MONARCHIE DANOISE
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 5" 4 5' et io° 14'. Latitude, entre 53- 2a' et 570 tf.
DIMENSIONS. La configuration de ce royaume formé en grande partie d'îles, et la méthode suivie pour déterminer les dimensions des autres états, nous obligent à ne faire entrer dans nos calculs que les seules possessions allemandes et la péninsule du Julland, ce qui diminue de beaucoup les deux plus grandes lignes qu'on peut tracer dans la partie européenne de la monarchie Danoise. Plus grande longueur, depuis SLagcn, dans le bailliage d'Aalbourg, jusqu'à la rive droite de l'Elbe dans le Ditmarschen, 233 milles. Plus grande largeur, depuis les environs d'Agger sur la mer
INSCRIPTION DE L'EUROPE
du Nord, dans le bailliage deThisted, jusque dans les environs d'Aalso<: sur le Cattegat , clans le bailliage de d'Aarhuus, y5 milles.
CONFIAIS. Au nord, le Skager-Rack, dit aussi mer de Danemark par quelques géographes, et le Cattegat. A l'est, le Cattegat, le détroit du Sund, la Baltique et les possessions de la maison deMecklembourg dans la confédération Germanique. Au sud, le royaume de Hanovre dans la coufédération Germanique. A l'ouest, la mer du Nord.
FATS- Le royaume de Danemark proprement dit formé de l'archipel Danois, y compris l'île Bornholm et du Jutland Septentrional; le duché de Schleswig, ou le Jutland Méridional ; Yarchipel de Ftrro ; les duchés de Holstein et de Lauenbourg avec la seigneurie de Piunebcrg, le comté de Ranzau et la ville d'Altona , pays compris dans la confédération Cermaniouc. Pendant la guerre de la révolution française le Danemark perdit l'île d'IIelgoland qu'il céda à l'Angleterre , et le royaume de Norwège qu'il céda à la Suède; il reçut eu dédommagement la Poméranie ci-devant Suédoise , qu'il céda au roi de Prusse pour le duché de Lauenbourg et une somme d'argent. Mais afin de signaler une erreur répétée dans presque toutes les géographies , nous devons ajouter que la prétendue souveraineté de la ville de Ratzebourg que les géographes partagent entre le roi de Danemark et le grand-duc de Mecklembourg-Strelitz , n'est en réalité qu'une propriété domaniale de ce dernier; elle ne comprend que la cathédrale (Dota) de cette ville et le Palmberg, petite place qui en est voisine. La partie de ce duché, sur laquelle ce prince exerce réellement les droits de souveraineté, a poiu chef-lieu la petite ville de Schônberg.
noiTAGNSS. Depuis la perte de la Norwège la partie européenne de ta monarchie Danoise n'offre aucune élévation qu'on puisse décorer du nom de montagne , si ce n'est dans l'archipel de Fserd; on n'y trouve, à proprement parler, que des collines. Voyez à la page 94.
IaAOS. Ce royaume en a plus de 400 portant des noms, mais ils sont presque tous très petits , à moins qu'on ne veuille ranger parmi les lacs le Lumfiord, à cause de l'étroit canal, qui jusqu'en i8a5 établissait la seule communication entre cette nappe d'eau qui était en partie douce et le Cattegat Depuis la terrible bourrasque qui a ouvert deux canaux à l'ouest , toutes les eaux du Liimfiord sont devenues salées, et cette masse d'eau doit être classée parmi les lagunes, ainsi que le Ringkitibing-Fiord dans le bailliage de ce nom. Voyez à la page *4- Les véritables lacs les plus remarquables de cet état sont ceux d'Arre et à'Esrom dans la partie septentrionale de l'île Seeland ; de Mariebœ dans l'île Laaland ; de Ploen et le Salent dans le duché de Holstein ; de Ratzebourg et de Schaal dans celui de Lauenbourg.
HH. Ce royaume en a plusieurs et même elles forment sa partie principale et la plus florissante. Ne tenant pas compte des divisions administratives auxquelles elles appartiennent, nous les partagerons dans les trois classes suivantes :
Iles daws la mee Baltique et le Cattegat. Ces îles forment ce qu'on pourrait appeler Y Archipel Danois; elles s'étendent entre la Gothie et le Jutland. Les principales sont : Seeland (Sjadtand), Fionie (Fyen), Falster* Laaland, Fcmem, Môen, Langeland, Ami, Als, Samsô ; Bornholm , au milieu de la Baltique, Anhott et Lrsâ, au milieu du Cattegat, sont les sporades principales de cette division.
ABilÉGÉ DE GEOGRAPHIE.
Iles dans la mer du Nord. Ces îles s'étendent le long de la côte occidentale du Jutland. On pourrait les appeler Archipel J ut la ridai s, à cause de leur position. Les principales sont du nord au sud : Fano , Homo, Sytt y F6hry Amron , Pelworn et NordstrantL
Iles uans l'Océan Atlantique Septentrional. Cette division comprend V Archipel de Fœrô, dont les îles principales sont : Strvm»y Osterô et Sjrderô.
FLEUVES. La configuration du sol , dont une grande partie consiste en îles et dont le reste offre partout de petites dimensions, ne permet pas à cet état d'avoir de grands fleuves. Voici les principaux ; ils appartiennent à la Baltique, au Caltegat et à la mer du Nord.
La MER DU NORD reçoit :
L'Eider ; ce fleuve sort d'un étang près de Bordcsholrn , dans le Holstein, traverse le lac Western , et changeant depuis sa direction, sépare le duché de Sehleswig de celui de Holstein ; il se rend dans la mer du Nord après avoir baigné Rcndsburg , Frederickstadt 1 1 Tônningen.
L'Elbe, qui est un des grands fleuves de l'Allemagne, sépare les duchés de Lauenliourg et de Holstein du royaume de Hanovre et entre dans la mer du Nord. Dans les confins de cet état il baigne Lauenbourg , Altoua et Glùckstadt, et reçoit le Delve/iau, la VA lie et le Siôr.
La MER BALTIQUE reçoit :
La Tkavk, dont le cours supérieur appartient au duché de Holstein, traverse le territoire de la république de Lubeck et se jette dans la Baltique, après avoir reçu la Steckenitz et la H 'ackenitz, et avoir passé par Oldeslohe. Le CATTEGAT reçoit :
Le Gudsh (Gudenaa) , qui est le plus graud fleuve du Jutland, où il baigne les bailliages de Skandcrtorg , Viborg et Randcrs, et, après avoir passé par Randers, il entre dans la mer.
CANAUX. Malgré sa petitesse et sa position en grande partie insulaire, cet état en a plusieurs qu'il doit à l'administration éclairée du roi régnant et de son prédécesseur. Nous nous bornerons à citer les plus imporlans :
Le canal de Schlcsivig-Holstein qui est le plus grand ; il forme la jonction de la mer du Nord avec la Baltique, en réunissant l'Eider (depuis Rendsbourg) au ;;olfe de Kiel ; ce canal est remarquable par la beauté de ses « cluses et par ses ponts. Le canal de la Steckenitz , qui joint l'Klbe a \\ Baltique, moyennant la réunion du Delvenau, aiiluent de l'Elbe, à la Steckenitz, affluent delà Trave. Le canal de Nestved , construit pour faciliter le transport du bois des forêts des environs de Soro en Seeland; il réunit le lac Bavelse à la mer Baltique. Le canal d'Odensc y construit en 1804 pour joindre cette ville avec la mer. On a le projet de creuser plusieurs canaux, entre autres un grand canal qui joindrait l'Klbe à la Baltique à travers le Holstein. Parmi les travaux hydrauliques importaus exécutés sous le régne actuel, on doit citer surtout les deux ports artiliciels de Klsencur dans le Seeland et de Fredcrikshavn dans le bailliage de Hjôring dans le Jutland. On a aussi le projet de construire un port à Jiruttsbiittel dans le pays des Ditinnrsches, pour faciliter le commerce du Holstein. Nous ajouterons aussi que des digues plus ou moins remarquables protègent contre les fureurs de la nier du Nord toute la côte du Holstein et la côte occidentale du Jutland, dont le niveau est souvent plus bas que celui de la mer.
ITHWOCBAPHIE. On peut dire que tous les habitaus du royaume
appartiennent à la souche Germanique , dans laquelle il faut distinguer : les Danois, qui forment la grande masse de la population; ils occupent l'archipel Danois, tout le Jutland Septentrional et environ les trois quarts du Jutland Méridional ou duché de Schleswig; les Allemands, qui vivent dans les duchés de HoUtein et de Laiienhourg et dans une partie du duché de Schleswig , savoir dans la plus grande partie des bailliages de Hylten et Husum et dans la inoindre partie de ceux de Tôndern et de Gallop, ainsi que dans les districts séparés de Daenischwald , Svansen , Stapelholm et Eiderstedt; les Frison.; , qui occupent les iles le long de la côte occidentale du Jutland, et une partie du bailliage de Ilusiim. Les Juifs , qui appartiennent à la souche Sémitique ne forment qu'une très petite fraction de la population de cet état; presque tous vivent à Alloua et à Copenhague.
BIUOIOV. Le luthéranisme est la religion de l'état et de la presque totalité de ses habiians, qui sous ce rapport jouissent de la plus grande liberté. Le gouvernement est si tolérant en matières religieuses, qu'on peut y obtenir des emplois et des dignités sans professer la croyance du pays. On y trouve un petit nombre de (at ho lu/ ues et un autre encore moindre de He rm h u te rs , de Calvinistes et de M en nonites. Les Juifs , quoique en très petit nombre relativement à la population générale du royaume, sont encore plus nombreux qu'aucune des quatre dernières religions que nous venons de nommer, prise séparément.
GOUVERNEMENT. Depuis la révolution de 1660, le gouvernement Danois est uue monarchie absolue pour les pays qui forment le royaume de Danemark proprement dit. Dans les deux duchés de Holsteiu et de Lauenbourg qui forment partie de la Confédération Germanique, la noblesse jouit encore de grands privilèges. Les Ditmarsehes , dans le Holstein et les babitans de la ville d' Altona jouissent de grands privilèges et do grandes libertés; entre autres ils ne sont pas soumis au système des douanes qui régit tout le reste de la monarchie Danoise. Comme duc de Holstein et de Lauenbourg le roi de Danemark est membre de la Confédération Germanique. Voyez aux pages 177 et 181.
FORTERESSES et PORTS MILITAIRES > Les trois places principales sont : Copenhague, avec la citadelle de frèdérikshavn et le fort de Trekroner (Trois Couronnes), Rendsborg et Knmborg près d'Elsencur; viennent ensuite Nyborg, Frederits, Frvderiksort , Korsôr, Fladslrand près de Friderikshavn , Christiansô près de l'Ile Bornholm. Copen/iague est le principal port militaire de toute la monarchie, et la station ordinaire de ia floue et de la flottille.
INDUSTRIE. Malgré les progrès faits depuis un demi-siècle, les manufactures et les fabriques sont encore bien loin d'avoir atteint tout l'essor dont elles sont susceptibles. Les manufactures de draps, de soie et de /wrcelainc de Copenhague; celles de toile à voiles de cette ville et de plusieurs autres ; les tanneries et les gants de Randers et d'Odense ; le /tapicr de Seelande, du Holstein ; la fabiitftie d'armes de Frederiksvaerk et d'IIellebeck daas le Seeland; àe tabac, surtout à Copenhague, Frederits et Altona; les dentelles de Tondern et de Lygumkloster, les baptistes de Schlcswig et Yeau-de-vic et la bière qui se font dans toutes les villes marchandes du royaume, surtout à Copenhague, Altona, Flensborg et Odense où la bière est d'une qualité supérieure, nous paraissent être les principaux
articles de l'industrie de cet état, où Yhorlogerie, la bijouterie, la carrosserie, la sellerie , la mégisserie, les instrument de musique et de mathématiques, et les travaux du tourneur, du chapelier, du teinturier et du cordonnier, ont fait aussi depuis quelque temps de grands progrès. Le paysan dans les îles et dans le Jutland fabrique encore souvent lui-même tout ce qui sert pour son habillement et pour meubler son habitation.
Les villes qui se distinguent le plus parleur industrie sont : Copenhague, Altona, Flensborg, Kendsbourg, Itzehoe et Kiel. Viennent ensuite celles de Rônne, Husum, Randers, Fridcricia, Aarhuus , Aalborg, Ribe, Odense et Tàndern.
OOIVMXB.CE* Peu d états ont une position plus favorable pour le commerce. Aussi celui du Danemark est-il très important, relativement à l'étendue de son territoire. 11 avait pris un grand essor pendant les premières années de la guerre de la révolution française; mais depuis 1807 jusqu'à 1814 ses pertes furent immenses. Depuis la paix générale et surtout dans les sept a huit dernières années, il a repris une nouvelle vie, et actuellement il est assez florissant ; ses progrès ont été plus sensibles dans les villes et provinces , tels qu'à Altona, Aarhuus, Aalborg, Faaborg , etc., que dans la capitale. Les principaux articles de ses exportations consistent en céréales, beurre, farine, fromage, bœufs et chevaux, cuirs, suifs, viande salée et lard , poissons salés , laine, eau-de-vie de grains. Les principaux articles d'iMPORTATioiv sont : vins, sel, bois de charpente, goudron , charbon de terre, fruits de l'Europe-Méridionale, sucre brut, café et autres denrées coloniales, coton, soie, verrerie, métaux bruts et travaillés, draps fins, étoffes de soie, fils de coton et beaucoup d'articles de modes et de quincaillerie. Le commerce de commission fait gagner des sommes considérables au Danemark , dont la marine marchande augmente tous les jours. Les principales villes pour le commerce sont : Copenhague, Altona, Elseneur, Flensborg et Aarhuus ; viennent ensuite Kiel, Rentlibourg, Tànningen et Glùckstadt, Aalborg, Randers, Tôndcrn, Schleswig, Horsens ♦ Haderslev (Hadersleben) , Apenrade , Fridcricia, Kallundborg, Faaborg.
BXTISIONS ASHUOlSTBUkTlvss. On doit distinguer dans cet état deux grandes divisions : le royaume de Danemark et les duchés. Dans le premier les divisions administratives nommées bailliages sont régulières , et depuis long- temps tout ce qui concerne l'administration y est entièrement séparé de ce qui est du ressort des tribunaux; mais il en est bien autrement des duchés; leurs baillis ou leurs chefs de l'administration intérieure sont en même temps juges civils et criminels. Dans les provinces danoises les divisions administratives ou les bailliages sont à-peu-près de même grandeur et comprennent tout ce qui se trouve situé dans leurs limites respectives, à la seule exception de Copenhague qui a une administration à part, quoique comprise dans le bailliage auquel elle donne son nom. Dans les duchés, au contraire, les bailliages sont d'une étendue très inégale, et chaque ville a un magistrat qui, ne dépendant pas de son bailli respectif, forme par le fait une petite division administrative séparée. A. cela il faut ajouter que la noblesse des duchés , jouissant de certains privilèges, surtout dans les duchés de Holstcin et de Lauenbourg, ses propriétés seigneuriales ne relèvent pas 4e leurs baillis respectifs, mais forment des districts à part.
Les prétendus grands baillis que les géographes représentent comme
DESCRIPTION I)K L'El ROPE. 375
les chefs des grandes divisions dans lesquelles ils partagent à tort ce royaume, ne sont que des baillis ordinaires qui, se trouvant résider dans le chef-lieu d'un diocèse, sont chargés de concert avec Pévéque respectif de l'administration dos fonds cmplovés pour des fondations pieuses; c'est en cela seulement que ces employés sont supérieurs à leurs collègues; dans tout le reste ces derniers sont parfaitement égaux et relèvent immédiatement des collèges de Copenhague, de Schleswig, de Glùckstadt ou de Ratzebourg.
A l'égard des deux gouvernemens généraux , celui de Fionie et celui des deux duchés , gouvernemens dont il est question dans les meilleures geographies, nous ferons observer que ces deux dignités, dont le roi a revêtu le prince Christian-Fredcrik et le landgrave de Hcsse , ne changent nullement les divisions administratives de ces pays, puisque les deux baillis de Fionie continuent à dépendre immédiatement de la chancellerie de Copenhague, et les baillis des deux duchés continuent à relever de leurs autorités supérieures respectives qui sont le collège administratif et judiciaire de Schleswig pour le duché de ce nom et le collège de Glùckstadt pour celui de Holstein. Le duché de Lauenbourg a un gouverneur h part qui est le chef du collège dont relèvent immédiatement les baillages de son arrondissement.
Toutes ces anomalies que nous venons de signaler d'après des renseignemens positifs que nous devons à l'obligeance de plusieurs Danois très instruits; la manière erronée avec laquelle les géographes même les plus renommés ont partagé cet état en confondant les divisions judiciaires et ecclésiastiques avec ses véritables divisions administratives; le morcellement des pays qui forment la partie européenne de la monarchie Danoise, conséquence naturelle de la position insulaire d'une grande partie de son territoire; et le rôle brillant que cette contrée a joué dans les annales de l'histoire du moyen âge et moderne; tous ces motifs nous paraissent assez puUsans pour nous engager à sortir du cadre adopté pour les autres états, afin de mettre à même le lecteur de saisir facilement lYusemble des divisions administratives actuelles de cette partie de la monarchie Danoise, ce qui serait à-peu-près impossible sans les détails que nous offrons dans le tableau suivant. La première colonne offre les noms des bailliages, la seconde les pavs ou les îles où ils sont situés et la troisième leurs chefslieux respectifs et les villes et lieux les plus remarquables qu'ils contiennent
1>VÏS.