‹ Abrégé d'histoire du Canada [microform]Chapitre 25 sur 57 · XII. M. DE FRONTENAC (2e fois) 1689 à · texte numérisé non relu

XII. M. DE FRONTENAC (2e fois) 1689 à

Le comte d'Estrées, Vice-Roi ; MM. De Champigny et de Beauharnais, Intendants.

Population de la Nouvelle-France, 12,000.

L Arrivée de M. de Frontenac. — La Colonie Canac était alors dans une situatica si précaire, qu'il fallait un fort sit

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bras fort et vigoureux pour la sauver. M. de F-extenac, non malgré les fautes de sa première administration, æ. l’honmen- neur d'être choisi par le roi pour être le sauveur de la de la Nouvelle-France. Il arriva à Québec en octobre 1689. . a 2. Evénements remarquables. — Les 9 années R ne de la seconde administration de M. de Frontenac sont re- P marqubles par les événements suivants: 1° la destruction À du fort Frontenac, que la garnison fit sauter par ordre du k d'une dernier gouverneur : ce qui chagrina M. de Frontenac, qui août avait ses vues sur ce fort; 20 les expéditions des Français ‘ te les l dans la Nouvelle-York et dans la Nouvelle-Angleterre ; 39 Ê 1 tom- i le siége de Québec et la bataille de la Canardière ; 4° les : illage, j exploits d’Iberville ; 5° les courses et les déprédations des | t dans Iroquois ; 6° la paix de Riswick. 1 " 8. Partis organisés contre la Nouvelle-An- À. orrible gleterre.—Pendant l'hiver de 1690, trois partis furent j sue organisés; le premier à Montréal, le second aux Trois-Ri- h | ts vières, et le troisième à Québec, tous dérigés contre les d: qe établissements de la Nouvelle-Angleterre.

uête de Premier parti.—Le premier, composé de 200 Cana- » plan ; diens et Sauvages, sous les ordres de Lemoyne de Saintedeb sr à Hélène et de d’Aillebout de Mantet, vint invesii Corlar | (Schenectady) pendant la nuit da 18 février. À un signal k donné, on enfonce les portes; et les habitants, hommes, 4 M. Er femmes, enfants, sont tous égorgés ‘sans pitié, à l'exception 4 rl Baio | d’un pétit nombre de prisonniers : terrible et sanglante *e- ù Lutte présuille du massacre de Lachine, À JA d

Second parti.—Le second parti, composé de 28 Cunadiens et de 24 Sauvages, était sous les ordres de Hertel. Il se dirigea sur Salmon-Falls, village anglais, défendu par | ) une maison fortifiée et deux petits forts. Tout fut emporté d'assaut. Hertel battit ensuite 250 hommes qui s’avançaient à sa rencontre pour lui couper la retraite. Après my €b avoir ravagé le pays et fait plusieurs prisonniers, il reprit

la route du Canada.

Troisième parti.—Le troisième parti, composé de Colonie Canadiens, de réguliers et d’Abénaquis, alla investir Casco, llait un fort situé à l'embouchure de la rivière Kénébec. Cette

expédition ne fut pas moins heureuse que les deux autres. Le fort et quatre autres plus petits furent pris et rasés, les habitations furent brûlées et le pays dévasté,

4. Port-Royal est pris.—Ces incursions excitèrent la rage dans le cœur des Anglais et les portèrent à faire les plus vigoureux efforts pour chasser les Français du Canada, Ils armèrent une flotte de sept vaissaux, sous les ordres de Phipps. Au printemps de 1690, cette flotte s'empara de Port-Royal, de la Hève, de Chédabouctou et de presque tous les postes que la France possédait dans l’Acadie.

9 Siége de Québec.—Jamais la Nouvelle-France n'avait couru un aussi grand péril que celui qui la menagait au printemps de 1690 Les Colonies anglaises mirent en mer une flotte de 35 voiles, sous les ordres de l’amiral Phipps. En même temps, une armée de 3,000 hommes, Anglais et Iroquois, commandée par le général Winthrop, devait attaquer Montréal.

La flotte parut devant Québec, le 16 octobre. Phipps bombarda sans succès la ville pendant quatre jours. Les troupes de débarquement éprouvèrent une humiliante défaite au combat de la Canardière, Phipps, découragé, leva l'ancre, Les pertes des Anglais se montèrent à 600 hommes, 10 vaisseaux et beaucoup de munitions de guerre.

En mémoire de cet événement mémorable, on donna à l'église de la Basse-Ville le nom de Notre-Dame de la Victoire, en reconnaissance de la protection que leur avait accordée la Sainte Vierge.

En 169”, une escadre anglaise de cinq vaisseaux attaqua sans succès Plaisance, qui n’était défendue que par 50 hommes.

Au printemps de 1693, trois navires anglais s’emparèrent du fort Ste.-Anne, dans la baie d'Hudson.

6. Conduite héroïque des Colons.— Pendant ces années de danger, la Nouvelle-France était défendue par tous les Colons, qui se conduisirent comme des héros. On les rencontrait par petites bandes partout où le danger les appelait : sans cesse ils harcelaient les Anglais, ne leur laissant aucun repos.

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7. Exploits d’Iberville.—D'Iberville s’est immortalisé dans cette guerre par ses exploits contre ies Anglais,

Dans la campagne de 1689, il leur enleva deux vaisseaux.

En 1694, à la tête de 120 Canadiens, il s’empara du fort Nelson, dans la baie d'Hudson,

En 1696, il enleva aux Anglais un vaisseau de 24 canons, sans perdre un seul homme. Il prit ensuite le fort de Pemaquid, dans le pays d28 Abénaquis. De là il se rendit à Terre-Neuve, où il ealeva le fort et la ville de St.- Jean. A la tête de 120 braves Canadiens, pendant l'hiver de 1696-97, il prit tous les autres postes que les Anglais possédaient dans cette île.

Au printemps de 1697, il reçut de la cour l’ordre de s'emparer des postes anglais de la baie d'Hudson. Le 5 septembre, il se battit contre trois vaisseaux dont l’un était plus fort que le sien. Il en prit un, et en coula un autre à fond.

Ce héros canadien, après avoir fondé une colonie dans la Louisiane, en 1701, mourut en mer, en 1706.

8. Courses des Iroquois.—Les [roquois, tonjours excités par les Anglais, firent, pendant l'été de 1699, plusieurs incursions dans la Colonie, et tuèrent un grand nombre de soldats et d'habitants. Malheureusement le conte de Frontenac n'était pas encore en état de les poursuivre aussi vigoureusement qu'il l'aurait voulu.

Les Iroquois campent près de Sorel. — Au printemps de 1691, 1000 [Lroquois vinrent camper à l’embouchure de la rivière des Iroquois; de là ils se répandirent dans tous les environs de Montréal.

Ils furent battus à la Prairie de la Madeleine, par le sieur de Varennes, qui commandait une poignée de Frangais, soutenus par 7 ou 8 cents Sauvages.

Autres partis d’'Iroquois.—D'’autres partis d’Iroquois parcoururent le pays, commirent de grands dégâts et firent souffrir des tourments inouïs aux Français qui tombèrent entre leurs mains,

En 1695, ils énvahirent de nouveau la Culonie, Une de leurs bandes fut repoussée près de Boucherville par M. de la Durantaye, qui commandait des volontaires canadiens et quelques soldats,

En 1696, M. de Frontenac voulut attaquer les Iroquois dans leur propre pays. A l'approche des Français, ces Larbares se sauvèrent dans les bois. M. de Frontenac fit brûler le fort et les villages du canton d'Onneyout, délivra une trentaine de prisonniers, et reprit le chemin du Canada,

8. Traité de Riswick.—La cour de France venait . de former le projet de s’emparer de toute la Nouvelle-Angleterre, lorsque le traité de Riswick mit fin aux hostiltités, Ce traité donna la baie d'Hudson à la France,

9. Mort de M. de Frontenac.—M. de Frontenac mourut en 1698; ce fut une grande perte pour la Colonie. M. de Frontenac peut ètre regardé comme un des meilleurs gouverneurs qu'ait eus ! Nouvelle-France. Il prit le gouvernement au moment où la Colonie était menacée d’une destruction entière, et la laissa agrandie et en paix ; il emporta dans la tombe l'estime des Canadiens, qu’il avait gouvernés pendant l'époque la plus critique de leur histoire, M. de Frontenac a mérité le nom de “ sauveur de la Nouvelle-France.”

Il est le quatrième gouverneur dont les cendres reposent dans la Colonie.

Questionnaire—1.Qui fut choisi par ie roi pour gouverner la Colonie en 1689 ?—2. Quels furent les événements qui ont signalé la seconiie administration de M. de Frontenac ?—3. Quel fut le résulta: des part?s organisés pend .nt l'hiver de 1690 contre les établissements de la Nouvelle Angleterre —4, Qu'est ce qui arriva an printemps de 1690?—5. Racontcz le siége do Qu bec par l’amirai Phipps ?—6. Comment se conduisirent les Canaïiens dans ces années de “ianger ?—7, Quels furent les expioits d’Iberville ?—8. Racontez les courses des [roquois dans la Nouvelle-France pendant les premières années de l’aduwistration de M. de Frontenac—9. Quand fut signé le Traité de Riswich 7—10 Quand mourut M. de Frontenac f

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