‹ Abrégé d'histoire du Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 23 sur 53 · XII. M. DE FRONTENAC (2e fois · texte numérisé non relu

XII. M. DE FRONTENAC (2e fois

Le cointe d'Estrées, Vice-Roi ; MM. De Champigniy et de Beauhurnais, Intendants.

Population de la Nouvelle France: 12,000 âmes.

Arrivée de M. de F'rontenac.—La Colonie était alors dans une situation bien précaire ; il fallait un bras fort et vigoureux pour la sauver, M. de Frontenac, malgré les fautes de sa première administration, eut l'honneur d’Etre choisi par le roi pour être le sauveur de la Nouvelle lrance. Il arriva à Québec, en octobre 1689,

Evénements remarquables.—Tes 9 années de la seconde administration de M. de Frontenac sont remarquables par les événements suivants: 19 Ja destruction du fort Frontenac, que la garnison fit sauter par ordre du

dernier gouverneur: ce qui chagrina M. de Frontenac qui avait ses vues sur ce fort; 2° les expéditions des Français dans la Nouvelle-Vork et dans la Nouvelle-Angleterre ; 3° le siége de Québec et la bataille de la Canardière; 4° Iles exploits d'Iberville; 5° les courses et les déprédations des [roquois ; 6° la paix de Riswick.

Partis organisés contre la Nouvelle-Angleterre.— Pendant l'hiver de 1690, trois partis furent organisés ; le premier à Montréal, le second aux Trois-Rivières, et le troisième à Québec, tous dirigés contre jes établissements de la Nouvelle Angleterre.

Premier parti.—Le premier, composé de 200 Canadiens et Sauvages, sous les ordres de Lemoyne de Sainte- Héière et de d’Aillebout de Mantet, vint investir Corlar (Schenectady) pendant la nuit du 18 février, A un signal donné, on enfonce les portes; ct les habitants, hommes, femmes, enfants, sont tous égorgés sans pitié, à l’exception d'un petit nombre de prisonniers: terrible et sanglante représaille du massacre de Lachine,

Second parti. — Je second parti, composé de 28 Canadiens et de 24 Sauvages, était sous les ordres de Hertel. Il se dirigea sur Salmon-Falls, village anglais, défendu par une maison fortifiée et deux petits forts, Tout fut emporté d'assaut, Hertel battit ensuite 250 liommes qui voulaient lui couper la retraite, Après avoir ravagé le pays et fait plusieurs prisonniers, il reprit la route du

Canada.

Troisième parti.—Le troisième parti, composé de Canadiens, de réguliers et d’Abénaquis, aila investir Casco, fort situé à l'embouchure de la rivière Kénébec. Cette expédition ne fut pas moins heureuse que les deux autres, Le fort et quatre autres plus petits furent pris et rasés, les habitations furent brûlées et le pays dévasté.

Port-Royal est pris.—(Ces incursions excitèrent la rage dans le cœur des Anglais et les portèrent à faire les efforts les plus vigoureux pour chasser les Français du Canada. Îls armèrent une flotte de sept vaisseaux, sous les ordres de Phipps. Cette flotte, au printemps de 1690,

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s'empara de Port-Royal, de la Hève, de Chédabouctou et

de presque tous les postes que la France possédait dans l’'Acadie,

Siége de Québec.—Jamais la N° celle France n’avait couru un aussi grand péril que celui qui ia menaçait au printemps de 1690. Les Colonies anglaises mirent en mer une flotte de 35 voiles, sous les ordres de l’amiral Phipps. n même temps, une armée de 3,000 hommes, Anglais et Iroquois, commandée par le général Winthrop, devait at quer Montréal.

La flotte parut devant Québec, le 16 octobre. Phipps bombarda la ville pendant quatre jours, sans ‘uccès. Les troupes de débarquement éprouvèrent une humiliante défaite au combat de la Canardière. Phipps, découragé, leva l'ancre, Les pertes des Anglais se montèrent à 600 hommes, 10 vaisseaux et beaucoup de munitions de gucrre, En mémoire de cet événement mémorable, nos pères, toujours religieux, donnèrent à l’église de la Basse-Ville le nom de Notre-Dame de la Victoire, en reconnaissance de la protection que leur avait accordée la Sainte-Vierge.

En 1692, une escadre anglaise de cinq vaisseaux attaqua sans succès Plaisance, qui n'était défendre que par 50 hommes.

Au printemps de 1693, trois navires anglais s’emparèrent du fort Ste-Anne, dans la baie d'Hudson.

Conduite héroïque des Colons.--Pendant ces années de danger, la Nouvelle France était défendue par tous les Colons, qui se conduisirent en véritables héros. On les rencontrait par petites bandes partout où le danger les appelait; : hurcclaient sans cesse les Anglais, sans leur laisser aucun repos.

Exploits d’Iberville.--D'Iberville s’est immortalisé dans cette guerre par ses exploits contre les Anglais.

Dans la campagne de 1689, il enleva deux vaisseaux aux Anglais.

En 1694, d'Iberville, à la tête de 120 Canadiens, s’empara du fort Nelson, dans la baie d'Hudson,

En 1696, il enleva aux Anglais un vaisseau de 24

canons, sans perdre un seul homme. Il prit ensuite le fort do Pemaquid, dans le pays des Abénaquis. De R il se | rendit à Terre-Neuve, où il enleva le fort ct la ville de St.- Jean. A la tête de 120 braves Canadiens, il enleva, pendant l'hiver de 1696-97, tous: les autres postes que les Anglais possédaient dans cette île.

Au printemps de 1697, il reçut de la cour l’ordre de 5 s'emparer des postes anglais de la baie d'Hudson, Le à

5 septembre, il se battit contre trois vaisseaux anglais, é

dont l’un était plus fort que le sien. Ilen prit un, coula E

à fond le second, et le troisième put s'échapper. él

Ce héros canadien, après avoir fondé une colonie dans et

la Louisiane, en 1701, mourut en mer, en 1706. qu

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Courses des Iroquois.—Les Iroquois, toujours ex- pe cités par les Anglais, firent, pendant l'été de 1690, plusieurs

incursions dans la Colonie, ct tuèrent un grand nombre de da

soldats ct d'habitants. Malheureusement le comte de Frontenac n’était pas encore en état de les poursuivre aussi vigoureusement qu’il l’aurait voulu.

Les Troquois campent près de Sorel. — Au printemps de 1691, 1000 Iroquois vinrent camper à l’embouchure de la rivière des Troquois ; de là ils se répandirent dans tous les environs de Montréal.

Ils furent battus à la Prairie de la Madeleine, par le Co sieur de Varennes, qui commandait une poignée de Français, soutenus par 7 ou 8 cents Sauvages.

Autres partis d'Iroquois.—D'autres partis d'Iro- de quois parcoururent le pays, commirent de grands dégâts M. et firent souffrir Ges tourments inouïs aux Français qui tom- Ca bèrent entre leurs mains. se

En 1695, les Iroquois envahirent de nouveau la Colonie. D pru Une de leurs bandes fut repoussée près de Boucherville par | bo M, de la Durantaye, qui commandait dés volontaires canadiens et quelques soldats,

En 1696, M. de Frontenac voulut attaquer les Iroquois D pri dans leur propre pays. A l'approche des Français, ces 1° barbares se sauvèrent dans les bois, M. de Frontenac fit Ca brûler le fort et les villages du canton d'Onneyout, délivra des

une trentaine de prisonniers, et reprit le chemin du Canada,

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Traité de Riswick.—La cour de France venait da former le projet de s'emparer de toute la Nouvelle-Angleterre, lorsque le traité de Riswick mit fin aux hostilités, Ce traité donna la baie d'Hudson à la France.

Mort de M. de Frontenac.—M. de Frontenao mourus en 1698; ce fut une grande perte pour la Colonie: Malgré de grandes fautes, M. de Frontenac peut être regardé comme un des meilleurs gouverneurs qu’ait eus la Nouvelle France, Il prit le gouveruement au moment où la Colonie était menacée d’une destruction entière, et la laissa agrandie et en paix ; il emporta Aans la tombe l'estime des Canadiens, qu'il avait souvernés pendant l'époque la plus critique de leur histoire. Je nom de sauveur de la Nouvelle France peut, à juste titre, lui être donné.

Il est le quatrième gouverneur dont ies cendres reposent dans la Colonie,

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