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AMALGAMES DE BISMUTH ET DE CUIVRE

T.e bismuth s’amalgame très-facilement. Quand le mercure est en excès, l’amalgame est liquide et peut dissoudre beaucoup de plomb sans se solidifier ; aussi introduit-on souvent par fraude du plomb ou du bismuth dans le mercure; mais alors le mercure fait toujours la queue.

L’amalgame, formé de t partie de bismuth et de 4 parties de mercure, présente la propriété curieuse d’adhérer fortement aux corps avec lesquels on le met en contact. Lorsqu’on verse cet amalgame dans un ballon bien sec et un peu chaud, et qu’on le promène sur toute la surface du vase, on produit un étamage qui est souvent très-beau.

Le cuivre forme un amalgame que les dentistes ont employé comme mastic pour les dents. Cet amalgame possède des propriétés remarquables : chauffé à une température voisine de l’ébullition du mercure, il se gonfle et se recouvre de mercure ; mais.broyé dans un mortier, il se ramollit et peut être pétri entre les doigts, même longtemps après son refroidissement. Au bout d’un certain temps, il devient très-dur et possède une texture cristalline à grain fin.

On le prépare en dissolvant du mercure dans l’acide sulfurique, et en triturant le sulfate obtenu avec du cuivre en poudre et de l’eau il 6o°.

(*; MÉTALLURGIE DU MERCURE

Les minerais de mercure se réduisent à deux, qui sont le mercure natif et le mercure sulfuré (cinabre). On les trouve surtout dans les grès, les schistes argilo-bitumincux, les calcaires compactes superposés au terrain houillcr appartenant principalement au terrain jurassique.

La métallurgie du mercure est trcs-simple : elle consiste à réduire le minerai de mercure par le fer ou la chaux, ou bien à soumettre le sulfure de mercure un grillage, qui transforme le soufre en acide sulfureux cl qui isole le mercure:

IlgS -R ÎO = SO* -t- Hg.

A Idria et àAlmaden, on extrait le mercure par le second moyen; la seule différence que présentent les deux exploitations consiste dans la forme des appareils où le métal se conde use.

La figure i 27 représente l’appareil que l'on emploie à Almaden pour l’extraction du mercure. Le minerai est placé en AB cl soumis au grillage qui transforme le sulfure de mercure en acide sulfureux et en mercure : les vapeurs de mercure se con-

MÉTALLURGIE DU MERCURE

densent dans une série d’allonges de terre abc appelées aludels. Le mercure condensé se réunit dans une rigole, d’où il coule dans un réservoir. Quant aux vapeurs non condensables, elles sortent par la cheminée.

A Idria, le minerai est décomposé par le grillage comme a

Fig. 127.

Almaden ; mais les appareils de condensation sont mieux disposés. Le minerai est placé, suivant sa grosseur, sur plusieurs soles placées au-dessus d’un foyer aa bb,e t la poussière est mise

Fig. 128.

dans des têts à la part ie la plus élevée; les vapeurs de mercure se condensent dans une série de chambres de condensation G, dont 1 air est continuellement refroidi par un courant d’au froid e( fig. 128).

Les mines d'Almaden en Espagne, d’Idria en Carniole, sont les plus importantes : la Hongrie, la Transylvanie, le duché des

ARGENT

Deux-Ponts, possèdent aussi des mines de mercure ; on exploite également le mercure en Chine, au Japon et au Pérou, et dans l’Amérique septentrionale, en Californie.

Dans le duché des Deux-Ponts, où le sulfure de mercure est môle de calcaire, on chauffe le minerai avec sa gangue dans des cornues de terre, munies d’allonges et placées les unes à côté des autres dans le même fourneau.

Le sulfure de mercure est décomposé par la chaux-, et donne du mercure en même temps que du sulfure de calcium et du sulfate de chaux :

4HgS + 4CaO = 3CaS + Ca0,S03 + 4Hg.

ARGENT

Équiv. = 1350 ou 108.

L’argent est de fous les métaux le plus blanc, et celui qui peut prendre le plus beau poli. Lorsqu’il a été précipité d’une dissolution par un autre métal, il se présente sous la forme d’une éponge blanche, composée de grains cristallins qui s'agrègent par la pression et le martelage. Lorsqu'on le fond et qu’on le laisse refroidir lentement, il cristallise en octaèdres volumineux ou en cubes.

L’argent n’a ni odeur ni saveur. Il est un peu plus dur que l’or et plus mou que le cuivre; en l'alliant avec une petite quantité de cuivre, on lui donne de la dûreté ; après l'or, c’est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux.

11 occupe le quatrième rang parmi les métaux pour la ténacité : un fil de 2 millimètres de diamètre exige un poids de 85 kilogrammes pour se rompre. 11 est un peu moins lourd que le plomb ; sa densité est égale à 10,2743; cette densité augmente par l’écrouissage, et peut s’élever à 10,544.

L’argent entre en fusion à une température qui correspond à peu près à 1 000° centig. ; il est peu volatil; sa volatilité augmente considérablement en présence d'un courant de gaz. L’argent se vaporise rapidement sous l'influence de la chaleur produite à l’aide d’une forte lentille ou d’un chalumeau à gaz hydrogène et oxygène.

Dans les ateliers d’affinage des métaux précieux où l’on fond chaque jour de grandes masses d’argent, on évite les pertes considérables qui résulteraient de la volatilisation et de l’entrainement mécanique de ce métal en faisant communiquer les fourneaux de fusion avec des conduits en maçonnerie de 25 à 30 mètres de longueur, qui débouchent, avant de s'engager dans la cheminée de l'usine, dans de grandes chambres, d'où l’on retire de temps en temps des poussières argentifères.

Lorsqu’on fond de l’argent dans un creuset de terre, on re-

argent.

marque souvent des globules métalliques adhérents au couvercle, qui proviennent de la volatilisation de l’argent.

L’argent ne s’oxyde ni dans l’air sec ni dans l’air humide ; il ne se Ternit à l’air que sous l’influence des vapeurs sulfureuses. L’argent en éponge devient incandescent dans un courant d’hydrogène, lorsqu’on le chaude à 130°.

L’argent pur, maintenu en fusion pendant quelque temps, a la propriété de dissoudre une certaine quantité d’oxygène et de l’abandonner en se solidifiant (M. Lucas). La quantité d’oxygène absorbé peut être de vingt-deux fois le volume de l’argent; la présence d’une petite quantité de cuivre fait perdre à l’argent la propriété d’absorber l’oxygène. L’argent ne dissout pas de traces d’azote (Gay-Lussac).

Lorsqu’on laisse refroidir à l’air l’argent qui a absorbé de l’oxygène, le gaz qui se dégage au moment de la solidification du métal, détermine souvent une projection d’argent qui se solidifie aussitôt en formant une sorte de végétation métallique : on dit alors que l’argent roche.

La dissolution de l’oxygène dans l’argent ne saurait être considérée comme résultant d’une véritable combinaison ; il faudrait admettre, en effet, qu’une telle combinaison ne peut exister qu’au rouge, ce qui serait sans exemple en chimie; et, de plus, l’oxygène et l’argent s’y trouveraient unis dans des rapports bien différents de ceux qu’on observe dans des composes définis; car le calcul indique, dans l’argent fondu et saturé d’oxygène, à peine quelques millièmes en poids de ce gaz.

L’argent n’est attaqué que par un petit nombre d’acides. Son meilleur dissolvant est l’acide azotique qui produit de l’azotate d’argent et du deutoxyde d’azote pur :

3Ag + 4 (AzO5, HO) = 3(AzOs, AgO) + 4HO + AzO^.

L’acide sulfurique étendu n’attaque pas l’argent; mais l’acide concentré le dissout en dégageant de l’acide sulfureux. L’acide phosp'norique ne l’attaque que par voie sèche.

L’acide chlorhydrique chaud et concentré attaque sensiblement 1 argent, surtout s’il est en contact avec du platine, et forme un sous-chlorure d’argent; il se dégage en même temps de 1 hydrogène. L’eau régale le change rapidement en chlorure.

L acide sulfhydrique attaque l’argent à la température ordinaire et le transforme en sulfure : une lame d’argent que l’on

plonge dans une dissolulion de cet acide devient immédiatement noire.

Les acides végétaux sont sans action sur l’argent.

L argent n’est pas altéré par les alcalis caustiques, les carbonates, les azotates et les chlorates alcalins : aussi se sert-on souvent de creusets d’argent pour attaquer les silicates par ces m verses substances. Quand on maintient un silicate alcalin en lusion dans un creuset d’argent, il se forme une petite quantité ü oxyde d’argent qui colore le silicate en jaune.

SOUS-OXYDE D’ARüENT.

Le contact prolongé de l’argent et du sel marin en fusion donne lieu à une quantité notable de chlorure d’argent.

L’argent divisé, chauffé avec le deutoxyde de cuivre, l’acide plombique, le minium, le peroxyde de manganèse, etc., ramène au minimum ces divers oxydes.

L’argent se dissout à chaud dans le sulfate de sesqui-oxyde de fer en ramenant ce sel à l’état de sulfate de protoxyde : Ag-|- 3S03,Fe203 = S03,AgO-[- 2(S03,Fe0). Lorsque la dissolution se refroidit, l’argent se précipite en petits cristaux brillants, et le sulfate de sesqui-oxyde de fer se régénère (M. Wœhler).

L’argent se combine directement avec le soufre, le sélénium, le phosphore et l’arsenic. Il absorbe à une température blanche plus de phosphore qu’il ne peut en retenir à une chaleur moins forte; aussi, quand on sature l’argent de phosphore, il se dégage, au moment du refroidissement, une certaine quantité de phosphore qui brûle dans l’air avec éclat (Pelletier).

Le chlore n’est absorbé que lentement par l’argent. La dissolution de sel marin peut dissoudre, au contact de l’air, une certaine quantité d’argent, et former un chlorure double de sodium et d’argent; la liqueur devient alcaline. Ce fait explique l’altération qu’éprouvent les vases d’argent dans lesquels on fait bouillir des dissolutions de chlorures alcalins.

L’argent se combine directement, même à froid, avec le brôme et l’iode; il s’allie à un grand nombre de métaux.

Pour préparer de l'argent pur, on dissout l'argent monétaire ou de coupelle dans l’acide azotique, et l’on précipite la liqueur filtrée par l’acide chlorhydrique. On lave et on dessèche le chlorure d’argent; on en fond d 00 parties avec 70,4 de craie et 4,2 de charbon, dans un creuset de terre que l’on chauffe au rouge vif. L’argent se rassemble en culot au fond du creuset ; il est recouvert par de l’oxychlorure de calcium, dont on le sépare facilement en brisant le creuset :

AgCI + 2,Ca0,C02) + C = (CaCI,CaO) + CO + SCO» + Ag.

L’argent forme, avec l’oxygène, les oxydes suivants :

Cet oxyde a été obtenu en faisant passer un courant d hydrogène sur du citrate d’argent chaude à 100° : il se forme de 1 eau et du citrate de sous-oxyde d'argent. La dissolution de ce sel est brune; lorsqu'on la traite par la potasse, elle donne un précipité noir de sous-oxyde d'argent.

Sous-oxyde d'argent Protoxyde d'argent..

Peroxyde d'argent... (*)

Ag*0

(*) SOUS-OXYDE d’argent, Ag’O.

Équiv. = 2800 ou 224.

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