandes régions, c’est-à-dire réunir mé celles qui se voient le plus habituellement dans une = même circonscription, et qui caractérisent, jusqu’à un certain point, une école. Il ne faut pas attacher trop d'importance à ces vues générales qui peuvent être contredites par quelques faits exceptionnels ; mais celles méritent k plus grande attention.

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