PremlèriMi campagnes d'itolle (t99« et
Le Directoire, haï et méprisé à l'intérieur, trouvait de brillantes compensations dans les victoires de ses généraux. Pendant que Moreau, successeur de Pichegru, commandait l'armée du Rhin, et Jourdan celle de Sambre-et- Meuse, un général de vingt-six ans, Napoléon Bonaparte, fut envové en Italie; il n'avait encore d'autres titres que le siège de Toulon et la journée du 13 vendémiaire. L'armée d'Italie comptait environ 30 000 hommes, vieux soldats d'une bravoure à toute épreuve, mais dénués de tout. Une proclamation entraînante du jeune chef relève aussitôt leur courage et leurs eèpérances. Cina ar-
530 HISTOmE MODERNE.
mées aatrichieoDe3 sonf s^p^^nties cpup s^r coup. 9eaulieu çsf hhitvi kMontenotte (11 avril 1796), au pont de Lodi (il mai); Wurmser est défait à Castiglion$ (5 août), puis à Bqs^aiio, et obligé de s'enferr^er dai^s M(ii]toue. Alvii^zi, plus habile gue ses deuï devanciers, arrive d'AHemaçi^p avec 60 pOO hopimes çt occupe une forte position prè^ de Véroije. Bonapartç qui n'en a que 13 000, tourne la position eupen^ie en frar^cbissant VÂ4%f au milieu 4es marajs, emporte le pont d'Aiçcolte sops le feu 4@ la mitraille, pt force Alvipzi ^ la retraite, apr^s pu cppi^^i prodigieux 4© 8oixfi^te-douze heures (17 noye^bre).
s. Traité de Cam^-V«nnlo (l7dX). '
Les négociations marcbaient ^Q front avec la ÇP^rr^. Bonaparte avait imposé la paix au roi de Sardaigne, tr-aité avec le pape et le roi de Naples, organisé les républiques tran$padane et cispadane, sœurs de la république batave^ déjà instituée en Hollande. La défaite de Jourdan par Tarchiduc Charles, et la retraite que Moreau fut contraint d'exécuter devant les forces supérieures du môme général, changèrent le plan de la campagne. Ne pouvant plus opérer sa jonction avec ses deux cqII^t gués et marcher ensuite sur Vienne, Bonaparte se dédommagea par de nouveaux triomphes. Vainqueur à iîiuo/i(U janvier ^797), maître de Mantoue qu'il a réduite h capituler, il ^'engage hardiment dans les montagnes du Tyrol, où il bat l'archiduc dans plusieurs rencontrep. Il n'était plus qu'à vingt-cinq lieues de Vienne, lorsqu'un armistice, conclu à Léobm , suspendit les hostilités et prépara le glorieux traité de Campo-Formia. La Belgique fut cédée à la France, ainsi que tout le tenritoii^e de la rive gauche du Rhin, y compris Mayence. La Lombardie, augmentée de UantQue, du Bolonais et ^e la Romag^e, devint la république cisalpine. Mais Bonaparte sacrifia la république de Venise» qui existait dppni? pnze siècles. L'Aptriçhe ftbtint avec Venise, l'Istrie, le Frioul et la Dalmatie, pp éçhsipge de ce qu'elle abandonnait. La France, de spn ç^ié, acquérait }es îles Ionienne? (17 octobre 1797). Gênes, ayec son terJrUoiçp, fftrp^a la r^uJblique liffurienn^.
#. »P^i«lon 4'I^Bt« (1798).
Quoique ]|ç(naparte eût arrêté et sjjjgpé ^a paij^ "^^!gFé ^^ fijrectoire, il fut accueilli à Paris avec un énthousis^çme uniyeçs^.
mSTQIRfl BmpMNJE. 53 ï
Bientôt après, il se p)iargea d'une expéditiq;^ lointaine, gui accrut sQj^ prestjge et sa renpmmép. l-a posse^^ipn de rjÇgypte devait nou5 donner tout à 1^ fqjs une ^e^jl^ fiojouie et Peipf^pire de la Méditerranée. Grâce au secret gaipdé sur le butc|çsarflfïpmentsqui se faisaient à foulon, une flotte de quatorze vaisseaujc de ligne portant 36 000 vieux soldats et toute une colonie de savants et d'artistes, put attei^idre, sans qbstacle, les rivages de rÉgypte. On avait enlevé en passant Tlle de Âfalte aux chevaliers de Saint -^eaq, qpi la possédaient depuis le seizièpae siècle. Bonaparte avait poçr lie^itenants ^es qfpciers déjà illu^r tf es : Kléber, Pasaix, Lannes, Miirs^t, Berthier, ^ar(nont. Débs^i" <;[uéle l«''iu^Het, \\ prend d'assaut, le lendei[q^in, Alexandrie^ puis naarche vçrs /^ Çqirey confime autrefois ss^ii^t ^oqis ; mais, plus l^ei^reux que ce grand roi, il refoule la cavale^-ie de§ I\jamel^cks, ^iiilice indépendante et redoutable, ga^ne sur eu.y, le 21 juillet, ia mémpraple batai}le des Pyramides : Soldais, ava^til dit à ses troupe^ au niopient de l'aciipn, sqng^f^z que du kaut de ces i^yramtc'^, quarqn{e siècles vous contemplent ! Kntr^ le 23 dans la capite^le des anciens cfilifes, il établit l'Jnstit^t ç('Égypte et s'occupe d'organiser le paySr Tout réussissait au gré de sou g^nje, lorsque Fî^iniral anglais, qui av^it cj^efché la flptte française dans toutç la^ Méditerranée, décQ^vrit eii^fin ses traces; elle était ç[iaHieqreusement embossée dans la rade d'-^6pufcir. Nelson la surprit et, par une manœuvre audacieuse, ^ d^truisi^ tout pntièje, à Texcpptiopi de de^ix vaisseaux et de ^eux fr^gf^tpç (1®^ 2|pût).Çe désastre, interceptant les çommuuic^tjoçis ç^veç 1^ France, ne l^^jss^^it à Bo^^pftrte aucun nqpyei^ ^p retraite ; i{ vpqlut au moins, en occupant la Syrie, assurer et couvrir s^ position en Egypte.
Sp|3^ante lieues de désprt pe pouvaient arrêter jin çp^quô-: rai^t rapide cpmmp Alexç^pdre e^ C^sî^r. Après les ?ivo,ir f^ajncbies s^r le dos d'un dromadaire, il pccopp Çûj:?a, e^i]^pv.\Q iaffq de vive force, et vient inpttre }e siège ^eya^nXSa,intrJ,eaT^ 4'4Çf^t L^ furquip, déjà dépossédée de l'Egypte et menacée de, i?ieriir§ la Syrie, ose alors prendre Tq^epsive, à l'instigatipa et avec 1^ secours des Ai^glais; mais son armée tut battue a^ m,oni T^^^T (16( avril 1799). Tputefois, f^Ute d'artjllerie, Bonaparte fut contraint de lever le siège de Saint-Jean d'Apre, et de ramener en Egypte ses régiments que la pes^te tt le§ fatigues avaieiit décin^és. Une poignée de ces ^)r2^vps suffit ppvir siné^ptir ^8 000 jg^niçsaires, débarqués à ^éi^oufeir, d^ps 1% çftôme rade qui avait ét^ si funeste à notr^ flatte (?4 juillet). L'Egypte entière était #ou-
532 HISTOIÈJP MODERNE.
mise a'près quinze mois d'efforts; mais, privé de communications avec la France, le conquérant se regardait comme prisonnier dans sa conquête. Aussi la nouvelle des revers de la République, jointe aux instances de sa famille et de ses amis, Teut-elle bientôt décidé au départ (22 août).
ft. 19 bramalre (9 novembre 1799).
Pendant l'absence de Bonaparte, le Directoire avait entrepris d'organiser au dehors des gouvernements qui furent aussi éphémères que lui-même. Le général Berthier fonda la république romaine; Brune fit des cantons suisses la république helvétique; le général Ghampionnet établit à Naples la république parthénopéenne, Genève fut réunie à la France. L'Europe, inquiète de cette propagande révolutionnaire, se coalisa de nouveau dans Tespoir de nous réduire à nos anciennes limites; mais la Prusse et l'Espagne refusèrent leur concours. Obligé de défendre une frontière qui s'étendait du Texel à l'Adriatique, le Directoire envoya Brune en Hollande, Jourdan en Allemagne, Masséna en Suisse et Schérer en Italie. Celui-ci se fit battre sur PAdige par les Autrichiens et les Russes réunis ; il perdit ses positions Tune après l'autre, et remit enfin le commandement à Moreau, son lieutenant. Cet habile capitaine sut relever le courage de l'armée; mais la défaite de Macdonald à la Trébie et celle de Joubert à iVovi, où il fut tué (15 août 1799), forcèrent les armées françaises à évacuer toute l'Italie, excepté Gênes. Du côté de l'Allemagne, notre territoire était menacé d'une invasion, lorsque la victoire de Brune sur le duc d'York à Berghen^ et celle de Masséna à Zurich sur l'armée russe (25 et 26 septenabre), déterminèrent la retraite des Autrichiens et du vieux Souwaroff.
Le gouvernement directorial penchait alors vers sa ruine: c c'était une anarchie tempérée par les violences, i Les Conseils rêvaient des coups d'État contre le Directoire, et le Directoire n'était pas mieux intentiomié envers les Consei s. Contrairement à des promesses d'une tolérance hypocrite, la persécution religieuse sévissait encore. Le pape Pie VI, enlevé brutalement de Rome malgré son grand âge et ses infirmités, était mort captif à Valence (août 1799). Tout semblait se dissoudre, les lois et les HKBurs. Sur ces entrefaites, Bonaparte, échappé heureusement aux croisières anglaises, débarque à Fréjus (8 octobre) et se rend à Paris au milieu de l'attente universelle. Qu^avezvous fait de cette France que je voua ai laissée si brilkMtUe? osa-
t*îl demander au Directoire interdit et humilié. Il pouvait compter sur la plupart des généraux, sur la majorité des Anciens et sur deux directeurs, Sîeyès et Roger-Ducos. L'un et Pautre donnèrent leur démission, exemple bientôt suivi par Barras. Au jour convenu, 18 brumaire (9, novembre), les Conseils sont transférés à Saint-Gloud; le lendemain, Bonaparte, investi du commandement militaire, se transporte au sein du Corps législatif et lui propose un changement dans la Constitution. Les Anciens l'accueillent favorablement; mais les Cinq- Cents poussent à son arrivée de^ cris de colère, malgré les efforts de son frère Lucien qui présidait l'assemblée. Une compagnie de grenadiers, sur Tordre du général, pénètre alors dans la salle et la fait évacuer.
Ainsi tomba sous un coup de main le gouvernement qui luimême avait tant abusé de la force. Il fut remplacé par une dictature, d'abord modérée et réparatrice, mais plus tard despotique et finalement désastreuse.
les lettres, les selenees, les arts an dlx^hnltlème siècle.
Au déclin du règne de Louis XIV, les esprits et les talents semblent s'épuiser, à mesure que s'éteignaient les derniers survivants de cette grande époque. La Bruyère mourut en 1696, Racine en 1699, Bossuet et Bourdaloue en 1704, Fénelon en 1715. MasstUon resta seul pour soutenir, quelque temps encore, les sublimes traditions de la chaire chrétienne. Après lui l'éloquence se tut, et la voix manqua, non moins que l'autorité, aux prédicateurs de l'Évangile,
Le théâtre de Regnard et les romans de Lesage^ où brille encore une verve comique du meilleur aloi, trahissent cependant l'abaissement de l'iaéal et la décadence des mœurs.
L'Angleterre plus heureuse, se glorifiait, sous la reine Anne , de ses poètes, de ses critiques et de ses romanciers : Pope, Àddison, Swift et Daniel de Foé, l'auteur de Rohinson Crusoé. Clarke, l'ami de Newton, défendait contre Spinosa et contre Hobbes les doctrines métaphysiques et religieuses de notre Descartes.
Mais le nom de Voltaire remplit tout le dix-huitième siècle ; il en fut l'idole et presque le roi. Né en 1 694, admis de très-bonne heure dans la société de grands seigneurs et de beaux esprits libertins et impies, il garda toute sa vie l'empreinte de cette mauvaise éducation. Ce fut lui qui, le premier, mit à la mode la philosophie antichrétienne. Le grand Frédéric l'attira à sa cour et lui permit de commencer en toute liberté, dans son château de Potsdam, cette guerre acharnée dont il poursuivit le christianisme. De retour en France, et fixé enfin à Ferney près de Genève, Voltaire, du fond de sa retraite, lançait sur l'Europe ses pamphlets où la licence va de pair avec l'impiété.
534 HiSTOmë MobfeRNB.
La tragédie, là bofeédie, rhiâioife, la pÈilolophié, lé i-oiÔàn, le conte, l'épttrê, bii vaste cbmtiiêreè êpiétolkire, tout Itii fut une artae. Hais fen admirant led f)rodigieusés ressources àtà son f^ipritj les services mêmes qn*il a rendus à rhunàanité-, on ne saurait trop déplorer ni ûétrirTosage coupable qu'il fit des 4ons les plus heureux.
korUesquieu et Buffon ont élevé de grands nionuments dans des genres divers. Le premier, penseur éloquent, a écrit la Grandeur et la décadence des homains^ puis V Esprit des lois; le second. plein de npplésse et d'éclat, a dépeint dans son Histoire naturelle les beautés de îâ Création, surtout chez les àniïhaùx. tous deui s'élèvent au-dessus ttes préjugés de leur téiftps.
Le dix-huitièmé sièfclé, pârtibuliferèriient en France, siibit l'ihfluence corruptrice de Ffemey. Ce fut en vain ^ue l'^s disciples duvertiieux Rollin, coname lui continuateurs -de Port-Royal, maintinrent dans l'instruction de la jeunesse l'esprit classique et chrétien. La doctrine spiritualiste de Descartes fut détrônée par le sensualisme de l'Anglais tocké et de CondillaCj son disciple. Diderot et d^Alemhert exécutèrent ié projet de VEncyclopédief vaste répertoire des sciences humaines préparé contre le spiritualisme et la révélation. • Chez nos voisins toutefois, d'illustres savants, le naturaliste Linné, lé Jr6o^ièt^ë Enlêr, le physiologiste JfâWfef, he cessèrent jaiâais iie professer un respect sincère pour le christianisme.
titl protestant de Genève, établi en firancè, S. J, Èoiis^eau, porta Êlâiis les questions politiques et sociales le ressentiment d*iiné jeubfesSé vagabondé, Ihaigerile fet hohteuse. Ses ouvfeges aboildëht eii élo- ^éiilè èophisinês, où l'erreur et le pàt-adoxe se bûêléht à de Jirêcieusès Mérités morales. S'il combahit vlctbHëusëmëht le matérialisme et l'athéisme, é'il fàinéhà les hôihnlës dti ttlbride au sétitirflent dès beautés de la nature par le chài-tne de ses descriptiobs, il ébranla par ses théories lèi foîicièméhtà de là Société. Lé dei'rilfet rhbt de son système hil râîJologië de là vie sai)vay:è. En {)^ôfe^sant d'âilleurë romnipoteilM ou plutôt la tyrannie de l'État, il trouvait son idéal dans les réptibli- Éfliëà de l'antiquité, et l'on vit, en 93, ses féroces disciples imposera la tt'khcé Me parodié dès institutions et des ihceurs de' Sparte et de Bdâië.
Les versificateurs ne màn^tiaiëht pas dads les salons blasée du Paris de Louis XV; mais la poésie semblait s'être réfugiée dans la belle prost de Buffon, de Èousè^au él de Bernardih de SaiHt-Pietré. Cepeiidant, IMnspiratioii appartenait eilcofe à quell:jués esjîHts pHvilêgiés. L'itlIb^ itmé GilbeH nous à. laissé une satire redlarquable et une tbiiéhaate élégie. Afidr'é Chéniéi'j dont les véi-s chàt-mantfe od viéôureux Sont Âans tôtitëii lés mémoirëà, iTut une dès plus regrettables victime^ deU Tefreiii".
Pôxit rebôuvèr le clilte de là gi^ahde poésie, il huit J)âssér lë.Abià ei sUi^té le mouvëmeiit litiéràiré et philosophique dùi à^itâ rAlièâàgiie âkxii la secondé hioitiè du siècle. Ék)p^tocki Taiitëûr âè 11 kê^tcàt, rivalise avec i'aùtëuir du Paradis peYdu.
HISTOIRE MODEàîiÈ. 535
Goèthey génie universel, fut, pendant sa longue carrière (1749-1835), tour à tour poète, auteîir dramatique, Iromancier, naturaliste et physicien remarquable. Au poiiit de vue moral et reiigièiix, il exprima trop èdèlement les moeurs et les idées de èoii époque. Schiller, son àiïii, plus jeune que lui de dix ahs, régénéré le ihéâtre et obtient, i)ar la générosité ae son caractère et l'inspiration toute nationale de àes poésies, une popularité qui dure encoi-e. Vers la iiiême épocjue, le philosophe Kanty l'antiquaire Winckelmann, les poètes Lessiii^ et Wielanàj le critique Èerder, lé philologue Wolfy dirigeaient, chacun dans sa sphère, le mouvemenl intellectuel de leui* patrie.
L'Angleterre eut ses historiens et ses grands orateurs politiqueè : Èume et Gibbon parmi lès prehiiers, et parmi les autres, Lord Chathàfh et son fils ié célèbre Pitty Fox, Burkè et Sheridan. La France possédé enfin une tribune parlementaire, et Ëîrdbeau passionne, maîtrisé é entraîne les esprits. En lisant ses terribles philippiques, on pelit répéter le mot d'Eschine sur bémosthènes : « Que serait-ce si vous aviez entendu le monstre? »
Le dix-huiiième siècle n'est pas le siècle des arts, si on excepte là musique, qui dut à un concours de génies extraordinaires ses mei-veilleux progrès. Les seuls noms de Pergolèsè et de Cîmafosa, de Hœndèl et de Haydn y de Gluck et de kozart, qui fut le inaltre de Beethoven, ëeux de Grétry et de Méhul, suffisent pour rappeler des éhefs-d'oéiivrô que nul n'a surpassés. t*lusieurs de ces grands artistes puisèirent dailk leur foi religieuse de sublimes inspirations.
l)àhs le domaine de sciences et de leurs applications, lés décotiVertes sont prodigieuses et en préparent de plus importantes encore. Cette époque revendique en effet le système botanique de Linriëy la méthode de Jussieu, les aérostats, le paratonnerre, le télégraphe aérieri, laiiiâchine à vapeur de Wattj les bienfaits de la vaccine et les travaux dé l'abbé Saûy et de Lavoister. Celui ci créa la chimie moderne.
La pile ou électromoteur, due à Tltalien Volt a (1800), est peut-être le plus merveilleux instruihent que les hommes aient jamais trouvé. Le grand géomètre Laplace commence sa Mécanique céleste.
L'Anglais Cook, les t'rançais Bougainville et Lapeyrouse, étendent par leurs voyages maritimes les connaissances géographiques. Mungo- Park tentait le premier l'exploration de l'Afrique centrale, au moment même où les savants français, compagnons de Bonaparte, essayaient d'arracher à l'ancienne Egypte les secrets de sa civilisation.
Histoire de l'ÉsIlse au dix-huitième siècle.
Nous l'avons déjà remarqué, l'Église dans les dernières années de Louis XIV> était déchue de la glorieuse primauté qu'elle avait exercée pendant le dix-septième siècle. Après la mort du roi, la cour, longtemps contenue par la présence du maître, déposa sans scrupule son masque de dévotion hypocriie et afficha l'incrédulité, tes mœurs dissolues de la Régence et la -fièvre de spéculation au temps dé taw,
aggraTèrent le mal. L'Église offrait d'ailleurs le spectacle des plus tristes divisions, où elle consumait ses forces. La bulle Unigenitus qui condamnait le jansénisme, parut au parlement de Paris un attenta^ contre les libertés de l'Eglise gallicane. Il décréta des peines sévères la bannissement, la confiscation des biens ^ même les galères à perpë tttité contre les prêtres qui, obéissant aux instructions de leurs évoques, refusaient les sacrements aux adversaires de la Bulle. Des prélats forent réduits à fuir, pendant que leurs mandements étaient brûlés, comme des ouvrages impies, par la main du bourreau. Le fanatisme •nfanta de faux miracles sur la tombe du diacre janséniste Paris, dans le cimetière Saint-Médard. On crut aux prodiges des convulsionnaires, de même que Ton crut plus tard aux prodiges de Mesmer et de Cagiiostro. Tel était le désordre des esprits, qu'ils ilottaiei^t incertains entre le doute extrême et l'extrême crédulité^ entre l'athéisme et la superstition.
Pendant la pest^ de Marseille, en 1720^ l'évêque de BelxwMt •^immortalisa par l'héroïsme de son zèle charitable. L'abbé de La SaUe^ fondateur des Ëcoles chrétiennes, l'abbé de VÉpée , instituteur des •ourds-muets, furent d'insignes bienfaiteurs du peuple et de l'humanité. Néanmoins, les grandes vertus comme les grands talents^ devenaient raures au sein de l'Église. L'excès des richesses avait introduit dans ses rangs, particulièrement dans les couvents d'hommes, un fâcheux relâchement *. On s'arma contre elle non-seulement des abus opposés à son esprit et à ses règles, mais encore des rigueurs d'une législation surannée qu'elle n'avait point faite. L'école philosophique grandissait chaque jour en audace et en popularité. Elle s'appropria les généreuses maicimes de justice et d'humanité que les peuples modernes doivent à l'Évangile. Partout maîtresse de l'opinion publique, elle eut pour complices presque tous les gouvernements absolus de l'époque, qui travaillèrent à restreindre les libertés de r£glise ou à détruire ses institutions. De là vint la suppression des Jésuites, arrachée, en 1773, au pape Clément XIY; de là, tant de lois oppressives en Autriche , en Allemagne , en Italie et en France.
Chargés de proclamer des droits si longtemps méconnus, les législateurs de 1789 auraient dû comprendre que la liberté de conscience est la plus précieuse des libertés. Trop fidèles aux vieilles rancunes et aux traditions du despotisme royal et parlementaire, ils prétendirent gouverner les âmes et imposer au clergé une Constitution qui le séparait du Saint-Siège. Mais, sur ce terrain, ils rencontrèrent une invincible résistance. L'Église dépouillée et persécutée, se retrempe dans la pauvreté, l'exil, les prisons et le martyre. Peut-être lui fallait-il cette épreuve pour la rappeler à sa mission divine et lui rendre une nouvelle jeunesse.
Nos prêtres exilés pour la foi donnèrent à l'Angleterre, qui les avait
1. Le régime des commendes, qui prévalut généralement au diz-hnitièiiie tiëcle, fut très-funeste à la discipline monastigue.
généreusement accueillis, le spectacle de leurs vertus. Cet apostolat de l'exemple devait un jour porter ses fruits. Les Ëtats-Unis reçurent alors d'admirables missionnaires, tels que l'abbé Cheverus, qui devint plus tard archevêque de Bordeaux et cardinal.
En mille endroits, après la Terreur, le peuple rouvrit de lui-môme les églises, et, dès 1797, au conseil des Cinq-Cents, Royer-Collard et Camille Jordan réclamèrent avec une courageuse éloquence la liberté du culte catholique.
La papauté, illustrée par un grand pontife, BerwU IIV (1740-1758), souffrit plus tard avec honneur l'épreuve de la persécution. Enfin, dans la seconde moitié du siècle, un évoque, saint Alphonse de Liguori, remplissait l'Italie méridionale de l'éclat dé sa sainteté.
Synchronismes.
1789. Frange. 5 mai. États généraux.
— 17 juin. ASSEMBLÉE NATIONALE