ÈRE OGIVALE
Qu’est-ce que l’ère ogivale?
C’est la période temporaire pendant laquelle a régné l’architecture qui a succédé au style roman , et dont l’ogive est un des principaux caractères: nous avons indiqué , dans un tableau préliminaire (p. 2), la durée du style ogival.
Le style ogival s’est-il substitué tout d’un coup au style roman ?
Non ; l’emploi de l’ogive devint fréquent dans le cours du XIIe. siècle, et, après avoir été employée concurremment avec le pleincintre, elle finit par lui être préférée. Le progrès ou, si l’on veut, la formation de l’architecture ogivale est facile à observer, quand on visite quelques monuments de la seconde moitié du XIIe. siècle. Cette époque de transformation s’appelle transition: elle a pour limite le XIIIe. siècle : alors , l’arc en tiers-point fut généralement employé dans une grande partie de la France, et le style ogival fut complètement formé.
Quelle idée peut-on se faire des monuments de transition ?
Ce sont des monuments mixte# en quelque sorte , c’est-à-dire qui tout en appartenant au style roinan , offrent pourtant quelques-uns des caractères du style ogival. On désigne souvent ce style sous la dénomination de roman de transition.
Les exemples de ce mélange sont extrêmement nombreux en France. Le XIIe. siècle y a produit tant de monuments remarquables qu’à chaque pas nous rencontrons des édifices qui nous offrent des preuves de cette fermentation artistique, qui préparait le renouvellement de l’architecture et l’adoption d’un nouveau système. Voici quelques exemples du style de transition.
L’ogive du XIIe. siècle, qui suit, est ornée de moulures romanes. Les colonnes et leurs chapiteaux appartiennent beaucoup plus au style roman qu’au style ogival.
DE CA U MON T. ABÉCÉDAIRE D'aRCIIÉOLOG IE,
La grande et belle église de St. -Germer, dans laquelle la forme de
KP.E OGIVALE. — TRANSITION. 317
1 ogive se dessine partout, est pour nous un monument de transition ,
INTÉRIEUR DU CHOEUR DE SAINT-GERHER ' Oise).
STYLE DE TRANSITION
bien que jusqu’ici, peut-être faute de documents suffisants, on en ait fixé la date au XIe. siècle.
Nous réunissons au hasard quelques autres fragments du même style, et qui vraisemblablement sont tous de la 2e. moitié du XIIe. siècle.