CAPITULATION
Au lieutenant yéiu'ral i'.-S. (ïraut, roauaaiahuit 1rs Qrméçs <lcs Et/its-Cnis.
Quartier général, armée de la Virginie du Noid. 9 avril.
Cénéral,
J'ai reçu votre lettre d'aujourd'hui renfermant les conditions de la capitulation de l'armée de la Virginie du Nord proposées par vous. Comme elles sont essentiellement les mêmes que celles spécifiées dans votre lettre du 8 courant, elles sont acceptées.
Je vais désigner les officiers qui seront chargés d'exécuter les stipulations.
Très-respectueusement , et c .
R.-C. Lee.
Sa capitulation une fois signée, le général Lee a adressé à ses soldais les adieux suivants :
« Quartier-général de l'armée de la Vilgùiiç si'jitentiionale, 10 avril 1865.
« Soldats ! — Après quatre ans de pénible service, marqués par une bravoure et une valeur sans égales, l'armée de la Virginie septentrionale a été forcée de céder au nombre et aux ressources accablantes. Je n'ai pas besoin de rappeler aux survivants de tant de terribles batailles, qui sont restés fermes jusqu'au bout, que j'ai consenti à cette reddition, non par méfiance d'eux, mais parla conviction que la valeur et 1(3 dévouement n'auraient pu accomplir quoi que ce soit qui pût compenser les pertes occasionnées par la continuation de la guerre. Je me suis décidé à éviter un sacrifice inutile de l'existence de ceux que leur courage passé a rendus chers à tous leurs compatriotes.
«D'après les conditions de la reddition, les officiers et les soldats peuvent rentrer dans leurs foyers et y rester jusqu'à ce qu'ils soient échangés. Vous emporterez avec vous la satisfaction du devoir fidèlement rempli et je prie sincèrement qu'un Dieu miséricordieux vous accorde sa bénédiction et étende sur vous sa protection.
« Avec une admiration sans bornes pour votre constance et votre dévouement
à votre patrie, et avec un souvenir reconnaissant de votre bonne et généreuse
considération envers moi.
« Je vous fais mes adieux affectionnés.
« Général R. E. LEE. »
La teneur du serment requis de chaque officier ou soldats ayant appartenu à l'armée de Lee , est ainsi conçue :
«Je soussigné, prisonnier de guerre , appartenant à l'armée de la Virginie septentrionale, dont le général Robert E. Lee, commandant de ladite armée, a effectué la reddition au général Grant, commandant les armées des Etats-Unis, donne ma parole d'honneur solennelle que je ne servirai désormais dans aucune armée des Etats Confédérés, ni dans aucune entreprise militaire quelconque contre les Etats-Unis d'Amérique; qu'en outre je ne rendrai aide à aucun ennemi desdits Etats, jusqu'à ce que j'aie été convenablement échangé, de telle manière qui aura été mutuellement approuvée par les autorités respectives. »
En échange de ce serment écrit , chaque officier et soldat reçoit du prévôt marschal un papier ainsi conçu :
« Le titulaire ci-nommé ne sera pas molesté par les autorités des Etats-Unis aussi longtemps qu'il observera les conditions de sa reddition , et qu'il se conformera aux lois en vigueur dans le pays où il aura fixé sa résidence. »
C'est le 3 avril, à huit heures du matin, que les fédéraux ont fait leur entrée à Richmond. L'avis en est parvenu vers onze heures à Washington, à Rai timoré, à Philadelphie, à New-York, à Roston; et dans toutes ces villes, la population entière en était informée avant qu'aucun journal en eût fait le récit. Lorsque les feuilles de l'après-midi ont commencé à circuler à New-York , elles n'ont fait qu'ajouter quelques détails à ce que tout le monde savait déjà. Ces mots : « Richmond is ours! Richmond est à nous! » étaient dans toutes les bouches, et l'on apprenait que dans toute l'étendue des Etats-Unis le peuple, dans le délire de la joie , tirait des salves d'artillerie, sonnait les cloches, organisait de joyeux meetings. Le ministre d'Etat, M. Seward; le ministre de la guerre, M. Stanton; et le général Rutler, qui se trouvaient à New-York , haranguaient la foule dans les rues. L'événement du jour était partout célébré avec un enthousiasme sans précédent dans l'histoire de l'Amérique ; on acclamait le rétablissement de l'Union et l'abolition définitive et radicale de l'esclavage.
Après Lee, Johnson a traité de la paix avec Sherman ; Dick-Taylor et Kirby- Smith ont fait aussi leur soumission. Mobile s'est rendu. L'insurrection sudiste a fait son temps. Coupée, hachée, morcelée, elle ne vit encore que par quelques tronçons épars qui ne seront pas difficiles à anéantir. Le gouvernement de Washington, n'ayant plus devant lui d'adversaires, vient de licencier 400,000 hommes, à qui il est permis de reprendre les pacifiques travaux auxquels les hostilités les avaient violemment arrachés.
Au moment où la guerre semble terminée, où le peuple américain croit en avoir fini avec les sacrifices, il n'est pas sans intérêt, pour se faire une idée de ce
que coûtent les Jolies guerrières; il n'est |j;is inutile de jeter un coup il d'il sur un tout petit document officiel. Cet exposé mensuel est celui du mois de mars. 11 a été publié à Washington par les soins du secrétaire du Trésor. Il donne la situation financière des Etats-Unis à cette époque.
Dette portant intérêt en or. . . . 1. 100.361. 242 doll.
Dette portant intérêt en papier. . . 751.055.128 »
Dette ne portant plus d'intérêt. . . 349.420 »
Dette ne portant pas d'intérêt. . . 515.189.287 »