‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 131 sur 233 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

REINS1

Préparation. — Choisir un sujet jeune, maigre, à péritoine transparent. Étudier les rapports de la face antérieure du rein, à travers le péritoine intact, avec les viscères abdominaux; enlever ensuite le péritoine et ces viscères. Décoller prudemment le duodénum, le pancréas et la rate; conserver les gros vaisseaux prévertébraux, disséquer le pédicule rénal jusque dans le sinus. Extirper enfin le rein pour voir ses rapports postérieurs, dont on complétera l’étude par la dissection des plans musculo-aponé.vrotiques de la région lombaire, sur le sujet couché sur le ventre. — Une coupe menée suivant le grand axe du rein, sur son bord convexe, montrera sa structure, les calices et le bassinet.

Nombre. — Les reins sont au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche.

Forme. — Chaque rein a la forme d’un haricot, dont le hile serait dirigé en dedans; mais cette forme varie et l’on distingue des reins allongés, des reins globuleux, des reins discoïdes. Le rein droit est souvent plus plat et moins volumineux que le rein gauche.

Dimensions. — Le rein mesure en moyenne 12 centimètres de longueur, 6 centimètres de largeur et 3 centimètres d’épaisseur. Toutes ces dimensions subissent de grandes variations.

Poids. — Le poids du rein chez l’adulte est d’environ 140 à 150 grammes; il est un peu moindre chez la femme. Le poids des deux reins par rapport au poids du corps est chez le fœtus à terme comme 1 est à 80 et chez l’adulte comme 1 est à 200.

1. Ce chapitre a été rédigé dans le Traité d’ Anatomie humaine, par M. le Dr A. Gosset.

APPAREiL URINAIRE.

Couleur, consistance. — Sa couleur est rouge sombre sur le vivant. Sa consistance ferme fait que le rein marque son empreinte sur les organes voisins (foie, rate).

Direction et orientation. — La direction du rein est oblique. Son extrémité inférieure est plus éloignée du plan médian que son extrémité supérieure. Ses faces s’orientent obliquement; la face postérieure, regarde en arrière et en dedans; l’antérieure, en avant et en dehors. Le plan de la face antérieure forme un angle de 45’ ouvert en arrière avec le plan sagittal antéro-postérieur. Le bord interne, excavé, est placé sur un plan antérieur au bord externe.

Le rein présente donc une face antéro-externe, une face postérointerne; un bord convexe, externe et postérieur; un bord concave, interne et antérieur.

Rapports. — Les reins sont placés de chaque côté de la ligne médiane, au niveau de la fosse lombaire. Cette fosse, limitée par la dernière côte, la crête iliaque et la colonne vertébrale, est comblée par des plans musculo-aponévrotiques.

Nous étudierons d’abord les rapports des reins avec le squelette, puis les rapports des faces, des bords et des extrémités.

Rapports avec le squelette. — Le rein est en rapport constant avec trois vertèbres : la XIIe dorsale et les deux premières lombaires, ce sont les vertèbres rénales', mais il déborde, en haut, la XIIe dorsale et, en bas, la IIe lombaire, se mettant ainsi en rapport avec de< x vertèbres pararéna'es : la XIe dorsale et la IIIe lombaire; 1 fois sur 3, il descend jusqu’au niveau de la crête iliaque.

Le rein se met en rapport avec les deux dernières côtes. Son pôle supérieur atteint la face interne de la I Ie côte et la déborde rarement. La 11e côte varie très peu dans son inclinaison et sa longueur; il n’en est pas de même de la 12e côte. Celle-ci peut être longue ou courte. 4 fois sur 5, la 12e côte est longue, mesurant 7 à 14 centimètres. Elle se dirige alors obliquement , parallèlement à la 11e côte, et masque la moitié supérieure du rein. 1 fois sur 5, la 12e côle est courte, elle mesure moins de 7 centimètres, est horizontale et ne masque que le tiers supérieur du rein.

Au-dessous des côtes, sont les apophyses costiformes lombaires qui s’avancent à 4 centimètres en dehors de la ligne médiane. La première apophyse lombaire répond au hile rénal et joue un rôle important dans les ruptures traumatiques du rein.

Face antérieure. — Ses rapports diffèrent à droite et à gauche.

A) A droite, le rein est en rapport avec le foie, le duodénum, l’angle droit du côlon, la veine cave inférieure, l’artère colique droite supérieure.

REINS

Le foie recouvre par la facette triangulaire moyenne de sa face inférieure les 2/3 ou les 3/4 supérieurs du rein ; ce rapport a lieu par l’intermédiaire d’un double feuillet péritonéal. La vésicule biliaire touche quelquefois le rein par son fond. — La 2e portion ou portion prérénale du duodénum est appliquée, sans interposition de péritoine, sur le 1/3

Fig. 858. — Rapports des reins avec les autres viscères abdominaux (vue postérieure) (Farabeuf, in th. Récamier).

interne de la face antérieure du rein. — V angle colique droit recouvre l’extrémité inférieure du rein, le plus souvent sans interposition du péritoine. — La partie interne et supérieure de la face antérieure est en contact avec la veine cave inférieure , qui à ce niveau, se porte en haut et à droite.

B) A gauche, la face antérieure du rein se met en rapport avec la rate, le pancréas, le colon.

La rate , par sa fossette postéro-interne, repose sur le 1/3 supérieur du rein, sur une longueur de 7 centimètres. — La queue dit pancréas et Y épiploon pancréalico-splénique contenant les vaisseaux spléniques

APPAREIL URINAIRE

répondent au quart supérieur de la face antérieure du rein. — Le côlon par son angle gauche, angle splénique , aigu, orienté en haut et à gauche, suspendu par le ligament phrénico-colique, repose sur l’extrémité supérieure du rein ; par sa portion descendante, il recouvre la partie externe de la face antérieure et l’angle pariéto-rénal.

La partie du rein sous-jacente au mésocolon transverse répond à X artère colique gauche , au péritoine et aux anses grêles. La partie

Anse grêle Pancréas Aorte Veine cave Duodénum Anse grêle

Date Rein gauche Psoas Reindr. il ° côte

Fig. 859. — Coupe sur un sujet congelé passant au niveau de la lre lombaire

(Poirier).

sus-jacente, entre le pancréas, la capsule surrénale et la rate, répond à Y arrière-cavité des épiploons et, par son intermédiaire, à la face postérieure de l'estomac.

Face postérieure. — La face postérieure des reins présente à considérer deux portions, l’une inférieure, l’autre supérieure,

A. La portion inférieure, par son segment interne, répond au muscle psoas. Dans tout le reste de son étendue, elle repose directement sur la face antérieure, plane, du carré des lombes. Celui-ci, oblique en bas et en dehors, plus large au niveau de l’os iliaque qu’à sa partie supérieure, est débordé à ce niveau par le bord externe de la masse commune. Le psoas est couvert d’une mince aponévrose qui s’épaissit entre le corps de la deuxième vertèbre lombaire et la base de l’apophyse transverse de la première, formant Y arcade du psoas. De même, le carré des lombes est tapissé sur sa face antérieure d’une aponévrose mince qui est renforcée entre l’apophyse transverse de la première lombaire et le sommet

REINS

de la 12e côte pour constituer le ligament cintré du diaphragme ou arcade du carré des lombes (Voir t. I, p. 508). — En arrière du carré des lombes, l’aponévrose d’origine du transverse s’insère sur le sommet des apophyses transverses. Dans sa partie supérieure, elle est renforcée par le ligament lombo-costal de Henle, trousseau fibreux

Fig. 860. — Rapports des reins avec la colonne vertébrale, les côtes, les muscles et le ligament lombo-costal (Farabeuf, in th. Récamier).

irradié des apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires au bord inférieur et au sommet delà 12e côte; le ligament forme un plan résistant qui continue la 12e côte et gêne l’exploration du rein.

En arrière du muscle transverse, le bord postérieur du muscle petit oblique, le bord inférieur du petit dentelé, le bord externe de la masse sacro-lombaire et la 12e côte limitent le quadrilatère de Grynfeltl dont le fond répond à l’aponévrose du transverse ; ce quadrilatère est luimême recouvert par l’aponévrose d’insertion du grand dorsal dont le bord externe, musculaire, limite avec le bord postérieur du grand oblique, en dehors, et la crête iliaque, en bas, le triangle de Jean- Louis Petit.

APPAREIL URINAIRE

B. La portion supérieure de la face postérieure du rein se met en rapport avec les faisceaux du diaphragme qui s’insèrent sur l’arcade du carré des lombes et sur l’arcade du psoas. Le plan ordinairement très mince des fibres qui naissent du ligament cintré peut manquer et il existe alors, à ce niveau, un hiatus costo-lombaive.

En arrière et au-dessus du diaphragme descend le cul-de-sac inférieur de la plèvre; oblique de la face interne de la 11e côte au corps de la Ire vertèbre lombaire, la plèvre déborde d’un demi-centimètre le bord inférieur de la 12e côte et laisse en dehors d’elle le segment externe de la 12e côte, quand cette côte est longue. Quand la côte est courte, elle est tout entière en rapport avec la plèvre.

A la jonction de ses deux portions la face postérieure du rein entre en rapport avec le dernier nerf intercostal et les deux nerfs abdominaux-génitaux qui la croisent obliquement.

Bord externe. — Le bord externe, oblique en bas et en dehors, régulièrement convexe, déborde légèrement en dehors le bord de la masse commune; il répond, de haut en bas, au diaphragme, à la 11e côte, au dernier espace intercostal, à la 12e côte, au carré lombaire et au muscle transverse.

En outre, il est en rapport : à droite avec le foie, à gauche avec le colon descendant, et des deux côtés avec l’arcade veineuse exorénale.

Bord interne. — Ce bord présente à sa partie moyenne l’échancrure du hile. C’est un sinus profond de plus de 3 centimètres, en forme de bourse. Il est limité par deux bords, supérieur et inférieur, convexes, et par deux faces, antérieure et postérieure. Le hile empiète plus sur la face antérieure que sur la face postérieure du rein. Le sinus du rein loge les éléments du pédicule rénal, l’artère, la veine et le bassinet, superposés d’avant en arrière.

Le hile est recouvert, à droite : par la portion verticale du duodénum ; à gauche, par l’angle duodéno-jéjunal. Au dessus du bile, le bord interne du rein est en x rapport avec l’artère capsulaire inférieure et la capsule surrénale; au-dessous du hile, il est longé par l’uretère.

Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure du rein, distante de 2 cm. 1/2 de la ligne médiane, se met en rapport avec les gros vaisseaux prévertébraux.

Le rein droit touche au bord externe de la veine cave inférieure. L’extrémité supérieure du rein gauche confine à l’aorte abdominale et est recouverte par l’angle gauche du colon.

Des deux côtés le pôle rénal supérieur est coiffé parla portion externe amincie de la capsule surrénale. Celle-ci est lâchement unie au rein chez l'adulte et ne l’accompagne pas dans ses déplacements.

Extrémité inférieure. — Moins volumineuse que l’extrémité supé-

BEINS.

rieure, elle est distante de 5 centimètres de la crête iliaque, à gauche, et de 2 à 3 centimètres seulement, à droite.

Moyens de fixité. — Ils sont au nombre de trois : les vaisseaux, le péritoine, Y enveloppe cellulo- fibreuse.

1. Le rôle des vaisseaux est peu important. Leur section sous-capsulaire ne diminue pas la fixité du rein, et s’ils sont allongés dans l’ectopie rénale cet allongement est secondaire.

2. Le péritoine passe au-devant du rein, mais ne contracte avec lui aucune adhérence. Il est exceptionnel de constater autour du rein ectopié un méso péritonéal. Le péritoine prérénal est renforcé, à droite comme à gauche, par la lame de Toldt. Cette lame est le résultat de la coalescence des mésocolons ascendant et descendant primitifs avec le péritoine pariétal postérieur. C’est pour cette* raison qu’elle ne dépasse pas à droite le 1/3 inférieur du rein, comme le coude droit du colon, et remonte à gauche jusqu’au pôle supérieur de l’organe, comme l’angle splénique.

Le péritoine pariétal, en se réfléchissant sur les organes du voisinage, constitue des formations dites, à tort, ligaments hépato-rénal, duodénorénal, etc.

3. Enveloppe cellulo-fibreuse ou fascia périrénal. — Le rein est contenu dans une capsule cellulo-adipeuse à deux feuillets dont voici la disposition.

Le fascia propria ou lame cellulaire sous-péritonéale, arrivé sur le bord externe du rein, sedédouble en 2 feuillets, antérieur ou prérénal, postérieur ou rétrorénal. Le feuillet antérieur suit le péritoine, passe devant le rein, le pédicule rénal, les gros vaisseaux prévertébraux, et finit au voisinage de la ligne médiane, séparé de son homologue du côté opposé par le mésentère et son axe conjonctivo-vasculaire.

Le feuillet postérieur, plus résistant que l’antérieur, lame lisse et brillante, individualisé sous le nom de lame de Zuckerkandl, passe derrière le rein, tapisse le carré des lombes, le muscle psoas et va se fixer en dedans de ce dernier sur les corps vertébraux et les disques intervertébraux.

Suivis de bas en haut, les 2 feuillets périrénaux entourent les capsules surrénales, puis se fusionnent au-dessus d’elles et se fixent solidement à la face inférieure du diaphragme. Chez le fœtus et le très jeune enfant, le rein et la capsule occupent la meme loge fibreuse, mais, chez l'adulte, les 2 organes sont séparés par un feuillet conjonctif intermédiaire. Au-dessous du rein, les 2 feuillets ne se fusionnent pas ; lç feuillet antérieur continue à doubler le péritoine ; le feuillet postérieur se perd insensiblement dans le tissu cellulo-graisseux de la fosse iliaque. Assez sou-

AIT AU El L URINAIRE.

vent, ils sont reliés par des tractus celluleux qui forment un coussinet au pôle inférieur du rein. Ainsi constituée, la loge rénale contient le rein, le pédicule vasculaire, l’uretère, la capsule surrénale. Elle est bien fermée en haut et en dehors; elle l’est mal en bas et en dedans. C’est dans cette direction que le rein a tendance à se déplacer.

Entre les feuillets périrénaux, autour du rein, existe constamment une graisse abondante. Cette graisse, réduite à quelques pelotons chez le fœtus et le nouveau-né, augmente rapidement avec l’àge. Elle est plus abondante chez la femme. Elle fait presque défaut sur la face antérieure du rein, atteint son maximum d’épaisseur sur la face postérieure et forme une couche abondante sur le bord externe, au niveau du hile et aux deux pôles du rein. Compacte et facile à dissocier sur le cadavre, la graisse -péri rénale présente sur le vivant une consistance presque fluide qui gêne l’exploration et les manœuvres opératoires sur le rein.

La capsule adipeuse contient dés veines nombreuses ainsi que des lymphatiques et constitue un milieu très absorbant.

En réalité le rein est surtout fixé par la pression abdominale, c’est-à-dire par la tonicité de la sangle musculaire abdominale s’exerçant sur le rein par l’intermédiaire des viscères abdominaux. Le relâchement de la sangle abdominale, la ptose viscérale et en particulier l’entéroptose accompagnent habituellement la néphroptose.

A l’état normal, le rein est mobile avec la respiration. Il monte et descend avec le diaphragme. La capsule adipeuse a pour fonction de permettre les mouvements d’expansion et de translation de la glande.

Structure '.

Le rein est formé par un parenchyme entouré d’une capsule.

I. Capsule fibreuse. — Mince et transparente, épaisse de 0'n,m,l à Ümm,2 la capsule du rein est néanmoins assez résistante. Sa face externe est unie à la capsule adipeuse par des tractus conjonctifs et de petits vaisseaux. Sa face interne tapisse la surface du rein à laquelle elle adhère par des tractus con jonctifs très fins, mais dont elle se détache facilement à l’état normal. Elle pénètre au niveau du bile dans le sinus et se continue avec la tunique conjonctive des calices et du bassinet.

La capsule se compose de faisceaux de tissu conjonctif entre-croisés et de quelques fibres élastiques.

IL Parenchyme rénal. — A. Étude macroscopique . — Si l’on pratique une coupe médiane du rein suivant le grand axe de l’organe et du bord convexe vers le bile, on constate que le tissu rénal est formé de deux substances de couleur et d’aspect différents : 1° l’une, centrale ,

1. Ce chapitre a été rédigé dans le Traité d' Anatomie humaine, par M. le Dr P. Nobécourt.

REINS

ou médullaire , constituée par des segments triangulaires de coloration plus ou moins foncée : les pyramides de Malpighi ; 2° l’autre, corticale , placée entre la capsule fibreuse et la base des pyramides de Malpighi et s’insinuant entre ces pyramides.

1° Les pyramides de Malpighi, au nombre de 8 à 12, sont disposées en 3 rangées frontales, antérieure, moyenne et postérieure. Triangulaires sur la coupe, elles sont en réalité coniques et présentent une base périphérique, une surface externe et un sommet tourné vers le hile. Ce sommet, libre, fait une saillie de 6 à 8 millimètres dans l’intérieur des petits calices.

C’est la papille ; elle donne insertion au calice, au niveau d’une partie rétrécie, le col.

Son extrémité libre est criblée de 12 à 30 trous, les pores urinaires ,

dont l’ensemble forme Y area cribrosa. — La base de la pyramide, convexe, n’est pas nettement séparée de la substance corticale.

Les pyramides se composent de stries alternativement foncées et claires. Les rayons clairs ou pâles se continuent avec les pyramides de Ferrein de l’écorce; les rayons foncés ou colorés s'arrêtent à la base de la pyramide.

2° La substance corticale moins ferme, plus jaunâtre que la substance centrale, se compose de 2 parties distinctes : les pyramides de Ferrein et le labyrinthe.

a) Les pyramides de Ferrein ou irradiations médullaires font suite aux rayons clairs de la pyramide de Malpighi. Elles diminuent de volume jusqu’à la capsule qu’elles n’atteignent pas et présentent une forme triangulaire à sommet capsulaire. Larges de 4 à 6 millimètres au niveau de leur base, elles sont au nombre de 5 à 600 par pyramide de Malpighi.

b) Le labyrinthe ou substance glandulaire sépare les pyramides de

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Ferrein les unes des autres et de la périphérie du rein. Il contient de petits grains rougeâtres, visibles à jour frisant, les corpuscules de Malpighi.

La portion de substance corticale qui sépare les pyramides forme les colonnes de Bertin. Aux deux extrémités du rein, celles-ci ont la forme d’un cône dont le sommet répond au sinus du rein. A la partie moyenne du rein, elles ont la forme d’un double cône, très saillant dans la cavité du sinus et de coloration jaunâtre.

Le rein est ainsi composé de parties homologues; chaque pyramide de Malpighi, entourée de sa zone de substance corticale, constitue un lobe composé de lobules , chacun de ceux-ci étant représenté par une pyramide de Ferrein et la substance corticale adjacente.

La division en lobes et en lobules se retrouve dans la distribution vasculaire et existe chez l’homme au cours de la vie embryonnaire et chez divers mammifères.

B. Étude histologique. — Le rein est essentiellement formé par un ensemble de tubes urini fèves dont l’étude histologique permet d’étudier le trajet et la structure.

1) Trajet. — Le tube urinifère commence dans la substance corticale par le corpuscule de Malpighi ou glomérule ; après une courte portion rétrécie ou col , il s’élargit, se pelotonne sous le nom de tube contourné. Au tube contourné fait suite Y anse de Henle, avec sa branche descendante étroite et sa branche ascendante plus large.

Puis, le tube urinifère redevient flexueux, forme le canal intercalaire ou de communication , et, par une portion très courte, le canal d'union, se jette dans un tube collecteur.

Les tubes collecteurs descendent directement vers le sommet de la papille, d’abord dans la pyramide de Ferrein puis dans la pyramide de Malpighi sous les noms de rayons médullaires puis de tubes deBellini. Ils se réunissent les uns aux autres, diminuent de nombre et augmentent de calibre en se rapprochant de la papille.

Le nombre des tubes urinifères est de 560 000 (Sappey). — Leur longueur moyenne est de 4 centimètres. — Le diamètre moyen des tubes contournés est de 0 mm. 04 à 0 mm. 06 ; celui de la branche descendante de Henle de 0 mm. 01, celui de la branche ascendante de 0 mm. 02. Le calibre du canal intermédiaire se rapproche de celui du tube contourné. Les tubes collecteurs ont 0 mm. 040 à 0 mm. 045 à l’origine et 0 mm. 2 à 0 mm. 3 au pore urinaire.

2) Structure. — a) Corpuscules de Malpighi ou glomérules du rein. Rangés autour de la pyramide de Ferrein, dans le labyrinthe, au nombre de 560000 dans chaque rein, suivant le calcul de Sappey, les corpuscules de Malpighi sont sphériques ou ovoïdes. Ils mesurent

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Omm. 2 àO mm. 3 de diamètre. Chaque corpuscule se compose de : a, un glo >>érule proprement dit; (3, une capsule.

a. Le glomérule est constitué par un réseau de capillaires émanés d’une artère afférente et aboutissant à une artère efférente. Ces artères pénètrent et sortent l’une à côté de l’autre par le pôle vasculaire situé à l’opposé du pôle urinaire.

L'artère afférente se subdivise en branches qui se résolvent en capillaires flexueux groupés en floccules. Ces capillaires sont embryonnaires, c’est-à-dire sont formés d’une lame protoplasmique semée de noyaux mais non différenciée en cellules distinctes. L 'artère efférente, moins volumineuse que l’afférente, possède un anneau musculaire lisse à la sortie du glomérule.

[3. La capsule de Bowman forme une sphère creuse à parois minces (t à 2 a d’épaisseur). Elle présente deux pôles : le pôle vas- Fl0' 862' “ Trajetdes tubes urinifères (schématique).

i . p . Corp., corpus oie de \lalpi2hi. — Col , col du glomérule. —

CUlaire perioié par les y conl., .ube contourne. — Br drsc. H , branche descendante vaisseaux et le pôle de i‘ansp de Henle. — Br. asc. H., branche ascendante le l'anse de H' nie. — C. inter., canal intercal ire ou < anal de communiurmaire continu avec cation. — C. un., canal d’union. — T. coll., tube collecteur.

le tube contourné. Sa

face interne appliquée sur le bouquet glomérulaire en est séparée par un espace virtuel.

La capsule est formée d’une membrane hyaline se continuant avec la membrane propre du tube contourné. Cette membrane est revêtue à

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sa face interne d’un épithélium à grandes cellules plates. On conteste encore chez l’adulte l’épithélium revêtant le bouquet glomérulaire. Cet épithélium existe pendant la vie intra-utérine.

b) Le tube contourné est formé d’une membrane propre , hyaline, amorphe, et d’un épithélium à une seule couche de cellules cylindriques, hautes, granuleuses, striées suivant leur grand axe et présentant du côté de la lumière du tube une bordure finement striée, dite bordure en brosse. Cet épithélium joue un rôle important dans la sécrétion des principes constituants de l’urine. Il se modifie pendant la sécrétion.

c) Anse de Henle. — Dans la branche descendante, étroite, l’épithélium est aplati; dans la branche ascendante ou large, les cellules épithéliales sont prismatiques à protoplasma granuleux, pourvues ou non de bâtonnets, suivant les auteurs.

d) La pièce intermédiaire et le canal d’union présentent la meme structure.

e) Les tubes collecteurs sont constitués par une membrane propre, mince, qui disparait dans la zone papillaire, et d’un épithélium à cellules claires, transparentes, disposées en une seule rangée et augmentant de hauteur vers le pôle urinaire.

Sur la papille, l’épithélium, d'abord formé d’une seule rangée de cellules prismatiques au pourtour du pôle urinaire, s’épaissit et présente trois assises de cellules polyédriques.

Vaisseaux. — I. Artères. — Les artères rénales sont au nombre de deux : l’une droite, l’autre gauche, et naissent de l’aorte abdominale au niveau de la IIe vertèbre lombaire (voy. Angiologie t. II, p. 599). L’artère rénale se divise en branches terminales au niveau du sinus rénal. Ses rapports avec les autres éléments du pédicule rénal sont les suivants : l’artère, d’abord postérieure à la veine, la contourne et gagne son bord supérieur; là, elle se divise ordinairement en trois branches : antérieure, supérieure et postérieure. L’ensemble des branches artérielles forme une gouttière grillagée à concavité inférieure embrassant les veines et le bassinet. La branche antérieure , qui peut être double, se distribue à la face antérieure et à l’extrémité inférieure du rein; la branche supérieure irrigue l’extrémité supérieure; la branche postérieure, rétro-pyélique, la face postérieure.

Chacune de ces branches se divise à son tour en plusieurs rameaux dont la pénétration dans la substance rénale se fait suivant deux types. D’ordinaire l’artère pénètre une colonne de Bertin par sa partie moyenne et se divise en 2 rameaux divergents qui vont à 2 lobes contigus ou à 2 pyramides : c’est le type bilobaire. — Quelquefois la péné-

REINS

tration se fait autour de la saillie de Berlin et l’artériole suit directement les côtés de la pyramide; c’est le type lobaire, rare chez l’homme.

Dans les deux cas, chaque pyramide reçoit plusieurs (5 ou 6) artérioles, qui montent vers sa base; ce sont les artères péripyramidalès . Au niveau de la

Art. dia.

base de la pyramide, ces artères s’infléchissent vers l’axe de la pyramide, se subdivisent, s’anastomosent et forment ainsi la voûte artérielle sus- pyramidale dont l’existence est niée par certains anatomistes. De cette voûte partent des artères qui pénètrent dans le labyrinthe, sous le nom à' artères ra-

Art. caps, sup

Art. caps, moy.

Art. caps, inf.

Ar. rén.

Arc. rat.

Art. sperm

Fig. 863. — Branches collatérales de l’artère rénale et artères capsulo-adipeuses (d’après Schmerber).

diées ou interlobulaires. Celles-ci émettent des rameaux transversaux, les artères glomérulaires , et, à leur terminaison, donnent quelques ramuscules à la capsule fibreuse ou à l’enveloppe adipeuse.

L’artère glomérulaire pénètre dans le glomérule sous le nom d'artère afférente et se résout en un bouquet de capillaires qui se réunissent en une artère efférente. A sa sortie du glomérule, celle-ci présente un petit anneau musculaire, véritable sphincter, puis après un certain trajet arqué se termine en fournissant tout le réseau capillaire de la substance corticale (labyrinthe et pyramide de Ferrein).

Les pyramides de Malpighi contiennent des artères parallèles aux tubes de Bellini, les artères droites dont l’origine est discutée. Pour les uns, elles naissent des branches placées en amont des artères glomérulaires, ou de la voûte sus-pyramidale. Pour les autres, et c’est l’opinion la plus généralement admise, elles naissent des artères efférentes glomérulaires, c’est-à-dire du réseau capillaire profond de la substance corticale.

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Les artères du rein ne sont pas des artères terminales. Il existe des anastomoses entre les artères des lobes et des lobules voisins ; de plus les artères rénales peuvent s’anastomoser avec des artères rénales accessoires provenant des artères lombaires et des artères capsulaires.

Artères de la capsule graisseuse. — Elles forment 5 groupes constants :

1) Groupe rénal. Les capsulo-adipeuses de ce groupe viennent du tronc et des branches de l’artère rénale. Elles sont abondantes surtout en arrière du bassinet. A ce groupe appartiennent les artères perforantes qui traversent le rein.

2) Le groupe mésentérique est formé d’artères petites et rares.

3) Le groupe capsulaire vient de l’artère capsulaire inférieure.

4) Groupe spermatique. Une branche de l’artère spermatique contourne l’extrémité inférieure du rein et forme le long du bord externe du rein une arcade exorénale.

5) Le groupe lombaire se compose d’artérioles venant des artères lombaires.

IL Veines. — Les veines du rein présentent une disposition analogue à celle des artères.

Il existe une voûte veineuse sus-pyramidale qui reçoit par sa concavité les veines droites ou ascendantes , veines de la pyramide de Malpighi, et par sa convexité les veines interlobulaires ou veines radiées. Celles-ci naissent sous la capsule fibreuse, souvent par des réseaux convergents visibles quand le rein est congestionné (étoiles de Verheyen), et reçoivent le sang du réseau capillaire de la substance corticale.

De la voûte sus-pyramidale partent les veines péripyramidales qui se réunissent pour former la veine rénale tributaire de la veine cave inférieure (voir Angéiologie).

Les veines du rein sont avalvulaires.

Veines de la capsule graisseuse. — Ces veines forment un réseau à mailles allongées dans le sens transversal,' se jetant dans une longue arcade parallèle au bord externe du rein. De ce réseau ou de l’arcade émanent a groupes de veines efférentes :

1) L e groupe des veines capsulo-rénales, qui se jette dans les étoiles de Verheyen ou dans la veine rénale.

2) Le groupe des veines capsulo-mésaraïcjues, qui va aux veines coliques.

3) Le groupe des veines capsido- surrénales aboutissant à la veine surrénale et aux veines diaphragmatiques inférieures.

4) Le groupe des veines capsulo-spermatiques, venu de la partie inférieure delà capsule et de l’uretère, et allant à la veine spermatique.

5) Le groupe capsulo-lombaire, qui se jette dans une des veines lombaires.

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En outre, des veines capsulaires se jettent dans les réseaux veineux qui entourent le XIIe nerf intercostal et les nerfs ^abdomino-génitaux.

Le système veineux de la capsule forme un important réseau de dérivation dans le cas d’obturation de la veine cave inférieure.

Fig. 864. — Veine rénale et veines périrénales (Tuffîer et Lejars).

Une autre voie anastomotique importante est représentée par le gros canal réno-azygo-lombaire, qui fait conmuniquer la veine rénale avec l’azygos.

3° Lymphatiques rénaux. — Les lymphatiques du rein forment deux réseaux, l’un superficiel, l’autre profond. Du réseau superficiel partent des troncs convergents ou divergents ; les premiers se dirigent vers le hile, les seconds gagnent la capsule adipeuse. Le réseau profond , dont l’origine est très discutée,, donne naissance à 4 ou 7 collecteurs, qui émergent au niveau du hile, accompagnent la veine rénale et vont se jeter dans des ganglions situés au-dessous du hile, devant et derrière la veine cave à droite, sur les côtés de l’aorte à gauche, c’est-àdire dans les ganglions juxta-aortiques.

Nerfs. — Les nerfs, satellites des artères rénales, viennent du plexus solaire, et particulièrement des branches externes du ganglion semilunaire, ainsi que du grand splanchnique et du petit splanchnique.

Abrégé d’Anat. — III.

APPAREIL URINAIRE

Peu nombreux, mais très volumineux, ils ne forment pas de plexus et présentent de petits ganglions, dont le plus constant est placé sur la face postérieure de l’artère rénale.

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