VENTRICULES LATÉRAUX
Corne fr
~ Monro
- 3° venir
[— Corne temp.
Aquecl. sylv.
4” venir.
Corne occ.
Fig. 538. — Moule des ventricules (Welcker).
Les ventricules latéraux sont deux cavités situées symétriquement de chaque coté dans l’épaisseur
de l’hémisphère cérébral. Par les trous de Monro, ils communiquent avec le ventricule moyen qui est impair et médian, et qui les fait à son tour communiquer indirectement l’un avec l’autre. Ils constituent le premier et le second ventricule, et on les distingue sous le nom de ventricule droit et de ventricule gauche.
Le ventricule latéral présente une forme arquée; comme le noyau caudé dont il est satellite, il est circumpédonculaire. Commençant dans le lobe pariétal, il se dirige horizontalement en arrière, se recourbe autour du pédoncule cérébral, et de nouveau horizontal parcourt d’arrière en avant le lobe temporal. Cette deuxième portion émet près de son origine un diverticule qui s’enfonce en arrière dans le lobe occipital. De là deux étages, un étage supérieur et un étage inférieur, celui-ci divisé en deux chambres; ces trois cavités sont décrites sous les noms de corne frontale , corne temporale et corne occipitale du ventricule.
Corne frontale. — La corne frontale , étage supérieur du ventricule,
Mivitouxiii:.
Genou
Plexus
B ou
longue de G à 7 centimètres, est horizontale, hile est fermée en avant
par le genou du corps calleux, ouverte en arrière où elle se continue avec l’étage inférieur.
Sa voûte , ou toit, est formée par la face inférieure du corps calleux. — Son plancher , par le noyau eau dé en dehors, une partie delà coucheoptique et de la face supérieure du trigone en dedans. Sur lui reposent les plexus choroïdes, pelotons vasculaires de la pie-mère. — Le bord externe répond à l’union du corps calleux avec le noyau caudé.
— Le bord interne est marqué par l’union du corps calleux avec le trigone; ce bord s’élargit en avant en une véritable face, face interne constituée par le septum lucidum qui sépare les deux ventricules.
C’est à l’extrémité postérieure du septum que sont percés les trous de Monro. Le trou de Monro est un orifice ovalaire, très étroit sinon mémo oblitéré chez les sujets adultes, grand chez l'enfant et sur les cerveaux atrophiés, intercepté entre les piliers du trigone en avant et le sommet de la couche optique en arrière. Ce canal inter-ventriculaire est un reste de la vaste ouverture qui chez l’embryon mettait en relation la vésicule hémisphérique et la vésicule intermédiaire. Par les trous de Monro, le ventricule moyen communique avec les ventricules latéraux; par eux aussi, ou plutôt à côté d’eux, sous leur épithélium soulevé, passent les plexus choroïdes.
Corne
oecip.
Fig. 539. — Corne frontale et corne occipitale des ventricules latéraux (Hirschl'eld).
La voûte de ces cavités a été enlevée; on voit leur plancher.
MORPHOLOGIE DES CENTRES NERVEUX
Dans le sillon opto-strié sont contenues la lame cornée et la bandelette demi-circulaire, séparées par la veine du corps strié.
La lame cornée est un ruban large de 2 millimètres, de couleur jaunâtre, translucide. C’est un reste de l’ancienne paroi interne de l’hémisphère.
La bandelette clemi-circulaire, tænia semi-circularis, est un ruban de substance blanche, sous-jacent à la veine striée. Elle commence dans le septum lucidum, parcourt tout le trajet du ventricule latéral en contournant comme lui le pédoncule cérébral et en se plaçant dans la voûte de la corne temporale. Elle se termine dans le lobule de l’hippocampe, après avoir traversé le noyau amygdalien. Sa fonction, mal déterminée, semble la ranger dans les fibres d'association des centres olfactifs.
2° Corne temporale. — La corne temporale, corne inférieure ou portion réfléchie du ventricule, se dirige d’avant en arrière, parallèlement à la fente de Bichat et se termine en cul-de-sac un peu en arrière du pôle temporal. Elle présente sur la coupe vertico-transversale une forme arquée dont la concavité regarde en dedans. Sa paroi externe, qui étant aussi supérieure s’arrondit en voûte, est une couche de substance blanche à laquelle prend part le tapétum des radiations du corps calleux. La voûte contient dans son épaisseur la queue du noyau caudé et la bandelette demi-circulaire. — Sa paroi interne est formée par la corne d’Ammon et la fimbria.
La corne d' Ammon, ou grand hippocampe, comparée à la coquille d’une ammonite, est un bourrelet produit par l’enroulement de la cinquième circonvolution temporale qui se replie autour du sillon de l’hippocampe (p. 831). Elle a une forme arquée, une couleur blanche, due à une couche médullaire superficielle, Valve-us. Son extrémité antérieure ou tête est bosselée; elle vient buter contre le crochet du lobule de 1 hippocampe qui l’encadre. Sa queue effilée se continue avec le pilier postérieur du trigone et avec l’écorce de la circonvolution du corps calleux. La corne d’Ammon est la portion supérieure de la circonvolution de l’hippocampe et appartient au système olfactif.
A côté d’elle, au-dessous, on voit assez souvent une saillie semblable mais moins nette, V éminence collatéra'e, produite par l’enfoncement du profond sillon collatéral, quatrième sillon temporal, qui a refoulé l’écorce cérébrale dans la cavité ventriculaire.
Sur le bord supérieur de la corne d’Ammone, s’étend la fimbria ou corps frangé, ruban de couleur blanche que nous avons décrit avec le trigone dont il est une des terminaisons. Entre la fimbria et la bandelette optique qui la surmonte s’ouvre la fente de Bichat; par cette fente la corne temporale communiquerait avec l’extérieur, si elle n’était
NÉYROLQGIE.
fermée par la membrane épendymaire que les plexus choroïdes ont refoulée devant eux, en pénétrant dans la corne temporale qu’ils parcourent.
Enfin, au dehors du ventricule, la corne d’Àmmon contient dans sa
Corne front. N. caudé (inlra-venlr.) N. lent, (exlra-ventr.)
Ergot Corne occip. Corne lemp. C. d'Amman
Fig. 540. — Les trois cornes du ventricule latéral (Ilirschfeld).
Coupe antéro-postérieure de l’hémisphère droit; yus de la tranche interne.
concavité le corps godronné , petite circonvolution qui se continue avec la circonvolution lancisienne rudimentaire (fîg. 530).
3° Corne occipitale. — La corne occipitale , corne postérieure, cavité digitale, a la forme d’un doigt courbé dont la concavité regarde au dedans. Elle se détache du canal ventriculaire en un point qui, étant commun aux trois cornes, constitue le carrefour du ventricule et contient un gros renflement du plexus choroïde. Elle se dirige horizontalement dans l’épaisseur du lobe occipital. Sa paroi externe est formée par le mince tapétum des radiations calleuses. Sur la partie inférieure de sa paroi interne se détache une saillie arrondie, l 'ergot de Morand , petit hippocampe ou calcar, qui se continue en avant avec le grand hippocampe. L’ergot de Morand est la saillie intra-ventriculaire de la scissure calcarine, et varie comme la profondeur de cette scissure.
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
Avant d’exposer la structure des centres nerveux, il est nécessaire de rappeler certaines notions d’histologie générale.
Les centres nerveux se composent d’éléments nobles, cellules et fibres nerveuses, et d’un tissu de soutien : tissu conjontif, névroglie, cellules épendvmaires et ciment interstitiel. Tous, à l’exception des éléments conjonctifs, dérivent de l’ectoderme embryonnaire.
La moelle n’est au début qu’un tube épithélial que surmonte une vésicule également épithéliale, le cerveau. Les cellules de cet épithélium ectodermique se divisent dans leur évolution en deux catégories. Les unes forment le tissu de soutien, c’est-à-dire les cellules épithéliales ciliées qui tapissent le canal de l’épendyme et les ventricules cérébraux, ainsi que les cellules de névroglie, cellules remarquables par leurs fins et longs prolongements qui rayonnent d’elles en tous sens (cellules araignées); c’est au milieu du plexus de ces filaments que sont plongés les éléments nerveux. Les autres deviennent les cellules nerveuses.
Cellule nerveuse. — La cellule nerveuse est un élément anatomique caractérisé par des prolongements qui le mettent en rapport avec d’autres éléments de l’organisme. Il en est de toutes tailles et de toutes formes. Les unes, comme les grains du cervelet, sont assez petites pour qu’on puisse difficilement les étudier au microscope, au point que leur nature nerveuse n’a été reconnue que dans ces dernières années; d’autre, des géantes, sont presque visibles à l’œil nu. Et quant à la forme, il en est d’ovoïdes, de fusiformes, de pyramidales; le plus grand nombre sont étoilées. Le corps cellulaire, avec son noyau et son nucléole, renferme une substance chromatique, et très souvent des granulations pigmentaires, qui donnent à certaines régions du cerveau une teinte de suie ou de rouille ( locus niger, locus cæruleus , substantia ferruginea ) .
Quelles que soient sa forme, sa taille, sa structure, toute cellule nerveuse possède plusieurs prolongements ; elle est multipolaire (chez les vertébrés inférieurs seuls, on rencontre des cellules unipolaires, pourvues d’un prolongement unique). Ces prolongements sont de deux ordres : l'un est nerveux, les autres sont protoplasmiques.
Le prolongement nerveux ou deDeiters, prolongement cylindraxile, cylindre-axe, ou plus simplement Yaxone, est unique. C’est lui qui devient la fibre nerveuse dont il constitue l’âme, c’est-à-dire le cylindre-
I. Le chapitre « Histologie générale du système nerveux » a été rédigé dans le Traité d’ Anatomie humaine , par M. le professeur Nicolas.
8'iG
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
axe. Tl émet ordinairement sur son trajet, dans l’intérieur des centres nerveux, des branches latérales, dites collatérales. Sa terminaison est toujours la même; qu’elle soit située dans une papille de la peau, sur
une fibre musculaire, ou dans l’épaisseur des centres nerveux, elle consiste en une ramification de fibrilles, qu’on appelle ['arborisation terminale. La caractéristique physiologique de l’axone réside dans ce fait, que le courant nerveux le parcourt en allant du corps cellulaire à l’arborisation terminale.
Sa conduction est cellulifuge.
Les prolongements protoplasmiques sont aussi nommés dendrites à cause de leur forme arborescente ; par eux le corps cellulaire s’agrandit et étale son protoplasma. Ils partent des angles de la cellule et dès leur origine se divisent en rameaux. Ce sont eux qui reçoivent les impressions des éléments qui les entourent et les transmettent au corps cellulaire. Leur conduction est cellulipète, c’est-à-dire que les excitations convergent vers le corps cellulaire.
Avec ses prolongements qui s’étendent en bas jusqu’à la plante du pied, en haut jusqu’au bulbe, une cellule de la moelle peut atteindre chez l’homme une longueur de 1 m. 50.
Toutes les parties de la cellule, le corps, les dendrites, le cylindre-axe ont une structure fibrillaire. Elles sont parcourues par un grand nombre de filaments très fins, plongés dans une substance interstitielle, les neurofibrilles. Celles-ci forment des réseaux autour du noyau et à la périphérie du corps cellulaire et se continuent dans les prolongements où elles prenent une disposition longitudinale ; elles arrivent jusqu’aux extrémités de ces prolongements, mais elles ne passent point dans d’autres cellules et ne s’anastomosent pas avec celles d’autres éléments. Il est probable que
Fig. 541. — Cellule nerveuse.
Figure schématique. — La cellule nerveuse, avec son noyau N, émet des prolongements protoplasmiques, Pp, et un prolongement cylindraxile ou axone, Pa.
Ce dernier s’entoure d’une gaine de myéline (G. m. noire) et d’une gaine de Schwann, Sch\ il se termine par une arborisation, T. En Ea, un étranglement annulaire.