GUERRE DE
VL SIR GEORGE PRÊÉVOST | 1811 à 1815 Popalation en 1814: 335,000 âmes.
1. Arrivée de Prévost. — Sir Goorge Prévosé arriva à Québec en septembre 1811. C'était un homme modéré autant qu'impartial Afin de cicatriser des plaies encore smignantes et de ranimer la confiance du peuple, le nouveau gouverneur, après avoir placé M, Bédard sur le banc judiciaire et nommé M. Bourdagas colonei us milice, saisit toutes les occasions de témoie
gner aux Onnadiens ses sympathies. C'était plus
qu'il n’en fallait pour un peuple qui ne réclamait que justice : aussi s'empresha-t-il de courir à la frontière au premier appel du gouverneur.
9. Evénement remarquable. — Le prineipal évé nement de l'administration de Prévost est la guerre avoo les Btats-Unis, Le président de cette république déclara, en juin 1812, la guerre à l'Angleterre, contre laquelle fl formulait de nembroux grief; main
106 | IMSTOIRE DU CANADA @ réalité, le désir de s'emparer du Canada fut le principal motif de cette guerre.
8. Campagnes. — Cette guarre comprend trois campagnes : 19 celle de 1813; 2° celle de 1813 ; 3e celle de 1814. |
Campagne de 1812.—Les Américains, dans cette
campâgne et dans la suivante, partagèrent leurs .
forces en trois armées dites: de l'Ouest, du Centre et de l'Est. L'ennemi parut donc à la frontière sur trois points à la fois.
L'armée de l'Ouest envahit le H: id dtennià par la rivière Détroit, et fut repoussée : les forts Michilima- ‘kinac et Détroit tombèrent au pouvoir des Anglais Hull et son armée furent obligés de mettre bas les ârmes, ) =
Peu après, l’armée du Centre fut mise en déroute et forcée dé poser les armes à Queenstown, Le général Brock fut tué dans ce coniout,
L'armée du Nord, forte de 10,000 hommes et come mandée par le général Deurborn, marcha sur Monte réal, En voulant cerner le major de Suluberry,.retranché sur la rivière Lavolle, deux déiachements de l’armée de Dearboru se rejoignent pendant la nuit du 20 novembre, et, se prenaut pour des ennemis, se fusillenc pe néant quelques heures et repassent la frontière.
Les Américains, repoussée sur tous les points de la frontière du Canada, furent plus heureux sur mer, où leurs vaisseaux remportärent quelques avantages contre la marine anglaise,
&. Campagre de 1818. — La lutte recommenga gveo l’année 1813. Frenchtown, Moravian-Town,
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Toronto, Sackett-Harbourg, Burlington, Futin-Bay, deviennent le théâtre de sanglants eombats ; les batailles navales de Put-in-Bay et de Toronta, où les futtilles anglaises. soût battues, donnent aux Rtats- Uais la suprématie sur les lacs Erié et Ontario, En œause de l'Angleterre semblait désespérée, lorsque la victoire de Châteauguay vizt changer tout-à-coup la face des affaires. Avec des forces imposantes, Hampton s'était avancé jusque dans le cœur du pays êt était à la veille do faire ss jonction aves Wilkingen. Retranché sur la rivière Châteauguay, de Salaberry, avec ses trois cents voltigeurs canadiens, l’arrête êt loblige à prendre honteusement la fnite. Après une seconde défaite à Chrysler’s-Farm, l'ennemi repasse la frontière. é
5. Campagne dé 1814—L'annéo 1814 est témein de nouveaux combats, à Lacolle d'abord, ensuitg'à Osvrego, à Lunidy’s Lune, à Chippawa, au Fort Bnés, à Plattsburg et à la Nouvelle-Orléans Les revers éprouvés duns ces quatre derniers engagements par les armes anginises, ne peuvent toutefois détruire l'effet de la victoire de Châteauguay. L'Angleterse, après la défaite de Napoléon, pouvant disposer de ses
- nombreuses flottes, fuit ravagrr les côtes des Htats-
Unis et les oblige enfin à demander la paix. Le traité de Gand, signé en 1814, mit fin à cette guerre.
6. Parlements —Sous l’admivistration de Prévest, il n'y eut qu'un seul parlement, le septième depuis fa constitution de 1791 (du 12 décembre 1810 su 17 mars 1814.)
Bo 1812, il y out doux sessions ; les chambres, pe faront pas convoquées en 1818 ni en 1814; en 1948,
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olles so rénnirent au mois de janvier. Dans cetts sæasion, l'ussembiée vota une adresse à Sir George Prévost pour le téliciter sur la sagesse de son gouvernement.
Cetie ndresse causa beaucoup de plaisir à l'âme sensible de Prévost, qui partit vers la fin de cette année pour se disculper, auprès des autorités impériales, des accusations portées contre lui par le commodore Yeo. Ce deruier voulait attribuer au gouverneur la honte de ses défuites sur les lacs, Prévost Lab rs jours après son arrivée,
Questionnaire. —1, Eu quelle année ir tissée Piles viat-il prendre les rênes de Y’administration ? — 8, Quel est le prinei-
| pal événement de son administration î— 8. Racontes les principaux combats de la campagne de 1812 et dites-nous le résultat de eutte campagne ? — 4. de 1818 ? — 5. de 1814 5 — 6. Combien de fois le parlement s’assembla-t-il sous l'administration da général Frévost 1?
1 Gouverneurs. — Cinq gouverneurs, un lieutepant-gouverneur et cinq administrateurs se sont succédés pendant les 23 anntes écoulées entre le départ de Prévost et celui de Gosford,
2. Parlements. — Durant ces années orageuses, huit parlements ont été successivement convoqués pour l'expédition des affaires; trois ont été dissous avant l'expiration des quatre sessions. M, L.-J. Papineau, âgé seuiemerit de 26 ans, fut appelé à la présideuce, à la quatrième session du huitième parlement, en janvier 1815. Ll rempluçga M. Pauet, nommé au eouseil législatif. M. Papineau présida la ‘ambre
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d'assemblée jusqu'aux tronbls de 1827; pendant deux sessions seulement, ce! êe de sale et del 1824, il fat remplacé par M. J. B. Vullière de a .Réul,
8. Drummond. — 1815 à 1818 - în 1815, Pré vost laisea le pays aux mains de Sir . Drammord, Après avoir inauguré sou gouvernement par nne dis tribution de récompenses aux militaires qui s'étaiont le plus distingués dans la dernière guerre, l’adiminis trateur s’appliqua à réformer les abus qui s'étaient glissés dans le département des Postes et celai des Terres, Depuis 18 ans, pins de sois millions d’acres de-terre avaient été disiribuis & ses favoris.
&. Dissoluion du 8e parlement. — Les jnges Sewell et Monk syant été disculpés des accusations portées coutre eux, grâce aux influences, la'chambre allait voter une adresse an prince régent, lorsqu'elle fut dissoute par le gouverneur, dont le discours fat une philippique. Le peuple renvoya au purlemeut presque tous les mêmes megbres,
5. VIL Sherbrooke. 1816 à 1818. — Sir Jobn Sherbrooke remplaga Drummoud en 1816. Le nouveau gouverneur était un homme prudent et modéré Après avoir donné une première preuve de ses dispositions bienveillantes en venant en aide aux habi tants du district de Québec, dont la récolte avait: manqué, il inaugura son gouvernement en cherchant à concilier les partis, et appelu Mgr Plessis au conseil
Kégislavif,
= Départ de Sherbrooke. — Sherbrooke, comprenant toute la difficulté do sa position, demanda son: rappel en 1818; et fut M ée par le duc de Richmond.
VIIL Richmond. — 1818 à 1819. — Grand 4 gneur ruiné, et vain autant qu'absolu, Richme sans tenir compte de l'état @béré des finaneos, com mence par présenter à la chambre un budget ext£à vagant. Pendant qu'elle délibère sur ce rujét, Î gouverneur a dissont en adressant aux mérbres le paroles inconvenantes, Peu après, Richmond moantüt au retour d’un voyage dans le Haut-Canada. ‘TI o$t le premier gouverneur anglais dont les cendres Feposent dans ce pays.
6. Archevéché de Québec. — Convaineu de P Aer de protestantiser le pays, l'Angleterre pt
le parti de ne plus molestér les Cana:liens dans l'exercice de leur religion. Æn janvier 1319, le Saint- Siège érigea l'Eglise de Québec en métr opole, et €
féra à Mgr Plessis le titre d’archovêque. Vermg même temps, Mgr Plessis obtint l'érection des siè de Montréa et de Kingston.
7. Monk. — Maitlanf. — 1817 à 1826. —'Le pouvoir passa suceessivement à lhonoruble James Monk, qui jeta le pays dans l'agitation d’une nouvelle élection générale, et ensuite à Sir Peregrine Maitland.
8. IX. Dalhonsie. — 1820 à 1828. — Le comte de Daihousie arriva À Québeo au mois de juin rad Bou administration devait être une édition de celte. dl Craig. Ayant. mission de préparer les voies à l’anton des doux Canadas et se refusant à toute concess Dalhousie gouterna le pays avec le plus grand despotisme. En vain la chambre !ui montre-t-elle ses drgîts inscrits dans la constitution, en vain lui signalo-t-elle . d'énermes sbus : toutes os représentations éemeupont sans cffet, En conséquence de estte conduite si
à re)
DOMINATION ANGLAISE : ! ii
peu sage, l'antagonisme entre les deux branches de la législature augmente de jour en jour.
9. Projet d'union des Canadas. — En 1822, croyant le moment venu d'effectuer l'union du Haut et du Bas-Canada, les ministres mirent le projet devant les communes. À la nouvelle de ces machipations, les Canadiens s'émurent : des pétitions se couvrirent de signatures et furent portées en Angleterre pour protester contre la mesure, Le Haut-Canada se prononça contre le projet. En face de cette réprobation générale, le ministère impérial dut reculer,
10. Départ de Dalhousie. — En 1828, une pétition signée pur 80,000 personnes fut envoyée en Angleterre jour demander le rappel de Lord Dalhousie et une enquête sur les affaires du Canada, Le comte Dulhousie, après avoir lutté sans succès contre la représentation nationale et s'être convaincu qu'on ne se joue pas comme on veut d’un peuple libre, passa en Angleterre, Dalhousie eut la lâcheté de chercher à rejeter sur le clergé catholique l’insuccès de sa poli. tique injuste et partiule,
11. Kempt. — 1828 à 1830. — Le Canada res pire un instant sous Sir Jumes Kempt, qui, en quaæ lité d'administrateur, fut chargé du gouvernement, en 1825. Les officiers de milice et les magistrats cestitués par Daihousie furent réinstallés ; l'honorable Purineau put occuper le fauteuil présidentiel, Le nouveau gonverneur garda ia neutralité entre le con #eil et la chambre qu’il laissa libre de disposer des deniers publics, sauf du salaire du gouverneur et de celui des juges.
Kempt uvait à cœur de ramener l'harmonie en
112 HISTOIRE DU GAKADA
rendant justice à tous ; mais sentant que les instruetions qu'il avait reçues de la cour ne s’accordaient guère avec ses vues, il demanda et obtint son rappel.
1%. X. Aylmer. — 1830 à 1885.— Le successeur de Kempt tut lord Aylmer; il arriva à Québec vers
le milieu d'octobre 1830, Lord Aylmer offrit, de Ja part du gouvernement impérial, d'abandonner à :a chambre le contréle de tous les deniers à part la liste civile. La chambre, aigrie par les débats précédents, trouva la concession insuffisante et insists pour une réforme radicale.
19. Evénements remarquables.—Pondant l'éleotion d’un député à Montréal, dans le mois de mai 1882, trois Canadiens farent tués par les troupes anglaises.
La même année, le choléra fit pour la écomière fois de grands ravages en Cnnada, À Qu£bee, cotés épidémie décima la population. Ju 1834 le choléra fit Sneore de nombsuuses victimeu, et bo vhfteau Saint.
Louis, ancienne résidence des gouverneurs, fut
lnosadid. : |
Oe fat suesi ln même ann, que le gouvornemezt lan péril sbaudeune au baron coiouial la soiutivn de fouten les difloultés qui 15 Len ouenien,
14 XL Loré Gosford. — 1835 à 18388. — Lord Boudord ronmsplugs lourd Ayimer, vure is An d'auês LISE, E acrvwn accsmpagné de deux oumimaimraires FOyauI, charges de s'ouquérir des nflaires du pays ot d'en Énire aa ru ee rapport détailié.
Après être montré esnrtoh et biouvoilisns onvesy es Canadiens, ouvre les chambres par nn diveouss habile, prouoneé d'abord en frasguie, puin en sagias,
Se bergant de l'espoir trompeur que ses représenta- #:ns allaient être écoutées, l'assemblée soumet de nonveau ses griefs. La persistance du conseil à rejeter la plupart des mesures de la chambre ; les instrnctions de la commission qui commencent à transpirer, ne
tardent pas à la désabuser. Se voyant ainsi trompés, les députés ne votent les subsides que pour six mois.
Devant ur dénoûmont si inattendu, les esprits s'échauffent. Lie rapport malveillant des commissairés, ia détermination des ministres à ne faire aucune coneession, achèvent de parter l’exaspération à son comble. De toutes parts le peuple s’assemble et proteste, 15. Luttes parlementaires. — Au départ de ost commencent ces luttes parlementaires qui continuent jusqu'en 1837 et se terminent tragiquement, ÆEn accordant, en 1791, le gouvernement
eonstitutionnel, l'Angleterre s'engageait à abandonner
àla législature du Canada toutes les immunités et privilèges dont jouissent les communes en Angleterre, Sabsides. — Entre autres privilèges, la chambre réciamait le vote exclusif des subsides. Forte de soe droit, elle ne voulut rien céder et elle ne cessa de eombattre pour l'obtenir dans toute sa plénitude, Defenseurs des droits de la chambre. — Cette
‘ lutte parlementaire trouva de vaillants champions
dans les Papineau, les Bédard, les Viger, les Bour. dages, les Neilson, les Cuvillier, les Quesnel, les Morin, etc,
16. Etat des débats pendant l'administration de Sherbrooke, de Richmond et de Dalhousie.— Pêrtdant l'administration de Sherbrooke, la questien dès subsides somnenge | à agiter les esprits. Le parie
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ment du Haut-Canada s'occupa également de cette question, Richmond demanda aux depuiés de voter, une fois pour toutes, une liste civile pour la vie du roi. La chambre fut d e avant #On Vote,
Sons le comte de Dalhousie, la chambre vota un bill de subsides que le conseil rejeta sur l'avis du gouverneur, ce qui mécontenta beaucoup le peuple; l’année suivante, les subsides furent votés et rejetés
de la même msnière par le conseil, Ce vote tut suivi ,
d’une nouvelle dissolution des chambres.
Les mêmes députés furent réélus, et Dalhousie refusa de confirmer la réélection de M. Papineau comme jrésident de la chambre,