IX. LOUIS DÉ BUADE, COMTE DE FRONTENAC
Mufquis de Tracy et le Comte d'Estrées, Vice-Roi.. Tulon et Duchesneau, Intendants.
Arrivée de M. de Frontenac.—Louis de Buade, comte de Frontenac, lieutonant-général des 2:mé66s du roi, fut le successeur de M. de Courcelles. 11 arriva à Québec dans l’automne de 1672. Il avait, dit Charlevoix, l'esprit pénétrant, ferme, fécond et forc cultivé; mais il était susceptible des plus injust:s préventions, et capable de les porter bien loin. Sa valeur et sa capacité étaient égales ; personne ne sut mieux exercer sur les peuples qu'il gouverna, cet ascendant si nécessaire pour les retenir dans le respect.
Evénements remarquables.-- Plusieurs faits remurquables ont signalé les dix années de la première administration de rontenac: 1° la construction du fort Cataracoui, aujourd'hui Kingston; 2° la découverte du Mississipi par Joliet et par le Père Marquette; 3° les explorations de Lasalle ; 4° les divisions et les dificultés entre Fiontenac et les principaux officiers de la Colonie.
Découverte du Mississipi.— Talon, l'âme des grandes entreprises de cette époque, avait à cœur la découverte d’une communication par eau entre l'Atlantique et le Pacifique. Ayant entendu parler de l'existence d’un grand fleuve qui coulait à l’ouest des grands lacs, il chargea Louis Joliet, natif de Québec, et le Père Marquette de reconnaître le cours de ce fleuve,
Ces deux célèbres voyageurs arrivèrent, en 1673, à la baie des Puants, à l’ouest du lae Michigan, remontèrent le cours de la rivière aux Renards, descendirent la rivière des Wisconsins et découvrirent le grand fleuve qu'ils cherchaïent, Ils le descendirent iusqu’à la rivière Arkansas, Ils s’arrêtèrert là, parcequ'ils étaient certains ju la fleuve qu’ils venaient de découvrir se déchaigeait
ans le golfe du Mexique, et non dans le Pacifique, comme ils l'avaient espéié.
Joliet et le Père Marquette revinrent sur leurs pas. Le Père Marquette s'arrêta dans les pays de l’ouest, où il mourut, deux ans après, dans l'exercice de son saint mi-
nistère; Joliet revint à Québec rendre compte de sa glorieuse découverte.
De la Salle.-—M, de la Salle fut chargé par M. de Frontenac d'explorer les régions intérieures du nouveau continent, M. de la Saile était un homme instruit, entreprenant et animé du double désir de s'illustrer et de s’enrichir. Accompagné du chevalier de Tonti et d’une trentaine d'hommes, il se rendit à Cataracoui., Il bâtit ce fort en pierres et lui donna le nom de Frontenac, Il établit un poste À Niagara, et fit jeter sur les lacs Hrié et Ontario les premiers vaisseaux qu'on y ait vus. Il érigea le fort Saint-Louis, à l'ouest du Mississipi, et descendit ce fleuve jusqu'à son embouchure. De la Salle prit pessession, au nom du roi de France, de l’immense vallée du Mississipi et lui donna le nom de Louisiane en l'honneur de Louis
Essai de colonisation dans le Texas. — Quelques années plus tard, AT. Ge la Salle fonda, à l’ouest du Mississipi, dans le Texas, sur le golfe du Mexique, une Colonie française à ir quelle il donna Je nom de St.- Louis. Cet essai de colonisation n'a pas réussi, Cet homme de mérite fut assassiné par un de ses aommes dans les forêts de cette immense contrée qu'il venait de léguer à la France.
Divisions intestines.—[Le caractère emporté °t violent de M. de Frontenac lui fit faire bien des fautes, e ne tarda pas à le brouiller avec les principaux fonctionnaires de la Colonie; tout d'abord avec M, Perrot, gouverneur de Montréal, au sujet de la traite de l’eau-de-vie. M, Perrot, ayant refusé de descendre à Québec peur rendre compte de sa conduite, fut arrêté par les ordres du gouverneur-général et emprisonné au Château Saint-Louis,
M. de Frontenac fit aussi emprisonner M. l'abbé Sali. gnac Fénelon, Sulpicien, il exila le procureur-général et deux conseillers ; il eut aussi de grandes diflicultés avec l'intendant M. Dugçhesneau.
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