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FULMINATE DE MERCURE

et peut-être de l’éther azotique, de l’aldéhyde, des acides formique, acétique, oxalique, homolactique.

L’opération se fait dans des cornues de verre, et les produits volatils qui contiennent une grande quantité d’alcool échappé à la réaction sont condensés avec soin. On peut les décomposer par de l’hydrate de chaux qui régénère de l’alcool qu’on fait rentrer dans la fabrication du fulminate de mercure ; on peut aussi remplacer directement par ces produits une partie de l'alcool qui sert à décomposer la dissolution acide d’azotate de mercure.

11 est important d’observer les proportions données, car, avec un excès d’azotate de mercure, on n’obtient qu'un précipité caséeux d’oxalate de mercure.

Le fulminate de mercure est inodore, d’une saveur styptique et métallique; il est sans action sur les réactifs colorés. Frotté légèrement contre un corps dur, il détone avec violence ; aussi ne doit-on le toucher qu’avec des cartes ou des baguettes de bois. Humecté avec 5 parties d’eau, il détone encore par le choc du fer contre le fer, mais la partie frappée brûle seule et sans flamme.

Le fulminate de mercure est une des poudres les plus brisantes que l’on connaisse. Les armes les plus solides ne pourraient résister à son action; elles seraient toutes brisées, ou mises hors de service au bout de peu de temps.

Si l’on place l’une contre l'autre sur du papier, ou même l’une sur l’autre, une traînée de fulminate de mercure et une traînée de poudre à tirer, et qu’on mette le feu au fulminate, la poudre à tirer sera dispersée, et on la retrouvera presque en entier. Si l’on met au contraire le feu à la poudre à tirer, dès que l’inflam- . mation sera parvenue au fulminate, ce corps dispersera instantanément le reste de la poudre, avant que l'inflammation ait pu l’atteindre. Ces observations démontrent que la combustion du fulminate de mercure est plus rapide que celle de la poudre. Un mélange intime de fulminate et de pulvérin brûle, au contraire, en totalité. (Gay-Lussac, Aubert et Pélissier.) ,

Le fulminate de mercure est employé en grande quantité pour la fabrication des amorces ou capsules fulminantes.

Pour faire ces capsules, on commence par laver avec soin le fulminate, et on le broie lorsqu’il est encore mêlé avec un excès d’eau ; on le passe à travers un tamis pour le séparer des corps étrangers qu’il pourrait contenir accidentellement. On le laisse ensuite égoutter, et, quand il ne contient plus que 20 pour 100 d’eau environ, on le mêle avec les 2/5 de son poids de nitre ou de pulvérin, en broyant ce mélange sur une table de marbre avec une molette de bois de gaïac.

L’addition du salpêtre présente plusieurs avantages incontestables. Elle augmente la flamme de l’amorce et empêche la combustion d’être instantanée : elle atténue la violence de l'explosion du fulminate, qui briserait rapidement les cheminées des fusils; en outre, la présence du mtre ou du pulvérin diminue le danger du grenage et du séchage de la poudre tuiminanle.

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