CHAPITRE Y
(de 1200 a 1300. )
Quels sont les caractères du style ogival primitif ou du XIIIe. siècle?
Au commencement du XIIIe. siècle , l’architecture nouvelle est empreinte d’une physionomie qui rappelle l’ancien style ; ce n’est guère qu’au milieu du XIIIe. siècle qu’elle acquiert la légèreté , l’élégance et les heureuses proportions qui donnent, selon moi, tant de supériorité au style ogival de la première époque sur celui des siècles postérieurs. Je dois me borner à faire connaître les caractères généraux de cette architecture ; l’observation apprendra bientôt à apprécier les différences au moyen desquelles on peut découvrir l’ancienneté relative des monuments élevés depuis le XIIe. siècle jusqu’à la fin du XIIIe. Ceci posé, voici l’énumération des caractères principaux de nos églises ogivales primitives.
Forme des églises. • — On apporta quelques modifications dans le plan des églises , au XIIIe. siècle : le chœur devint plus long qu’il ne l’avait été auparavant , comparativement à la nef. On prolongea les collatéraux autour du sanctuaire , et ils furent toujours bordés de chapelles , ce qui n’avait pas lieu constamment auparavant.
Dans quelques grandes cathédrales ( Paris, Coutances, Chartres, le Mans , Bourges, etc. , etc. , les bas-côtés sont doubles et l’on a deux allées, au lieu d’une, autour du sanctuaire (V. la page 332). Quelquefois on donna à la chapelle terminale , placée derrière le rond-point du chœur, plus d’extension qu’aux autres ; elle fut alors consacrée à la Sainte Vierge ( V. la page 333 ) ; mais, quoique cet usage ait pris naissance vers le XIIIe. siècle , c’est, je crois, dans le XIVe. qu’il a été le plus général.
Au XIIIe. siècle , on ne garnissait point encore de chapelles les bas-côtés de la nef : on n’en trouve pas à Chartres, à Reims, à Noyon, ni dans un grand nombre d’autres basiliques : celles qu’on voit aujourd’hui le long des nefs des églises de cette époque , ont été construites au XIVe. siècle ou au XVe.
On trouve au XIIIe. , comme dans les siècles précédents , des églises sans absides , qui se terminent par une muraille plate, percée de deux
ou trois fenêtres ; ces églises sont assez communes dans les campagnes Les collatéraux , lorsqu’ils existent, se terminent eux-mêmes par un mur droit, des deux côtés du sanctuaire. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques grands édifices ( cathédrales de Poitiers , de Dol , de Laon, église St. -Serge, à Angers, etc. ).