Massacre de Lachine. — À peine M. de De
DE nonville fut-il de retour à Québec que les Iroquois re-
| commencèrent leurs hostilités. Encouragés par les
LS Anglais de la Nouvelle-Angleterre, ils se répandirent
} dans la colonie et assiégèrent le fort de Chambly, d'où | ils furent ropoussés. Îls firent ensuite au gouverneur
(A des propositions de paix qui furent acceptées. D Les colons jouissaient depuis près de deux mois L d’une assez grande tranquillité, lorsque, dans la nuit
| du 5 août 1689, 1500 Iroquois vinrent attaquer à | l’improviste les habitants de Lachine, et massacrèrent ) tous ceux qui tombèrent entre leurs mains. Après | avoir mis le feu au village, ils emmenèrent près d’une | centaine de captifs qu'ils brûlèrent dans leurs bour- | gades.
: 6. M de Denonville est rappelé. — Cet horrible massacre, attribué aux instigations des Anglais, et plusieurs autres actes d’hostilité convainquirent le
gouverneur qu'on ne pouvait espérer de paix solide
} et durable tant que les Anglais seraient en possession
de la Nouvelle-York,
Il soumit donc au roi un plan pour faire la conquête
' | de la Nouvelle-Angleterre. Louis XIV approuva ce
| plau; mais il confia à M. de Frontenac le soin de le ) mettre à exécution, et rappela M. de Denonville, en | Questionnaire. — Quel fat le tucccsseur de M. de la Barre ! — | 2 ‘Quels sont les événements remarquables és l’administratie®
de M. de la Barre ? -— 3. Quel fut le rémultat de l'expédition dirigée sur la baie d'Hudson. pendant cette administration ? — 4. Quel fut le résultat de l'expédition de M. de Denonville contre les Iroquois ! — &. Racontez le massaere de Lachine. — «. Quand M. de Denonville fut-il rappelé !
XII M. de FRONTENAC (2e fois) 1689 à 1698
Le comte d'Estrées, Vice-Roi : MM. De Champigny et | de Beauharnois, Intendants.
/ Population de la Nouvelle-France, 12,000,
1. Arrivée de M. de Frontenac. — La colonie était alors dans une situation si précaire, qu'il fallait un bras fort et vigoureux pour la sauver. M de Frontenac, malgré les fautes de sa première administration, eut l’honneur d'être choisi par le roi pour être le sauveur de la Nouvelle-France. Il arriva à Québec en octobre 1689, :
2. Evénements remarquables. — Les 9 années de la seconde administration de M. de Frontenac sont remarquables par les événements suivants: 1° la destruction du fort Frontenac, que la garnison fit sauter par ordre du dernier gouverneur : ce qui contraria M. de Frontenac, qui avait ses vues sur ce fort ; 20 les expéditions des Français dans la Nouvelle-York et la Nouvelle-Angleterre ; 3° le siège de Québec et la bataille de la Canardière ; 4° les exploits d'Tberville ; 6e les courses et les déprédations des Iroquois ; 6° la paix de Riswick,
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8. Partis organisés contre la Nouvelle-Angleterre. — Pendant l’hiver de 1690, trois partis furent organisés : le premier à Montréal, le second aux Trois- Rivières, et le troisième à Québec, tons dirigés contre les établissements de la Nouvelle-Angleterre.
Premier parti. — Le premier, composé de 200 Canadiens et sauvages, sous les ordres de Lemoyne de Sainte-Hélène et de d’Aillebout de Mantet, alla investir Corlar (Schenectady) pendant la nuit du 18 f6&
DE FRONTENAO
| vrier. Aun signal donné, on enfonce les portes ; et
les habitants, hommes, femmes, enfants, sont tous égorgés sans pitié, à l'exception d’un petit nombre de prisonniers: terrible et sanglante représaille du mas- * sacre de Lachine,
Second parti — Le second parti, composé de 38 Canadiens et da 24 sauvages, était sous les ordres de Hertel. Il se dirigea sur Salmon-Falls, village anglais, défendu par une maison fortifiée et deux petits forts Tout fut emporté d'assaut. Hertel battit ensuite 256 hommes qui s’avangaient pour lui couper la retraite Après avoir ravagé le pays et fait plusieurs prisonniers, il reprit la route du Canada.
Troisième parti. — Le troisième parti, composé de Canadiens, de réguliers et d’Abénaquis, alla investir Casco, fort situé à l'embouchuro de la rivière
| Kénébec, Cette expédition ne fut pas moins heureuse :* que les deux autres, Le fort et quatre autres postes
moins considérables furent pris et râsés, les. habite tions furent brûlées et le pays dévasté.
4. Port-Royal est pris. — Ces incursions alla . mèrent la rage dans le cœur des Anglais et les
s RISTOIRE DU CANADA Nu
chasser les Français du Canada. Ils armèrent une flotie de sept vaisseaux, sous les ordres de Phipps. Au printemps de 1690, cette flotte s'empara de Port- Royal, de la Hève, de Chédabouctou et de presque tous les postes que la France possédait dans l’Acadie.
5. Siége de Québec. — Jamais la Nouvelle-France a’uvait couru un .uéki grand péril que celui qui la menaçait au printemps de 1690. Les colonies anglaises mirent en mer uné flotte de 35 voiles, sous les ordres de l'amiral Phipp# En même temps, une armée de 3,000 hommes, Añglais êt ‘ ‘oquois, commandée par le général Winthi ï déŸäit attaquer Montréal.
. La flotte parut dévant Québec, le 16 octobre, Phipps
bombarda sans Aliêcès là ville pendant quatre jours. Les troupes de dé pape éprouvèreat une humilinnte défaite su fombât de la Canardière, Phipps, décourapé, leva l'éucre, Les pertes ‘des Anglais 8e montèrent à 600 mme, 10 vaisseaux et beaucoun de munitions de erre. |
En mémoire dé | Get événèment mémor able, on donna à l'église de la Bäliso-Villé le nom de Notre-Dame de la Victoire, en rébonnaissähce se. la protection de la Sainte Vierge.
En 1692, une éscadre héataise : de cinq vaisseaux attaqua sans sudbès à eg) qui n'était défendue que par 50 hommes.
Au printemps de 1693,‘trois navires anglais s’emparèrent du fort Ate-Anne, dans la baie d'Hudson.
6. Conduite héroïque des Colons. — Pendant ces aunées de danger, la Nouvellé-France était défendue par tous les colobs, qui se conduisirent comme des héros. On les reïëontrait par petites bandes partout
mèrent une de Phipps.
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de presque ns l’Acadie.
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DE FRONTENAO nn”
où le danger les appelait : sans cesse ils harcelaient les Anglais, ne leur laissant aucun repos.
7. Exploits C’Iberville. — D'Iberville s est immortalisé dans cette guerre par ses exploits contre les Anglais.
Dans la campagne de 1689, il leur enleva deux vaisseaux.
En 1694, à la tête de 120 Canadiens, il s'empara . fort Nelson, dans la baïs d'Hudson.
En 1696, il enleva aux Anglais un vaisseau de 24 canons, sans perdre un seul homme. Il prit ensuite le fort de Pemaquid, dans le pays des Abénaquis. De à il se rendit à Terre-Neuve, où il enleva le fort et la ville de St-Jean. A la tête de 120 braves Canadiens, pendant l'hiver de 1696-97, il prit tous les autres postes que lies Anglais possédaient dans cette île,
Au printemps de 1697, il ‘reçut de la cour l’ordre de s'emparer des nostes anglais de la baie d'Hudson. Le 5 septembre, il se battit contre trois vaisseaux dont l’un était plus fort que le sien. Il en prit un, et en coula un autre 4 iüad, 44
Ce héros canadien, après avoir fondé une colonie dans la Louisiane, en 1701, mourut en mer, en 1706,
8. Courses des !rnquois. — Les Iroquois, toujours excités par les Anglais, firent, pendunt l'été de 1698, plusieurs incursions dans la colonie, et tuèrent un grand nombre de soldats et d'habitents. Mulheureusement le comte de Frontenac n'étuit pas encore en état de les pouruivre aussi vigoureu-ement qu'il l'aurait voulu,
‘Les Iroquois campent près de Sorel. — As printemps de 1691, 1000 Iroquois vinrent vsmper &
°68 HISTOIRE DU CAKABA
l'embouchure de la rivière des Iroquois ; de ils se sépandirent dans les environs de Montréal.
Ils furent battus à la Prairie de la Madeleine, par le sieur de Valrennes, le plus ancien officier de la colonie, qui commandait une poignée de Français, soutenus par 7 ou 8 cents sauvages.
Autres partis d’Iroquois. — D'autres partis d'Iroquois parcoururent le pays, commirent de grands dégats et firent souffrir des tourments inouïis aux Français qui tombèrent entre leurs mains.
En 1695, ils envairent de nouveau la colonie. Une de leurs bandes fut repoussée près de Boucuerville par M. de la Durantaye, qui commandait des volontaires canadiens et quelques soldats,
En 1696, M. de Frontenac voulut attaquer les Iroquois dans leur propre pays À l'approche des Frangais, ces barbares se sauvèrent dans les bois. M. de Frontenao tit brûler le fort et les villages du canton d'Onneyout, délivra une trentaine de jrisonniers, et reprit le chemin du Canada.
9. Traité de Riswick. — La cour de Francs vena* de former le projet de s'emparer de toute la Nouvelle-Angleterre, lorsque le traité de Riswick ent Su aux hostilités. Ce traité donna la baie d'Hudson à la France. |
10. Mort de M. de Frontenac. — M de Frontemac mourut en 1698, Ce fut une grande perte pour la colonie, car il peut être regardé comme un des meilleurs gouverneurs qu’ait eus la Nouvelle-France, 11 prit le gouvernement au moment où la colonie étuét menacée d’une destruction complète, et Ia laissa agrandie et en paix; il emporta dans la tombe
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