I. DURE-MÉRE
La dure-mère est une membrane fibreuse, épaisse, de couleur gris rosé; elle remplit surtout un rôle de protection. Malgré son aspect aponévrotique, elle renferme un assez grand nombre de vaisseaux et de nerfs. Les artères de la dure-mère crânienne sont fournies par les trois a. méningées, dont la plus importante est l’a. méningée moyenne. branche de la maxillaire interne; leurs principaux rameaux sont d’ailleurs destinés au crâne. Les nerfs qui donnent à cette membrane une grande sensibilité sont les nerfs récurrents cl' Arnold , qui proviennent du trijumeau.
1 1 y a lieu de décrire séparément, en raison de leur disposition, la dure-mère rachidienne et la dure-mère crânienne. Cette division s’applique aussi aux autres méninges.
A. Dure-mère rachidienne ou spinale. — La dure-mère rachidienne a la forme d’un tube. Elle commence au trou occipital et finit au niveau de la 2' vertèbre sacrée, plus bas par conséquent que la moelle qui se termine à la 23 lombaire. Son extrémité inférieure conique, cône durai , donne naissance à un filament, le ligament coccygien qui va se fixer sur le coccyx.
Sa face externe, lisse, libre, est en rapport avec de la graisse et des plexus veineux qui la séparent du périoste vertébral et remplissent l’espace épidural (voy. fig. 50G) ; elle n’est pas adhérente comme celle de la dure-mère crânienne. C’est seulement dans sa partie antérieure quelle émet des prolongements ligamenteux, qui l'attachent au périoste; très développés dans le canal sacré, ces prolongements constituent le ligament sacro-dural.
Sa face interne est également lisse, humide; elle reçoit l’insertion des ligaments dentelés.
De chaque côté, la dure-mère spinale présente deux orifices pour le passage des racines antérieures et postérieures; elle se prolonge extérieurement sur ces racines et sur le ganglion spinal, en leur fournissant un & gaine durale, et va se confondre avec le névrilème (fig. 575).
B. Dure-mère crânienne ou cérébrale. — La dure-mère crânienne a la forme d’une capsule. Elle se moule d’ailleurs exactement sur la face interne du crâne auquel elle sert de périoste et auquel elle adhère partout, particulièrement au niveau de la base où on ne peut
Fig. 571. — Extrémité inférieure de la dure-mère rachidienne.
Le cannl sacré et la dure-mère rachidienne sont ouverts par leur partie postérieure. La dure-mère en bleu. Lé filum terminale en rouge au milieu de la partie inférieure de la queue de cheval. On voit que le cône durai finit à la V vertèbre sacrée.
constantes sont les sinus veineux du crâne; les autres irrégulières, localisées à la voûte, sont les lacs sanguins.
La face interne de la dure-mère émet de grands replis qui cloisonnent imparfaitement la cavité crânienne. Ce sont : la faux du cerveau, la tente du cervelet et la faux du cervelet.
Faux du cerveau. — La faux du cerveau est une cloison antéropostérieure, tendue entre les deux hémisphères cérébraux. Sa forme est
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la décoller. Elle se prolonge dans les trous de la base et se continue à leur sortie avec le périoste externe.
Sa face externe émet de nombreux prolongements vasculaires qui pénètrent dans les orifices de la table interne. Sa face interne est lisse, humide; elle limite en dehors la cavité arachnoïdienne. Dans l’épaisseur de la membrane sont creusées des cavités; les unes régulières et
Coccyx
lAy. coccygîcn
Dure-mère
Filum terrain.
Sacrum
' Cul-de-aac
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
I)ien celle dune faux. Son sommet s'attache à l’apophyse crista-galli et sa hase, fortement inclinée en bas et en arrière, se fixe à la tente du ceivelet, elle contient le sinus droit. Son bord supérieur, convexe et large, renferme le sinus 1. supérieur; son bord inférieur, concave et
Fig. 572. — La faux du cerveau: la tente et la faux du cervelet.
mince, contient ou soutient le sinus 1. inférieur. Les faces sont ordinairement fenêtrées dans leur partie antérieure.
La faux du cerveau soutient les hémisphères cérébraux, surtout dans le décubitus latéral.
Tente du cervelet. — La tente du cervelet est une cloison horizontale qui sépare le cerveau du cervelet. Sa forme est semi-lunaire. Ses faces sont inclinées en deux versants, dont l’arête reçoit l’insertion de la faux du cerveau. Le bord postérieur, convexe, adhèrent, se fixe sur la gouttière latérale de l’occipital, le bord supérieur du rocher et les apophyses clinoïdes postérieures. 11 contient une portion du sinus latéral et le sinus pétreux supérieur. Le bord antérieur , concave et libre, croise en avant l’extrémité du bord postérieur et se prolonge jusqu’aux apophyses clinoïdes antérieures, constituant ainsi la paroi externe du sinus caverneux. Il limite avec la gouttière basilaire un large orifice, le trou ovale de Pacchioni, où passent les pédoncules cérébraux,
Tente
Faux du cervelet
Espace
l'enètré
Faux du cerv.
Crista-
galli
Sin. long, sup.
ENVELOPPES DES CENTRES NERVEUX OU MÉNINGES
La tente du cervelet, osseuse chez beaucoup d’animaux, complète la loge du cervelet et protège cet organe contre la pression du cerveau.
Tente pituitaire
Faux du cervelet. — La fa ux du cervelet ou petite faux est une cloison verticale, qui prolonge en quelque sorte la faux du cerveau et s’insinue entre les hémisphères cérébelleux. Sa base s’insère sur la tente du cervelet, et son sommet sur le bord du trou occipital.
Ment ionnons encore d’autres replis de moindre importance : la tente pituitaire
ou diaphragme de l’hypophyse, qui ferme comme un couvercle la selle turcique et laisse passer seulement la tige pituitaire; — la tente olfactive , qui recouvre partiellement la gouttière éthmoïdale; — la cavité de Meckel , située près du sommet du rocher, sur sa face antérieure; elle loge le ganglion de Gasser; — le sac endolymphatique , où se termine l’aqueduc du vestibule de l'oreille interne, au-dessus du golfe de la veine jugulaire interne.
Fig. 573. — La tente du cervelet, vue par sa face supérieure, et le trou ovale de Pacchioni.