Campagne de 1756.— Pendant que ce renfort est
échelonné sur la frontière, survient la nouvelle que les Anglais s'apprêtent à envahir ie Canada avec des troupes nombreuses. Sans perdre de temps, et après s'être concerté avec le gouverneur, Montcalm prévient les Anglais, en se portant sur Chouaguen (Oswégo.) Après quelques jours de résistance, la garnison capitula. (Ce brillant succès suffit pour arrêter la marche des armés envahissantes,
Famine, — Malheureusement, en triomphant des ennemis du dehors, la Colonie ne put triompher aussi facilement de ceux du dedans: la famine st la concussion de l’intendant Bigot. La récolte ayant manqué deux années de suite, la population se trouvait réduite à une affreuse détresse, Les Canadiens, malgré ‘«ur état de gêne, n’en accuoillirent pas moins avec bonheur les pauvres Acadiens, chassés de leur patrie, et partagèrent avec eux les ressources que Bigot n'avait pu leur dérober.
4, Campagne de 1757.—Dans le but de recommencer leur attaque contre le Canada, les Anglais s'étaient fortifiés sur le lac St.-Sacrement et avaient élevé le fort George ou William-Henry. Il fallait à tout prix les en déloger.
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Montcalm alla investir ce fort. Pendant sept jours, Monroe se défend avec vigueur; mais, voyant la plupart de ses batteries démontées et n'ayant aucun espoir d’être secouru, il se décida à capituler. Une nouvelle victoire est ainsi ajoutée à celle de l’année précédente.
La seconde victoire de Montcalm est souillée. —Malheureusement cette belle victoire fut souillée par la conduite barbare des Sauvages, qui immolèrent plusieurs prisonniers : anglais, malgré, les efforts des Français pour les en empêcher. L’eau- de-vie laissée par les Anglais dans le fort, fut la cause de cette sanglante tragédie.
5. Campagne de 1758.-— Forces des deux Colonies.— Montcalm, au commencement de cette campagne, n’avait que 6,090 hommes à opposer aux 40,000 que les Anglais avaient mis à la disposition d’Abereromiy, général en chef; ce général pouvait, en outre, compter sur un corps de réserve de 20,000 miliciens.
‘ 6. Evénements remarquables de cette campagne.—19 la prise de Louisbourg; 2° la bataille de Carillon ; 3° l'évacuation du fort Duquesne et la prise du fort Frontenac, sont les événements les plus remarquables de cette campagne.
Prise de Louisbourg.—Le 2 juin, Boscawen, avec vingt vaisseaux de ligne, dix-huit frég: et 14 ,000 hommes sous les ordres d’ Auherst, parut devant Louisbourg. Après
s'être défendu avec un rare courage pendant 50 jours, et avoir perdu beaucoup d'hommes, l'héroïque Drucourt prit le parti de capituler, La purte de Louisbourg entraîna celle du Cap-Breton et de l'Ile St.-Jean.
Bataille de Carillon.—La victoire n’est pas loin de ia défaite, Le même mois qui vit tomber les murs de Louisbourg, vit aussi le plus beau triomphe que la Nouvelle- France ait jamais remporté. Abercromby, à la tête de plus de 16,000 hommes partit du fort Edouard pour se porter sur Montréal. Montcalm, avec un peu plus de 3,000 hommes, dont 450 Canadiens, vint lui barrer Île passage à Carillon.
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Après s'être fortifié au moyen d’abattis d'arbres, il at. tend l'ennemi de pied ferme. Le 8 juillet, sur le midi, Abercromby fait son apparition. Six fois il s’acharne à entamer les lignes françaises, et six fois il est repoussé aveo d'énormes pertes. Après une lutte de plus de sept heures, Abercromby, désespéré, vaincu, prend précipitamment la fuite, La victoire de Carillon sauva, pour cette année, la Nouvelle-France,
Pertes des forts Frontenac et Duquesne.— Les forts Frontenac et Duquesne avaient ét dégarnis de troupes. Les Anglais profitèrent de ces circonstances pour détruire le fort Frontenac et pour se fortifier dans le fort Duquesne, auquel ils donnèrent le nom de Pittsburgh.
Cette perte, attribuée à l’imprévoyance du gouverneur, jointe à d’autres griefs, augmenta la division qi régnait entre M. de Vaudreuil et M. de Montcalm et ne présagea que des malheurs pour les années suivantes.
7. Campagne de 1759.— Préparatifs des Anglais. — Pendant que la Nouvelle-France lutte péniblement contre le besoin de toutes choses, ses ennemis se rassemblent
.et conspirent sa perte. Après s'être emparés des postes
avancés, ils se proposent de pénétrer dans le cœur du pays par plusieurs endroits à la fois: et, de peur que leur proie ne leur échappe, ils mettent sur pied trois armées, dont l'effectif est porté à plus de 60,000 hommes, presque l’é
quivalent de la population entière du Canada, La pre-
mière de ces armées, sousles ordres du général Wolfe, devait remonter le St.-Laurent et attaquer Québec; la seconde de 12,000 hommes, sous les ordres du général Amherst, successeur d’Abercromby, devait descendre le lac Champlain et le St-Laurent your se joindre à l’armée de Wolfe; la troisième sous les ordres du général Prideaux, devait s’a-
vancer vers les grands lacs et couper toute communication avec la Louisiane.
8. Préparatifs des Français.—Pour tenir tête à l'orage, il eût fallu de nouveaux renforts, mais le peuple canadien est abandonné à lui-mêine, Aux 60,000 Anglais qui se préparent à attaquer la Nouvelle-France, M. de
6 HISTOIRE DU CANADA, Le Vaudreuil ne peut opposer que 5 600 réguliore, 15.000 miliciens et quelques bandes de Sauvages, Quoi qu'il en soit, les Canadiens ne se découragent point, et jurent de défen. dre leur pays jusqu’à la dernière extréinité.
Après avoir évacué Carillon cet St. Frédéic, M. de Vaudreuil renforça les postes de Niagara, de l’'Lie-aux-Noix et de Chouaguen. Il fortifia Québec, et la mità l'abri d’un coup de main par un camp retranché qui s’étendait depuis la rivière Montmorency jusqu’à la rivière St.-Charles,
9. Wolfe arrive devant Québec.—IJe 17 juin, Je général Wolfe jeta l’ancre devant Québec, Il débarqua une partie de ses troupes à l’île d'Orléans, et fit dresser une batterie sur les hauteurs de Lévis pour bombarder la ville, qui bientôt ne fut qu’un amas de cendres et de ruines.
Bataille de Montmorency.—Wolfe, avec 8,000 hommes, attaqua, le 31 juillet, les retranchements français à Montmorency; une lutte terrible s’engagea ; maïs, repoussés de toutes parts, eriblés par les hommes de Repentigny, les Anglais se retirèront en désordre, La bataille était gagnée.
Première bataille d'Abraham. — Après avoir passé une partie du mois d'août à saecager sans pitié la plupart des paroisses situées sur les deux rives du fleuve, et désespérant d’emporter Québec d'assaut, Wolfe eut recours à la ruse, Les vaisseaux anglais levèrent l'ancre, remontèrent le fleuve et mouillèrent devant Saint-Antoine, Dans la nuit du 12 au 13 septembre, embarqués sur leurs chaloupes, et se donnant pour des Français chargés d’approvisionner la ville, les Anglais débarquent à Sillery et gravissent les hauteurs d'Abraham par l’Ause-au-Foulon. Montcalm accourt aussitôt, et emporté par une précipitation funeste, il engage immédiatement le combat, malgré tous les avis contraires qu’on put lui donner. Les Anglais étaient deux entre un, 8 000 hommes contre 4000. Malheureusement, au plus fort de la lutte, Monteilm est blessé mortellement, Après s'être battuc avec un courage héroïque, et voyint la bataille perdue, l’armée fran-
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trouva une mort glorieuse dans son triomphe.
10, Capitulation de Québec.—Lévi:, dev-nu par la mort de Montcalm, général en chef des troupes françaises, voulait brûler la ville, ou l’empêcher, par une victoire prompte, de tomber au pouvoir des Anglais. Il fit revenir les troupes qui rétrogradaient vers les Trois-Rivières; mais, en arrivant près de la rivière St.-Charles, il apprit, avec chagrin et indignation, la reddition de Québec, M. de Ramsay, avant qu'une seule batterie fut dirigée contre la place, arbora le pavillon blanc, au grand étonnement des Anglais, Cet événement important avait lieu le 19 septmbre.
L'armée française, dont les pertes étaient très grandes, se replia sur Montréal, où elle prit ses quartiers d’hiver.
Le général Murray agit comme gouverneur.
—Murray, ayant sous ses ordres 9,000 homines, exerça ies fonctions de gouverneur de Québec, au nom d’Amherst, général en chef.
11 Campagne de 1760. —Les événements marquants de cette campagne furent: 1° la bataille de Ste.-Foye; 29 le siége de Québec; 3° lu capitulation de Montréal.
12. Bataille de Ste.-Foye.—Privée de sa capitale, en proic à une détresse qui se fait de plus en plus sentir, la Nouvelle-France ne désespère pas encore. Lévis rassemble ses forces et se prépare pour un suprême effort, A la tête de 6,000 hommes, il marche sur Québec, dans l'intention de reprendre cette ville. Le 28 avril, Lévis rencontre Murray sous le: murs de Québce, avec des forces à peu près égales aux siennes. Aussitôt une lutte acharnée s’en. gage entre les deux armées, qui se battent avec un égal courage. La victoire reste aux Français et l’honneur des armes françaises est vengé,
Lévis assiége Québec.—Le soir même de eette mémorable journée, Lévis fait commencer les travaux qui doivent le rendre maître de Québec. Pendant treize jours, l’armée est occupée à ouvrir des tranchées et à élever des
guise regagne -précipitamment ses campements. Wolfe