‹ Abrégé de chimieChapitre 230 sur 276 · ESSAI D’UN ALLIAGE DE CUIVRE ET D’ARGENT · texte numérisé non relu

ESSAI D’UN ALLIAGE DE CUIVRE ET D’ARGENT

On dissout 200 ou 300 grammes de sel marin ordinaire dans 2 litres environ d’eau commune, et on filtre la dissolution : on en évapore quelques grammes pour apprécier la quantité de sel qu’elle contient : on étend cette liqueur de la quantité d’eau qu’indiquerait le calcul en supposant que le sel fût pur ; on précipite 1 gramme d’argent pur dissous dans l’acide azotique, par 1 décilitre de la liqueur salée ; comme cette dissolution est trop faible, puisque le sel marin n’est pas pur, on achève la précipitation avec un certain nombre de centimètres cubes de liqueur salée décime, dont la composition est connue. On note le volume de celte dissolution qui a été employé pour terminer la précipitation de l'argent, et l’on calcule combien on doit ajouter de liqueur salée à la première dissolution, pour la transformer en liqueur normale. Un second essai, avec un nouveau gramme d’argent, donne une approximation déjà très-grande, et un troisième permet d’amener la dissolution salée au titre normal.

D’ailleurs, il n’est pas nécessaire qu’un décilitre de cette dissolution précipite exactement un gramme d’argent pur ; il suffit qu’elle se rapproche beaucoup de cet état, et que l’on connaisse rigoureusement la quantité d’argent quelle peut précipiter.

Préparation de la liqueur décime salée.

On verse 1 décilitre de liqueur normale dans un vase de la capacité de 1 litre qu’on achève de remplir avec de l’eau distillée.

Il est évident qu’un litre de liqueur décime peut précipiter \ gramme d’argent, et que la millième partie ou 1 centimètre cube de la mémo liqueur précipite exactement la millième partie de 1 gramme ou 1 milligramme de ce métal.

Préparation de ta liqueur décime d'argent.

On dissout 1 gramme d’argent à dans 5 ou 0 grammes d’acide azotique pur, et on étend la dissolution d’eau distillée, de manière à obtenir exactement I litre de liqueur.

La liqueur décime d’argent et la liqueur décime salée sont préparées de telle manière, que, lorsqu'on les mêle à volumes égaux, il ne reste plus, dans la liqueur, d’azotate d'argent ni de sel marin, mais seulement de l’azotate de soude et du chlorure d’argent, comme l'indique l’équation suivante :

AzO», AgO + CINa = AzOB,NaO + ClAg.

Essai d’un alliage de cuivre et d'argent.

La pipette d'un décilitre (100 centimètres cubes) qui sert dans les laboratoires où l’on analyse journellement des alliages d’ar-

ESSAI D’UN ALLIAGE DE CUIVRE ET d’aRGENT.

gent est fixée dans une position verticale, et communique avec un réservoir de cuivre étamé rempli de la dissolution normale. Le liquide qui en tombe d’un jet continu représenle 100 centimètres cubes. Pour les essais qui ne se reproduisent pas souvent, la mesure peut se faire en aspirant avec la bouche la liqueur salée, dont on remplit la pipette; on la ferme avec le doigt ;on rend lentement l’air jusqu’à ce que la surface du liquide se confonde avec un trait tracé sur la pipette, et l’on reçoit dans le flacon où l’alliage a été dissous toute la liqueur qui tombe d'un jet continu.

Comme on se sert toujours de la même pipette, et que, sauf une légère correction, nécessitée par les variations de température, elle contient une quantité de sel propre à précipiter \ gramme d’argent, Ja première condition à remplir dans les essais par la voie humide est d’opérer sur une quantité d’alliage contenant approximativement t gramme d’argent. Lorsqu’on ne connaît pas ce, titre d’une manière suffisamment approchée, on le détermine soit par la coupellation, soit en procédant par voie de tâtonnement avec des liqueurs salées normales ou décimes, mesurées, par exemple, dans les pipettes de l ou de 2 centilitres.

Le titre étant approximé, on procède de la manière suivante à l’analyse de l’alliage. Nous supposerons que l’on ait à apprécier le titre exact d’une pièce de monnaie: on en prend une quantité représentant à peu près t gramme; si l’on admet que la pièce est à la limite légale inférieure, c’est-à-dire à on trouve, à l’aide de la proportion suivante, la quantité x qu’il faut prendre de cet alliage pour opérer t gramme d’argent :

On j)ôse donc tgr,1 lo de cet alliage, on l’introduit dans un flacon à l’émeri, de 2 décilitres environ ; on le dissout au bainmarie dans 5 ou 6 centimètres cubes d’acide azotique pur à 32° B. ; on chasse avec un soufflet terminé par un tube de verre les vapeurs nitreuses dont l’atmosphère du flacon est remplie, et l’on introduit dans le flacon, au moyen de la pipette, 100 centimètres cubes de liqueur normale.

On agite vivement le flacon pendant deux ou trois minutes, avec la main ou au moyen d’un agitateur mécanique, qui permet de remuer plusieurs flacons à la fois : la liqueur devient alois claire, et le précipité de chlorure d’argent tombe rapidement au fond du flacon.

On prend une petite pipette sur laquelle sont marqués deux traits correspondant à 1 et à 2 centimètres cubes, et qui est graduée comme celle d’un décilitre, de telle sorte qu'il ne faut compter que le liquide qui tombe d’un jet continu. La goutte que la capillarité relient à l’extrémité effilée de la pipette n’est pas comprise dans la graduation, ainsi que la quantité de liquide qui mouille la paroi du verre. Ce mode de graduation

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