I. MONTMAGNY 1636 à
Le Cardinal de Richelieu et le duc de Maillé, Bréze,
Grands-Moîtres ; le duc de Dunville, Vice-Roi. 1. Arrivée de M. de Montmagny.— Le aue-
| ceseur de Champlain fut M. de Montmagny, chers. | Mer de Malte, M. de Montmagny était digne de suocéder à Champlain. (C'était un honmme pieux et doué
de beaucoup de qualités. Il fut reçu par la population tout entière, et se rendit à la chapelle de Notre-Dame : de la Recouvrance, où un Te Deum fut chanté en actions de grâces,
2. Evénements remarquables. — Pendant les 12 années que dura l’administration de M. de Montmagny, les événements les plus remarquables furent : 1° des établissements ou fondations ; 2° les courses des Iroquois ; 3° le règlement des difficultés entre les colons et la comnagnie,
8 Sillery. — Pour mettre les sauvages chrétiens à l'abri des attaques des Iroquois, on fonda près de Québec, en 1637, la bourgade de Sillery, ainsi appelée du nom de son fondateur, M. de Sillery, commandeur de Malte. Elle fut habitée aussitôt par douze familles, qui furent suivies peu après par un grand nombre d’autres. Rien n'était plus édifiant que la ferveur de ces pauvres sanvages ; aussi n’avaient-ils alors sous les yeux que de bons exemples de la part des tte qui habitaient le pays.
4. Ursulines et Hôtel-Dieu. — L'année 1639 fut remarquable par l’arrivée des Dames Ursulines et des Dames Hospitalières, Elles furent regues avec joie et au bruit du canon par le gouverneur et la population,
Dans un temps où l’on avait tout à craindre de la part des sauvages, il était héroïque, le dévouement de ces ‘“ femmes fortes,” qui abandonnèrent famille et patrie, pour venir soigner les malades ou instruire les jeunes filles de la colonie,
Madame la duchesse d’Aiguillon a fondé l'Hôtel- Dieu de Québeo. Les premières Ursulines, conduites
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M CTHAGNY 29
par Madame de la Pelletrie, leur fondatrice, furent les révérendes Mères de l'Incar nation, de St-Joseph et de Ste-Croix. Le couvent des dames Ursulines de Québec a donné naissance à ceux des Trois-Rivières, en 1697, de la Pointe-Bleue, lac St-Jean, en 1882 ; de Stanstead, en 1884. Ces maisons font l’orgueil de notre pays ; elles donnent aux jeunes personnes une + excellente éducation chrétienne et une instructior soignée.
6. Fondation de Montréal. - — En 1640, fut formée en France la compagnie de Montréal. Elle était composée de laïques et d’ecclésiastir 58. Le but principal de cette compagnie fut le soutien de la religion
‘catholique en Canada et la conversion des sauvages.
Elle trouva dans la personne de M. de Maisonneuve, l'un des associés, un. digne gouverneur de Montréal,
où on désirait établir une bourgade fortifiée. M. de
Maisonneuve arriva à Québec en septembre 1641, accompagné de plusieurs familles de France, La saison étant trop avancée, il hiverna à Siliery.
Au printemps, le 17 mai 1642, M. de Maisonneuve arriva à Montréal, accompagné de M. de Montmagny et du supérieur des Jésuites, qui y célébra le messe ce jour-là. On se mit immédiatement à l'œuvre, et on vit bientôt s'élever les preinières maisons de Montréal. Le nom de Ville-Marie fut donné à la ville uaissante par M. de Maisonneuve ; mais, én dépit de son pieux fondateur, celui de Montréui a prévalu,
6. Fort Richelieu. — M. de Moztmsgny fit ériger un fort à l'entrée de la rivière Richelieu, Sept cents Iroquois vinrent attaquer les travailleurs, mais ils ne purent les empêcher de le terminer.
7. Iroquois. — Les Iroquois, humiliés sous M. de Champlain, entreprirent plusieurs campagnes s0us Padministration de M. de Montmagny. En 1640, ils tombèrent à l’improviste sur une tribu de Hurons et en firent un grand massacre.
Pendant qu’une conférence de la paix se tenait aux
Trois-Rivières, les Iroquois en sortirent pour aller piller plusieurs canots d'Algonquins et de Hurons q arrivaient chargés de pelleteries, Les négociations farent rompues immédiatement: cet acte montra qu'il était impossible de re fier à la bonne foi de ces barbares.
En 1644, ils attaquèrent Ville-Marie, tuèrent trois hommes et en bleèrent trois autres Vers le même temps, ils brûlèrent plusieurs bourgades de Hurons
. @t en massacrèrent les habitants. Les Pères Jogues
et Bressani tombèrent entre leurs mains et ce ne fut 286 par une protection du Ciel qu’ils purent recouvrer leu” Jiberté, après avoir été mutilés.
La paix ‘fat conclue aux Trois-Rivières entre les Français et tous les sauvages, mais elle ne fut pas de longue durée : car en 1647, les Iroquois, divisés en potites bandes, brâlèrent le fort Richelieu, surprirent les Aigonquins qui, comptant sur la paix, s'étaient dispersés pour chasser,
En 1646, le Père Jogues fnt tué d’un coup de hache par un Lroguois, dans la cabane d’un Huron.
8. Difficultés entre les colons et la eompagnie. — Des difficultés au sujet de la traite des polteteries s'étuient éievées entre les habitants et les Cerit- Associés , elles furent réglées par un traité signé entre les deux parties ét eonfirmé par le roi en 1648, Les :
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.ditions suivantes : 1° ils devaient payer le clergé, les
fonctionnaires publics et toutes les dépenses de l’administration; 2° ils devaient faire venir tous les ans aa moins 20 personnes ; 3° ils devaient payer une rente seigneuriale de mille livres de peaux de castor assorties. \
9. Départ de M. de Montmagny.— M. de Montmagny s'était toujours conduit avec tant de sazesse, de piété et de désintéressement, qu’il était également aimé et respecté des Français et des sauvages. Mais
“la cour ayant pris la résolution de ne laisser les gou-
verneutrs en fonctions que trois ans, il regnt l’ordre de quitter son gouvernement, “Il emporta, dit le Père Lalemant, les regrets de la colonie, et une mémore éternelle de sa prudence et de sa sagesse.”
Questionnaire. —1, Quel fut le successeur de M. de Cham : plain f—2. Quels sont les événements remarquables qui ont signalé l'administration de M. de M‘utmagny 3—3. Quand et dans quel but fonda-t-on le village de &!lery 7—4. Quand furent fondés le couvent des Dames Ursulines et l’Hôtel-Dieu de Qué. bec ?—5, Quel fut le fondateur de Ville-Marie ou Montréal k— 6. Quel fort M. de Montmagny fit-il ériger #—7. Comment se eenduisirent les Iroquois sous l’administration de M. de Montmagny f—8. Quelle était la nature des difficultés qui s’élevèrent entre les colons et la compagnie des Cent-Associés, et eor..ment se terminèrent les difficultés ?—9. Quelle fut la eause du départ
de M. de Montmagny 1
HISTOIRE DÜÙU CANADA
‘I. LOUIS D'AILLEBOUT DE COULONGI | 1648 à 1651
LES GOUVERNEURS SONT AIDÉS PAR UN CONSEIL Le Duc de Danville, Fice-Roi.
1. Arrivée de M. d’Aillebout. — Le successeurs de M. de Montmagny fut M. d’Aillebout. Ce nouveau gouverneur était comme ses deux prédécesseurs, un homme de bien, d'une piété exempluire et d’une grande bonne volonté. Il fut regu avec beaucoup d'honneur par M. de Montmagny.
2. Evénements remarquables. — le L'établisse. ment du Conseil de Québec ; 20 les invasions des Iroquois dans le pays des Hurons, en 1648 et en 1649; 30 le martyre de quatre Pères Jésuites; 4° la disper sion de la nation huronne, %
8? Conseil de Québec. — M. d’Aillebout était porteur d’un édit royal, > 1o-que le gouverneur-général devait à l'avenir être nommé pour trois ans seulement ; 2° que le roi créait un conseil composé du gouverneur, du supérieur des Jésuites (en attendant qu'il y eût un évêque), de deux habitants élus tous les trois ans par les conseillers et par les syndics de Québec, des Trois-Rivières ‘et de Montréal, et du dernier gouverneur, s’il résidait Cans la colonie. Le Conscil de Québec jouissait des pouvoirs judiciaires à et exécutifs, ‘ j
4. Invasions des Iroquois. — Le 4 juillet: 1648, | la bourgade huronne de St-Joseph composée de 400 familles, fut attaquée à l'improviste par les L'oquois.
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