VAISSEAUX DU CERVEAU
1° Artères. — Les artères du cerveau proviennent de l’hexagone de Willis. L hexagone ou cercle artériel de Willis situé à la base du
cerveau, dans les confluents sous-arachnoïdiens antérieur et inférieur qui le baignent de leur liquide, est formé par 6 artères : en avant, les cérébrales antérieures qu’unit la communicante antérieure; — en arrière, les cérébrales postérieures, branches de bifurcation du tronc basilaire; — sur les côtés, les communicantes postérieures. Aux angles latéraux et antérieurs débouche de chaque côté la carotide interne qui, après avoir fourni comme branches collatérales la cérébrale antérieure, la communicante postérieure et la petite choroïdienne antérieure, se continue directement par la cérébrale moyenne; celle-ci ne fait partie de l’hexagone que par son origine.
On voit que le système vertébral et le système carotidien prennent part tous les deux à la formation de l’hexagone. Le système carotidien est de beaucoup le plus important. Il représente en surface les deux tiers du champ artériel; il a dans son territoire le cerveau moteur et les centres d’aphasie ; il est par excellence le siège des embolies et des hémorragies cérébrales.
Les artères qui naissent de l’hexagone ou du prolongement de ses artères constitutives peuvent être réparties en trois catégories :
Les artères corticales destinées aux circonvolutions;
Les artères centrales, pour les ganglions intra-cérébraux ;
Les artères choroïdiennes, pour les plexus choroïdes des ventricules.
A .Artères corticales. — Les artères corticales sont constituées parles
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ramifications des trois cérébrales, antérieure, moyenne et postérieure.
L 'artère cérébrale antérieure naît de la partie antérieure de la carotide interne et se dirige en avant et en dedans, en se rapprochant de l’artère du côté opposé à laquelle Tunit une très courte branche transversale, V artère communicante antérieure, puis se recourbe autour du
Fig. 582. — Artères cérébrales.
genou du corps calleux, d’où son ancien nom d 'artère du corps calleux. Elle suit le sillon de cette commissure dont elle occupe l’entrée, et arrivée près du bourrelet elle se relève et monte sur le lobule quadrilatère où elle se termine. Elle fournit comme branches collatérales une petite artère olfactive sur la face inférieure, et des branches frontales, rolandiques et pariétales sur la face interne. Son territoire comprend une partie de la face orbitaire et toute la face interne de l’hémisphère jusqu’à la scissure occipitale, et le bord sagittal correspondant.
L 'artère cérébrale moyenne ou artère sylvienne, la plus grosse de toutes, continuation directe de la carotide interne, se porte en dehors dans la scissure de Sylvius, au milieu du canal sylvien sous-arachnoï-
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dien. Arrivée au pôle de l’insula, elle se divise en 5 branches qui longent les sillons de l’insula, en fournissant des rameaux à ce lobule et de là se portent sur la face externe du cerveau. Ces b branches, dont le nombre est d’ailleurs loin d’être fixe, sont : l’artère de la 3e frontale; — l’artère de la frontale ascendante; — l’artère de la pariétale ascendante; — l’artère de la pariétale inférieure; — et l’artère de la première temporale.
Son territoire, qui embrasse la partie moyenne el antérieure de la face externe, comprend la plus grande partie des centres moteurs, les centres du membre inférieur exceptés, le centre du larynx, celui de l’audition et celui de la vision verbale. L’artère sylvienne est fréquemment le siège d’embolies.
L 'artère cérébrale \ postérieure , née du tronc basilaire, contourne le pédoncule cérébral et se dirige en arrière vers le pôle occipital. Par plusieurs branches, ordinairement au nombre de trois, elle fournit : 1° à tout le lobe occipital, par conséquent au centre visuel qui reçoit du tronc même de la cérébrale d’importants rameaux dans la scissure calcarine; 2° à la presque totalité du lobe temporal, la l,e circonvolution de ce lobe étant seule exceptée.
Réseau de la pie-mère et artères nourricières. — Qu'elles soient collatérales ou terminales, les branches des artères cérébrales ne pénètrent pas directement dans la substance corticale; elles se fondent dans un réseau qu’occupe la pie-mère, et c’est de ce réseau que partent les artères nourricières.
Le réseau pie-mérien est formé par les ramifications des artères corticales et leurs anastomoses. C’est lui qui donne à la pie-mère congestionnée sa teinte rouge vif. Les mailles en sont très serrées. Il constitue un vaste réservoir alimenté par trois sources, les trois artères cérébrales, et remplissable par une seule. Il régularise tout à la fois la pression sanguine et la distribution du liquide nourricier. Grâce à lui, les territoires artériels que nous avons indiqués ne sont point fermés et indépendants; chaque artère a seulement un territoire qu'elle irrigue plus facilement et plus immédiatement, et si elle est oblitérée par une thrombose ou une embolie, les chances du rétablissement circulatoire ou d’un ramollissement nécrobiotique dépendront du fonctionnement des voies anastomotiques de suppléance.
C’est du réseau de la pie-mère que partent les artères nourricières. Ün nombre prodigieux de filaments vasculaires, semblables à des cheveux et remarquables par leur défaut d’anastomose, pénètrent perpendiculairement dans la substance grise, sur la crête des circonvolutions comme dans le fond des sillons. Parmi ces artères, les unes sont courtes et sont destinées à la substance grise de l’écorce, dans laquelle elles
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forment des buissons touffus; les autres, artères longues , traversent l'écorce pour se distribuer à la substance blanche du centre ovale. Toutes sont terminales.
B . Artères centrales. — Les artères centrales sont destinées aux ganglions du cerveau, couches optiques et corps striés. Elles naissent isolément et à angle droit des artères de l’hexagone et
des troncs vasculaires voisins; presque immédiatement elles perforent la base du cerveau en prenant un trajet ascendant.
On les répartit en plusieurs groupes : un groupe antérieur qui provient des cérébrales antérieures et des cérébrales moyennes; il donne des artères striées , qui se rendent aux deux noyaux du corps strié; — un petit groupe intermédiaire, issu de la communicante postérieure, et qui se distribue au ventricule moyen ; — un groupe postérieur, fourni par les cérébrales postérieures, qui est l'origine principale des artères optiques ou artères de la couche optique.
Parmi les artères striées, il en est qui montent sur la face externe du noyau lenticulaire, entre ce noyau et la capsule externe. Une de ces artères striées externes, plus longue et plus volumineuse, a été appelée par Charcot Y artère de l'hémorragie cérébrale, parce qu’elle est plus fréquemment que les autres le siège de ruptures.
C. Artères choroïdiennes. — Les artères choroïdiennes, destinées à la toile choroïdienne du ventricule moyen et à ses plexus choroïdes, sont au nombre de trois paires :
L 'artère choroïdienne antérieure, qui naît de la carotide interne et se porte en arrière sur la partie temporale des plexus choroïdes ;
V artère choroïdienne postérieure, branche de la cérébrale postérieure, qui se rend à la partie supérieure des plexus choroïdes latéraux ;
L artère choroïdienne médiane, branche récurrente de la cérébel-
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leuse supérieure, qui se répand dans les plexus choroïdes médians du
troisième ventricule.
2° Veines.
— Les veines cérébrales offrent plusieurs particularités :
elles n’ont pas de valvules; elles n’ont pas de tunique musculaire à l’exception des gros troncs; leur partie terminale engagée dans la dure-mère ou dans la paroi des sinus est béante sur la cbupe.
Leur disposition est entièrement différente de celle des artères; ce ne sont point des veines satellites. On distingue des veines superficielles et des veines profondes ou système de la veine de Galien.
A. Veines cérébrales superficielles. — Elles ont pour origine les veines parenchymateuses , analogues aux artères nourricières, et comme elles terminales, sans anastomose. Ces veinules aboutissent à un réseau veineux pie-mérien superposé au réseau artériel. C’est de ce réseau que partent les troncs collecteurs, les veines cérébrales proprement dites. Celles de la moitié supérieure de l’hémisphère se rendent au sinus longitudinal supérieur; celles de la moitié inférieure, aux sinus de la base. Les gros troncs occupent de préférence le dos des circonvolutions. On remarquera que, parmi les veines de la portion supérieure, les antérieures se jettent à angle droit dans le sinus longitudinal, tandis que les postérieures l’abordent à contre-courant, leur portion terminale se dirigeant obliquement en haut et en avant.
Fig. 384. — Artères striées.
Coupe frontale passant par la scissure de Sylvius et l’espace perforé antérieur. On remarque dans la capsule externe, appliquée contre le noyau lenticulaire, l’artère dite a. de l’hémorragie cérébrale.
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Ces deux territoires, supérieur et inférieur, de la convexité de l’hémisphère, sont reliés par la grande veine anastomotique de Trolard , qui coupe obliquement la face extérieure du cerveau vers la scissure de Rolando et s’étend du sinus longitudinal supérieur aux sinus de la base. La partie inférieure de cette branche anastomotique est constituée par la grosse veine sylvienne superficielle.
Ou voit quelquefois en arrière une anastomose semblable entre le sinus longitudinal et le sinus latéral; c’est la petite anastomotique de Labbé.