VUE DU^FONT EN BRONZE DE LA CATHÉDRALE DE HILDESHEIM
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Zl72 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D’ARCHÉOLOGIE.
voit de face la colonnette qui sépare deux des quatre cadres ornant le pourtour de la cuve. On trouve , en allant de bas en haut, au-dessus du fleuve Pinson, emblème de la prudence, cette vertu représentée par une femme couronnée avec l’inscription Prudentia ; puis au-dessus de la colonnette le prophète Isaïe , et plus haut saint Mathieu.
On voit dans mon dessin les Israélites passant le Jourdain, sous la conduite de Josué et portant l’arche d’alliance. La légende suivante accompagne le bas-relief :
AD. PATRIAM. JOSVE. DVCE. FLVMEN. TRANSIT. HEBREUS.
DVCIMVR. AD. VITAM. TE DVCE. FONTE. DEVS.
On lit autour d’un autre bas-relief qui représente le passage de la mer Rouge :
PER. MARE. PER. MOYSEN. FVGIT. EGIPTVM. GENVS. HORVM.
PER. CHRISTUM. LAVACHRO. FUGIMVS. TENEBRAS. VITIORUM.
Les deux vers suivants accompagnent le bas-relief représentant le baptême de J.-C. :
HIC. BAPTIZATVR. CHRISTVS. QVO. SANCTIFICATVR.
NOBIS. BAPTISMA. TRIBVENS. IN FLAMINE. CRISMA.
Dans le quatrième bas-relief, la Sainte Vierge est représentée tenant l’Enfant-Jésus. Un personnage crossé et mitré qu’on voit sur le premier plan doit être Wilbernus , qui a donné ce font dans la seconde moitié du XIIIe. siècle.
Voici les deux vers qui expliquent ce bas-relief:
f WILBERNVS. VENIE. SPE. DAT. LAVDIQVE. MARIE.
HOC. DECVS. ECCLESIE. SVSCIPE. CHRISTE. PIE.
Le couvercle de ce beau font baptismal est de forme conique et à charnières, comme ceux des petits ciboires en cuivre émaillé dont nous avons produit un spécimen à la page 285.
Quatre bas-reliefs, avec des inscriptions encadrées dans des arcades trilobées , garnissent ce couvercle qui se termine par un fleuron.
Bénitiers.
Les bénitiers otit-ils eu des formes particulières au XIIIe . siècle ?
Les bénitiers affectèrent anciennement la forme de cuves plus ou moins larges , d’autres étaient pédiculés comme les fonts baptismaux et ont été confondus avec ces derniers ; mais il en reste fort peu de ce genre. Ils tenaient trop de place. On leur a substitué de bonnne heure des réservoirs beaucoup moins volumineux, tantôt creusés dans une espèce de colonne, tantôt en encorbellement dans le mur voisin de la porte.
Le plus ancien exemple authentique que je connaisse de ce dernier genre de bénitiers qui sont à présent les plus communs dans nos églises, est celui de Villeneuve-le-Roy (Yonne).
Il se compose d’un réservoir octogonal appliqué sur une colonne, et il est surmonté d’un dais ou couronnement offrant la représentation d’une citadelle ou de la Jérusalem céleste, comme presque tous les dais du XIIIe. siècle.
BÉNITIER DU XIIIe. SIÈCLE, A VILLENEUVE-LE-ROY,
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Quant aux bénitiers détachés des murs et qui ressemblent aux fonts baptismaux, c’est dans les contrées granitiques que j’en ai vu le plus, parce que l’extrême solidité de cette roche les rend presque indestructibles. Du reste, la plupart ne sont pas antérieurs au XIIIe. siècle et ne datent même que des siècles suivants.
Tombeaux.
Quels sont les caractères des tombeaux du XIIIe. siècle?
Les tombeaux apparents du XIIIe. siècle peuvent se rapporter à trois types principaux comme ceux des siècles précédents, savoir :
Les tombeaux avec arcades pratiquées dans les murs ou adossés contre eux ;
Les tombeaux isolés ;
Les grandes dalles historiées, incrustées dans le pavé des églises.
Dans ces trois systèmes, l’image du défunt est souvent reproduite ; elle est en relief sur les tombes abritées sous des arcades et sur les tombes isolées ; elle est gravée au trait sur les pierres tombales.
Ainsi les tombeaux offrent, à partir du VIIIe. siècle, un grand nombre de renseignements sur les costumes et les usages. La statuaire fit d’ailleurs, au XIIIe. siècle, des progrès qu’il est facile et trèsintéressant de constater dans les statues funéraires, qui ont été souvent confiées aux artistes les plus habiles.
Le costume et les attributs du défunt doivent être soigneusement examinés, quand on veut reconnaître les personnages auxquels ont été consacrés les tombeaux et l’époque à laquelle ils ont été érigés.
Les statues d’évêques, d’ailleurs très-reconnaissables h leur mitre, et aux autres attributs de l’épiscopat, sont en outre distinguées par le soulèvement de leur main droite et par le déploiement des deux premiers doigts, comme s’ils allaient donner la bénédiction. On en trouve aussi beaucoup qui ont les mains croisées.
Cette dernière attitude est ordinairement celle des abbés, qui portaient la mitre et la crosse dans les abbayes auxquelles ce privilège était accordé.
Les séculiers des deux sexes portaient également des habits longs ; ils avaient une ceinture par dessus la robe, à laquelle on suspendait ses clefs, sa bourse, son épée, son couteau.
Telles sont les deux statues suivantes : l’une offrant un guerrier vêtu de sa jaque de mailles, recouverte d’une cotte d’armes, portant à la
ceinture, du côté gauche, une dague et un bouclier triangulaire ;