‹ Abécédaire, ou, rudiment d'archéologie (volume 2)Chapitre 93 sur 154 · STATUES DU .X1I°, SIÈCLE · texte numérisé non relu

STATUES DU .X1I°, SIÈCLE

du visage, la tournure et le costume des différents personnages (4). (1) Souvent ces statues ont été peintes, leurs yeux ont quelquefois des prunelles en émail incrustées dans la pierre. ; 41

Le Père éternel, le Christ, la Vierge, les Apôtres, les Saints, les Anges, recurent dans ce système leurs traits, leur forme, leur costume propre et déterminé, Ces types partout admis, partout reproduits avec le scrupule religieux qui tenait à la fois à un sentiment de dévotion et à l'impuissance de l'art, étaient partout exécutés au moyen de procédés semblables, comme le dit M. Raoul Rochetle dans ses Leçons sur l’histoire de la statuaire (1).

Un des sujets qu'on observe le plus ordinairement et qui frappe le plus, tant par la dimension des figures que par la place qu'elles occupent, c’est la représentation de Dieu entouré de divers attributs, qui, à partir du XI°, siècle, se trouve fréquemment sur le tympan des portes et parfois au milieu des frontons des églises. On remarque deux manières principales de représenter ainsi la divinité,

Souvent Jésus-Christ est assis sur son trône, vêtu d’une longue tunique enrichie de broderies et tenant la main droite élevée comme pour donner la bénédietiou : autour de lui sont les symboles des quatre évangélistes désignés dans la vision de saint Jean, savoir, dans la partie supérieure du tympan, au niveau de la tête du Sauveur, l'aigle (saint Jean), Pange (saint Mathieu}, et plus bas, le lion (saint Marc), et le bœuf (saint Luc), Il a les pieds sur une espèce de tabouret ou escabeau scabellum à claire-voie, que les sculpteurs du XIIe siècle ont presque toujours fidèlement reproduit (Voir la page 98 ).

Souvent on remarque à côté de ce tabouret figurant peut-être la terre et au centre du tableau, des ondulations figurant des eaux, suivant ce passage du chapitre 1V, verset 6, de Apocalypse : En fuce

du tré comme une mer de verre semblable a un cri par des lignes ondulées, à Bourges, dans ll néridionale de la cathédrale du Mans, à Ang imé , la représentation du Christ au -milieu a été reproduite à peu près de même dans |

Les ïe grande prédilection pour ce sujet tiré de

(1) Cours d'archéologie professé à la Bibliothèque royale en 1828.

(2) Des ondulations semblables, qui font le tour du tympan, expriment peut-être dans quelques tableaux l'arc-en-ciel dont il est parlé dans le chapitre IV, paragraphe 3.

(3) Les sculpteurs du XI. siècle on$ essayé de peindre l’image du trône

ÈRB ROMANR SBCONDAIRE. [ICONOGRAPHIE. ) 163

Ailleurs Jésus-Christ est représenté dans l'attitude que je viens d’indiquer, mais, au lieu des symboles des quatre évangélistes, on voit seulement à ses côtés deux anges, tantôt debout et tenant des encensoirs, tantôt à genoux et dans l'attitude de la prière. Au lieu de tenir un livre, le Christ est représenté parfois les deux mains étendues : c'est ainsi qu'on le voit à Autun.

Sur le tympan de la grande église de Vézelay, nous voyons le Christ de grandeur colossale la tête entourée d’un nimbe croisé, les cheveux séparés sur le front et retombant sur les épaules, la figure grande ct noble, les mains étendues comme pour bénir.

Le costume se compose d’un péplum plissé à très-petits plis, retombant jusqu’à la ceinture, d’une robe très-ample, plissée de même, à grandes manches, qui laissent voir une autre robe d’une étoffe différente (1).

À droite et à gauche du Christ sont les douze Apôtres, de proportion relativement plus petite, leur Lête n’arrivant guère qu'aux hanches du personnage principal : tous tiennent des livres ou des tablettes.

De l'extrémité des mains du Christ sortent des lignes ou rayons qui se dirigent sur la tête de chacun des personnages dont il vient d'être question , et qui sont évidemment les apôtres.

Cette représentation mystique des grâces opérées par l’imposition des mains se voit dans quelques autres bas--reliefs, maïs ici elle est plus curieuse peut-être qu'ailleurs, à cause de l’expression des figures : elles paraissent frappées, saisies, par l'inspiration qu'elles reçoivent du rayon lumineux qui vient toucher leurs têtes. |

Saint Pierre, reconnaissable à la clef qu’il porte, est le plus rapproché du Christ; sa tête et ses genoux touchent presque aux vêtements da Seigneur.

Nous avons figuré dans le tome IX du Bulletin monumental une esquisse de fresques de Montoire qu'il est bon de rappeler ici. Cette

céleste, tel qu'il est décrit dans le chapitre IV de l’Apocalypse, versets 6 et 7, que nous transcrivons ici :

« En face du trône, il y avait comme une mer de verre semblable à du « cristal, et au milieu du trône et à l'entour, il y avait quatre animaux qui « étaient pleins d'yeux devant et derrière.

« 7. Le premier animal était semblable à un lion, le second semblable à « un bœuf, le troisième avait le visage comme celui d'un homme, le qua- « trième était semblable à un aigle qui vole. »

(4) Notes d'un voyage dans le centre de la France, par M. Mérimée.

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