‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 55 sur 182 · ABSIDES ET TRANSEPTS DE L’ÉGLISE SAINT-SERNIN , A TOULOUSE · texte numérisé non relu

ABSIDES ET TRANSEPTS DE L’ÉGLISE SAINT-SERNIN , A TOULOUSE

DE GAUMONT. ABÉCÉDAIRE i/ ARCHÉOLOGIE.

donnance extérieure de cette belle église ; elle serait plus belle encore si là , comme dans plusieurs autres monuments du Midi , on n’avait , à une certaine époque , changé le système de toiture et exhaussé les murs pour supporter les charpentes et les remonter à une certaine hauteur au-dessus des voûtes. Par suite de ce travail , qui a été le résultat d’un système dans le Midi , les anciennes corniches ont été écrasées par un mur percé d’ouvertures carrées d’un effet disgracieux. A ce moyen, on a pu pratiquer de vastes greniers entre la voûte et la toiture : ce qui , sans doute , est un moyen de conservation pour les murs, mais ce qui, en revanche , alourdit singulièrement les édifices.

Ce système a souvent aussi entraîné la suppression des frontons des transepts et même de celui de la façade occidentale : on leur a substitué un mur droit: et le toit, conduit en biseau, a formé ce qu’on appelle un bout rabattu. Ce^te disposition du toit produit un aplatissement considérable que j’ai déploré dans plus d’un édifice du Midi. A-t-elle existé dès l’origine dans quelques monuments? Je n’en sais rien ; mais je crois que , pour un grand nombre , elle ne date que de l’époque de l’exhaussement des murs supportant la charpente , ce qui a permis d’établir des greniers au-dessus des voûtes et de se servir, pour la défense, des espèces de guichets en forme de créneaux qui éclairent ces greniers.

L’abside de la grande église de la Charité-sur-Loire , consacrée en 1106, a des transepts moins longs que l’église de St.-Sernin, mais considérables aussi en étendue; le plan général de cette église est d’ailleurs un des plus vastes conçus à cette époque. Cinq nefs conduisaient au transept , comme à St.-Sernin.

Deux de ces nefs se détachaient pour former déambulatoire autour du sanctuaire ; les deux autres, longeant les murailles, paraissaient aussi s’étendre au-delà du transept, et , après une travée, se terminaient par des absidioles semi-circulaires.

Je présente , pour dernier exemple , la brillante abside de l’église Notre-Dame-du-Port, à Clermont , avec ses modillons garnis de lobes, ses corniches à billettes et ses marqueteries en pierres de couleurs différentes : caractères qui , avec quelques autres , constituent particulièrement le roman auvergnat.

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