UN DES BAS-RELIEFS DU FONT DE PONT-A-MOUSSON
dessus d’eux , figure l’esprit de Dieu descendant sur les nouveaux chrétiens.
J’ai dit qu’au XIIe. siècle, on a coulé des fonts en bronze et en plomb. J’en ai décrit plusieurs dans le VIe. volume de mon Cours d’antiquités monumentales ( pages 38 , 39 et suivantes ). Depuis cette publication , M. Bouet à dessiné les fonts de St.-Evroult de Montfort, près de Gacé (Orne), qui offrent une cuve en plomb, portée sur un pédicule en pierre d’un style moins ancien , et se rapportant au XIIIe. siècle.
La circonférence du bassin de plomb est divisée par quatre figures drapées, les pieds nus, tenant à la main un livre, et placées sous des arcs découpés en dents de scie et d’un travail très-grossier. Ces figures, qui représentent les quatre Évangélistes , sont toutes quatre le produit
ÈRE ROMANE SECONDAIRE ( FONTS BAPTISMAUX). 253 du même type ; le reste du pourtour de la cuve est occupé par les tra-
vaux des mois, chacun surmonté par le signe du Zodiaque correspondant ; mais ces sujets se répètent et sont placés sans ordre. La plupart sont représentés deux fois, et quelques-uns s’y rencontrent trois fois; le compartiment juillet-août s’y trouve quatre fois.
11 est facile de voir que les matrices qui ont servi à faire le moule portaient chacune deux mois.
11 existe une différence remarquable entre les grossiers arcs dentés, au milieu desquels sont placés les Évangélistes et les arches élégantes qui encadrent les mois; celles-ci ressemblent beaucoup plus aux encadrements des calendriers que l’on trouve dans quelques anciens manuscrits , qu’aux arcatures qui existent dans les constructions en pierre.
Les arcs qui entourent les quatre Évangélistes sont le seul renseignement qui puisse aider û fixer l’époque de la fonte de la cuve qui appartient au style roman ; les sujets doivent avoir subi un ou plusieurs remaniements, et on peut en apercevoir des traces dans une entaille semi-circulaire qui existe au pied de quelques compar-
timents ( Janvier-Fév. , Mai-Juin , Septembre-Octobre) et qui divisait l’armée de quatre en quatre mois.
Il a été publié, dans un journal archéologique anglais , un article sur un font baptismal dont les bas-reliefs sont entièrement semblables à ceux de St.-Evroult , et que l’auteur de cet article pense avoir été fondu en France, parce que, dit-il, les noms des mois et des signes sont en français : dans ceux qui nous occupent les noms sont en latin.
M. Didron a décrit et figuré , dans ses Annales archéologiques , un font en cuivre du XIIe. siècle qui existe dans l’église de St. -Barthélemy de Liège. Plusieurs des bas-reliefs qui ornent cette intéressante cuve baptismale, notamment celui qui représente le baptême de J.-G. , ont beaucoup de rapport avec ceux des fonts de Pont-à-Mousson (p. 250).
Les fonts pédicules simples ou monopédiculés se composent d’un réservoir hémisphérique porté sur un fut cylindrique reposant sur une base carrée.
FOIS T MONOPÉDICULÉ DE MAGNEVILLE (Manche).
Dans les fonts pédiculés, simples ou monopédiculés , le réservoir destiné à contenir de l’eau, et que je propose de nommer fontaine ou calice , est porté sur un fût cylindrique assez court, reposant sur une base carrée, de sorte que le calice forme le chapiteau de cette colonne surbaissée.
Ces fonts offrent eux-mêmes deux variétés.
Dons les uns, mais ce sont les plus rares, le calice est arrondi à l’extérieur comme à l’intérieur.
Dans les autres, le calice, hémisphérique en-dedans et en-dessus, se trouve encadré dans une table quadrangulaire dont l’épaisseur forme frise sur chaque face.
Quelques fonts pédiculés sont très-larges : tel est celui qui existe dans la crypte de St.- Eutrope, à Saintes. J’en ai vu d’une dimension à peu près égale dans le centre de la France.
Au XÎI°. siècle , les fonts pédiculés deviennent parfois d une grande richesse et portent des moulures très-élégantes sur la partie extérieure du réservoir et sur celle qui supporte le fût. Le font de Chéreng ( Nord ) est un des plus élégants de cette espèce.
FONT DE CHÉRENG (Nord).
Les fonts pédicules composés ne diffèrent des précédents que par
l’aclclilion de quatre colonnes auxiliaires , supportant les angles de la table.
Nous donnons pour exemple le font de Vermand, près St. -Quentin , décrit par M. Gomart dans le tome XXII du Bulletin monumental.
« Le dessus, dit-il, présente une table quadrangulaire dans laquelle se trouve une ouverture hémisphérique de 0m. 80e. de diamètre ; l’intérieur de la cuve est creusé en forme sphérique à une profondeur de 0m. 30e., avec un trou, au fond, pour l’écoulement des eaux.