‹ Abécédaire, ou, rudiment d'archéologie (volume 2)Chapitre 91 sur 154 · TOUR DE DÉOLS · texte numérisé non relu

TOUR DE DÉOLS

à bases cylindriques occupent les angles résultant de l’application du loit conique sur ie carré,

Je pourrais produire beaucoup d'autres types assez singuliers, s’il ne fallait terminer cet aperçu des tours romanes,

L'escalier par lequel on monte aux étages supérieurs forme souvent, à l’un des angles du carré de la tour, une saillie ou tourelle qui vient se terminer à la base du toit (voir la p. 449). On plaçait ainsi l'escalier en-dehors, pour ne pas interrompre les voûtes qui séparent ordinairement les tours en plusieurs étages.

Clochetons. Les clochetons n'ont guère été employés durant le règne de l'architecture romane; j'en connais à peine, dans le nord-ouest de Ja France, quelques exemples du XI°e, siècle, et l'on peut affirmer qu'ils ont été fort rares dans ce pays, avant la deuxième moitié du XIIe, L'église Notre-Dame de Poitiers en a plusieurs d’une forme trèsélégante, et j'en ai vu de pareils sur d'autres églises regardées comme appartenant au XIIe, siècle,

Mais j'ai partout été frappé de leur petit nombre ; on Les voit le plus souvent aux angles des transepts et des façades, et l’on peut admettre que leur présence dans les monuments romans est encore une des innovations qui préparaient l’avénement de l’architecture à ogives.

À quelle époque remonte l'usage de placer des cogs en guise de girouettes sur Les tours d'église ?

Cet usage est très-ancien, sans qu’on puisse absolument en indiquer l'origine, |

Le poète Wolslan parle du coq qui surmontait la cathédrale de Winchester , dans sa vie de saint Ethelwold écrite à la fin du X°, siècle.

Sur la tapisserie de Bayeux, nous voyons un coq fixé sur un des points saillants du toit de l’abbaye de Westminster,

Le Livre Noir de l'évêché de Coutances parle du rétablissement fait du coq de Ja cathédrale, détruit par la foudre en 40914.

Le coq de Brescia fabriqué au IX°. siècle était de cuivre, et c'est le métal qui était usité alors.

D'après le témoignage de plusieurs écrivains ecclésiastiques et d’après des comptes d'églises, il paraît qu'assez souvent on enrichissait les coqs de dorure. La description de Wolstan et le Livre Noir nous apprennent que ceux de Winchester et de Coutances avaient été dorés. Eckard, auteur du X°. siècle, dans son livre De casibus sancti galli, parle d’un coq que deux voleurs avaient voulu dérober, parce qu'ils s'étaient imaginés qu'il était d’or massif (4),

(4) L'abbé Barraud, Recherches sur les cogs des églises.

Ainsi, dès le XI". siècle, nos églises étaient surmontées de coqs.

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