XV. MARQUIS DE BEAUHARNOIS
Comte d'Estrées, Vice-Roi; Dupuy et RO Intendants.
Population de la Colonie, en 1744: 50,000 âmes.
Arrivée de M. de Beauharnoiïis.—M. de Vaudreuil eut pour successeur le marquis de Beauharnoïs. Il arriva à Québee vers la fin d'août 1726, avec M. Dupuy, qui vint reicver M. Bégon dans la charge d’Intendant.
Evénements remarquables.—Première période.—Les dix neuf premières années de cette administration furent des années de paix ct de tranquillité, dont la monotonie fut à peine troublée par quelques événements remarquables ; 19 La mort de Mor. de Saint-Valier; 2° une expédition contre les Oatagamis : 8? un fort élevé en 1751, à la Pointe à la Chevelure, sur le lac Champlain; 49 les progrès de la Colonie; 5° quelques calamités: tels sont | faits les plus notsbles do cette époque.
Mort de Mgr. do Saint-Valier.—Dans le mois de décembre 1727, les Canadiens curent la douleur de perdre sde second évêque, Mur. de Saiat Valier, qui mourut à
l'Hôpital do Québec, qu'il avait fondé, en 1693, Mor. ac Saint-Valier avaié succédé à Mor, de Laval, en 1688, Mer. de Laval mourut cn 1708.
Evêques du Canada.-—Le troisième évêque fat Mer, de Merny; il ne vint pas en Canada, à cause de ses iufirmités, cb obtint pour condjuteur Mgr. Dosquet, qui gouverna l’église du Canada, en cette qualité, jusqu’ en 1734. Cette année Mgr. de Mormyÿ ayant résigné, Mer. Dosquet fat nommé évêque et en cxerçr les fonctions jusqu'en 1740, Mar. de l'Aube RTS lo rempliça, mais il mourut en arrivant à Québec. Mer, de Pontbriant lui succéda, Co prélat oct lo sixième ct dernier évêque de la Nouvelle Fraieo, pendant la domination française, Il mourut l'anuée même de la capitulation de Montréal.
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Expédition contre les Outagamis.—M. de Beauharnois donna à M. de Ligneris 1200 hommes pour châtior Iles Outagamis, qui continuaient leurs pillages ct lcurs déprédations contre ics Sauvages alliés des Français ct contre le Détroit. Ligneris,'trouvant désert ie pays cles Outagamis, brûla leurs cabanes, démolit leurs forts et ravsgen leur pays.
Progrès.—L[Le souverneur et l’intendant s’appliquèrent pendant ce temp: de repos à fire progresser la Colonie. Pendant que le premier s'efforce de résandre l'instruction, le second fait rechercher les mines et fait exploiter celles de Saint-Maurice, Tn même temps; pour faire connaître les productions du pays, il expédie en Europe un fort envoi de bois ct autres productions. Le paysse peuplait rapidement, La population, qui n’était en 1721 que de 25,000 âmes, était, en 1744, de 50,000. Il fut concédé un grand nombre de selgneuries, qui devirrent bientôt autant de paroisses: Ja plupart étaient situées sur les deux rives du Saint-Laurent,
Calamités publiques.—Pendant les années 1732 ct 1733, 1l y eut de grandes inondations et-des tremblements de terre, La petite vérole (Z@ picote) fit de grands ravages parmi les Français et parmi les Sauvages.
Période de guerre.—La paix, qui régnait depuis vingt-cinq ans entre In France et l'Angleterre, fut rompue à l'occasion de la succession d'Autriche. M. de Beauharnoïis, en homme sage, avait profité de ces annécs de paix pour fortifier Québec et les autres postes militaires, afin de n'être pas surpris par l'ennemi.
Fvénements de cette seconde période. — 1° Ja prise de Louisbourg; 29 les tentatives fuites par le souvernement français pour reprendre tte forteresse; 39 les succès des Français, sont les faits les plus remarquables de cette époque de guerre.
Prise de Louisbourg.—Louisbourg recélait en temps de guerre plusieurs corsaires français, qui fesaient éjrouver au commerce anglais des pertes énormes; aussi fuc-il r'solu, aussitôt la guerre déclarée, de s'emparer de
cette importante forteresse. Une flotte de plus de cent vaisseaux, sous les ordres du commodore Warren, arriva devant Louisbourg, le 30 avril 1745, Bloquée par terre et par mer par des forces bien supéricures, Louisbourg temba au pouvoir des Anglais, après quarante neuf jours de siége.
Tentatives pour reprendre Louisbourg.-Bien déterminé à ne pas laisser Louisbourg entre les mains de ses ennemis, le roi de France mit en mer une flotte nombreuse, dont il donna le commandement ou duc d’Anville. Malheureusement cette flotte fut assaillie par une furieuse tempête, à son arrivée à Halifax; ct, pour comble de malheur, elle fut peu après décimée par une crueile maladie. De la Jonquièr-. qui en avait pris le commandement, après la mort du Due d’Anville ct celle d’Estournelle, fut assailli à son tour par des vents contraires, au moment où il se dirigeait sur Port-Royal, ct obligé de rentrer en France.
Ces revers sont compensés par quelques succès remportés sur différents points, à Beaubassin, cù M. de Ramezai, à la tête d’une poignée de Canadiens et de quelques sauvages, fit éprouver aux Anglais une honteuse défaite,
M. de la Jonquière est fait prisonnier. — En 1747, de la Jonquière ct de Saint-George, à la tête d’une nouvelle flotte, étaient à peine en mer qu'ils furent attaqués par une ‘escadre anglaise, Après avoir lutté plus de cinq heures contre des forces triples, de la Jonquière est obligé d'amener son pavillon,
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