ORGANES DES SENS
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Préparation — L’étude de la peau ressortit surtout à l’histologie. Néanmoins il est intéressant de disséquer le fascia superflcialis. Les incisions allant jusqu’à l’aponévrose montreront la disposition des couches de l’hypoderme dans les diverses régions. On en pratiquera perpendiculairement au pli fessier pour voir le système d’attache des plis cutanés aux parties profondes, le long de l’olécrâne et de la rotule, pour découvrir les bourses muqueuses; perpendiculairemenl au sillon médian du corps, pour constater la séparation du tronc en deux moitiés. Des coupes histologiques colorées permettent de voir à l’œil nu un très grand nombre de détails.
Définition. — La peau est une membrane ferme et élastique qui forme l’enveloppe extérieure du corps. Au niveau des orifices de la bouche, des paupières, du nez^ de l’anus, de l’urètre et de la vulve, elle se continue avec les muqueuses. Gomme on le sait, deux feuillets embryonnaires prennent part à sa constitution : l’ectoderme qui devient Y épiderme, le mésoderme qui se transforme en derme.
Ses fonctions sont nombreuses. C’est une membrane de fermeture, en ce sens qu’elle clôt les espaces conjonctifs, — de protection, — de sensibilité et de tact, — d’excrétion et d’absorption, — enfin de régulation thermique.
Dimensions. — Son épaisseur moyenne est de 1 à 2 millimètres; elle atteint 4 millimètres à la nuque.
Sa surface varie entre 1 mètre carré et demi et 2 mètres carrés.
Elle est relativement beaucoup plus grande chez l’enfant que chez
. Ce chapitre a été rédigé par M. le Dr Branca dans le Traité d’ Anatomie Humaine.
Abrégé d’Anat. — III. 08
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l’adulte (nouveau-né, surface du corps 2500 centimètres carrés pour corps de 3 kilogrammes).
Fixation. — La peau est mobile sur la plus grande étendue de chacun des segments du corps ; mais elle est fixée aux parties profondes sur la périphérie dë ces segments. C’est ce que l’on voit à l’épaule, au coude, au poignet, au pli de l’aine, au genou, au cou-de-pied, et sur la ligne médiane du corps. Cette fixatiou se fait par des travées fibreuses, qui de sa face profonde se portent sur le périoste ou les aponévroses sous-jacentes. Dans certaines régions, ces travées deviennent de véritables ligaments suspenseurs ; tels sont les ligaments suspenseurs de l’aisselle, du sein (glande cutanée), du pli de l’aine, du pli fessier et des bourses. La peau est également immobile dans les surfaces d’appui de la paume de la main et de la plante des pieds; elle fait corps avec les aponévroses palmaire et plantaire.
Propriétés. — La peau est très élastique et très résistante. Des organes profonds peuvent être contusionnés, déchirés ou brisés, sans que la peau soit rompue. Traversée par un instrument piquant de forme conique, une broche, un poinçon, elle produit en s’ouvrant une fente linéaire et non un orifice arrondi, à cause de la disposition longitudinale des fibres du derme qui forment un filet; les plaies tendent donc à s’élargir ou à se resserrer, suivant qu’elles sont perpendiculaires ou parallèles à ces fibres dont l’orientation définie varie suivant les régions du corps.
Face externe. — La face externe ou face libre est d’une couleur qui varie suivant les races et le milieu extérieur. Les parties les plus pigmentées sont les organes génitaux dans les deux sexes, y compris la région anale, et, en outre, chez la femme l’aréole du sein et son mamelon, sous l’influence de la grossesse.
On observe sur cette face : 1° des pores , qui ne sont guère visibles qu’à la loupe, et qui sont les orifices des follicules pileux, des glandes sébacées et des glandes sudoripares. Ceux des glandes sébacées du nez et de la face sont relativement volumineux; — 2° des saillies papillaires, généralement sous forme de grains encadrés de sillons très fins; ces saillies, dans les faces palmaires des mains, des doigts et des pieds, se disposent en crêtes à orientation régulière; — 3° des plis , qui sont tantôt des dépressions linéaires, tantôt des bourrelets saillants.
Les plis normaux de la peau sont presque tous des plis creux, c’està-dire des rainures ou sillons plus ou moins profonds. Ils sont caractérisés par l’amincissement de la peau à leur niveau, l’orientation parallèle des gros faisceaux du derme et les adhérences profondes qui fixent les plis aux aponévroses ou au périoste sous-jacents. On peut les classer de la façon suivante :
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( Plis musculaires j
1° Plis de mouvement < D1. , . 1
j Plis articulaires -
J Rides de la face, du scrotum.
1 Plis radiés des sphincters, j Plis de flexion des articulations.
> Plis d’extension.
[ Petits plis ou de distension, Hachures. 2° Plis adipeux et plis d’amaigrissement.
3° Plis de structure
\ Dépressions dérivées des formes organiques. | Sillons du tronc et des membres ; fossettes.
Les plis de structure, qui font partie du plan de l’organisme et qui résultent surtout de la saillie des organes qu’ils limitent, sont très nombreux. Nous citerons seulement : à la face, les sillons naso-labial, sousnasal et mento-labial; — sur le tronc, les sillons médians du corps, le pli sus-pubien, le sillon inter-fessier; — au membre supérieur, le pli de l’aisselle, les sillons bicipitaux, les plis interdigitaux; — au membre inférieur, le pli de l’aine, le pli fessier, les sillons longitudinaux de la cuisse et de la jambe. De forts ligaments suspenseurs fixent le creux de l’aisselle et le pli fessier aux parties profondes; des ligaments analogues existent dans tous les autres sillons . et fossettes.
Face interne. — La face interne , face profonde ou adhérente de la peau proprement dite, est en rapport avec le pannicule adipeux qui fait corps avec elle. Par l’intermédiaire de ce pannicule et d’une couche de tissu cellulaire, elle glisse sur les parties profondes et peut se plisser, se froncer. Dans certaines régions, très saillantes ou au contraire très déprimées, elle se fixe aux aponévroses ou au squelette sous-jacent et ne peut se déplacer que faiblement; il en est ainsi sur l’olécrâne, la crête du tibia, le sternum, le menton et dans les plis principaux que nous avons mentionnés.
Structure de la peau. — La peau proprement dite ne comprend que deux couches : 1° Y épiderme, vernis épithélial souple, invasculaire, translucide, qui se moule sur la surface du derme; 2° le derme , tissu conjonctif vasculaire qui, sur la plus grande partie de sa surface, est couvert d’élevures arrondies ou papilles. Il n’y a pas de papilles sur le front, celles de la face sont très petites ; les plus grandes sont celles du mamelon du sein. Dans certaines régions, la peau est réduite à ces deux assises, le derme adhérant directement au périoste.
Mais la peau en général ou le tégument comprend en outre un hypoderme , lui-même formé de trois couches. Nous avons donc la constitution suivante :
I 1° Épiderme Tégument \ 2° Derme ou <
Peau en général j 3° Hypoderme
Peau propr. dite.
1° Pannicule adipeux et P. charnu.
2° Fascia superficialis.
3° Tissu cellulaire sous-cutané.
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Pannicule adipeux. — Le pannicule adipeux est une nappe de tissu graisseux, située entre le derme et le fascia superficialis.
Ses fonctions en font un organe de protection (coussinets plantaire et palmaire), une réserve alimentaire (animaux hibernants), une défense contre le froid.
Le tissu adipeux sous-cutané existe sur presque toute l’étendue du corps. Il fait cependant défaut aux paupières, sur la verge, le scrotum; il est très mince sur les plis de flexion, la racine du nez, le pavillon de l’oreille, la ligne médiane du dos. Il atteint sa plus grande épaisseur
Pann. adip.
Fascia superf. Tissu cellul.
s. -eut.
Aponévrose
Épid.
- - Derme
Fig. 651. — Constitution de la peau.
Coupe montrant la superposition des plans qui constituent la peau proprement dite (épiderme et derme) et l’hypoderme. Le pannicule adipeux, en ce point, comprend quatre étages de lobules adipeux ; un fascia superficialis accessoire sépare les rangées inférieures des rangées supérieures.
tout autour du bassin, dans les hanches, l’hypogastre, les fesses, la partie latérale des lombes, et dans le sein chez la femme.
Son épaisseur chez un sujet de moyen embonpoint varie de 1 à 4 centimètres suivant les régions. Elle s’élève jusqu’à 10 centimètres chez les obèses. Elle est très réduite chez le vieillard. Le pannicule graisseux est au contraire remarquablement développé chez le petit enfant, qui, en revanche, n’a presque pas de graisse profonde; il est probable qu’il le protège contre le refroidissement, car l’enfant a une vaste surface cutanée relativement au faible volume de son corps.
Le pannicule est composé de lobules renfermant une graisse blanchâtre et ferme chez l’enfant, jaune vif et diflluente chez le vieillard et chez beaucoup d’obèses. Ces lobules, dont la largeur moyenne varie d’un demi-centimètre à 1 centimètre, sont contenus dans des alvéoles. Ils sont disposés sur un seul rang dans les coussinets plantaire et pal-
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maire, ordinairement sur deux rangs dans les autres régions; on compte jusqu’à 4 et 5 étages de graisse dans les bourrelets de la cuisse des petits enfants. Ces étages sont séparés par des cloisons horizontales, formées de membranes conjonctives, qui sont des fascia superficialis accessoires ; et dans chaque étage les lobules sont isolés par des cloisons verticales qui s’étendent du fascia à la face profonde du derme. Ces dernières cloisons sont les cônes fibreux de la peau et constituent de véritables loges qui contiennent, sous un certain état de tension élastique, les boules adipeuses des lobules.
A l’extrémité des doigts et des orteils, le pannicule adipeux est remplacé par la pulpe , tissu cellulo-adipeux, mou, très vasculaire, cloisonné de travées conjonctives qui l’attachent au périoste de la phalange. La pulpe renferme des pelotons veineux. C’est un coussinet tactile et un appareil thermique.
Pannicule charnu. — Beaucoup d’animaux possèdent sur le tronc, et indépendamment des muscles peauciers de la tête, un pannicule charnu dont les mouvements apparaissent extérieurement chez le cheval et le porc-épic. Il fait défaut chez l’homme, et n’est représenté que par le peaucier du cou. Celui-ci est placé sous le fascia superficialis, par conséquent sous la peau et son pannicule adipeux, et c’est seulement à son insertion cutanée qu’il traverse les couches de l’hypoderme pour se fixer sur la face profonde du derme. Il en est de même des peauciers de la tête ; leurs fibres musculaires devenues tendineuses ou élastiques s’insèrent dans le derme et même dans la couche profonde de l’épiderme.
Il faut ranger dans le pannicule charnu les muscles dartoïques, le dartos génital et le dartos aréolaire du sein. Ces couches musculaires lisses, adhérentes à la peau, remplacent le pannicule adipeux. Le dartos génital bien marqué chez l’homme, chez lequel il s’étend sur la verge, le scrotum et le périnée, est plus atténué chez la femme (dartos des grandes lèvres); chez elle, en revanche, le muscle aréolaire du sein est beaucoup plus développé.
Pannicule élastique. — Dans la partie inférieure de l’abdomen (hypogastre), tout autour de la verge et du clitoris, dans les bourses et les grandes lèvres, la peau renferme un appareil élastique suspenseur, vestige de la tunique abdominale des grands animaux, qui forme un véritable pannicule élastique.
Fascia superficialis. — Le fascia superficialis est une membrane conjonctive située à la face profonde du pannicule adipeux qu’il limite et soutient. Organe de fixation pour ce pannicule, il sert aussi de plan de soutien pour les gros vaisseaux de la peau, et de feuillet de glissement pour la couche sous-cutanée.
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Lamelleux, de couleur blanchâtre, épais de 1 millimètre, il a la structure des fascias, c’est-à-dire du tissu cellulaire condensé, et non du tissu fibreux. On peut le disséquer assez facilement ; on le voit bien par sa face profonde, en décollant un fragment de peau sur un sujet maigre.
Sa face superficielle ou externe, qui porte le pannicule adipeux, est hérissée de travées ascendantes, cônes fibreux de la peau, qui cloisonnent le pannicule et vont se fixer au derme; aussi ces trois parties font-elles corps ensemble et ne peuvent ni glisser l’une sur l’autre, ni se plisser, ni se décoller. Cette même face se dédouble pour fournir des gaines aux vaisseaux et aux nerfs de la peau, ainsi qu’on le remarque au pli du coude, où les veines sont contenues dans des gaines intrafasciales.
Sa face profonde ou interne, lisse, n’est que lâchement unie aux organes par du tissu cellulaire. Dans certaines régions cependant elle est fixée aux aponévroses ou au périoste sous-jacent par des travées fibreuses plus ou moins denses et courtes. Ainsi en est-il sur la clavicule, l’épine de l’omoplate, la crête du cubitus, la crête du tibia, les malléoles, la ligne médiane du tronc, la ligne épineuse, les plis de flexion, les sillons et fossettes.
Le fascia superficialis existe sur presque toute l’étendue du corps. Il fait défaut à la face; sur la paume des mains et des pieds, il est remplacé par les aponévroses palmaire et plantaire; sur le cuir chevelu, par l’aponévrosê épicrânienne. Il n’existe pas non plus sur la face palmaire des doigts. Dans le sein, il passe en arrière de la glande mammaire, qui est une glande cutanée.
Tissu cellulaire sous-cutané. — Cette couche lâche existe partout où la peau n’est pas adhérente. Elle constitue une sorte de cavité séreuse dont le fascia superficialis forme le feuillet pariétal, tandis que les aponévroses représentent le feuillet viscéral.
Elle est éminemment mobile et dilatable, et permet le froncement de la peau. C’est là que se font les injections sous-cutanées ou hypodermiques; là que s’étendent les phlegmons, l’emphysème traumatique ou septique, que se collectent les bosses sanguines; là enfin que se font les décollements de la peau, que se taillent les lambeaux.
Bourses muqueuses sous-cutanées. — Les bourses muqueuses ou séreuses peuvent être superficielles ou profondes, sous musculaires. Nous ne parlerons que des premières. Ce sont des cavités closes, très plates, simples ou cloisonnées, dont le diamètre varie d’une pièce de 50 centimes à 5 francs. On reconnaît une bourse muqueuse vraie aux caractères suivants : 1° elle préexiste à toute dilacération ou décollement; 2° elle se gonfle instantanément par l’insufflation; 3° sa paroi est lisse et humide. — Elles sont situées dans le tissu cellulaire souscutané, ou plus exactement, au moins pour quelques-unes, dans
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l’épaisseur du fascia superfîcialis dédoublé. C’est ainsi que la bourse prérotulienne superficielle et l’olécrânienne sont intra-fasciales (fig. 652.)
Elles renferment u ne petite quantité de liquide analogue à la synovie.
Leur distension pathologique constitue l’hygroma.
On peut les observer dans tous les cas où
il y a des frottements ; elles les atténuent en s’interposant comme un coussinet élas-
Fio. 652. — Bourses muqueuses prérotuliennes.
(D’après Pitha et Billroth.)
Coupe longitudinale.
On observe en avant de la rotule trois bourses muqueuses superposées : A. une bourse superficielle ou sous-cutanée. — B, une bourse moyenne ou sousaponévrotique. — C, une bourse profonde ou sous-tendineuse. La bourse moyenne présente un orifice de communication avec la bourse superficielle. — D, rotule recouverte par le feuillet profond du tendon rotulien.
tique. Les bourses sous-cutanées constantes sont : la bourse olécrânienne, la bourse prérotulienne superficielle, les trois bourses plantaires de Lenoir sous le calcanéum, la tête du 1er métatarsien et celle du 5e métatarsien. Moins constantes sont les bourses : pré-mentonière, sus-acromiale, la bourse sacrée en arrière de la 4e vertèbre sacrée, les bourses rétro-coccygienne, ischiatique, trochantérienne. — Les professions développent en des points spéciaux des bourses dites 'professionnelles ~ dont la position est typique. On en rencontre fréquemment aussi sur les pieds déformés par les chaussures.
Résumé histologique. — Épiderme. — L’épiderme appartient à la classe des épithéliums pavimenteux stratifiés. Il ne contient pas de vaisseaux, mais il renferme des plexus nerveux.
Il est formé de deux couches principales, qui se séparent sur le vivant dans les bulles de vésicatoires et les phlyctènes. Ces deux couches sont le corps muqueux de Malpighi et la couche cornée ; elles se subdivisent elles-mêmes en plusieurs couches secondaires, qui sont au nombre de 7 pour la totalité de l’épiderme, ainsi que le montre le tableau suivant, où les couches sont indiquées de la surface à la profondeur.
Épiderme
Couche cornée
Corps muqueux de
Malpighi
Couche desquamante ou stratum disjunctum. Stratum corneum.
Stratum lucidum.
Stratum intermedium.
Stratum granulosum.
Corps muqueux proprem. dit.
Couche génératrice ou basilaire.
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Corps muqueux. — Le corps muqueux en général est remarquable par les filaments d’union qui unissent entres elles comme des ponts protoplasmiques les cel-
Cône fibreux
Canal sudor.
Derme
Glomér. sudorip.
Nerf
Pannic.
adip.
Artère