FAÇADE DE L’ÉGLISE DE JORT
trois archivoltes portées sur des colonnes et ornées de diverses moulures , s’ouvre une fenêtre cintrée avec archivoltes et colonnettes ; plus haut est une corniche à modillons et un fronton triangulaire. Cette ordonnance, très-simple et d’un bon effet, pourrait être adoptée par les architectes qui construisent des églises dans le style roman.
È R e romane secondaire (façades). r25
Dans les églises d’une certaine élévation, comme celle qui suit,
FAÇADE DE l’ÉGLTSE d’oUISTREHAM.
les portes sont souvent surmontées de deux ou trois étages de fenêtres ou d’arcatures.
Du des caractères des façades romanes, en Poilou, en Saintonge, etc.,
etc., c’est de présenter trois arcs égaux en hauteur. Les deux arcs qui accompagnent l’arcade centrale, renfermant l’entrée principale de la nef, n’ont pas été ouverts dans les églises dont je parle , et ne sont là que pour la décoration de la façade.
L’église de St. -Hilaire de Foussay, décrite par M. de Longuemar, est une de celles qui présentent cette disposition. Voici la moitié de cette façade (p. 127;. Les tympans des arcs correspondant aux bas-côtés sont chargés de personnages.
La fausse arcade figurée dans l’esquisse que je présente (côté de l’évangile) offre la scène du Crucifiement, au moment où les disciples de J.-C. viennent détacher de l’instrument du supplice le corps de leur divin Maître. *
La partie principale de la scène est remplie par cinq figures debout : une seule a conservé sa tête, c’est l’effigie de Joseph d’Arimathie, à qui les sculpteurs romans ont toujours accordé l’honneur de recevoir dans ses bras le corps du Christ. Ce dernier est encore appuyé contre l’arbre de la croix ; Nicodême est placé à sa gauche; puis vient saint Jean, le disciple bien-aimé, reconnaissable à son nimbe, au livre fermé qu’il porte sous son bras, et à ses pieds nus.
A la droite du Christ et au-delà de Joseph d’Arimathie, est la Vierge Marie, dont la tête est ornée d’un large nimbe, et qui, saisissant le bras droit de son divin Fils, seul détaché de la croix, semble sur le point de le porter à ses lèvres.
Deux bustes, représentant le soleil et la lune, se montrent au-dessus des bras de la croix.
Ces figures et leurs draperies sont remarquables, elles appartiennent au style de l’école hiératique ancienne, en usage au XII°. siècle. Elles sont l’œuvre d’un sculpteur de St.-Jean-d’Angély , ainsi (pie l’indiquent les mots suivants , disposés sur une seule ligne :
AVDEBERTVS D SCO • IOHE ; ANGERIACO • ME FECIT.
Transepts. — L’extrémité des transepts, dans les églises qui en ont, et le chevet dans celles qui se terminent par un mur rectangulaire, offrent une ordonnance qui se rapproche plus ou moins de celle des façades : le cadre à remplir était d’ailleurs à peu près le même. Ce sont , suivant l’importance de l’édifice , un ou plusieurs étages d’arcatures avec des fenêtres et quelquefois, quoique rarement, d’autres arcatures