PREMIÈRE PARTIE
DOMINATION FRANÇAISE 1608 à 1760
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PREMIÈRE ÉPOQUE 1608 à 1663
M. de Monts, Lieutenant-général, le comte de Soissons, le P,ince de Condé, le duc de Montmorency, le duc de Ventadour, Vice-Rois, et le Cardinal Richelieu, Grand- Maître.
1. Samuel de Champlain.—M, de Champlain naquit à Brouage, en Saintonge. Il embrassa très-jeune le service de la mer. Intelligent et très-instruit pour l’époque où il vécut, ferme et constant à suivre ses entreprises, j1trépide et surtout chrétien dans toute la force du mot: voilà ce que fut Champlain, celui que la Providence avait destiné pour être le fondateur et le père de la Nouvelle- France,
2. Arrivée de Champlain.—M. de Monts, ayant obtenu du roi une nouvelle commission, tourna cette fois ses vues vers le Canada, où il voulait faire une nouvelle tentative de colonisation. Il équipa deux navires: l’un, sous les ordres de Pontgravé, se rendit à Tadousac, où ül fit la traite des pelleteries; et l’autre, commandé par Champlain, vint en 1608, jeter l’ancre devant la pointe appelée Kébec par les Sauvages,
8. Evénerrents remarquables.—Les événements remarquables qui ont signalé la première administration de
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M. de Champlain sont: 1° la fondation de Québec; 29 les combats de Champlain contre les Iroquois; 3° les voyages et les découvertes du fondateur de la Nouvelle- France ; 49 l'arrivée des Récollets ; 5° l’arrivée des Jésuites; 69° la fondation de plusieurs villages, ou réductions, par les Jésuites dans le pays des Hurons; 7° l'organisation de la Compagnie des Cent-Associés; 89 la prise de Port Royal et de Québec par les frères Kertk.
4, Foundation de Québec.-—Le 3 juillet 1608, M. de Champlain débarqua à Québec, Il donna des ordres pour commencer immédiatement des travaux de défrichenent et de construction, On vit bientôt s'élever, à l'endroit où est aujourd’hui l'église de la Basse-Ville, trois corps de louis à deux étages et un magasin; le tout fut défendu par un fossé, jour la sûreté de la Colonie. Tel fut l'humbie berceau de la Nouvelle-France, |
9. Site.—Il était impossible de trouver un lieu plus pittoresque et plus avantigeux pour fonder une colonie que celui que choisit M. de Champlain. Québec possède un des plus beaux ports du monde, L’habitation était située au pied d'un promontoire charmant, séparé de celui de Lévis par un immense fleuve aux eaux limpides; en face se trouve une grande et charmante île ; puis, au nord, la vue se porte sur la verte et riante côte de Beaupré, couronnée au nord rar les Laurentides et coupée par la délicieuse cascade de Montmorency.
Combats de Champlain.—Les Montagnais, les Alwonquins ét les Hurons, voulant porter la guerre chez les Lioquois, ieurs ennemis communs, demandèrent l'alliance de M. de Champlain qui la leur accorda. Sa condescendance eut par la suite des résultats dont la gravité rendit plusieurs fois la situation de la Nouvelle-France trèspérilleuse, Les Français se firent des alliés parmi les Algonquius et ls Hurons, muis ils sc firent en même temps un ennemi irrconcilixble de la nation la plus brave et la plus vindicative qu'il y cût «lors parmi les Sauvages.
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14 HISTOIRE DU OANADA.
ler Combat.—De Champlain, accompagné seulement de deux Français, suivit ses nouveaux alliés, au nombre de 60. Le dubue. se livra sur les bords du lac Champlain, Les [roquois furent si effrayés du bruit et de l’effet des ariucs à feu, qu’ils entendaient pour la première fois, q'r'ils prirent lu fuite, Is laissèrent sur le champ de bataille trois de leurs chefs et plusieurs de leurs guerriers; dix ou douze furent faits prisonniers.
Les vainqueurs firent souffrir à ces derniers les plus cruels tourments.
1. 2e Combat.—En 1610, Champlain accompagna ses alliés dans une seconde expédition contre les [roquois. Cette seconde bataille fut livrée à l'entrée de la rivière Richelieu, Les [roquois, qui commençrient à craindre moins les armes des Françai us, résistèrent cette fois plus lonytemps. Ce ne fut qu'après un combat sanglant qu'ils furent repoussés: presque tous furent tués ou faits prisouniers,
8. 8e Combat.—HEn 1615,un troisième combat fut livré sur le bord du lac Ont:rio, dans le pays mêne des Iroquois, entre les Hurous, que Champlain accompignait et les [roquois. Ces derniers se battireut mieux que dans les deux précédents çombats, et leur résistance fat si opiilâtre qu'on ne put forcer leurs retranchements, Champlain fut blessé et passa l'hiver chez les Hurons.
Les Iroquois, humiliés de leurs défaites, ne vinrent pas attaquer les Français pendant l'administration de M. de Champlain; mais on les vit plus tard se présenter sur plusieurs points, tantôt par petites bandes, Fanitôt par bandes nombreuses, cherchant à se venger non-seulement des Hurons, mais des Françris même, qu ‘ls vinrent braver jusque sous les canons des Forts de Québec et de Ville-Marie,
9. Voyages, découvertes et explorations de Champlain — Champlain, avant la fondation de Quéhoe, avait déjà traversé plusieurs fois l'Océan, Il avait visité le Mexique, aidé à la fondation de Port Royal, et remonté le St. Laurent jusqu'au Saut $t,-Louis
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En 1609, il découvrit la rivière Richelieu, appelée alors ) ê 2, À rivière des [roquois ; dans le même voyage, il découvrit le lac auquel il donna son nom. En 1613, en cherchant un L , LA L 1 passage pour se rendre à la Baie d'Hudson, il découvrit la rivière Outaouais. En 1615, il découvrit les lacs Nipissing, Simcoæ, Huron, Ontario, et prit possession de presque tout le pays qui forme aujourd’hui la Province d'Ontario.
À peine arrivé de ses voyages dans les pays de l'Ouest, Champlain s'embarquait pour la France, pour veiller aux iuiérêts de la Colonie, former de nouvelles compagnies, amener des religieux, plaider la cause des habitants, obtenir des coluns et des secours de tous genres.
10. Arrivée des Récollets.— En 1615, Champlamn fit embarquer avec lui quatre Pères Récollets, qu’il conduisit dans la Nouvelle-France pour donner les secours spirituels aux Français et pour prêcher l'Evangile aux Sauvages. Ces Récollets étaient les Pères Denis Jamay, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron ct le Frère du Plessis, Une petite chapelle fut érigée près de l’habitation, et la première messe y fut célébrée, le 26 juin, par le Père Le Caron.
Résidence des Récollets.—TLes Récollets se fixèrent là où est aujourd'hui l'HG:ital-Général; plus tard, à la Haute-Ville, dans le lieu où se trouve aujourd’hui l’église Anglicane,
11 Arrivée des Jésuites.—En 1625, les Jésuites arrivèrent dans la Colonie. (Ces bons Pères venaient au secours des Récollets, qui en avaient fait eux-mêmes la demande, Les premiers Jésuites qui vinrent au Canada, furent les Pères Jean de Brébeuf, Charles Lalemant, Ennemond Masse, et deux Frères. Les Jésuites reçurent |'hospitalité chez les Récollets, près de l'Hôpital-Général. Leur collége fut fondé, eu 1635, par le marquis de Gamache.
12. Les Jésuites se dispersent.—Ces zélés missionnaires ne craignant ni la fatigue ni la mort, se dispersèrent bientôt sur cet immense territoire pour convertir les Sauvages au christianisme. Les Jésuites découvrirent les parties de la Nouvelle-France les plus éloignées, Ils
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réunirent les Sauvages, et en firent plusieurs villages chrétiens où l’on trouvait la foi des premiers fidèles,
Bourgades Huronnes.— Parmi ces boursades chrétiennes, on doit nommer celles de St. -Ignace, de St.-
Joseph, de Qt. -Jean, de St.-Louis et de Ste. Marie, dans le pPay* des Hurons.
13. Éducation. Les Jésuites donnèrent la première éducation ciassique aux jeunes gens de la Nouvelle-France.
Les R'evllets donnèrent aux enfants une excellente éducation chrétienne et élémentaire
14. Fortifications.-—L’habitation de Québec était en très-manvais état ; Champlain y remédia en faisant construire, en 1620, sur la colline où se trouve aujourd’hui la Plate-forme, ou Terrace-Durham, un Fort, qui est connu sous le nom de Château St.-Louis. Ce château a servi de demeure à tous les gouverneurs français et anglais jusqu’en 1834, époque où il devint la proie des flammes.
En 1611, pour assurer ses découvertes et protéger le commerce, Champlain bâtit un fort, qu’il nomma Place- Royale, au lieu mêine où, trente ans plus tard, fut fondé Montréal,
15. Déclaration de guerre.—1Ta ouerre fut déclarée entre l'Angleterre et la France au moment où la Compagnie des Cent-Associés venait d'être organisée par les soins de Champlain, Les premiers vaisseaux qu’elle expédia furent pris par les trois frères Kertk ; Louis, David et Thomas Kerk étaient f.ançais et huguenots. Par suite des guerres religieuses de cette époque, ils étaient passés au “service de l'Angleterre.
David s’empara de Port-Royal et de Tadousac, et envoya ensuite une chaloupe sommer Champlain de lui livrer l'habitation de Québec. Il lui fut fait une réponse si fière, que David Kertk jugea prudent de se retirer.
16. Capitulation de Québec.—En 1629, une escadre anglaise, sous les ordres des frères Kertk, jeta l'ancre dans la rade de Québec; Louis Kertk somma Champlain de lui livrer la place. Les vivres etles munitions mas-
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quant," Champlain se vit dans la triste nécessité de livrer Québec aux Anglais, Il obtint une composition assez avantageuse ; les Français furent traités avec politesse par les Kertk. Les Jésuites et Champlain se rendirent d’abord en Angleterre et ensuite en France,
Questionnarure.—1. Kaites-nous connaître le caractère du fondateur de la Nouvelle-France ? -2. Quand M. de Champlain arriva-t-il à Québec ? —3. Quels sont les événements remarquables de la première administration de M. de Champlain ?—4, Quel jour M. de Champlain jetat-il les fondements de la ville de Q:ébec?5. Dites-nous quelques mots sur le site choisi par Chamipain? —6. Quel fut le succès du premier combat de Champlain contre les Iroquois? — 7. du sceond conbat?—8. du troisième combat ?—9. Quels furent les voyages, les découvertes et les explorations de Champlain ?—10. En quelle année arrivèrent les Récollets ?—11, En quelle année arrivèrent les Jésuites ?—12. Quelles furent les principaux villages chrétiens étaulis par les Jésuites chez les Hurons ?—13. Quels furent les premiers Educateurs de la jeunesse dans la Nouveile-France ?—14 Quand fut fondé lo Château St.-Louis ?—15. Quand éclate la nremière guerre depuis ia fondation de la Colonie entre l’Angleterre etla France ?—16, Quand là ville de Québec tomba-t-elle au pouvoir des Anglais ?
1. ompagnies.—2es rois de France ne se chargèrent pas du gouvernement direct de la Nouvelle-France. Ils abandonnaient ce soin aux Corpagnies qui recevaient du roi des com-
missions ou chartes. Par ces chartes, elles obtenaient des
priviléges et contractaïent des obligations ; coloniser le pays, veiller à sa sûreté, bâtir des forts, payer les fonctionnaires publics, subvenir aux dépenses des missionnaires et du clergé en général : telles furent les principales obligations des Compagnies de la Nouvelle-France.
Pour payer toutes ces dépenses, les Compagnies avaient le privilége exclusif du commerce des pelleteries avec les sauvages.