JACQUES CARTIER
espérant toujours trouver un passage pour arriver au Saguenay; mais il ne put remonter plus haut que le Saut St.-Louis,
Cartier retourne en France.—Pendant l'hiver, les Français furent plusieurs fois inquictés par les Sauvages. Aussitôt que le printemps fut arrivé, ils se hâtèrent de retourner en France,
Sur les côtes de Terre-Neuve, Cartier rencontra Mr, de Roberval, dont l'expédition se composait de 3 grands vaisseaux qui amenaient 200 personnes, parmi lesquelles se trouvaient plusieurs hommes de qualité. Roberval voulut engager Cartier à retourner avec lui; mais le capitaine Milouin, désespérant probablement du succès de l’entreprise, leva secrètement l’ancre la nuit suivrnte.
Roberval hiverne dans le pays.— Rokerval vint se fixer, en 1542, à Charlesbourg Royal, que Cartier venait de quitter et changea son nom en celui de Fraince-Roy. Roberval renvoya en France deux de ses vaisseaux pour apporter les provisions uéeessaires à la Coilonie pour le printemp suivants; mais le roi, au lieu de lui envoyer des secours et des provisions, le rappel, en 1543.
Depuis cette date jusqu’à la fin ‘lu seizième siècle, il ne fut tenté par la France aucun étabissement en Amérique. Les vaisseaux continuaient cepend à faire la pêche de la morue sur les bancs de Terre-Ncur
7. Essai de colonisation par le marquis de la Roch:.—Vers la fin du 16e siècle, le marquis de la Roche obtint de Henri ITI des lettres patentes le nommant licutenant général et vice-roi des Terres Neuves et d’autres pays qu'il pourrait découvrir. En 1598, ces lettres patentes furent confirmées par Henri IV.
Le marquis de la Roche partit avec un seu: vaisseau,
} emmenant 50 repris de justice, qu’il débarqua sur l’île de We Sable, en attendant qu'il trouvât sur le continent un lieu 02 propre à établir une colonie. Au retour, les vents contraires } ne lai permirent pas d'y aborder, et ces infortunés restèrent : su cette Île pendant plusieurs années : ils n'étaient plus
qu'au nombre de douze, lorsque le roi, informé du sort de ces malheureux délaissés, les envoya chercher.
8. M. de Chauvin.—La commission du Marquis de la Roche passa aux mains de M. Chauvin cu 1599; et ce navigateur s’occupa exclusivement de la traite des pelleteries,
9. Compagnie de M. de Chates.—Après la mort de Chauvin, en 1601, sa commission passa au commandeur de Chates, gouverneur de Dieppe. M. de Chates forma une compagnie puissante, Pontgravé, négociant de St. Malo, eut la conduite des vaisseaux, Le commandeur engagea aussi Champlain à se joindre à Pontgravé pour faire le voyage du Canada, Ille pria d'examiner soigneusement le pays, et de lui en faire un rapport exact et fidèle,
10. Champlain remonte le St.-Laurent.— Champlain partit avec Pontgravé, le 15 mars 1603. Les vaisseaux furent laissés à Tadousac et ils remontèrent le St.- Laurent jusqu’au Saut St.-Louis, De retour en France, ils apprirent la nouvelle de Ia mort de M. de Chates,
11. Compagnie de M. de Monts.—L[La commission de M. de Chates passa à M. Pierre du Gas, sieur de Monts, gentilhomme calviniste et gouverneur de Pons.
M. de Monts conserva la compagnie formée par M. de Chates, et l’augmenta de quelques négociants de Rouen et de La Rccheile.
12. Fondation de l’Acadie.—Au printemps de 1604, M. de Monts partit avec deux vaisseaux, accompagné de Champlain et de M. de Poutrincourt, pour établir une colonie. Après avoir visité les côtes de la baie Française (Fuudy), il alla hiverner dans l'île Ste.-Croix, à l’embouchure de la rivière des Etchemins (Rivière Ste.-Croix). Dans ce lieu, les Français souffrirent beaucoup du froid, du manque d’eau et du scorbut, qui enleva 36 hommes. Aussi, dès que la navigation fut ouverte, M. de Monts, accompagné de Champlain et de quelques hommes, s’embar-
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tages qu'il cherchait, M. de Monts revint à Ste.-Croix; puis les Français se rembarquèrent sur les deux navires et allèrent fonder en Acadie un établissement, auquel on donna le nom de Port Royal (aujourd’hui Annapolis).