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SULFATE DE PLOMB

L’azotate quadribasique s’obtient sous forme d'un précipité blanc lorsqu’on traite l’azotate neutre ou le sel bibasique par un excès d’ammoniaque. Mis en contact avec un grand excès d’ammoniaque, ce sel se transforme en hydrate de protoxyde de plomb (Gerhardt).

(*) SULFATE DE PLOMB. SOS,PbO.

Equiv. = 1 894,50 ou t S I ,56.

Propriétés. — Le sulfate de plomb est blanc, pulvérulent, insipide, toujours anhydre, insoluble dans l’eau, mais assez' soluble dans les acides pour que l’on tienne compte de cette solubilité, lorsqu’on dose le plomb dans les analyses à l’état de sulfate. L’acide chlorhydrique le décompose et donne naissance à de l’acide sulfurique libre et à du chlorure de plomb.

L’acide sulfurique dissout le sulfate de plomb en quantité d’autant plus grande qu’il est plus concentré.

Le sulfate de plomb n’est pas décomposable parla chaleur; c’est le seul sulfate métallique proprement dit qui présente cette propriété.

Le sulfate de plomb est décomposé par tous les sels ammoniacaux; il se forme du sulfate d’ammoniaque, tandis que l’acide du sel ammoniacal s’unit à l’oxyde de plomb. C’est à cette double décomposition qu’il faut attribuer la solubilité du sulfate de plomb dans l’azotate, le chlorhydrate, le tartrale, le citrate d’ammoniaque, etc. (M. Laurence Smith).

Le charbon, l’hydrogène, l’oxyde de carbone, réduisent le sulfate de plomb à une température peu élevée, et forment, suivant les proportions employées, du sous-sulfure de plomb, ou du plomb métallique.

Le sulfate de plomb est transformé en plomb métallique et en acide sulfureux par le sulfure de plomb :

S03,Pb0 + PbS = 2Pb + 2SOL

Le fer et le zinc chauffés avec le sulfate de plomb, en présence de 1 eau pure, ou mieux de l’eau acidulée, réduisent complètement le sulfate de plomb :

S03,Pb0 + Zu = Pb + S03,Zn0.

Le plomb ainsi préparé ne retient pas d’argent, et peut servir pour la coupellation.

Le sulfate de plomb, chauffé avec une dissolution de carbonate de soude, se change rapidement en carbonate de plomb (céruse) et en sulfate de soude. La même réaction se fuit par uij voie sèche.

Le sulfate de plomb se décompose, en présence de l'eau, par

CARBONATE DE PLOMB

le contact prolongé de certaines matières organiques, comme le bois, et passe à l’état de sulfure de plomb.

Le sulfate de plomb existe dans la nature : on le trouve cristallisé en octaèdres.

Il se produit quelquefois dans les chambres de plomb qui servent à la fabrication de l’acide sulfurique, des cristaux de sulfate de plomb semblables aux cristaux de sulfate de plomb natif (M. Kuhlmann).

On prépare le sulfate de plomb par double décomposition en traitant un sel de plomb par l’acide sulfurique ou un sulfate soluble. On en produit de grandes quantités dans les fabriques de toiles peintes, où l’on prépare de l’acétate d’alumine en dé- , composant l’alun ou le sulfate d’alumine par l’acétate de plomb.

Le sulfate de plomb des fabriques de toiles peintes pourrait être employé à la fabrication du cristal ; en le chauffant avec du sable et une petite quantité de charbon, on produit une fritte qui peut entrer facilement dans la composition du cristal.

Le plomb s’altère rapidement quand il est en contact avec le plâtre ; il se forme alors du sulfate de plomb : aussi doit-on éviter le contact du plâtre avec le plomb dans les diverses applications de ce métal.

CAUBONATE DE PLOMB. C02,PbO.

Équiv. = iG69,oO ou 133, 5G.

Le carbonate de plomb est blanc, pulvérulent, insoluble dans l’eau, sensiblement soluble dans l’acide carbonique ; il est décomposé par la chaleur, dégage de l’acide carbonique et laisse un résidu de protoxyde de plomb. Lorsqu'on le chauffe au contact de l’air à une' température insuffisante pour fondre le protoxyde de plomb, on le transforme en une espèce de minium appelée mine orange, d’une couleur très-vive et plus claire que celle du minium ordinaire.

Le carbonate de plomb est employé en peinture, et porte les noms de blanc de plomb, de rcruse et de blanc d’argent ; il forme la base de presque toutes les peintures à l’huile. On le mélange dans ce cas avec des huiles siccatives, telles que 1 huile

de lin. . ...

La céruse broyée avec une petite quantité d huile constitue

le mastic des vitriers ; mais, le plus souvent, les vitriers remplacent la céruse par la craie dans la composition de leur mastic. Un mélange à parties égales de céruse, de minium et d huile de lin, forme un mastic qui acquiert â la longue la durcie de

La céruse a l’inconvénient de tous les sels de plomb : elle noircit sous l’influence de l’acide sulfhydrique ; elle est d un maniement dangereux; les poussières de céruse, absorbees aiec l’air, attaquent l’appareil digestif et occasionnent des actidcn -

CARBONATE DE PLOMB

graves, connus sous le nom de coliques de plomb. M. Melsens conseille, comme remède, l’emploi de l’iodure de potassium qui, rendant solubles les combinaisons du plomb, les entraîne dans les urines.

Préparation industrielle de la céruse. — On prépare la céruse par trois procédés qui diffèrent par le mode d’opérer, quoique des réactions semblables se produisent dans les trois cas.

1° Procédé de Clichy. — Cette méthode, due à Thénard, consiste à faire arriver un courant d’acide carbonique dans une dissolution de sous-acétate de plomb. La réaction est représentée par la formule suivante :

C*h303,3I bO + 2C02 = 2(C02,Pb0) + CmW.PbO.

L’acétate neutre de plomb qui reste dans la liqueur est mis en ébullition avec un excès de litharge, et transformé en acétate de plomb tribasique qui peut de nouveau servir à la préparation de la céruse.

2° Procédé hollandais. — On donne le nom de procédé hollandais à un mode de fabrication qui est surtout employé dans les environs de Lille et de Valenciennes et qui nous vient de la Hollande.

Pour produire la céruse par ce procédé, on introduit, dans des pots de grès vernis à l’intérieur, une petite quantité de vinaigre de basse qualité (vinaigre de bière, etc.).

Les pots portent dans leur intérieur un rebord sur lequel vient reposer une feuille mince de plomb roulée en spirale. On les range les uns à côté des autres dans de grandes cases de bois, et on les recouvre de disques de plomb. Ces pots sont placés sur une couche épaisse de fumier de cheval, et Ton dispose ainsi alternativement sur une hauteur de 5 à ü mètres des lits de fumier et des rangées de pots.

Bientôt le fumier entre en fermentation : la température s’élève graduellement et peut atteindre jusqu'à 100° ; il se dégage des quantités considérables d’acide' carbonique. Des courants d’air sont ménagés avec soin dans les angles des cases, et

Îles lames de plomb se trouvent bientôt exposées à l’action de l’air et de l’acide carbonique, sous l’influence des vapeurs des vinaigres qui se dégagent des pots en raison de l’élévation de température de la masse.

Le métal absorbe l’oxygène de l'air et l’acide carbonique du. fumier, sous l’influence de l’acide acétique ; et au bout de quelques semaines, les feuilles de plomb sont presque complètement transformées en céruse.

On détache lacilemdht les écailles de céruse, par le choc, ou en ployant plusieurs lois les lames de plomb sur elles-mêmes. On broie la céruse soit à sec, soit avec de l’eau ; on en fuit une pâle molle, homogène, qu’on dessèche d’abord en Tintrodui- "’! sant dans de petits pots de terre très-poreuse et en la portant ensuite dans une étuve.

3° Procédé anglais.— On fait arriver un courant d’acide car-

CARBONATE DE PLOMB

bonique sur de la litharge humectée avec une dissolution trèsfaible d’acétate neutre de plomb. Cette litharge est placée dans des auges de schiste ; elle est mise continuellement en mouvevement par des râteaux, et reçoit un courant d’acide carbonique produit par la combustion du coke. Sous l’influence de cette faible proportion d’acétate de plomb, la litharge absorbe avec rapidité l’acide carbonique, et se trouve en quelques heures entièrement transformée en céruse.

La théorie de la fabrication de la céruse est très-simple ; et l’on peut dire que tous les procédés de fabrication reviennent à décomposer par l’acide carbonique un sous-acétate de plomb.

Dans le procédé de Thénard, on précipite directement par l’acide carbonique l’acétate de plomb tribasique, qui passe à l’état de sel neutre, et peut, après avoir redissous une nouvelle quantité d’oxyde, le céder de nouveau, et un nombre de fois en quelque sorte illimité, à l’acide carbonique.

Dans le procédé hollandais, l'oxygène de l’oxyde de plomb contenu dans la céruse est fourni par l’air, et l’acide carbonique provient du fumier. Pour le prouver, il suffit de supprimer les courants d’air dans les cases ; il ne se forme plus alors de traces de céruse ; lorsque ces courants sont mal ménagés, la transformation du plomb en carbonate n’est que partielle. On a reconnu également qu’il ne se produit pas de céruse lorsqu’on enlève le fumier : c’est donc cette matière qui fournit l’acide carbonique.

On démontre aussi que dans le procédé hollandais il se forme à la surface des lames de plomb du sous-acétate de plomb : si l’on cherche, en effet, à remplacer l’acide acétique par un autre acide organique qui ne produise pas un sel basique avec l’oxyde de plomb, il ne se fait pas de céruse : ainsi l’acide formique en présence du plomb, de l’air et de l’acide carbonique, ne produit pas de carbonate de plomb (Pelouze). Il faut donc admettre que, dans le procédé hollandais, il se produit un sous-acétate de plomb qui cède, comme dans le procédé de Thénard, une partie de sa base il l’acide carbonique, reprend ensuite une nouvelle quantité d’oxyde, qu’il cède de nouveau à l’acide carbonique, et que le même phénomène se reproduit jusqu’à ce que tout le plomb soit attaqué. A la fin de l’opération, 1 acide acétique se trouve, dans la céruse, à l’état d’acétate neutre ; aussi a-t-on signalé une petite quantité de ce sel dans la céruse hollandaise

.non lavée. ,

La céruse ne consiste pas ordinairement en carbonate de plomb pur, elle contient presque toujours de l’oxyde de plomb

hydrate. .

La céruse préparée par le procédé hollandais a pour tor-

mule : (C0*,Pb0)2,Pb0,110 (M. Link). ,

D’autres céruses ont donné à l’analyse des résultats correspondant à la formule (C02,Pb0)\Pb0,II0 (M. Muldar). ,

Les céruses du commerce sont quelquefois molecs avec uu sulfate de baryte, du sulfate de plomb, de la craie ou du plaircu On reconnaît la présence des deux premiers sels et du plant

CHROMATE DE TLOMB.

courant d’hydrogène sulfuré qui précipité le plomb, la ^isso lution filtrée forme, avec l’oxatate d’ammoniaque, un précipite

blLaCcéruse1 pure doit se dissoudre entièrement dans 1 acide

aCLeffitf de Venise , le blanc de Hambourg, le blanc de Hollande sont des mélanges en proportions variables de ceruse et de su fate de baryte.

État naturel. — Le carbonate de plomb natif accompagne fréquemment la galène. Ce sel est blanc, transparent, son ecla est diamantaire, son reflet nacré ; il possède la double refraction. 11 cristallise en prismes à quatre pans. Quelquefois le carbonate de plomb natif est noir à sa surface; cette couleur est due, tantôt, à une matière bitumineuse, tantôt à du deutoxyde de cuivre, et le plus souvent à de la galène.

(*; CHROMATE DE plomb. Cr03,Pb0 (jaune de chrome).

Équiv. = 2022,62 ou 101,81.

Ce sel est d’un beau jaune; il est insoluble dans l’eau, à peine soluble dans les acides et facilement réduit par le charbon et les matières organiques.

La chaleur ne transforme pas, comme quelques chimistes l’avaient indiqué, le chromate de plomb en un mélange de sesquioxyde de chrome et d'oxyde de plomb; il paraît se former dans cette calcination un chromate basique de sesqui-oxyde de chrome et de protoxyde de plomb (M. Marchand).

On prépare le chromate neutre de plomb par double décomposition, en précipitant du chromate neutre de potasse par de l’acétate neutre de plomb. La nuance du précipité varie avec l’état de neutralité des sels employés, et même avec la température à laquelle se fait la précipitation. Dans la préparation du chromate de plomb, il faut opérer avec des liqueurs étendues, pour éviter la production d’un composé soyeux, qui est probablement un sel double.

Le chromate de potasse donne dans les sels de plomb basiques des précipités qui sont d’autant plus rouges qu’ils contiennent une plus forte proportion d’oxyde de plomb.

Le chromate de plomb est employé en grande quantité dans la peinture à l’huile, comme couleur jaune, et dans la fabrication des toiles peintes. On s’en sert dans les laboratoires pour 1 analyse de certaines matières organiques sulfurées; le cliro-

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