SULFURES DE SODIUM
11 existe six composés sulfurés de ce métal.
NaS, — NaS2, — NaS3, - NaS‘, — NaS3, — NaS, HS.
Les sulfures de sodium correspondent, par leurs propriétés et leur mode de préparation, aux sulfures de potassium.
Le [monosulfure de sodium NaS cristallise en gros prismes incolores, d’une réaction fortement alcaline; sa saveur est à la fois caustique et sulfureuse. 11 contient 9 équivalents d’eau de cristallisation, et produit un abaissement considérable de température en se dissolvant dans l’eau.
Le monosulfure de sodium se prépare avec facilité : sa dissolution, qui est incolore, se conserve longtemps sans altération sensible ; on doit donc le considérer comme un réactif précieux, qu’on emploie souvent comme sulfure soluble.
On prépare le monosulfure de sodium en recevant dans de la soude (lessive des savonniers) marquant 36u à l’aréomètre de Baumé, un courant d’acide sulfhydrique produit par l’action de l’acide chlorhydrique étendu de 3 parties d’eau sur les sulfures de baryum ou de strontium. Ces sulfures s’obtiennent en chauffant le sulfate de baryte ou le sulfate de strontiane avec du charbon.
Le tube qui amène le gaz dans la dissolution doit être d’un très-grand diamètre, afin que les cristaux de sulfure ne l’obstruent pas.
L’hydrogène sulfuré est absorbé complètement, quelle que soit la rapidité avec laquelle il arrive dans la dissolution alcaline. Deux litres de lessive des savonniers exigent deux ou trois heures pour leur saturation. La liqueur ne tarde pas alors à se prendre en une masse cristalline qu’on égoutte et qu’on fait ensuite redissoudre à chaud.
On obtient par le refroidissement de cette dissolution de beaux cristaux de sulfure de sodium pur.
AZOTATE DE SOUDE. AzOS,NaO.
Équivalent = 1062,5 ou 85.
On donne souvent à l’azotate de soude le nom de nitre cubique ou quadrangulaire. Ce sel est incolore et cristallise en rhomboèdres qui se rapprochent beaucoup du cube ; ses cristaux sont anhydres. Lorsqu’on chauffe l’azotate de soude, il se décompose d abord en azotite, et se transforme ensuite en soude anhydre.
ir.
SULFATE DE SOUDE
Ce sel est plus soluble à la température de 0° qu’à la température ordinaire.
L’azotate de soude attire promptement l’humidité ; aussi n’at-on jamais pu le faire entrer dans la fabrication de la poudre.
L’azotate de soude existe dans la natui’e. On le trouve en abondance au Pérou, où il forme sous l’argile une couche mince, mais d’une étendue très-considérable.
Usages. — L’azotate de soude est employé pour la fabrication de l’acide azotique : cet acide se prépare, comme on sait, en décomposant l’azotate de soude par l’acide sulfurique. Ce sel donne, à poids égaux, plus d’acide azotique que l’azotate de potasse, car l’équivalent de la soude est plus léger que celui de la potasse.
M. Kuhlmann, en France, et M. Barclay, en Angleterre, ont proposé l’emploi de l’azotate de soude dans l’agriculture comme engrais.
Ce sel sert aussi à la fabrication de l’azotate de potasse. (Voy. Nilre.)
Une poudre formée de 5 parties d'azotate de soude, 1 de soufre et ode charbon, brûle avec une belle flamme jaune orangé; on l’emploie dans les feux d’artifice.
sulfate de'soude. S03,NaO,l OHO.
Équiv. = 2012,5 ou 161.
Le sulfate de soude, autrefois appelé sel de. Glauber, est incolore, d’une saveur fraîche et amère ; il cristallise en grands prismes à quatre pans terminés par des sommets dièdres, qui contiennent 10 équivalents d’eau ou 56 pour 100 de leur poids.
Ce sol, exposé à l'air, s’effleurit; lorsqu’on le soumet à 1 action de la chaleur, il fond d'abord dans son eau de cristallisation; puis il perd peu à peu toute son eau, et présente le phénomène de la fusion ignee.
11 est indécomposable par la chaleur.
La solubilité du sulfate de soude est représentée par le tableau suivant : '
100 parties d’eau
dissolvent
3,02 de sulfate de soude anhydre,
/ftnv.I nccne ’i
La solubilité du sulfate de soude augmente, comme on voit, avec la température jusqu’à 32°, 7, et à partir de ce point elle diminue jusqu’à 104°, t ; c'est à cette température que la dissolution saturée de sulfate de soude entre eu ébullition.
SULFATE DE SOUDE
Les cristaux de sulfate de soude qui se déposent à la température ordinaire contiennent, comme nous l’avons dit précédemment, 10 équivalents d'eau; mais ceux qui prennent naissance dans une liqueur dont la température dépasse 33° sont anhydres.
Si l’on introduit une dissolution de sulfate de soude saturée à 33° dans un tube de verre effilé, et qu’on fasse bouillir cette dissolution afin de chasser la petite quantité d’air qui reste dans le tube, puis que l’on ferme à la lampe l’extrémité effilée du tube lorsque la liqueur est en ébullition, la dissolution qui se trouve renfermée dans le tube à l’abri du contact de l’air ne cristallise pas par le refroidissement ; on peut môme agiter le liquide sans déterminer la cristallisation ; mais si l’on casse la pointe du tube, le sulfate de soude se dépose aussitôt. Au moment de la cristallisation, la liqueur s’échauffe sensiblement, et le sulfate de soude qui cristallise est souvent anhydre.
Ce phénomène dépend plutôt de la présence de l’air atmosphérique que de la pression ; on empêche, en effet, la dissolution de sulfate de soude saturée à 33° de cristalliser, quand on la recouvre d’une couche d’huile ou d’essence de térébenthine qui la préserve du contact de l’air ; mais, dès qu’on enlève l’huile, ou qu’on agite la liqueur avec une baguette de verre, elle se prend en une masse cristalline (Gay-Lussac).
Une dissolution de sulfate de soude saturée à 33° ne cristallise pas lorsqu’elle se refroidit en présence d’un volume d’air limité, dans une fiole, par exemple, bouchée avec une capsule renversée ; elle se prend aussitôt en une masse cristalline quand on la touche avec une baguette de verre, pourvu cependant que cette baguette soit prise dans son état ordinaire. Mais si on l’a chauffée, et ensuite refroidie dans un volume d’air limité, en la plongeant dans une éprouvette fermée par un bouchon que traverse la baguette, elle perd la propriété de faire cristalliser la dissolution ; elle ne la reprend que par l’exposition à l’air libie. Des bulles d air ordinaire que l’on fait passer à travers la dissolution déterminent aussi la cristallisation; mais de l’air filtre a travers un long tube rempli d’amiante ou de colon cardé, est dépourvu de cette propriété (M. H. Lœxvel).
Cette cristallisation subite ne se détermine qu’au contact de petits cristaux de sulfate de soude hydraté qui existent dans 1 atmosphère et arrivent au contact de la dissolution quand l’air s y précipité (M. Gernez).
Le sulfate de soude, en se dissolvant dans l’eau, et surtout dans 1 acide chlorhydrique, produit un froid considérable.
un peut avec un pareil mélange obtenir de la glace à peu de lais. Les proportions qui réussissent le mieux sont celles-ci :
Sulfate de soude j sqq gr.
Acide chlorhydrique j 200
L opération s’exécute dans un appareil qui se compose d’un - lnclI'e creux, destiné à recevoir le mélange réfrigérant. Ce
ICO
SULFATE DE SOUDE
cylindre es! entouré d’une enveloppe à double fond, contenant de l’eau qui se change pendant l’opération en un cylindre de glace ; on fait plonger en outre dans le mélange réfrigérant une boîte métallique pleine d’eau qui se convertit aussi en glace. Ce n’est qu’après plusieurs opérations successives que l’on obtient quelques kilogrammes de glace. On estime que la glace préparée par ce moyen revient à environ 40 centimes le kilogramme.
Préparation du sulfate de soude. — Ce sel existe, en même temps que le chlorure de sodium, dans certaines sources,
Fig. 97.
et se dépose par l’évaporation à l'état de sulfate double de soude et de chaux. Dans les salines, on donne à ce dépôt le nom de
scholt. ,, , , , .
1 e scholt, traité par l’eau, est décompose en sulfate de chaux peu soluble et en sulfate de soude qui reste en dissolution et
peut cristalliser. , ,
On prépare ordinairement le sulfate de soude en décomposant le sel marin par l'acide sulfurique :