‹ AbélardChapitre 50 sur 122 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

LA PU INCESSE, on s'éloignant.

Il est aimable, galant même.

GARLANDE, de même.

Il est difficile d'être plus maussade.

LA PRINCESSE

Ah!.., quels beaux yeux!

GARLANDE

Les yeux qui vous regardent sont toujours beaux.

LA PRINCESSE

Fait-il des vers?

Elle passe avec sa suite, et Ton n'entend pas le reste de la conversation.

0 vanité!-., et Ton désire quelquefois vivre dans le monde! De loin, on l'envie; de près... Ah! nos écoles! nos écoles!.. A nous le royaume qui n'est pas de ce monde!

AMAURY

Vous étiez un beau livre dont elle admirait les images, mais qu'elle ne lisait pas.

Et pourtant, ne vous y trompez point; notre nom les occupe, notre pouvoir les inquiète. Il faudra bien que tôt ou tard ils comptent avec nous. Eux et nous, nous sommes les deux puissances, et l'esprit commande à la chair. Enfants, gardez-vous de croire un moment que nous ne soyons pas aussi des rois de la terre. — Bah ! oublions cela... Que dis-tu Manegold?

HANEGOLD.

Que je crois qu'elle se peint les sourcils.

Il se rassemble trop de monde ici : marchons un peu.

(11 se promène, appuyé sur le bras d'HJlaire.) C'est dommage ; Ce S ire

de Garlande ne manque pas d'intelligence.

Pendant qu'il se promène, il continue à être l'objet de l'attention des passants.

GOMBAULD

Vous voyez, notre maître, ces deux figures blêmes làbas?

Hé bien?

C'est, je pense, Albéric et son fidèle Lotulfe.

Mais oui ; appelez-les.

GILBERT

Ils s'éloignent à dessein.

ALBÉRIC, à Lotulfe.

Évitons ses regards. (En marchant.) Je le trouve changé.

LOTULFE

Mais son air d'arrogance n'a pas changé.

ALBÉRIC

Si fait, il a redoublé.

Ils s'éloignent.

Une jeune fille, tout enveloppée dans un voile et dans une mante verte,

passe à quelque distance d'Abélard et marche à pas pressés. Une femme plus

• âgée l'accompagne. Un petit valet la suit, portant un livre et une bourse.

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