AKBRB DE JE88E, SCULPTÉ SCR BOIS
On rencontre enfin des lutrins en chêne qui remontent à la lin du XV« siècle ou au commencement du XVI"' ; quelques-uns pourtant sont en fer et ont la forme d'un pliant, comme celui qui existe encore à
718 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGU:.
r« uel 'lel.
LtTRIK DE FÈn feX rOhMK Pt PLIANT, D*>Sl. KGltSE ADHATULt DE CEUISY-L VFOBtT
(makcbf).
STYI.n OGIVAL DE tA '.V' KIOQUE (BOISERIES). 719
Cerisy^la-Forêt (.Vlanclie), et figuré sur la page précédenlc.
l.tTr,:N EN DOIS, DC COMMtîiCEM>-M DC XM*^ SIÈCLE,
En résumé, le XV* siècle, la deuxième moitié surtout, et le commencement du XVI* sont pour nous la période la plus riche en boiseries de tout genre : il nous reste encore beaucoup de portes dans le style qui les caractérise. Elles sont presque toujours ornées de panneaux, séparés les uns des autres par des espèces de contreforts, et découpés à leur partie supérieure de manière à figurer un rang de fenêtres ù compartiments multiples, surmontées de panaches, etc., etc. Je présente, pour exemple, l'esquisse d'un des battants de la
DE CAUMOM. Ant;C::DAir.ii: ij archi-.ologie.
porte de Téglise St-Sauveur, ù Cacn. La partie supérieure est, comme je le disais, occupée par un rang de fenêtres qui se détaclient sur des broderies. On a figuré des draperies dans les panneaux inférieurs.
IN DES nvTTVNTS DE L IGLlSE S\l>T-SAtVECn, A CktV,
Ce spécimen peut donner une idée de rornemcnlation des portes du XV« siècle. Je pourrais en citer, en Frai:ce, une centaine d'asseï
remarnnabli<s rncnrc.
STYLE 03IVAL DE LA o'' j'lPOQUR (oDJSTS DEST. kU CULTE). 721
Objets destinés an culte.
I ES trésors des églises et les collections privées renferment des en- Ll ccnsoirs, des calices, des flambeaux, et des reliquaires du XV* et du XVI* siècle, plus ou moins ornés de ciselures et d'émaux.
Encensoibs. — Les encensoirs de la fin du XV siècle et du commencement de la fin du XV1« ont des formes pyramidales.
Dans son beau travail sur les encensoirs, publié dans le Bulletin monumental , M. Tabbé Barraud en a figuré un que voici et qu'il croit du commencement du XVI* siècle.
Celui que j'ai rencontré le plus souvent, conservé dans les églises de
722 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
campagne, est de forme hexagone, orné de fenêtres sous des frontons et
surmonlOesd'un loit pyramidal perce d'ouvertures nambojanlcs. Quel-
STYLE OGIVAI, DR LA 3° KPOQUE (oiiJ. DEST. AU CULTKJ. 723
ques-uns de ces encensoirs m'ont paru pouvoir être rapportés à la !'« moitié du XV*^ siècle; d'autres à la fin de ce siècle et au siècle suivant.
CiiioinES.— Les ciboires, au XV« siècle et au XVP, se composaient le plus souvent d'une coupole hémisphérique portée sur un pied, comme les calices, mais ayant un couvercle hémisphérique.
Nous donnons, comme spécimen, un ciboire dont nous ne connais-
DE CACMONT. ABKCEDAIRE D ARCHKOI.OGIE.
sons pas la date, muis qui nous offre, dans sa forme générale, le type qui vient d'être indiqué.
Caltcf.s. — Parmi les plus beaux calices du XV« siècle on peut citer
celui qui existe à Sens. Il a appartenu à Louis de Melun, qui occupait le siège arcliiépiscopiil en llxlli. Il a 22 centimètres de hauteur; la coupe en a 41 de largeur et le pied 18. Il est tout en vermeil et
STYLF. OGIVAL DE LA 3- KPOQUE (OBJ. LEST. AU CUI.TK^. 725
pèse 1 kilog. 016. La coupe est Irès-forlc et n'a tl'aulie ornement que des flammes qui l'enveloppent jusqu'à la hauteur de 2 centimètres du bord. La tige n'a rien de remarquable, mais le nœud est si gros qu'il remplit entièrement la main. Treize médaillons rcprésenlant, en émail, la Vierge et les douze Apôtres avec leurs divers attributs, en forment tout l'ornement avec de petites flammes en haut comme en bas.
Le pied est également couvert de flammes et porte deux médaillons déforme ovale rcprésenlant, toujours en émail, Vun la croix, la Vierge et saint Jean, et l'autre la Mère de Dieu tenant, appu}é sur ses genoux, le corps sans vie de son (ils bien-aimé. On y distingue aussi trois clous et un instrument delà Flagellation. Ce pied est environné de petites saillies demi-circulaires, dont l'une est occupée par l'écusson de la famille de Melun.
Chasses. — Le XV« siècle n'est pas comparaJ3le au XIII" pour les reliquaires. Nous ne trouvons pas, à cette époque, ces belles châsses en métal couvertes d'émaux que nous avons admirées au XIIÎ*". Les plus remarquables sont d'une dimension peu considérable. Si l'on en juge par une châsse appartenant au trésor de la cathédrale de Gênes, il ne paraît pas qu'on ait réussi aussi bien pour le petit nombre de châsses d'une grande dimension qui ont été faites : je veux parler de la châsse saint Jean, qui est de ih'61 et dont le travail est très-médiocre. On peut citer, pourtant, quelques belles châsses du XV*-" siècle.
La châsse de St-Sébald de Nuremberg, par exemple, est un chefd'œuvre de l'artiste P. Vischer ( l/i60-1529) ; il fut aidé dans cet ouvrage par ses fils , et y employa treize années de travail. Cette belle châsse fut terminée eu 1519; elle se compose d'un magnifique dais, porté sur des colonnes, sous lequel reposent les reliques du Saint, dans une châsse incrustée de plaques d'argent ; tout le reste du monument est en bronze. Les statues des douze Apôtres, qui garnissent les piédestaux des colonnettes, ont une expression de dignité qui a frappé tous les artistes : aussi ont-elles été souvent moulées, et les épreuves en plâtre se sont répandues dans toute l'Europe. Douze figures plus petites de saints, et un grand nombre d'autres figures d'ornement, sont habilement distribuées au milieu de fleurs et de feuillages.
Les miracles de saint Sébald sont, comme toujours, représentés en bas-relief sur les plaques d'argent qui recouvrent le coflVe.
La châsse de St-Sébald a été figurée plusieurs fois ; on la trouve notamment dans la collection publiée par M, Hausser , sous le titre de : Moyen-âge pinoresquc et archéologique.
726 DE CAUMONT. ADî-CtDAlRE d'aRCHLOLOCIE.
Instulmems de paix. — Au XV' siècle, les instruments de paix res-
semblent quelquefois à un portail dont Tare surbaissé est orné de crochets : telle est la paix figurée par M. l'abbé Barraud dans son traî^U
STYLK OGIVAL DE La' S'' ÉPOODE (OBJ. DEST. AU CULTE). 727
sur ces instruments (V. la page 720). Sous rarcatlc se dresse la croix du Rédempteur ; au-dessous de la traverse sont les figures de Marie et de saint Jean. La partie supérieure de ce tableau présente le soleil et la lune. Les rayons du soleil sont sinueux et ondulés comme les flammes que je signalais tout à riieure sur le calice de Sens. /^^/f^ v^'F^rT ^7-4. Et
Croix processionnelles. — Les croix processionnelles sont en cuivre ; souvent quelques-unes, en bois de chêne, sont complètement revêtues de lames assez minces de cuivre émaillé, comme celles qu'on faisait aux XIV« et XIII« siècles.
Vases a eau béntte. — Quelques vases à eau bénite en //\\ bronze, du XV' siècle, se ren- ^/ ^' contrent encore dans les cam- /^ ^bx pagnes ; ils sont de forme cylin- \', \\ drique comme un petit seau, ^ avec une anse mobile, et portent quelquefois des inscriptions.
Moules a hosties. — Les moules à fabriquer les hosties sont des objets que l'on rencontre dans les trésors des ^ églises : la plupart de ceux que f;U='Jw'^l'ai vus sont du XV= siècle et îI-MMi du XVP, comme celui dont voici \ li;r ^-^' l'esquisse, mais il y en a de bien X"^ i plus anciens. v<2
Sur le moule ci-joint , on XÀ voit le Christ en croix et saint C\ Martin partageant son manteau.
Dt CAUJiONT. AnKCbDAinr. d'archêologik.
Le inouïe qui suit offre, d'un côlé, J.-C. portant sa croix ; de l'autre, le Crucifiement avec la légende suivante.
(Jui mil vitiirc posl me tollat crjiccvi suam cl sr(iuaiur me, tudcruni munus meas cl petits mcos. Dinumcravcrimi omnia ossa mea.
STYLE CGIVA1> DK LA 3« ÉPOQUE (tISSL's).
TissL'S. — Les ornements ponlilicaux du XV" siècle ont le plus grand rapport avec ceux du XIV^ Nous pensons pourtant que, pour les chasubles et les chapes, on employa plus souvent les tissus de soie unis ou à dessins symétriques que ceux qui, aux Xlll* et XIV^' siècles, portaient des personnages brodés dans des médaillons.
Ces vêtements étaient d'ailleurs, comme auparavant, bordés de riches galons. Nous donnons l'esquisse d'une mitre en soie conservée à St-
mithe co>seuvke a siinT-giiuas (MOiuiiHiN) (face amériecre).
Gildas de Ruys (Morbihan), et que M. de Soultrait, auquel nous devons ce dessin, regarde comme n'étant que du XV«= siècle, quoique d'autres observateurs l'eussent crue plus ancienne. Cette mitre , dit M. de Soultrait, a 0"',38 de hauteur sur 0'",30 de largeur; les barbes ont 0'»,37 de longueur sur 55 millim. de largeur dans le haut et Sa millim. dans le bas. Le fond de la mitre est formé d'une élofiè de soie.
730 DE CAUMOM. ADl-iClvnAIRK d'aRCHÉOLOGIE.
assez fine et sans grain, qui ressemble à du foulard: ce lissa Olait blanc, mais il est devenu Isabelle ; tout ce fond est orné de fils d'argent, disposés deux à deux dans le sens de la hauteur. Les bandes du milieu et du bas sont en étoffe pareille ; elles sont bordées de cordons d'or brodés assez saillants ; celle du milieu a en outre, de chaque côté, un autre cordon d'argent de même relief et de petites torsades, également en argent, qui se croisent et forment des losanges dans toute sa hauteur.
Quatre figures ornent les deux faces de celle mitre : ces figures ont été faites sur de grosse toile et appliquées sur le fond ; les chairs, les dessous de vêlement et les ombres paraissent brodés en soie ù plal, tandis que les vêtements sont comme lissés en soie à gros grains ; les nimbes sont formés de gros fils d'or, cousus en rond : ils avaient une bordure quelconque, de perles peut-être, qui a disparu.
Les étoiles à rayons flamboyants qui se voient autour des personnages sont faites avec de gros fils d'or, cousus sur le fond.
Sur la face principale on voit la Vierge et saint Jean-Baptiste. La Vierge lient sur son bras gauche l'Enfant-Jésus, entièrement nu, couronné d'un nimbe ordinaire ; elle est vêtue d'une robe d'or et d'un manteau bleu large et bien drapé ; sa couronne à trois fleurons est formée de fils d'or cousus. La pose de Marie rappelle assez celle du Xni'= siècle ; seulement ici elle n'a point le voile qui, à la première période ogivale, se trouvait toujours sous la couronne.
Saint Jean-Baptiste a une figure sévère, à barbe épaisse ; il porte une longue robe et un manteau dont il est fort diflicile de retrouver la couleur. De sa main droite, il montre l'agneau nimbé qu'il porte sur un livre posé sur son bras gauche; peut-être ses vêtements étaient-ils bordés de perles : on voit que quelques points y ont été enlevés ; son nimbe, de fils d'or, est orné de rayons bleus. Le corps de l'Agneau a disparu, on n'en voit plus que la tête, formée de fils d'argent el nimbée.
Sur l'autre face se trouvent deux saints abbés, sans doute les deux patrons du prieuré. Ils sont vêtus, à peu près de la même manière, de robes glacées d'or : tous deux tiennent des crosses d'or, ù fanons bleus et blancs; l'un porte en outre un livre, l'autre un scapulaire bleu.
Sur les pendants se trouve, appliqué de la môme manière, un saint Sébastien, percé de flèches, attaché à un poteau, comme on le voit sur plusieurs monuments. L'autre pendant de la mitre offre un personnage vêtu d'une longue robe cl tenant un livre ; sa tête manque
STYLE OGIVAL DE LA 3<= LPOQUE (tISSUs). 731
MlTUr CONSERVÉÏ- A SAI>T-GUDAS ^MOr>IÎIUA>) (FACE POSTÉniECBE).
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el il est un peu effacé: mais, à en juger par les flammes sur lesquelles il est posé, ce doit être saint Antoine : celte attribution est d'autant plus probable que saint Antoine était invoqué pour la guérlson delà maladie connue sous le nom de feu saint Antoine ; de même que saint Sébastien, qui est figuré sur l'autre pendant, guérissait de quelques autres maladies.
Il existe, dans l'église de Damblainville (Calvados), une chasuble qui peut remonter à la môme époque que la mitre de saint Gildas ; elle porte plusieurs tableaux religieux brodés. M. Victor Petit a été, comme moi, frappé de l'expression des tètes et du fini des broderies.
Une autre chasuble, du XV* siècle ou du commencement du XV1«, existait ù S^*-Marie-Lécaude ; elle est aujourd'hui dans le musée de la Société des Antiquaires de Normandie.
Nous n'avons presque rien dit jusqu'ici des tapisseries, parce qu'elles sont fort rares avant le XV'= siècle. Quelques-unes de nos églises de France en possèdent de très-remarquables de cette époque qu'il sera bon d'examiner, et qui, la plupart, ont été décrites dans l'ouvrage publié par M. Jubinal. Nous renvoyons à cet ouvrage, pour tout ce qui coucerne ce genre de tissus.
Cloches. -- Nous présentons le dessin d'une belle cloche du XV« siècle Cl 499) décrite, dans le Bulletin monumental^ par M. Rossignol, membre de la Société française d'archéologie. Cette cloche, aujourd'hui dans la tour de l'église de St-Pierre à Gaillae (Tarn), appartenait, avant la Révolution de 93, à l'abbaye de Candeil, diocèse d'Àlby : elle est remarquable par les inscriptions et les ornements qui la décorent.
Elle mesure en hauteur 1 mètre 10 centimètres; elle a, au niveau de la première inscription, une circonférence de 2 mètres 20 centimètres, et à sa base, 3 mètres 90 centimètres également de circonférence. Les inscriptions sont en caractères gothiques.
La première inscription, celle du haut, est la plus importante : elle est composée de belles lettres gothiques non ornées, de U centimètres 4/2 de hauteur, espacées et séparées régulièrement les unes des autres; elle occupe tout le pourtour de la cloche, et commence par un basrelief figurant l'Agneau pascal et, au-dessus, une croix pattéc enfermée dans un cercle en manière d'écu. Dans celle inscription, qui est en lalin, c'est la cloche elle-même qui parle et qui nous apprend l'année
sTYi-K ogivai/de la 3^^ iTOQut: (cr.ccnEs).
éoi
dans laquelle elle a été fondue, son poids et le nom de Tabbé qui l'a fait faire.
La seconde inscription occupe également tout le tour de la cloche ; elle est aussi en lettres gothique?, mais beaucoup plus petites (1 cenli-
CL^car, Dc SMNT-rirr.RE ni: g\iilvc (1599).
mètre 1/2) et ne paraît pas d'abord avoir la même importance ;elle n'est composée que d'une courte phrase latine : ihesvs avtem traxsiens peu MEDivM iLLORVM iBAT, et dcs trols premiers mots du cantique d'actions de grûces te devm lavdamvs, répétés jusqu'à six fois, de manière que cette inscription occupe, comme la première, tout le tour de la cloche.
Au milieu de la cloche, en caractères gothiques de 3 centimètres de hauteur, on voit le monogramme du Christ, ÎHS, dont l'usage remonte au XV« siècle ; il est entouré de quatorze rayons flamboyants.
DE CAUMONT. AUKCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
PaléogTapli.ie.
IL est assez difficile de lire les inscriptions du XV« siècle. L écriture cursive, que nous avons déjà citée comme souvent employée au XIV« siècle (V. la page 638], est constamment usitée au XV^ pour les inscriptions murales comme pour l'écriture habituelle ; mais , au XV% les caractères sont beaucoup plus serrés qu'au XIV« et souvent, au lieu d'offrir des formes bien déterminées, les traits verticaux dominent, et Ton a beaucoup de peine à distmgiier certaines lettres les unes des autres. A cette époque appartient l'alphabet suivant, qui offre en même temps un exemple des paraphes alors en usage.
<V(\niiît(oiiuiiai(iîiiJ(ijnH
Voici une inscription lumulaire d'une très-belle conservation, gravée sur marbre, dans la cathédrale de Bayeux ; elle date de la première moitié du XV« siècle.
Ql^jiEt fa mÉf mdplf t)u tïiht|ii>iï)ai
ai^etems (Diifciînliï^iirf^i
STYLE OGIVAL DF. I A 3<= ÉPOQUR (pALÉOGRAPHIe). 735