‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 15 sur 182 · FRAGMENÎS DES MOSAÏQUES DE SAINT— IULAIRE DE POITIERS · texte numérisé non relu

FRAGMENÎS DES MOSAÏQUES DE SAINT— IULAIRE DE POITIERS

romaine, pour les constructions publiques et privées, ainsi que le prou venl les nombreux débris qui nous restent.

ÈRE ROMANE PRIMITIVE. 29

Existe-t-il encore en France beaucoup d’édifices appartenant au ro man primitif?

Extrêmement peu, si on laisse (le côté le Xe. siècle, dont les cou slructions ne sont pas faciles à distinguer de celles du XIe. siècle.

Ainsi on connaît le baptistère de St. -Jean de Poitiers, que j’ai décrit longuement et figuré dans mon Cours d'antiquités monumentales (1), et dont il ne reste plus d’ancien que le transept et le chevet ; la nef ayant été détruite et refaite, en partie, à une époque postérieure.

L'église St.-Laurent de Grenoble se compose de quatre murs, disposés en forme de parallélogramme ou de carré long dirigé de l’Est à l’Ouest. A ces deux points opposés, on a pratiqué des enfoncements circulaires (G D) qui sont répétés aux deux côtés du Nord et du Sud, mais rapprochés (E F) de la face orientale. A une égale distance de la face occidentale, se voient deux ouvertures cintrées (GH), ménagées dans les

murs de ces mêmes côtés (Nord et Sud). Dix-huit colonnes d’ordre corinthien, à base attique, distribuées, à l’intérieur, sur les quatre faces du monument, en soutiennent la voûte, qui s’élève à 20 pieds. Deux fenêtres , prises à l’Est et au Nord , donnaient le jour nécessaire. La longueur de l’édifice est de 25 pieds, la largeur de 15, et chaque enfoncement ayant 5 pieds de profondeur, on a pour la pins grande longueur 35 pieds, et 25 pour la plus grande largeur.

L'église St. -Pierre, à Vienne (Isère), est ornée de belles colonnes en marbre et d’autres débris de monuments romains; les murs latéraux

(1) Ce monument a été décrit depuis par M. de Chasteignier , dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest.

sont construits en petit appareil (V. la figure, p. 20). Malheureusement l’intérieur a été couvert de plâtre au XVIIe. siècle, les colonnes ont été enchâssées dans du mortier , les arcades ont été déformées pour ressembler à celles qui étaient à la mode à cette époque ; des pilastres en plâtre ont été substitués aux colonnes de marbre, mais on retrouve celles-ci au-dessous de l’enduit qui les cache.

M. de Terrebasse établit, dans un mémoire tout récent, que, durant la première moitié du Xe. siècle , l’église de St.-Pierre fut renouvelée en partie , et il attribuerait à cette époque les incrustations de briques figurées p. 20. Sans discuter cette opinion, nous dirons que des incrustations de même genre existent dans le fronton du baptistère de St.-Jean de Poitiers, qui nous parait bien antérieur au Xe. siècle.

L 'église de Savenières (Maine-et-Loire) a été figurée, pour la première fois , dans mon Cours d’antiquités ( tome IV ) : la façade et le mur latéral Sud sont construits en pierre de petit appareil. On remarque, à différentes hauteurs, depuis le niveau du sol jusqu’au sommet de l’ancien fronton, six larges bandes de briques posées en feuilles de fougère, et trois petits cordons composés seulement d’un double rang de briques posées à plat. Ces différentes lignes rougeâtres contrastent, par leur couleur, avec le fond rembruni de la muraille. Deux fenêtres , percées au centre, ont leurs archivoltes garnies de briques , et l’on remarque , tout près de l’extrémité du pignon , des briques disposées de manière à former un triangle.

On peut citer également : V église de la Basse-OEuvre , à Beauvais (l’ancienne cathédrale ) , dans laquelle on distingue, au haut des murs latéraux demeurés intacts, et qui sont en petit appareil, des fenêtres à plein-cintre, â claveaux séparés par des briques ; un cordon horizontal formé de deux rangs de briques, court d’une fenêtre â l’autre au niveau des impostes et encadre l’ar-

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