‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 60 sur 182 · PARTIE DE LA CATHÉDRALE DE LANG RES, AVEC PILASTRES CANNELÉS · texte numérisé non relu

PARTIE DE LA CATHÉDRALE DE LANG RES, AVEC PILASTRES CANNELÉS

Bases. — Deux espèces de bases ont été employées aux XF. et XIIe. siècles : la base attique et la base formée d’un simple chanfrein , ou d’un tore aplati , qui répond à la base toscane. Dans beaucoup de mo-

numents à date certaine du XIe. siècle , on trouve la base formée d’un simple chanfrein, quelquefois garni de zigzags ou de frettes crénelées ; mais la base allique est généralement usitée au XIF. siècle.

Des bases sur l’origine desquelles il ne peut guère rester d’incertitude, et que je n’ai jamais trouvées antérieurement au XIIe. siècle , pré- CHANFREIN orné de frettes crénelées. sentent un épanouissement très-sensible du premier tore et sont ornées de moulures figurant des perles ou des pierreries. On en voit de sem-

blables dans la cathédrale de Genève, en Bourgogne, et dans les régions où le style roman secondaire a brillé du plus vif éclat.

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Les bases du XIIe. siècle sont aussi très-souvent munies de pattes, ou de feuilles, qui les rattachent aux angles du piédestal carré sur lequel elles reposent.

M. l’abbé A. Martin fait remonter au VIIIe. siècle, au moins , l’origine des pattes des socles des colonnes.

Il cite, à Aix la-Chapelle , parmi les débris antiques, des socles de bases carlovingiennes dont les angles supérieurs sont déprimés , sans doute afin de ne rien laisser perdre à la vue des tores si richement ornés , sous la décadence romaine. « En parant à un inconvénient , dit M. « Martin , cette dépression en faisait naître un autre. La partie dé- « primée était peu agréable à voir : on lui substitua son contraire, « c’est-à-dire des ornements en saillie. Des espèces d’oves furent une « des formes les plus élémentaires du nouveau système ; mais ces « oves étaient lourds et sans mouvement. L’art, en se développant, y « insinua la vie et ses caprices. Au XIIe. siècle, une végétation comte plaisante descendait du gros tore et s’accommodait au terrain ; bientôt « ces feuilles ont emprunté, dans nos cathédrales , le galbe le plus élé- « gant et le mouvement le plus varié. »

Un caractère qui semble être particulier au XIe. siècle est la baguette peu accentuée qui dissimule les parties anguleuses des tailloirs ; celte baguette se remarque, à Nevers, dans la crypte de St.-Cyr et dans la chapelle de Sle.-Julitte; on la voit dans les cryptes de St. -Etienne d’Auxerre, et dans l’église de St.-Savinien de Sens. M. l’abbé Crosnier

indique les dates précises de la construction de ces édifices : la crypte de St.-Cyr et la chapelle de Ste.-Julitte sont de 1028, la crypte d’Auxerre de 1038, et l’église de St.-Savinien de Sens est aussi de 1028; or, ces trois églises, placées à distance les unes des autres, portant le caractère qui vient d’être signalé, les angles dissimulés par des baguettes

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