‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 100 sur 182 · FLEURONS OU ROSACES DE LA CATHÉDRALE DE LAON · texte numérisé non relu

FLEURONS OU ROSACES DE LA CATHÉDRALE DE LAON

Les violettes ne ressemblent pas toujours à la fleur de ce nom, et l’on comprend sous la même dénomination plusieurs fleurons de forme différente, sculptés en relief, qui garnissent les archivoltes, les piedsdroits des portes et des fenêtres, et quelquefois les arceaux des voûtes. J’ai souvent observé , sur les voussures des portes principalement, des violettes à pétales, renversées et vidées en-dessous avec tant de délicatesse qu’elles ne tiennent à la pierre que par leurs extrémités.

Les feuilles entablées ont reçu cette dénomination, parce qu’elles forment des bordures sur les parties saillantes de l’entablement , notamment sur les tailloirs.

Les crochets ou crosses sont placés sur les angles des pyramides, le long des frontons, sous les corniches et dans quelques autres parties des édifices, surtout à l’extérieur; ils se rencontrent principalement dans le XIIIe. siècle , mais on les trouve vers la fin du XIIe. Ils ont pour caractère, dans le XIIIe. , d’être allongés et terminés par un évasement qui figure tantôt un petit fleuron , tantôt une feuille roulée en forme de volute. On peut ajouter qu’ils sont plus écartés les uns des autres que ceux du XIVe.

siècle, et qu’au lieu d’être implantés constamment sur les parties les plus saillantes, telles que les angles des pyramides, le bord des frontons, etc., etc., ils sortent quelquefois du centre des cannelures pratiquées dans les voussures des portes entre les colonnes ou le long des pilastres.

Quelquefois les crochets ou crosses se terminent par des figures humaines ou des têtes d’animaux.

Le portail de l’église de la Couture, au Mans, montre dans ses voussures des crochets, terminés les uns par des bouqqets de feuillages, les autres par des têtes humaines.

Les pinacles présentent de petites pyramides trop peu élevées pour pouvoir être confondues avec les clochetons auxquels elles ressemblent toujours plus ou moins. Ces pyramides ont été, comme nous le verrons , bien plus communes dans le XIVe. siècle que dans le XIIIe.

Les dais forment des couronnements en saillie, qui ne tiennent qne d’un côté au mur qui les supporte. Le plus souvent ils surmontent les niches destinées à recevoir des statues.

Dans l’exemple cijoint, tiré des portails latéraux de la cathédrale de Chartres , ils reposent sur les chapiteaux des colonnes auxquels sont adossées les statues. Le plus ordinairement ces dais sont ornés de tours qui figurent peutêtre la Jérusalem céleste.

Aux ornements que je viens d’indiquer, il faut ajouter quelques moulures caractéristiques de l’architecture romane et qui se représentent dans le XIIIe. siècle, mais avec un style particulier, une finesse d’exécution qui ne permettent pas de les confondre avec celles des siècles précédents. Ce sont les zigzags, les têtes saillantes, les têtes-plates, les étoiles, les billettes, etc., etc.

La porto que voici nous fournit un exemple, non-seulement de l’em-

ploi de ces moulures (zigzags, têtes de clous, etc. ), mais aussi du plein-cintre employé par exception au XIIIe. siècle.

Entablement. — Dansle XIIe. siècle, les modillons à figures grimaçantes avaient été peu à peu remplacés par des consoles semblables à celles-ci :

ou bien en forme de dents de scie ; ces consoles ont été employées pendant tout le temps que j’assigne au style ogival primitif, ainsi que les feuillages en-

tablés.

Mais un changement plus considérable s’opéra dans l’entablement des grands édifices par l’addition des balustrades. On couronna les corniches avec des rampes en pierre dès les dernières années du XIIe. siècle : ces balustrades devinrent l’accessoire ordinaire des coiv niches qui terminent les murs principaux, à l’extérieur.

Dans les églises où l’on remarque trois rangs de balustrades, le premier est au-dessus des chapelles, le second surmonte les bas-côtés, et le troisième règne autour du grand comble ; mais le plus souvent on n’en voit que deux rangs : l’un au-dessus des chapelles , et l’autre au-dessus du grand comble.

Les balustrades qui prédominent au XIIIe. siècle sont portées sur des arcs ogives, ou sur des arcs trilobés, tantôt à colonnes, tantôt sans colonnes.

BALUSTRADES DU XIIIe. SIECLE,

A l'intérieur, on a principalement placé les balustrades au-dessus de la

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coi niche qui surmonte le premier ordre, comme dans cette élévation d’une église du XIIIe. siècle.

BALUSTRADE TRILOBÉE SÉPARANT EN DEUX PARTIES L ÉLÉVATION INTÉRIEURE d’üNE ÉGLISE DU XIIIe. SIECLE.

Colonnes et pilastres. — Les colonnes minces et allongées forment un des caractères les plus frappants de l’architecture ogivale. Le plus souvent elles étaient disposées par faisceaux et tapissaient les pilastres, toujours nombreux dans les grands édifices; c’est, je crois, dans le Nord de la France que les agroupements de colonnes ont été le plus fréquents et le plus remarquables : c’est dans cette région qu’on avait commencé à disposer les colonnes en faisceau , aux XIe.

et XIIe. siècles. En général, les colonnes, soit groupées, soit isolées , se détachent, de manière que les trois quarts du cylindre restent visibles ; quelques-unes même sont tout-à-fait séparées du mur ou du pilier qu’elles décorent.

Les fûts des colonnes présentent fréquemment des anneaux qui les divisent par parties égales. J’ai désigné sous le nom de colonnes annelées celles qui sont ainsi munies de renflements.

On voit aussi, au XIIIe. siècle, des' colonnes torses dont le fût est conduit! en spirale (Chartres, Gênes, etc., etc.), j La longueur des colonnes varie suivant la hauteur des édifices où elles sont!

placées, et leur diamètre est très- variable.

Dans les nefs, des colonnes en faisceaux I s’élancent d’un seul jet jusqu’au haut] des murs où elles reçoivent les arceaux des voûtes; mais plus souvent encore on en voit plusieurs ordres superposés les uns aux autres , sans entablement intermédiaire, de sorte que la base des colonnes d’un étage repose immédiatement sur les chapiteaux des colonnes inférieures. Dans

TRIFORIUM. CLÉRESTORY

STYLE OGIVAL PRIMITIF (COLONNES ET PILASTRES). 353 beaucoup d’églises, le premier ordre est composé de grosses colonnes

ÉLÉVATION d’une ÉGLISE DU XIIIe. SIÈCLE.

cylindriques : les colonnes minces garnissent les étages supérieurs.

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