I. VEINE JUGULAIRE EXTERNE
Préparation. — Chercher la jugulaire externe sous le peaucier, vers le milieu du sterno-mastoïdien qu’elle croise obliquement. La suivre vers ses deux extrémités. Préparer en même temps les nerfs du plexus cervical superficiel.
La jugulaire antérieure descend près de la ligne médiane. En bas, elle devient profonde. Suivie sa branche horizontale, derrière les insertions du slerno-mastoïdien.
La veine jugulaire externe, qui, chez les mammifères autres que les primates et l'homme, est la veine primitive et principale de la tête, s’étend de l’oreille à la clavicule sur la partie latérale du cou. Son diamètre en haut est de 5 millimètres, mais il varie beaucoup, même d’un côté à l’autre; il est en balancement avec celui des jugulaires interne et antérieure.
Elle naît derrière le col du condvle, par la réunion des deux veines temporale superficielle et maxillaire interne. La partie supérieure profonde de la jugulaire externe est verticale; sa partie superficielle, de beaucoup la plus longue, est oblique en bas et en arrière; elle suit le trajet d’une ligne tirée de l’angle maxillaire au milieu delà clavicule. Elle se termine dans la veine sous-clavière, immédiatement en dehors de la jugulaire interne.
Rapports. — Dans la région parotidienne, elle est incluse dans le tissu glandulaire et placée en dehors de la carotide externe; elle est intra-parotidienne.
Devenue superficielle, elle croise la face externe du sterno-cleidomastoïdien et se place dans un dédoublement de son aponévrose; elle est recouverte par le peaucier et les branches horizontales du plexus cervical superficiel; ordinairement la branche supérieure de la cervicale transverse lui est sous-jacente.
A un ou deux travers de doigt au-dessus de la clavicule, en arrière du muscle sterno-cleido-mastoïdien, elle perfore les aponévroses cervi-
cales superficielle et moyenne. Au niveau de l’aponévrose superficielle, la partie interne et inférieure de l’ouverture présente parfois un épaississement (repli falci forme), comparé par Dittel au repli lalciforme qui
Temp. sup.
Temp. mo\j.
Aur. post.
Max. int.
Occip.
Jug. ext.
S.-cut. post.
Jug. ext.
Scap. p.
Scap. s.
Front.
Fac.
Lab. s.
S. ment.
Fac.
-Jug. ant.
Fig. 402. — Veine jugulaire externe. — Veine faciale (Quain).
entoure la crosse de la saphène interne. Elle se dirige ensuite en dedans et débouche dans la veine sous-clavière.
Remarquons à ce propos qu’au niveau de la hase du cou toutes les veines sont béantes sur la coupe, à cause de leur incorporation aux aponévroses de la région. De là une tendance au vide et un effet d’aspiration vers le thorax; de là aussi les dangers de l’entrée de l’air dans les veines et dans le cœur, au cours d’une opération. Cette béance augmente considérablement dans l’inspiration qui, soulevan t la clavicule et écartant les premières côtes, dilate les aponévroses dans lesquelles ces veines sont incluses.
Branches d’origine. — Les deux branches d’origine de la jugu-
VEINES
luire externe sont : la veine temporale superficielle et la veine maxillaire interne.
1° Veine temporale superficielle. — Elle naît de branches antérieures ou frontales, moyennes ou pariétales, postérieures ou occipitales; en s’anastomosant ces branches constituent le réseau veineux du cuir chevelu. Au niveau de l’arcade zygomatique, elles se fusionnent en un seul tronc qui descend dans le sillon pré-auriculaire en arrière de l’artère, en avant du nerf auriculo-temporal, et plonge dans l’extrémité supérieure de la parotide pour s’unir à la maxillaire interne au niveau du col du condyle.
La temporale superficielle reçoit comme branches collatérales : la veine temporale moyenne qui vient du plexus temporal situé sur la face externe du muscle temporal, les veines auriculaires antérieures, les veines du plexus articulaire, les veines transverses de la face, les veines du canal de Sténon, les veines parotidiennes.
2° Veine maxillaire interne. — Elle commence au fond de la fosse ptérygo-maxillaire par la veine sphéno-palatine qui amène une grande partie du sang des fosses nasales ; elle suit la face interne du ptérvgoïdien externe, passe entre ses deux faisceaux, puis se dirige vers le col du condyle. Les branches collatérales sont les mêmes que pour l’artère; en s’anastomosant elles forment un plexus dit plexus ptérygoïdien.
Parmi les veines collatérales, les veines méningées moyennes méritent une description.
Veines méningées moyennes. — Elles sont comprises dans l’épaisseur de la dure-mère à la manière des sinus; elles sont en nombre double des branches artérielles dont elles sont satellites, occupant toutefois des gouttières osseuses distinctes. Ces veines naissent sur la ligne médiane en partie des lacs sanguins, en partie du sinus longitudinal supérieur; elles reçoivent des veines durales, de nombreuses veines diploïques et, à leur partie inférieure, des veines cérébrales; elles aboutissent au plexus ptérygoïdien.
Plexus ptérygoïdien. — Les diverses branches de la maxillaire interne peuvent conserver leur indépendance comme les branches artérielles; elles peuvent se réunir en plexus à mailles serrées ou bien former un véritable plexus caverneux ou spongieux. Ce plexus est considérable; quelle que soit sa disposition, il occupe la fosse zygomatique et son arrière-fond, la fosse ptérygo-maxillaire, et forme une gaine vasculaire au muscle ptérygoïdien externe.
Branches collatérales. — La jugulaire externe reçoit successivement : la veine auriculaire postérieure dans laquelle se jette la branche stylo-mastoïdienne, les veines occipitales superficielles, la veine occipitale profonde où aboutissent les veines émissaires mastoïdiennes; les
VEINES DE LA TÊTE ET DU COU
veines parotidiennes et massétérines superficielles, les veines superficielles de la nuque, les veines du sterno- mastoïdien, la veine souscutanée postérieure du cou qui naît du réseau veineux occipital, les veines scapulaires postérieure et supérieure.
Anastomoses. — La jugulaire externe est anastomosée avec les veines intracrâniennes par les émissaires de Santorini, l’émissaire mastoïdienne et les veines rachidiennes; avec la jugulaire interne par la communicante intra-parotidienne.