MUSCLES DE L ORBITE
Les muscles de l’orbite sont au nombre de sept. L’un est annexé à l’appareil palpébral, c’est le releveur delà paupière supérieure; les six autres se terminent sur le globe oculaire. Ce sont les quatre muscles droits et les deux muscles obliques.
1 . Releveur de la paupière supérieure. — Le muscle releveur de
Fig. 679. — Muscles de l’orbite chez l’homme.
DE, DE, muscle droit externe sectionné. — DI, muscle droit inférieur. — DIN, muscle droit interne. — DS, jnuscle droit supérieur écarté pour découvrir l’insertion bulbaire du muscle oblique supérieur. — OS, muscle oblique supérieur. — 01, muscle oblique inférieur. — MR, muscle releveur de la paupière dont le tendon est excisé. — N, nerf optique. — Le tendon de Zinn — non désigné — se reconnaîtra facilement par l’insertion des trois muscles droits externe, inférieur et interne.
la paupière supérieure prend naissance au sommet de l’orbite. Il naît
APPAREIL VISUEL
de la gaine du nerf optique au-devant du trou optique, au-dessus de l’origine du muscle droit supérieur.
Il parcourt d’arrière en avant la cavité orbitaire en cheminant audessous du plafond de celle-ci, recouvert seulement par le nerf susorbitaire et recouvrant lui-même le droit supérieur. Il arrive ainsi au niveau de la paupière supérieure.
Son tendon terminal perfore le septum orbitale et s’épanouit par de petites languettes dans le tissu cellulaire assez dense qui unit les fibres du segment prétarsien de la portion palpébrale de l’orbiculaire. La face profonde du tendon adhère au bord supérieur du muscle palpébral supérieur, muscle à fibres lisses qui va se fixer d’autre part au bord supérieur du tarse (v. p. 1114).
Action. — Le releveur de la paupière supérieure élève cette paupière, aidé dans ce rôle par le muscle droit supérieur ; nous avons vu, en effet, que la gaine ténonienne de ce muscle envoyait une expansion à la face profonde du tendon du releveur.
2. Muscles droits. — Il existe quatre muscles droits. Tous prennent naissance au fond de la cavité orbitaire, en dedans de la fente sphénoïdale. Ils divergent, se portent autour du globe oculaire et se fixent un peu en avant de l’équateur, sur la sclérotique. Leur corps musculaire est aplati et affecte la forme d’un triangle isocèle à base antérieure. Leur origine se fait par des fibres tendineuses courtes et serrées, auxquelles succède le corps charnu ; celui-ci se termine, en avant, par un tendon mince et allongé. Chacun des muscles droits possède une gaine conjonctive dépendant de la capsule de Tenon. Leur longueur moyenne estde 40 millimètres environ.
Origine. — Ces muscles groupent leurs insertions postérieures ou orbi-
DIF
0 mm
Fig. 680. — Schéma classique des insertions scléroticales des muscles droits. (D'après Tillaux.)
DIN, muscle droit interne.
DE. muscle droit externe. —
— DIF, muscles droit inférieur. — DS, muscle droit supérieur.
ANNEXES DE E OEIL
taires dans un cercle très resserré entourant le nerf optique et se fixent sur la gaine du nerf optique et sur le tendon de Zinn. Le tendon de Zinn, court et résistant, se détache du corps même du sphénoïde. Il se bifurque presque dès son origine en deux branches, l’une externe, l’autre interne, et prend ainsi la forme d’un Y. De la branche externe se détache une expansion qui va se fixer sur le bord supérieur de la fente sphénoïdale ; de même, la branche interne donne naissance à une expansion moins résistante qui va se perdre sur la face interne de la gaine durale du nerf optique (v. fîg. 594, p. 928 du tome II).
Le muscle droit inférieur s’insère dans l’angle que forment en s’écartant les deux branches de bifurcation du tendon de Zinn. — Le droit externe se fixe sur la branche de bifurcation externe du tendon et sur son expansion. — Le droit interne se fixe sur la branche de bifurcation interne et l’expansion correspondante. — Le droit supérieur s’insère sur la gaiue du nerf optique, et cette insertion, contournant en dehors l’artère ophtalmique, vient atteindre le bord supérieur de la fente sphénoïdale à la limite de l’anneau de Zinn.
Terminaison. — Les quatre muscles droits se terminent sur le sclérotique au niveau de l’hémisphère antérieur de l’œil. Le siège exact de leur insertion
sclérale présente DS
un grand intérêt, tant au point de vue physiologique qu’au point de vue opératoire. On admet schématiquement que le mi-
lieu de la ligne d’insertion du droit interne est à 5 millimètres de la circonférence de la cornée , que les points correspondants des insertions des droits inférieur, interne et supérieur sont respectivement à 6, 7 et 8 millimètres de cette circonférence
Fig. 681. — Insertions scléroticales des muscles droits, d’après Motais.
DS, muscle droit supérieur. — DIN, muscle droit interne. — DE, muscle droit externe. — DIF, muscle droit inférieur. — L, L, L, L, lignes d’insertion de la capsule antérieure à la sclérotique.
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L’ensemble des insertions dessinerait ainsi une ligne spiroïde assez régulière (voir fig. 680).
En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes. Le milieu de l'insertion ne répond généralement pas au méridien correspondant de la cornée. Le trajet de l’insertion est assez irrégulier et peut être fort oblique par rapport à la tangente de la cornée passant par le méridien correspondant. Ceci est très exact surtout pour les muscles droits supérieur et inférieur, comme le montre la figure 681.
Rapports. — On peut envisager à ces muscles deux portions : l’une postérieure ou orbitaire, l’autre antérieure ou oculaire. L’aileron correspondant forme la limite de ces deux portions. La face profonde de la portion orbitaire est séparée du nerf optique par une abondante masse graisseuse. Le nerf optique est l’axe d’unepyramide schématique formée parles muscles droits. La face superficielle de ceux-ci, recouverte par une mince gaine conjonctive, est unie au périoste de la cavité orbitaire par des tractus celluleux. Le ganglion ophtalmique est en regard de la face profonde du muscle droit externe, à 5 millimètres du trou optique. Entre ce même muscle et le nerf optique se place l’artère ophtalmique. Les nerfs moteurs oculaire externe et nasal traversent le tendon postérieur du muscle droit externe. Le muscle releveur recouvre le muscle droit supérieur.
La portion oculaire s’étend de l’aileron à l’insertion sclérale, et les 9/10 de cette portion sont placés sous la conjonctive.
3. Muscles obliques. — Les muscles obliques sont au nombre de deux.
Le muscle oblique supérieur ou grand obliques insère en arrière sur la gaine du nerf optique, entre les muscles droits supérieur et interne. Il se dirige en avant et en haut en suivant l’arête supéro-interne de la cavité de l’orbite. Au niveau de l’angle supéro-interne de la base de l’orbite, il traverse sa poulie de réflexion formée par un anneau ostéofibro-cartilagineux. Un peu avant d’atteindre la poulie, le corps musculaire a fait place à un tendon nacré et brillant qui, après sa réflexion, se porte d’avant en arrière, de haut en bas et de dedans en dehors, passe sous le muscle droit supérieur et se termine sur la partie supéroexterne de l’hémisphère postérieur du globe après s’être élargi brusquement en éventail. Son extrémité antérieure est à 14 ou 15 millimètres du bord de la cornée.
Le muscle oblique inférieur ou petit oblique naît de la partie inférieure et interne de la base de l’orbite, sur le rebord osseux de l’orifice supérieur du canal nasal. Il se dirige en dehors et en arrière, passe sous le muscle droit inférieur, avec lequel il contracte une adhérence aponévrotique très intime, puis s’applique et s’enroule sur la sclérotique et s’insère sur l’hémisphère postérieur, au-dessous du muscle
ANNEXES DE L’OEIL
droit externe. La largeur de l’insertion est de 12 millimètres environ, et son extrémité antérieure est à 16 millimètres du bord cornéen.
Mouvements du globe. — Action des muscles. — Les muscles de l’œil, au point de vue physiologique, sont groupés en 3 paires :
lre paire : les droits interne et externe;
2e paire : les droits supérieur et inférieur ;
3e paire : les obliques supérieur et inférieur.
L’action delà lre paire est simple; elle fait tourner le globe autour de son axe vertical. La limite de rotation extrême est de 46 degrés pour l’abduction, de 44 degrés pour l’adduction.
L’obliquité en dedans et en dehors des muscles droits supérieur et inférieur rend leur action plus complexe. Il est admis que l’axe de rotation des muscles de la 2e paire forme, avec l’axe optique, un angle de 63 degrés ouvert en dehors. Le droit supérieur portera donc l’œil en haut et en dedans; le droit inférieur en bas et en dedans. Ces deux muscles ne peuvent produire seuls ni l’élévation ni l’abaissement directs. La limite extrême est de 50 degrés pour l’abaissement et de 44 degrés pour l’élévation.
Les muscles obliques forment avec l’axe optique un angle de 59 degrés ouvert en dehors. Le muscle oblique supérieur porte la cornée en bas et en dehors et incline en dedans la partie supérieure du méridien vertical; le muscle oblique inférieur déplace la cornée en haut et en dehors, et incline en dehors la partie supérieure du méridien yertical.
L’action combinée de la 2e et de la 3e paire portera directement l’œil en haut ou en bas. De l’action successive ou combinée des six muscles résultera la rotation de l’œil dans tous les sens. La convergence a lieu par l’action simultanée des deux muscles droits internes.
Équilibre du globe. — Moyens de fixité. — - Le centre de rotation de l’œil est à peu près invariable. Grâce à quels éléments anatomiques une telle fixité est-elle obtenue? Par sa tonicité seule, un muscle tend toujours à ramener son point d’insertion mobile vers son point fixe. Les quatre muscles droits sont donc rétracteurs ; le petit oblique et le grand oblique sont protracteurs, et c’est cet antagonisme entre les muscles droits et les muscles obliques qui est l’élément actif de l’équilibre du globe. D’autre part, la partie postérieure de la capsule s’oppose au déplacement du globe en arrière tandis que sa partie antérieure soutient et régularise l’action rétractrice des muscles droits et s’oppose au déplacement du globe en avant.
De plus, même chez les sujets les plus amaigris, la masse graisseuse rétro-orbitaire toujours abondante joue les fonctions d’un coussinet. De même, les paupières contribuent dans une certaine mesure à maintenir Abrégé d’Anat. — III. 71
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le globe en avant. Enfin, les vaisseaux du fond de l’œil, les nerfs ciliaires et principalement le nerf optique opposent une résistance au déplacement en avant.
Mécanisme des mouvements du globe. — L’œil ne subit que des mouvements de rotation, mais le véritable mécanisme de ces mouvements est beaucoup plus complexe que celui de l’énarthrose. On ne doit plus admettre que la sphère oculaire roule librement dans une capsule fibreuse, à laquelle elle est adhérente, notamment aux deux pôles. En réalité, la rotation du globe comporte les phénomènes suivants : 1° inflexion du nerf optique dans le sens de la rotation; 2° le déplacement de la capsule et du tissu cellulo-graisseux rétro-bulbaire dans le sens de la rotation.
Rôle de la capsule de Tenon. — La capsule de Tenon joue cependant un rôle considérable dans la mécanique des mouvements du globe et modifie dans une large part l’action des muscles. Le rôle fondamental est rempli par les ailerons. Ceux-ci constituent tout d'abord pour les muscles droits un troisième tendon, tendon de renvoi, sur lequel le muscle se réfléchit. — Il représente, d’autre part, un véritable tendon d’arrêt pour le muscle, limite sa contraction et s’oppose ainsi à son raccourcissement exagéré. Enfin, en maintenant le muscle écarté du globe il l’empêche de comprimer celui-ci.