DE VAUDREUIL
Prise de Port-Royal.—Enfin, en 1710, les Anglais voulant à tout prix chasser les Français de l’Acadie, équipèrent une troisième flotte de 54 voiles, portant 3,500 hommes. M. de Subercase, gouverneur de Port-Royal, n'avait sous ses ordres que 300 hommes; il se défendit avec vigueur pendart quelquesjours; cependant, ne pouvant résister à des forc:s si supérieures, il fut forcé d'accepter une capitulation honorable.
Port-Royal, en passant sous la domination des Anglais, prit le nom d’Annapolis.
5. Ravage à Terre-Neuve.—Après les succès obtenus contre les Anglais, en 1704 et en 1707, les Français attaquèrent les établissements anglais de Terre-Neuve, et prirent d'assaut Saint-Jean et trois autres forts. :
6. Tentative de Walker contre Québec — Maîtres de l’Acadie, les Anglais songèrent à faire la conquête de tout le Canada, Une flotte nombreuse, destinée à attaquer Québec, pénétra dans le mois d'août 1711, dans le golfe Saint-Laurent. En même temps, une armée de plus de 4,000 hommes, s’avançait sur Montréal.
Jamais la Nouvelle-France n'avait été menacée d’un plus grand danger, La Providence la sauva encore cette fois. Une violente tempête s’éleva, et jeta huit vaisseaux sur la côte; près de 1200 hommes trouvèrent la mort sur le rivage des Sept-Iles. Après un tel désastre, Walker, découragé, abändonna son entreprise contre Quéi'c, et Nicholson repassa la frontière.
Ce fut à cette occasion que l’on donna à l’église de la Basse-Ville le nom de Notre-Dame des Victoires.
1. Massacre des Outagamis.— L'année 1712 fut remarquable par le massacre d’une nation perfide, mais très-brave et indomptable. Les Outagamis ou Renards avaient fait alliance avec les Anglais, et leur avaient promis de massacrer tous les Français qui tomberaient entre leurs mains.
M. du Buisson, gouverneur du Détroit, informé du projet de ces barbares, fit avertir les Sauvages alliés des
Français. Ils vinrent en grand nombre au secours des Français; M. Du Buisson et ses alliés firent éprouver aux Outagamis des pertes énormes. Ils laissèrent dans divers combats plus de 2,000 hommes sur le champ de bataille,
Par cette victoire, les Anglais perdirent tout espoir de g’établir au Détroit et de s'emparer du commerce de V’ouest.
8. Traité d’'Utrecht.—En 1713, le Traité d'Utrecht mit fin àcette guerre. Par ce traité, la France céda à l’Angleterre l’ Acadie, Terre-Neuve, la baie d'Hudson et le pays des Iroquois. Ainsi fut commencé le démembrement de la Nouvelle-France, et ce long et sanglant drame qui, 50 ans plus tard, devait se terminer par la perte entière de la Colonie. |
9. Seconde période.—La paix ne fut plus troublée pendant les 13 autres années de l'administration de M. de Vaudreuil. Les événements les plus remarquables de cctte période furent: 1” des fortifications élevées à Louisbourg ; 29 une brutale attaque de 280 Anglais, en 1724, sur un village abénaquis, où ils tuèrent hommes, femmes et enfants, ainsi que le P. Rasle; 3° le naufrage sur la côte du Cup Breton du ‘ Chameau ”” (250 passagers, tout l'équipage, l’intendant, M. de Chazel, des officiers, des prêtres séeuliers, des Jésuites, des Récñllets, périrent dans ce terrible naufrage) ; 4° les progrès marquants de la Coilonie.
10. Louisbourg.-—Pour remplacer la perte de l’Acadie, la cour de France fit élever sur l’île du Cap-Breton, appe lée depuis Ile-Royale, une forteresse à laqueile on donna le nom de Louisbourg.
Le havre de Louisbourg est un des meilleurs du golfe St. Laurent. Pendant le reste de la domination frangaise, il rendit de grands services à la marine de la France, en donnant à ses vaisseaux un excellent port de refuge contre Îles vaisseaux anglais,
11. Progrès.—Le gouverneur et l’intendant M. Bégon profitèrent de ce temps de tranquillité pour fortifier Québec et pour peupler la Colonie, Ils écrivirent en France pour
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des | obtenir des troupes et de nouveaux Oolons. Ils firent obaux server au ministre que, si la gucrre venait à éclater, ils vers n'avaient que 4,484 hommes à opposer à plus de 60,000 ile Anglais r de | La population de Québec était, en 1720, de 7,00 da âmes, et celle de Montréal, de 3,000.
En 1722, 82 villages étaient érigés en Paroisses le ÉSk long des deux rives du St-Laurent. Plusieurs écoles fu- 1 Kai rent en même temps établies. :
D Û e A] , Q à s des Exportation. —[En 1723,on construisit à Québec six | le la vaisseaux : :archands, qni portèrent en France du bois, des 1 ) ans pelleteries, du tabac, de la farine, des pois et du lard 1 a Co- salé, il La prise de la Seine et la perte de sa cargaison obli- ñ ublée gèrent les habitants à semer du lin et du chanvre, qui réus- l H ‘de sirent bien. 4 cette 12. Mort de M. de Vaudreuil. —M, de Vaudreuil si ourg ; mourut à Québec dans le mois d'octobre 1725, après la ‘ ur uñ plus heureuse et la plus longue administration. ’ fints, Questionnaire.—1. Quei fut le successeur de M. de Callières ? 2. h. Cu Quels sont les principaux évinements de la période de guerre de son ‘4 ie P gouvernement ?—3. Quelle perte firent les Français en 1705 ?—4, Quel +3 1page, fut le r'sultit des atinques des Anglais contre Port-Royal ?—5. Quel l | : sÉCu- fut le résultat des use des Français contre les postes anglais de 4 title Terre-Neuve ?—6. Quel fut le résultat de la tentative de l’ Amiral Walker ne: ÉHRDIe contre Québec ?—7. Racontez-nous le massacre des Outagamis.—8. 14 Quel traité fut signé en 1713 ?—9. Quels sont les événements lés plus ‘43 . remarquables de la seconde p‘riode de i’admninistration de M. de Vaucadie, dreuil ?—10. Que firent les Françrauis pour remédier à la perte do F’Aappe eadie ?—11, La Colonie fit-elle de grande progrès pendant cette période? sa | —12. Quand mourut M. de Vaudreuil ?
nna le ER d XV. MARQUIS DE BEAUHARNOIS.
nisé: À 1726 à 1747 HENSIY n don- Comte d'Estrées, Vice Rai ; Dupuy et Hocquart, re les Intendants.
Population de la Colonie,en 1739 : 42,700 âmes. Bévon û » . + ot. { N So 1. Arrivée de M. de Beauharpnois.—M. Ge Vau. 4 ARR dreuil eut pour successeur le marquis de Beauharnoïs, Il |
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arriva à Québec vers la fin d'août 1726, avec M. Dupuy, qui vint relever M. Bégon dans la charge d'Intendant.
2. Evénenents remarquables. — Première période.—Les dix neuf premières années de cette administration furent des années de paix et de tranquillité, qui furent à peine troublées par quelques événements remarquables, 1% La mort de Mgr. de Saint-Valier; 2 une expédition contre les Outagamis ; 3% un fort élevé, en 1731, à la Pointe à la Chevelure, sur le lac Champlain; 49 les progrès de la Colonie; 5° quelques calamités: tels sont les faits les plus notables de cette époque.
8. Mort de Mgr. de Saint-Valier.—Duans le mois de décembre 1727, les Canadiens eurent la douieur de perdre leur second évêque, Mgr. de Saint-Valier, qui mourut à l'Hôpital de Québec, qu'il avait fondé, en 1693. Mgr, de Saint-Valier avait succédé à Mgr. de Laval, en 1688. Mgr. de Laval mourut en 1708.
4. Evêques du Canada.—Le troisième évêque fut Mgr. de Morny; il ne vint pas en Canada, à cause de ses infirmités ; il eut pour coadjuteur Mgr. Dosquet, qui gouverna l’église du Canada, en cette qualité, jusqu’en 1734. Cette année Mgr. de Morny ayant résigné, Mar, Dosquet fut nommé évêque et en exerça les fonctions jusqu’en 1740. Mgr. de l’Aube-Rivière le remplaga, mais il mourut en arrivant à Québec. Mgr. de Pontbriant lui succéda. Ce prélat est le sixième et dernier évêque de la Nouvelle-France, pendant la domination française. Il mourut l’année même de la capitulation de Montréal.
5. Expédition contre les Outagamis.--M. de Beauharnois donna à M. de Ligneris 1200 hommes pour châtier les Outagamis, qui continuaient leurs pillages et leurs déprédations contre les Sauvages alliés des Français et contre le Détroit. Ligneris, trouvant désert le pays des Outagamis, brûla leurs cabanes, démolit leurs forts et ravagea leur pays.
6. Progrès.—Le gouverneur et l’intendant s’appliquèrent pendant ce temps de tranquillité à faire progresser la Colonie. Pendant que le premier s'efforce de répandre
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l'instruction, le second fait rechercher les mins et fait ca ploiter celles de Saint-Maurice, En mêii: temps, jour faire connaître les productions du pays, il expélic eu 2u: rope un fort envoi de bois et autres productions, Le pays se peuplait rapidement, La population, qui n’était en 1721 que de 25,000 âmes, était, en 1739 de42,700, I! fut concédé an grand nombre de scigneuries, qui déviurent bientôt autant de paroisses: la plupart étaient situées sur les deux rives du Saint-Laurent,
7. Calamité publiques — Pendant les annnées 1732 et 1733, il y eut de grandes inondations et des tremblements de terre, La petite vérole (/4 picote) fit de grands ravages parmi les Français et les Sauvages,
8. Période de guerre.—[La paix, qui régnait depuis vingt-cinq ans entre la France et l'Angleterre, f! ° rompue à l’occasion de la succession d’Antriche, M, de Beauharnois, en homme sage, avait profité de ces années de paix pour fortifier Québec et les autres postes militaires, afin de n’être pas surpris par l'ennemi.
9. Evénements de cette seconde période.— 19 la prise de Louisbourg ; 29 les tentatives faites par le gouvernement français pour reprendre cette forteresse ; 3° les succès des Français, sont les faits les plus remarquables de cette époque de guerre,
10. Prise de Louisbourg.—Louisbourg recélait en temps de guerre des corsaires qui faisaient éprouver au commerce anglais des pertes énormes; aussi fut-il résolu, aussitôt la guerre déclarée, de s'emparer de cstte importante forteresse, Une flotte de plus de cent vaisseaux, sous les ordres du commodore Warren, arriva devant Louis. bourg, le 30 avril 1745. B'oquée par mer par des forces bien supérieures, Louisbourg tomba au pouvoir des Anglais, après quarante neuf jours de siége.
11. Tentatives pour reprendre Louisbourg.— Bien déterminé à ne pas laisser Louisbourg entre'les mains de ses ennemis, le roi de France mit en mer une flotte nombreuse, dont il donna le commandement au duc d’Anville,
Malheureusement cette flotte fut assaillie par une furieuse tempête, à son arrivée à Halifax; et, pour comble de malheur, elle fut peu de temps après décimée par une cruelle maladie, De la Jonquière, qui en avait pris le commandement, après la mort du Duc d’Anville et celle d'Estournelle, tous deux enlevés par l’épidémie, fut, à son tour, assailli par des vents contraires, au moment où il se dirigeait sur Port-Royal, et obligé de rentrer en France,
Ces revers sont compensés par quelques succès remportés sur difféients points, à Beaubassin, où M. de Ramezai, à la tête d’une poignée de Canadiens et de quelques Sauvages, fit éprouver aux Anglais une honteuse défaite,
12. M. de la Jonquière est fait prisonnier.— En 1747, de la Jonquière et de Saint-George, à la tête d’une nouvelle flotte, étaient à peine en mer qu'ils furent attaqués par une escadre anglaise, Après avoir lutté pius de cinq heures contre des forces triples, de la Jonquière est obligé d'amener son pavillon.
Questionnaire. —1. Quel fut le successeur de M. de Vaudreuil ?—2, ho Quels sont les événements remarquables de la première période du ni gouvernement de M. de Beauharnoïis ?—3. En quelle année mourut et Mgr. de St.-Valier? —4. Quels furent les évêques de la Nouvelle- tra France jusqu’à la conqu£ce ?—5. Quel fut le résultat do l’expédition de M. de Ligneris cc2tre los Outagamis ?—6. Quel était l’état de la Nou- qu velle-France à sctte époque ?—7. La Nouvelle-France eut-elle à dé- Fr plorer sa calamités pendant la première période de l’administration de M. de Beauharnois ?—8. A quelle octasion fut rompue la | paix entre l’Angleterre et la F:ance?—9. Quels furent les événements . Jot romarquables de la seconde période de l’administration de M. de Beauharnois ?—10. Quelle fut la première perte des Français dans la Nou- ses velle-France pendant cette guerre ?—11. La France fit-elle quolques | tentatives pour reprendre Louisbourg et quel en fut le résultut?—12. ‘ès
Quel prisonnier les Anglais prirent-ils en 1747.
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