V. Fibres optiques. — Voies optiques
Les libres de projection optiques sont presque entièrement centripètes, et c’est par celles-ci que nous commencerons notre exposé.
Fig. 562. — Racines optiques et centres ganglionnaires.
Face latérale gauche du tronc cérébral. — La partie oplique est teintée en bleu. — Le corps genouillé interne et le tubercule quadr. postérieur appartiennent à la voie acoustique.
Les organes anatomiques que traversent ces fibres sont les uns extracérébraux, les autres intra-cérébraux.
Les premiers sont représentés par : la rétine, membrane sensorielle qui contient plusieurs couches de cellules nerveuses; — le nerf optique qui émerge du globe, en dedans du pôle postérieur, lequel répond à la macula lutea, point central de la vision; — le chiasma; — la bandelette optique, qui contourne la fente de Bichat; — trois ganglions, le corps genouillé externe, le pulvinar de la couche oplique et les tubercules quadrijumeaux antérieurs. Ce sont les centres optiques primaires ou inférieurs, comparables à ceux que nous avons indiqués sur le trajet des voies olfactives. La bandelette optique à son extrémité postérieure, se divise en deux racines: wno, racine externe , de beaucoup la plus forte, qui se porte aux trois ganglions que nous avons mentionnés;
STRUCTURE DU CERVEAU
une racine interne qui est destinée aux T. Q. postérieurs et n’appartient pas aux voies optiques.
Les voies intra-cérébrales comprennent les radiations optiques et le centre cortical visuel. Les radiations optiques de Gratiolet s’étendent du centre ganglionnaire au centre cortical. Elles sont constituées par un large faisceau qui, partant du corps genouillé externe, du pulvinar et peut-être aussi des T. Q. antérieurs, passe par la capsule interne, dans le segment rétro-lenticulaire de son bras postérieur, puis se dirige horizontalement en arrière, à travers le centre ovale du lobe occipital, en contournant la corne du ventricule latéral et se termine dans la face interne de ce lobe. — Le centre visuel occupe les deux dernières circonvolutions occipitales, cunéus et lobule lingual, avec la scissure calcarine comme foyer principal. L’écorce de cette région présente comme caractéristique le ruban rayé de Vicq-d' Azyr, bande blanche, intercalée au milieu de la substance grise. Ce ruban est formé par le plexus optique , terminaison des fibres rétiniennes.
Les fibres rétiniennes qui suivent ces voies anatomiques se répartissent dès leur origine en trois faisceaux : un faisceau interne ou nasal, qui contient les fibres de la moitié interne de la rétine, un faisceau externe ou temporal qui répond à la moitié externe ou temporale et dont le volume égale seulement le tiers du faisceau nasal; un faisceau central ou maculaire , qui provient de la macula lutea. Ce dernier faisceau est très réduit, mais son importance est très grande, caria macula est le point central de fixation et de la vision distincte.
Arrivés dans le chiasma, ces trois faisceaux prennent une direction différente: le faisceau temporal passe dans la bandelette optique du même côté, il est direct', le faisceau nasal passe du côté opposé, il est croisé ; le faisceau maculaire est en partie direct, en partie croisé. Cet entrecroisement partiel ou semi-décussation des fibres optiques se retrouve dans presque toutes les voies de conduction cérébrale; c’est presque une loi, du moins chez les vertébrés supérieurs.
Par la bandelette optique, les fibres rétiniennes arrivent dans les centres ganglionnaires du corps genouillé externe et du pulvinar et s’y terminent. 11 est probable que les fibres qui se rendent aux T. Q. antérieurs sont les fibres pupillaires sensitives, qui provoquent, par l’intermédiaire des nerfs crâniens, les mouvements de la pupille et de l'accommodation.
Les axones des cellules ganglionnaires prolongent à leur tour les libres rétiniennes à travers les radiations optiques et viennent s’arboriser dans le plexus optique de l’écorce occipitale, autour des nombreuses cellules étoilées, qui paraissent être des cellules visuelles. On a des raisons de croire qu’il y a réellement une projection anatomique de la rétine
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
Chiasma
Dand. optique
sur l'écorce cérébrale, la partie supérieure de Ja scissure calcarine contenant les fibres de la moitié supérieure de la rétine, et la partie inférieure, celle de la partie inférieure de cette membrane; de même poulies quadrants. Il y aurait ainsi une rétine corticale.
On comprend en examinant la figure 503, que chaque centre cortical
recevant les fibres de deux moitiés rétiniennes, de la portion externe de Ja rétine du même côté par le faisceau temporal direct, et de la portion interne de la rétine opposée par le faisceau nasal croisé, la destruction d’un centre provoquera une hémianopsie homonyme (hémianopsie, cécité de la moitié d’un œil ; homonyme , c’est-à-dire portant sur les deux moitiés droites ou les deux moitiés gauches des yeux). Pourproduire une cécité complète d’origine corticale, il faut que les deux centres soient détruits,
Fibres centrifuges. — Comme toutes les voies sensorielles, les voies optiques possèdent des fibres centrifuges. Celles-ci sont de deux ordres : les unes se portent des T. Q. antérieurs à la rétine, mêlées aux fibres centripètes; leur fonction est inconnue; — les autres proviennent de l’écorce du centre visuel et se rendent aux tubercules quadrijumeaux, unis eux-mêmes aux noyaux des nerfs crâniens et notamment des nerfs moteurs de l’œil. Ces dernières fibres sont les agents des mouvements réflexes que provoque l’impression lumineuse.
Nous ajouterons que les centres corticaux visuels des deux hémis-
-Pulv.
Fig. 563. — Disposition d’ensemble des voies optiques
(schéma).
Le faisceau temporal est indiqué par un pointillé ; le faisceau nasal par un trait plein; le faisceau maculaire qui participe de l’un et de l’autre n’est pas figuré.
STRUCTURE DU CERVEAU
phères sont réunis par des fibres commissurales qui passent par le corps calleux. Ils possèdent aussi de nombreuses fibres d' association qui les relient à d’autres centres du môme hémisphère et surtout aux circonvolutions de la face externe du lobe occipital, affectées peut-être aux souvenirs visuels.