‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 126 sur 320 · EMPIRE DE RUSSIE ET ROYAUME DE POLOGNE · texte numérisé non relu

EMPIRE DE RUSSIE ET ROYAUME DE POLOGNE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre i6° et 6i°. Latitude , entre 400 et 700. Dans ces calculs on a compris le royaume de Pologne, mais on en a exclu le groupe de la Nouvelle-Zemble et l'archipel de Spilzberg. Voyez pour ce dernier à la page 83.

DISTENSIONS. Plus grande longueur : du revers septentrional du Caucase, près des sources de la Samoura aux. rives de la Muonio, dans les environs d'Enontekis dans la Botnie orientale, 1,840 milles. Plus grande largeur: depuis le revers occidental de l'Oural , près des sources de la Silva dans le gouvernement de Perm à la frontière occidentale de la Volhynic à l'ouest de Loutsk, i,3oo milles. Dans ces calculs on n'a pas compris le royaume de Pologne.

CONFINS. Au nord, l'Océan-Arctique. A. Ycst, la Russie-Asiatique et la mer Caspienne. Au sud, la Russie- Asiatique , la mer Noire, les empires Ottoman et Autrichien, et la république de Krakovie. A {'ouest, la principauté de Moldavie et l'empire d'Autriche, la monarchie Prussienne, la mer Baltique et la monarchie Norwégieno- Suédoise.

PATS. La Russie proprement dite qui forme le noyau de l'empire , nommée mal-à -propos Moscovie ; les territoires des Cosaques du Don et de la mer Noire; les ci-devant royaumes de Kasan et d' Astrakhan, conquis depuis long-temps sur les Tartares; la Biarmie; presque toute la Laponic; Ylngrie, la Ca relie , la Finlande, Y 'Ostrobotnie , YEsthonic, la Livonie, les archipels d'Âffo et d'Zland et les îles Dago, osel, etc. , pays autrefois appartenant au royaume de Suède; la plus grande partie du ci-devant royaume de Pologne, savoir les gouvernemens de Witebsk, de Mohilew, de Minsk, de Wolhynie, de Groduo, de Wilna, de Podolie, la province de fiialystok et le nouveau royaume de Pologne; le ci-devant Khanat de Crimée avec la Petite- Tartartc , la Bessarabie et partie de la Moldavie , contrées conquises sur l'empire Ottoman ; toute la partie de la Région Caucasienne au nord de la chaîne principale du Caucase, pays enlevés aux indigènes, aux Turks et aux Persans.

MONTAGNES. On peut regarder la Russie d'Europe comme un vaste plateau d'une médiocre élévation, sillonné de quelques hauteurs. Les véritables montagnes se trouvent vers ses frontières orientale et méridionale. Toutes les hauteurs de cette vaste contrée peuvent être classées entre les systèmes stiivans : Scahoinaviquk, auquel appartiennent les hauteurs de la Finlande et des gouvememens d'Olonetz, Arkhangel et autres; Slaviqwe, qui embrasse toutes les hauteurs de la Russie Centrale, et dont le point culminant, dans les prétendus monts tf'a/daï, ne s'élève qu'à 175 toises; Hf.rcynio Carpathif.n , auquel appartiennent les hauteurs du sudouest de la Russie, et les petites montagnes de la partie méridionale du nouveau royaume de Pologne; le Katharincnberg , haut de 333 toises et le Lysa, de 3ao , sont les points culminans de ce svstèinc dans cette partie de l'Europe; Caucasien, qui comprend, outre la chaîne qui sépare l'Europe de l'Asie et les hautes montagnes de la Crimée méridionale, dont le point culminant est la pointe sud-ouest du Tcltatyrdagh , haute de 790 toises; enlin I'Ouraliqce, qui sépare l'Europe de l'Asie et auquel appartiennent

toutes les montagnes et les hauteurs de la Russie Orientale au nord de la nier Caspienne. Voyez aux pages 90 , 91 , 9? , g3 , et les montagnes de V Asie.

BLEIi Parmi les nombreuses îles qui appartiennent à cet empire , on doit surtout distinguer les suivantes :

Dans I OCÉAN-ARCTIQUE : le groupe de la Nouvelle-Zemble et Yarchipel de Spiizberg , qui sont déserts et que leur «cule position nous engagea ranger parmi Jes dépendances géographiques de l'Europe. Voyez à la page 83 pour la colonie temporaire du Spitzberg;à la page <}5 nou» avons signalé dan h le groupe de la Nouvelle-Zemble l'existence du volcan le plu» septentrional que Ton connaisse sur le globe ; ici nous ajouterons que les affreuses solitudes de la Nouvelle-Zemble sont fréquentées par un nombre prodigieux de vaches marines et d'autres animaux semblables, que les armateurs d' \tkhangel et de Mezen y vont chasser; quelquefois ils y (tassent l'hiver. Viennent ensuite l'île Kalgourf et celles de Vaigats : ces dernières donnent le nom au détroit de Vaigats.

Dan» la MER BLANCHE : les iles Solovetzkoi , célèbres par le monastère situe dans une des prineipales.

Dans la MER BALTIQUE : les îles (jsel ou QEsrl (Saare-Ma des indigènes), qui est une des phi» grandes de la Baltique; elle dépend du gouvernement de Riga, ainsi que celle de jWoViqui eu est voisine; Dago pt fformo, qui relèvent du gouvernement de Bevel; Kronstadt, au fond du golfe de Finlande t remarquable par ses fortifications, son port et ses chantier»; Yrrclùpel d'Jtbo, qui se développe devant cette ville et le long de la cote méridionale et d'une partie considérable de la cote occideutale de la Finlande; composé presque entièrement de rochers innombrables peu élevés, pointus ou taillés à pic de diverses variétés de granit et de calcaire ; il olire uu labyrinthe redoutable aux marins et une des merveilles de la géographie physique aux géographes ; enfin Yarchipel d'iiland, ainsi nommé de l'île principale; il est situé a l'entrée du golfe de Botnie et est pour la Russie d'une grande importance politique et militaire.

La MER NOIRE n'offre aucune île assez étendue ou assez remarquable pour mériter d'être mentionnée dans cet abrégé.

IhA.CS ET LAGUNES. La Russie offre les plus grands lacs de l'Europe dans sa partie septentrionale, et plusieurs lagunes dans la méridionale; cellesci se trouvent dans la partie septentrionale de la Crimée et le long des côtes du gouvernement de Kherson et de la province de Bessarabie, aux environs de Perekop, d'Otchakof et aux embouchures du Danube. Parmi le grand nombre de lacs de la Russie on doit mentionner surtout pour leur étendue: le Ladoga, qui est le plus grand de toute l'Kurope; viennent en* Miite Y Onega, dans le gouvernement d'Olonctz; le Sauna , le Pnyana et le Kolkis dans la Finlande; le Paypus entre les gouvernemens de Rcvel, de Riga, de Pskov et de Pétersbourg; les Russes depuis long-temps le connaissent sous le nom de Telnmdskoïe ; Ylhnen dans le gouvernement de Xovogorod; Y Ennra , dans la Laponie dépendante de la grande principauté de Finlande. Nous ajouterons ceux bien plus petits nommes Bielo (Blanc; , dans le gouvernement de No\ ogorod , et Koubinskoe on Koubensk dans celui de Vologda, à cause de leur grande importance pour les communications hydrauliques de l'empire. Il y a aussi un grand nombre de lacs salés dont on retire une immense quantité de sel ; parmi ceux-ci il faut nommer surtout le lac Elton dans le gouvernement de Saratov.

FLEUVES. La Russie est traversée par les plus grands fleuves de l'Europe. Voici les principaux rangés d'après les mers différentes auxquelles ils aboutissenL

I* MER BALTIQUE reçoit :

La Ton»*, qui naît dans la laponie suédoise, trace la frontière de l'empire de

ce côté, baigne Torneâ et se jette dans le golfe de Rutnie; elle reçoit le Mounio à la gauche, qui Irace égaletueut la froutière et |>assc par Enontckis.

Le Kkmi, I'UleÂ, le Pyhajoei, qui traversent la partie septentrionale du grand duché de Finlande et se jettent daus le golfe de Botnie ; ces fleuves prennent uaissauce dans des lacs considérables d'où ils tirent leurs noms.

Le Kuuo , qui décharge les eaux du lac Pykajervi et a son embouchure dans le golfe de Botnie.

Le Kymkjt ou Kusmuie, qui décharge les eaux du lac Pajana ou Peeude et se reud dans le golfe de Finlande.

La Neva , dont le cours est peu considérable, mais dont la masse d'eau est immense, étaul l'émissaire du grand lac Ladoga et de tout le vaste système d'eau qui lui appartient et qui s'étend sur une grande partie de la Finlande et des gouvernemens de Pétersbourg, d'Olonetz, de Novogorod et de Pskov. La Neva baigne Schlusselbourg, Saint-Pétersbourg et entre dans le golfe de Finlande. Les principaux afflueus du lac Ladoga sont : le Swi r, qui lui amène le tribut des eaux du lac Onega; le Wolkhuv, qui sort du lac llmen et baigue Novogorod-Veliki ; et le Woxa ou W uoxay qui décharge le vaste lac Saima et les abondantes eaux qui lui appartiennent. On doit ajouter que ce beau fleuve, qui contribue tant à l'embellissement de la capitale de l'empire, et <]ui lui est d'uue si grande utilité par sa profondeur et par sa largeur, menace quelquefois sou existence par les terribles inondations auxquelles il l'expose; celle de i8a5 a laissé des traces funestes.

La Narva ou SSahova, qui sort du lac Peipus ou Paypus, baigue Narva et aboutit au golfe de Finlande.

La Dcha (Drugtwa des Lettous, et Dvina- Méridionale de quelques géographes russes et d'autres nations) , qui uait daus un marais du gouvernement de Tver, non loin des sources du Volga; elle traverse les gouvernemens de Smolensk, Witebsk, Milau et Riga , en baignant VVilebsk , Polotsk , Dunabourg et Riga, et entre dans le golfe de Livonie. Ses principaux afflueus sout : la Dr issa et la Pcdctz à la droite ; la Meta, YOula et la Dis/ta à la gauche; mais tous sout très peu considérable* relativement à leur fleuve principal.

Le Niémen, qui prend sa source dans le gouvernement de Miusk, traverse celui de Gioduo, sépare celui de VVilua du palatinat polouais d'Augustow, et après avoir baigné Groduo et Kowno, il entre daus la Prusse-Orientale, où sous le nom de Memkl il aboutit au Curische-Haff (Voyez à la paye a5i). Sou principal affluent à la droite dans l'empire Russe est la Jf Ma, qui passe par Wilua.

La Vistule, qui vient de l'empire d'Autriche, touche les palalinats polonais de Krakovie, de Sandomirz, de Lubliu, de Poladquie, traverse celui de Masovie, touche le palatinat de Plock et entre daus la Prusse-Occidentale daus la monarchie Prussienuc, où il aboutit au Frische Haff. Dans le royaume de Pologne la Vistule baigne Sandomirz, Pnlawy, Varsovie, Modlin et Plock. Ses priucipaux aifluens sur le territoire polouais sont: à la droite te ïf'ieprz, au bassin duquel appartiennent Lubliu et Zamosc; le Bug, qui passe par RrzcAk-Litew>ki et reçml la Narew; à la gauche, la Pi lie a et la lizura; celle-ci passe par Lovvitz et reçoit la Iiawa à la droite. U MER NOIRE reçoit :

Le Da.icde, dont seulement l'extrémité inférieure appartient à l'empire, il y baigne Lsinaïl et Kiiia. Le PrutU est son principal affluent sur le sol russe; il sépare l'empire de Russie de la principauté de Moldavie. (Voyez aux jages 17a et 21 5.)

Le Dniester, vient de l'empire Autrichien, sépare la Bessarabie des gouveruemeus de Podolie et de Kherson , baigue Choczira , Mohilew, Bcnder et Akerman ; il entre daus la mer Noire. Ses allluens sont trop peu considérables pour mériter une mention daus cet Abrtgc.

Le Dnieper, naît dans le gouvernement de Smolensk, traverse celui de Mohilew, sépare les gouvernemens de Minsk , Kiev et Khei-son de ceux de Tchernigov et de Poltava , coupe inégalement celui d'Ekateriuoslav , et après avoir séparé le gouvernement de Rhersou de celui de la Tauridc se jette au-dessous de Otrhakof dans la mer Noire. Les villes principales baignées par ce grand fleuve sont : Smolensk , Mohilew, Kiev, Ekaterino>lav et Kherson. Ses principaux affluensà la droite sont : la Berezina , qui passe par Kubruuisk , et qui , moyenuaut un canal ipii la réunit à l'Oula , afUucut t'e la Duna, foi me

la jonction entre le Dnieper et la Duna; le P ri pet ou Pripeck, qui traverse la partie méridionale du gouvernement de Minsk cl les marais peut-être les plus vastes de rKurope; il est grossi par plusieurs affluens , parmi lesquels on doit citer le Stjr, le Gvrin à la droite, et la Pina et la Isiolda à la gauche; ces deux derniers ont un cours borné, mais ils sont remarquables par les canaux de Muchavice et d'Oginski qui réunissent le bassin du Dnieper à ceux de la Vistule et du Niémen; le Teterur, qui passe par Jitnnnr; le Dog,t\m baigne Nikolaev et reçoit YIngoul; ce dernier passe par Elùal>elgrad. Les principaux aflluetis du Dnieper à la gauche sont : la Desna, qui baigne firiansk et Tchernigov, et reçoit le Seim ; celui-ci passe peu loin de Koursk et baigne Putivl ; la Son/a, qui passe par Lubny; le Pjoi, par Souroy; la Worskia, par Akhtvrka et l'odava. et VOuricl, par Constantinograd. On a projeté des travaux pour vaincre le» obstacles qu'opposent à la navigation de ce fleuve les fameuses cataractes situées au^Jessous de Kiev.

Le Do», auquel quelques géographes conservent encore son ancien nom de Tahai; il touche ou traverse les gouvernemeu* de Toula, Riazan, Taml>ov, Orel, traverse celui de Voroncge et le Pays des Cosaques auxquels il donne son nom. C est à Azov ou Azof, dont le territoirejappartieulau gouvernement de Ekatcriuoslav , qu'il aboutit daus la prétendue mer d' Azof. Dans ce long cours le Don baigne Donkov , Pavlovsk, Trherka'.k et Aiov. Ses princi|>aux affluens à la droite sont : la Sosna, qui baigne Livni; le Donez, qui passe par Rielogorod, Tehougaîev et 1/ioum, et au bassin duquel appartieut l'importante ville de K liai ko v. Les principaux aflluens â la gauche sont : le V oronc ge , qui haiguc Lipczk, et Voroncge; le Kltoper; la Medvieditsa et le Manitch ; ce dernier traverse le lac Bolrhie, et est remarquable non-seulement par la longueur de sou cours, mais aussi parce qu'il a été choisi par Malte-Brun pour déterminer avec la Kouma une partie de la (routière orientale de l'Europe. (Voyez à la page 40.)

Le Kocbah, qui prend sa source sur le versant septentrional de la haute chaîne du Caucase, traverse le pays des Pelits-Abasses et partie de celui des Circassieus, sépare le territoire de ces derniers de la province du Caucase et du territoire des Cosaques de la mer Noire. Vers l'extrémité de son cours il se partage eu deux branches principales, dont Tune se rend dans la prétendue mer d'Azof et l'autre dans la mer Noire. Le ZeUnichouk et le Laha sont ses principaux aflluens à la gauche; ceux de la droite sont tous trop |>cu considérables pour être mentionnés. L'OCÉAN- ARCTIQUE reçoit :

Le Paswic, qui sort du grand lac Enara, et qui d'après le dernier traité définitif entre la Russie et la Suéde , tract- les contins de ce coté entre les deux états.

La Koi.a, qui traverse la Laponic-Kus.se, et après avoir passé a Kola, entre daus l'Océan- Arctique.

Ia Pztcbora, qui naît sur le versant occidental de l'Oural dans le gouvernement de Perm , traverse les solitudes des gouveruenicns de Vologda , et d'Arkhangel , et après avoir reçu à la droile YOusa qui est son n'as grand affluent, eulre par une large embouchure dans nu golfe de l'Oeéan-Arclique.

La MER BLANCHE, qui n'est qu'un grand golfe de l'Oeéan-A 1 et ique , reçoit :

Le Vio, le Kiatm ou Kem et le Kovoa, qui traversent les solitudes de la partie occidentale du gouvernement d'Arkhangel et apportent à cette mer le tribut de plusieurs lacs considérables de ce gouvernement et de celui d'Olouetz.

L'Oseoa , que quelques géographes regardent à tort comme le débouché du grand lac de ce nom, prend sa source dans son voisinage, traverse les gouveruemens d'Olouetz et d'Arkhangel , passe par Kargapol , Onega et se jette daus le golfe auquel elle donne son nom.

La DvtXA , dite aussi Dvisa-Septehtmoicale , pour la distinguer de la Duna ou Dtina-Méridiouale, est formée par la réunion de la Soukhoka avec le loto , traverse les gouveruemens de Vologda et d'Arkhangel, et après avoir baigné Krasuoborsk, Kbolluogori et Arkhaugcl , entre dans le golle qui eu reçoit le nom ; la Soukiiosa ou Solkhosri* , reçoit les eaux du lac Koubiuskoe et celles de la Vologda, qui baigne l'importante ville de ce nom; clic passe ensuite par Tôt ma; l'iovc se reunit à la Soukhona à VeliktuiMioug. les principaux affluens de la Dvina à la droite sont : la T'itehrgda et la

Pi ne ga; la première passe par larensk et est grossie par la Ketma; la seconde passe par Pineg. Parmi les affluons à la gauche nous ne nommerons que la Faga,(\ui baigue Viatlsk et Schenkonesk. La Keltma est remarquable par le canal qui établit la communication entre le bassin de ce fleuve et celui du Volga.

Le Mkzen, qui prend sa source dans les marais du gouvernement de Vologda, traverse celui d'Arkhaugei , et après avoir baigne la petite ville de Mezcn , entre dans un golfe de la mer Blanche, presque sous le cercle polaire ; ses bords sont encore presque partout inhabités.

La MF.R CASPIENNE reçoit :

L'Ocrai. , nommé jadis Iaïk; il naît sur le versant oriental de la chaîne qui porte son nom , trace en très grande partie les frontières orientale et méridionale du gouvernement d'Orembourg , ainsi que les limites orientales de l'Europe. Dans son long cours il baigue Troitzkaîa , Orcmbourg , OuraLdc et près de Gotiricf il entre dans la mer Caspienne; la Sa k m ara à la droite eXYllek à la gauche, sont ses principaux affluens.

Le VouiÀ, nommé Idel ou Atbi. par les peuples Turks, dont il traverse le territoire , prend sa «ouice dans la forêt de Volkonski, qu'on pourrait regarder comme la plus vaste de l'Europe, aux environs d'Ostachkov dans le gouvernement de Tver. Dans son cours immense, ce fleuve le plus grand de l'Europe, touche le gouvernement do Moscou et traverse ceux de Tver, laroslav, Kostroma , !\ijni-Novgorod , Kazan, Simbirsk, Saratov et Astrakhan , eu passant par un graud nombre de ville* dont les plus remarquables sont Rjev,Tver, Ougliu, Ribinsk , laroslav, Kostroiua , Nijni-Novogorod, Makarev, Kazan . Simbirsk , Samara , Sizrau. Klivaliusk , Volsk, Saratov, Tzaritzin, Sarepta, Astrakhan et Krasuoïlar. C'est par 65 erabourhures , et selon d'autres par 70, que ce grand fleuve entre dans la mer Caspienuc , où il forme un delta très considérable. On doit faire ob>crver qu'aucune cataracte n'en interrompt la uavigation ; que plus de 5,ooo barques chargées de production* le descendent annuellement; que ses pèches sout d'un produit immense; et qu'on doit le regarder comme le premier sous le rapport des communications hydrauliques, devenues si importantes depuis les grands travaux exécutés dernièrement pour faciliter les communications par eau dans l'intérieur de toute la partie européenne de l'empire. Les principaux alfluens du "Volga à la droite sout : VOka, qui passe parOrel, Bielev, Kalouga, près deSerpoukhov, Riazan, Spask, Kasimov, Elatom et Murom ; l'Oka r^oit à la droite YVpa , qui passe par Toula , et le Zna% qui baigne Tambov et Morschausk ;à la gauche il est grossi par la Moskva, qui passe par Mojaïsk , Moscou et Kolomna ; et la Kliazma qui arrose Vladimir ; la Soura, qui passe par Penza , Alatyr et Iadrin , et est grossie par \\4lat\r à la gauche. Les priucipaux affluens du Volga à la gauche sont : la Tve rtza , qui passe par Vychni-Volotchok , Torjok «t Tver ; le canal de Vichnei-Volotchok qui la réunit à la Msta affluent du Volkhov , lui donne une grande importance; la Molo gda , qui passe par Oustioujna et Mologda; le canal de Tikhviu , la met en communication avec le lac Ladoga; la Se Ut k sua ou Chexna, qui sort du lac Blanc (Bielozcro), et passe par Tcherepo\etx ; des travaux hydrauliques l'ont rendue très importante de nos jours; la Kam a, qui est le plus grand de tous les affluens du Volga ; elle est remarquable par la direction presque circulaire de la partie supérieure de son cours, par la profondeur de son lit et la masse de ses eaux qui la rendent plus utile à la navigation que le Volga; Kaï, Solikamsk, Perm , Okhansk et Sarapoul sont les villes principales situées sur ses bords; ses priucipaux affluens sont: la f'iatka à la droite; elle passe par Slobodskoï , Viatka et Malmisch; à la gauche, la SiUa> qui baigne Koungour ; et la Bieltùa , qui passe par Ouzianskoï , Oufa et Uirsk ; à Oufa e'ie est grossie par Y Oufa qui arrose Krasnooufhnski; la Sa mara , qui passe pur Bouzoulouk.

La Koi'ma , qui prend sa source sur le versant septentrional du Caucase, traverse la Petite Abassic , passe par Koumskaïa et par plusieurs embouchures entrerait* la mer Caspienne. La Podkouma à la droite est son principal affluent ; elle baigue Georgicvsk.

Le Tkrek , qui prend sa source au pied du Mquinvari, dit improprement Kasbek par les Russes, traverse le pajs des Ossettes, sépare les deux Kabnrda , touche la province du Caucase et entre dans la mer Caspienne. Dans son cours, le Terek baigue Vladikovkas , Mosdok et Kisliar. Ses principaux alfluens à la droite sout : la Sotidja et VAks*i; à la gauche Y. frrdrn, YOarouk , le Ttlu n k , la Malka.

Le SocLti , qui descend du versaut septentrional du Caucase, traverse le Khanat d'Avar , d'Endery, etc., et après avoir reçu le Koisou entre dans la mer Caspienne.

La Samouba, qui descend du versant septetilrioual du (Caucase, traverse le Daghestan méridional et par plusieurs embouchures entre dans la mer Caspienne.

OaJTAUX. Malgré les reproches banales que des géographes peu instruits adressent aux Russes sur le manque presque total de ce qui contribue à faciliter le commerce, nous n'hésitons pus à dire que la Russie d'Europe offre maintenant le plus vaste système de canalisation de cette partie du monde, et un des plus remarquables qui existent sur tout le globe. Elle doit ce grand avantage à Pierre lrr. En fondant sa nouvelle capitale, ce monarque se proposa de faire de la ville de Saint-Pétersbourg le centre de tout le commerce de la Russie avec les pays étrangers, un magasin général et le débouché commun de toutes les productions de l'intérieur. Embrassant d'un sml regard les lacs de Ladoga, d'Onega, d'Ilmen et Bielo-Ozero (le Lac-Blanc), avec toutes les eaux qui les alimentent et les principaux allluens des grands fleuves qui sont peu éloignés de leurs bassins, Pierre l" imagina de réunir par des canaux non-seulement entre eux leurs systèmes hydrauliques respeciifs, mais aussi de les mettre en communication avec des rivières appartenant à d'autres systèmes entièrement différens. Ses successeurs ayant marché sur ses traces, il en est résulté que la Baltique, la mer Blanche, la mer Noire et la mer Caspienne communiquent entre elles par plusieurs canaux depuis long-temps livrés à la navigation intérieure. Le tableau suivant offre les canaux les plus importans.

Un triple système de canaux principaux établit de trois manières différentes la communication entre la mer Baltique et la mer Caspienne; la ville de Rybinsk sur le Volga, gouvernement de Iaroslav, est le na-ud de cette communication. Ces canaux sont :

l.e canal Je VjchmVoloicUok , ainsi appelé de la petite ville de ce nom dans le gouvernement de Tver; il joint au moyen de la Zua affluent de la Tvertza et de la Cliliua affluent de la M>ta , qui entre dans le lac d'Ilmen , le Volga au Volkhof (affluent du lac I-adoga), et par conséquent le Volga à la Neva et la mer Caspienne k la mer Baltique. Ce canal a presque 3 milles de long et trois écluses; il est resserré à Yychni-Volotchok entre de magnifiques quais en granit. Ouvert en 17x1 , ce n'est qu'eu 18 1 8 que d'importans travaux l'ont mis en état d'atteindre entièrement le but que l'on s'était proposé dans sa construction.

\je canal Je Tikhvinc , projeté par Pierre 1er, mats commencé «1 achevé par Alexandre , nuit ta Tikhviuka affluent du Siass (affluent du lac Ladoga) avec le Volga, |>ar l'intermédiaire de plusieurs rivières telles que la Somnia , la Courounia, la Tchagoda et la Mologa; il a i5 écluses, dont 1 1 appartiennent au cours de la Somuia.

Le canal Je Marie, projeté par Pierre I'r, mais commencé en 1799 et achevé eu 1808, unit deux rivières rendues navigables dans la partie supérieure de leur cours, la Kovja affluent du lac Blanc (Bielo) et la Vouilegra affluent du lac Onega. Il a près de 4 milles de I». n g et i? écluses; un aqueduc de presque a milles de longueur l'alimente. Deux canaux accessoires très importait* se rattachent au canal de Marie; celui que l'on a creusé dernièrement sur un développement de près de 4o milles, entre la Chcxna et la Kovja pour écarter la navigation du lac Blanc, et un autre d'environ 26 milles de long, dit canal Je Svir , entre le Svir ou Swir affluent du lac Ladoga et la Vitcgia affluent du lac Onega , pour écarter les dangers et les retards de la traversée de ce dernier lac et pour éviter les cascades du Svir.

Plusieurs canaux rentrent d.ins ces trois systèmes principaux, et servent, soit à les rendre plus praticables, soit à les rattacher à un autre système, qui tend à former la jonction entre la tuer Blanche et la Baltique , entre la mer Blanche et la mer Caspienne. .Nous avons déjà parlé de ceux qui dépend eut du canal de Marie; voici les autres plus imporlaus.

4G4 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIF.

Le canal de Ladoga, commencé en 17/8 et ouvert à la navigation en i?3i ; it forme le point de réunion des trois systèmes sus-mentionnés. Il côtoie le lac Ladoga en réunissant le Volkliof à Nouveau-Ladoga à la Neva à Srklussclbourg On l'a couvrait pour éviter les dangers et les bas-fonds du lac; 16 écluses y conduisent les eaux de plusieurs rivières, 16 autres servent à faire écouler dans le Ladoga les eaux superflues. Ce canal est le plus fréquenté de l'empire, et sous ce rapport un des plus importons du moude. D'après des calculs officiels 25, 000 transports de toute espèce portant une valeur de 200 millions de francs , franchissent annuellement sa principale écluse, celle de Schlusselliourg.

Le canal de Novogorod ou de Sievers, long d'environ 5 milles, réunit directement dans les environs de Novogorod la Msta e4 le Volkliof, pour éviter la navigation souvent daugereuse du lac Ilmen.

Le canal de Siass, réunit la rivière de ce nom au "Volkhof après sa sortie du lac llmen.

Les canaux suivans ouvrent la communication entre la mer Blanche et la mer Caspienne, et par conséquent ils joignent aussi la Baltique à ces deux mers.

Le canal de Koubensk , dit du duc Alexandre de Wurtemberg depuis 1828. En joiguaut la Chcxna affluent du Volga, près de Kirilof , ville du gouvernement de Novogorod au lac de Kouheusk , qui se décharge dans la Soukhona ou Soukhonia, une des branche!» de la Dvina septentrionale, ce canal établit la communication entre la mer Caspienne et la mer Blauche. La Chexna, par le caual de Marie, forme la communication avec la Baltique.

Le canal du Nord dit aussi Sêvéro-lékateriiiski , commencé sous Catherine Ir', n'a été achevé qu'en 1820; il forme la jonction de la nier Blanche avec la mer Caspienne en faisant communiquer la Kcltma affluent de la Titchegdu (affluent de la Dvina) avec le Dgourilch qui appartient au bassin de la Kama (affluent du Volga).

Les canaux suivans établissent la communication entre la mer Baltique et la m Noire.

Le canal de Lepel ou de la B t résina , achevé en 1801 , joint la Dunaavec le Dnieper eu unissant entre eux les petits lacs de Berechta qui, par l'Oulla , appartient au bassin de la Duna et de Plavia compris dans le bassin de la Bérésina , affluent du Dnieper. O canal n'a que 4 écluses et une longueur d'environ 5 milles.

Le canal d'Oginski, commencé en 1 765 et achevé en 1787 aux frais du gTand général de Lithuanie Michel-Kasimir Ogiuski , qui dépensa 7,800,000 francs dans sa construction. D'importans travaux fuir s depuis 1801 par le gouvernement russe le rendirent complètement navigable. Il a 10 écluses et 36 milles de long. Eu unissant la Iasialda , affluent du Prypec (affluent du Dnieper), avec la Szcxara ou Chtchara, affluent du Niémen . il établit la communication entre la mer Noire et la Baltique.

Le canal Royal dit autrefois de la République, parce qu'il fut creusé en 1775 aux frais du gouvernement polonais , et de Muchawice , ou Muchavieck cause de l'affluent de ce nom , ouvre une autre communication entre la mer Baltique et la mer >oire eu unissant la Pina , affluent du Prypec, avec la Muchaviec affluent du Boug.

Deux canaux établissent la communication directe entre la mer Noire et la mer Caspienne. Ce sont :

Le canal qu'on pourrait appeler de Pierre Ier, parée que le projet primitif est dû à ce grand homme. Commencé sous sou règue, il devait réunir les deux rivières d'Havlia, affluent du Don, dans le territoire, des Cosaques du Don, et de Kamyclienka, affluent du Volga , dans le gouvernement de Saratov. Interrompu par les guerres contre les Suédois et les Persans, sa partie exécutée porte le nom de ravin de Pierre-lr-Crand. Ou a proposé différentes modifications au plan de ce canal , mais on a adopté définitivement l'ancien projet, sauf quelques modifications suggérées par les progrés de la science. La jonction* de l'ildvlia à la Kamycheuka, aura lieu moyennant un canal de presque 90 milles de long, où l'on fera entrer quelques parties du cours de IHavlia et tout le ravin de Pierte* le Grand.

Le canal d'/vanof, dans le gouvernement de Toula; il réunit la Chala, affluent de POiipa appartenant au bassin du Volga, par l'Oka, avec la partie supérieure du cours du Don.

INSCRIPTION DE L'F.UROPK.

4 Cl

Les canaux mu vans établissent des communications entre différeus polfes de la imt Ral tique.

\/t cannl de Fellin , eu Livonie , joint le golfe de Riga ou de Liuiuie a relui de Finlande en cuivrant une communication entre l'Kmbach , affluent du lac Peipus d'où sort la Nanra, et le Peruau qui aboutit au golfe de Livonie. l*n autre canal , celui de l'eiro, établit la communication entre le lac Pskov branche du Peipus, et l'Aa qui entre dans le golfe de Riga.

I.e canal de Fdikia-Louki , joint la Duna à la Neva par l'intermédiaire du Lovât , du lac Iliucii , d>i Volkhov et du lac Ladoga.

Afin de mettre les embarcations russes et polonaises en état d'arriver à la Baltique sans payer les droits des douanes prussiennes , ou a commencé do grands travaux pour faire communiquer la Vistulc atec le Niémen et la Duna. Le canal Je Courlamlc est une des branches principale* de ce système hydraulique; sa destination est de rtunir le Niémen à la Duna au mu\en de la Vilia et de quelques autres rivières; le canal du duc Jac/jursy en Courlandc, rentre dansée s\ sterne, enjoignant le Niémen a la Vindau ; un autre canal, qui commence près d'AuguMow, est destiné à réunir la Vistulc au Niémen parle Roug et la Narew ; il aura 17 écluses. Tous ces importaus canaux , quoique très avancés , ne sont pas encore achevés.

ITHNOCR &PHUE. Aucun état de l'Europe n'offre un plus grand nombre de peuples différens. Tous ceux qui vivent dans la partie européenne d'après les démarcations naturelles indiquées à la page 77 peuvent être réduit* aux souches suivantes : Souche Slave, qui dépasse de beaucoup toutes Jes autres en nombre ; elle comprend les liasses, qui sont la nation dominante, distingués en Grands -liasses , Petits-liasses , Rusniaks et Cosaques; les Polonais, qui sont assez nombreux dans plusieurs gouvernemens du ci-devant royaume de Pologne ; les Lit h a a nie n s , \esLcttes, les Koures et autres peuples moins nombreux. Souche Finnoise ou Ourauienne, à laquelle appartiennent les Finnois proprement dits de la Finlande , les Careticns, les Esthoniens t les Teltcremisscs , 1rs V attaques , les Lapons, les LÀves , les Zvr aines , les Vogoules , les Pcrmicns , les Mordva ou Mordouins ., et une partie des Tcpticres. Souche Turque, improprement nommée Tatare ou Tartare, dans laquelle il faut ranger les Turks de Kazan, d'Astrakhan , etc.; les Tarkornans du Caucase, les Notais, les Jiaschkires , les Tchouvascltes , les Metchcrieques , une partie des Teptwrcs et autres. Souche Germanique, à laquelle appartiennent les Allemands des gouvernemens de Riga , Revel, Pétersbourg, Mi ta 11 , etc., et ceux des colonies dans les gouvernemens de Saratov, de la Tauride, etc.; les Suédois, qui forment une partie considérable de la population de la Finlande, et un petit nombre d'Anglais et Danois établis en Russie. Soucue Sémitique, qui comprend les Juifs, très nombreux dans le royaume de Pologne et dans les gouvernemens ci-devant polonais, et quelques milliers i\' Arabes dans la Région Caucasienne. Souche Greco-Latine, dans laquelle il faut classer les Moldaves et les Vainques de la province de Ressarabie, les Grecs , les Skipetars ou Albanais et quelques milliers de Français et d' Italiens établis en Russie. Souches Circassienne , Lesghiennes, Arasse et JVf jtsdjeghiktïne , auxquelles appartiennent les Cinassiens ou Tcherkesscs, plusieurs peuples Lcsghiens , tels que les Avais, les Kazi-Koumuk , les Akoucha , etc. ; les Abasses et les Mitsdjc^his , dans la partie européenne de la Région Caucasienne. Souche Arménienne, qui comprend les Armi niens assez nombreux, surtout dans les provinces du Caucase et dans les villes les plus commerçantes delà Pologne. Souche Persane, dans laquelle

il faut ranger les Ossttes, dans la région du Caucase, avec les Bonkhares. Souche Mongole, qui embrasse les Ktrimouks des gouvernemens d'Astrakhan , de Tauride , de Kherson, du Pays des Cosaques du Don et de la Région Caucasienne. Souche Samoyède , à laquelle appartiennent les petites tribus samoyèdes qui errent dans les vastes solitudes du gouvernement d'Arkhangel. Souche Samsrritb, dans laquelle on range les Bohémiens de la province de Bessarabie , du gouvernement de la Tauride et autres.

La population du royaume actuel de Pologne est partagée entre les souches suivantes : Souche Slave, qui comprend les Polonais; ils forment à eux seuls presque les trois quarts de la population ; les Rusniaks et les Lithuaniens. Souche Sémitique, qui comprend les Juifs , qui se sont tellement multipliés depuis quelques années, qu'on peut les regarder comme formant le dixième de la population totale du royaume. Souche Germanique, à laquelle appartiennent les Allemands, dont le nombre a beaucoup augmenté dans ces derniers temps; ils forment un neuvième environ de la population. Viennent ensuite les Turks , les Bohémiens et les Arméniens , dont le nombre est très petit ; les premiers appartiennent à la Souche Turque, les seconds à la Souche Hindoue ou Samsrrite et les troisièmes à la Souche Arménienne.

RELIGIONS. La grecque orthodoxe , identique à celle des Grecs de l'Empire Ottoman, est la religion dominante dans l'empire. Toutes les autres religions sont non-seulement tolérées, mais elles sont professées librement; la différence de culte n'est jamais en Russie un obstacle pour parvenir aux emplois publics. Les Russes, les Cosaques, les Moldaves, les Valaques, etc., et de nombreux prosélytes parmi les Permiens, les Zyraines, les Vogoules, les Mordva, les Samoyèdes, les Lapons de la Laponie-Russe , etc., professent la religion grecque orthodoxe; les Polonais, les Rusniaks et les Lithuaniens du ci-devant royaume de Pologne, sont catholiques ou grecs-unis ; les Finlandais ou Finnois, lesLettcs, les Koures, les Esthoniens, les Suédois et les Lapons de la ci-devant Laponie-Suédoise, ainsi que la plus grande partie des Allemands sont luthériens. La religion réformée ne compte qu'un petit nombre de Polonais et quelques Allemands. L'islamisme est professé par presque tous les nombreux peuples que nous venons de ranger dans la souche turque, et par les Arabes; mais plusieurs des peuples turks mêlent beaucoup de superstitions à leur prétendu islamisme. Les Juifs professent la religion de Moïse, et les Kalmuks, le laniismc. Ce n'est guère que dans la partie européenne de la Région du Caucase, vers l'Oural et dans les solitudes du gouvernement d'Arkhangel, qu'on rencontre encore des idolâtres parmi les Samoyèdes, les Mitsdjeghi, les Ossètcs, les Tchouvasches et les Mordva. La Mission établie par le gouvernement à Arkhangel a déjà baptisé environ 3,5oo Samoyèdes, de manière qu'il n'existe plus que fort peu d'individus de cette nation qui professent encore l'idolâtrie.

Dans le royaume actuel de Pologne le catholicisme est la religion dominante , et est professé par presque les trois quarts de la population , mais lows les autres cultes y jouissent d'une entière liberté d'exercice. Viennent ensuite la religion de Moïse et le luthéranisme, qui comptent beaucoup de sectateurs; presque tous les Allemands sont luthériens; une petite fraction seulement de la population du royaume professe la religion grecque et le calvinisme. \* islamisme n'y eompte qu'environ i,?oo croyans.

DESCRIPTION DE 1/EUROPH.

OOUveR^ïmïnï! En Russie tout pouvoir émane du souverain , dont l'autorité est sans partage ni contrôle. La qualification de samoderjetz qu'il se donne, et qui est la traduction du mot autocrate, indique clairement la nature de son autorité, qu'il n'est censé tenir que de Dieu. L'acte d'élection de i6i'4, qui conféra la couronne des tsars à Michel Romanov et à ses descendans, et qui seul offre l'apparence d'une constitution, loin d'affaiblir l'autorité du souverain, consacre, au contraire, le pouvoir absolu. « L'empereur Alexandre (dit M. Mchnitiler) que ses lumières et ses vertus plaçaient à la hauteur du siècle, s'efforça d'accomplir ce que Catherine II n'avait fait qu'ébaucher, en substituant de bonnes lois aux décisions arbitraires de l'autorité suprême; en i8n, il proclama hautement ce principe que la loi est au-dessus du souverain; et l'on peut dire, en effet, que depuis lui la justice a succédé à l'arbitraire, et que l'empire Russe a pris place parmi les états sagement constitués. » On doit donc regarder la Russie comme une monarchie absolue et héréditaire, dont le souverain est en même temps chef de l'état et de la religion. Mais les différentes parties de l'empire offrent de grandes différences dans leur administration, et sont gouvernées différemment d'après d'anciens privilèges qu'elles ont conservés, ou d'après la constitution qu'on leur a accordée lors de leur agrégation à l'empire. C'est ainsi que les Cosaques du Don et ceux de la mer Noire forment des républiques cpi'on pourrait nommer militaires; que le grand-duché de Finlande a une constitution entièrement différente de celle des autres parties de l'empire; que la Livonic , YEsthnnic et la Courtandc jouissent de grands privilèges. Voyez pour d'autres détails ci-après le commencement de l'article Divisions administratives. Le myaume actuel de Pologne a un gouvernement constitutionnel. Le roi y partage la puissance législative avec les états, qui l'exercent par leurs représentais lors de la diète; celle-ci consiste eu deux chambres: \e sénat, dont les membres sont nommés à vie; et la chambre élective qui est composée de 60 nonces élus par la noblesse et de 60 députes , nommés par le reste des habitans.

PLACES FOH.TTES et PORTS MILITAIRES. L'empire Russe a peu de places fortes relativement à son étendue. Dans la Russie que nous regardons comme européenne , il faut surtout mentionner les suivantes : Sucaborg, Helsingfors et Vredericksham , en Finlande; Kronstadt , dnns le gouvernement de Pétersbourg ; Riga , dans celui de ce nom ; Dnnnbouig en Courlande; Bobrouisk , dans le gouvernement de Minsk; Taganrogt dans le gouvernement de Iekaterinoslav ; Ismaïl, Bendery Chotim et Akkerrnan , dans fa Bessarabie. Zamosk et Afodlin sont les places les plus fortes du nouveau royaume de Pologne.

Les principaux ports militaires sont : Kmnstadt, où stationne la flotte de la Baltique, Rcvcl, Stvcaborg et Rotchensalm ; ce dernier est la station de la flottille de la Baltique. Arkhnngel , sur la mer Blanche; Scvastnpol avec la rade d'Akhriar, centre des forces navales de la Russie sur la mer Noire, cl Nikolaiev sur le Bog où stationne la flottille de cette mer: Astrakhan , sur le Volga, station de la flottille de la mer Caspienne. Les principaux chantiers de construction se trouvent maintenant établis a Saint-Pétersbourg ci à Okhta tout près de celte capitale, à Kronstadt, à Arkhnngel sur la mer Blanche, et à Nikolaiev.

XJroUSXArJB. On se trompe grossièrement lorsqu'on pense, avec beaucoup de géographes, que la Russie manque de fabriques et de manufac-

turcs. Même long-temps avant le règne de Pierre-le-Grand, cette contrée possédait des fabriques de cuir, de toiles à voiles, de cordages, de coutil , de feutre, de chandelles, de savon, dont les produits étaient exportés. Pierre 1er, Elisabeth, Catherine II et Alexandre sont les souverains dont les règnes sont les plus mémorables pour les progrès de l'industrie. Mais c'est surtout depuis les dernières années de celui d'Alexandre et depuis l'avènement au trône de Nicolas que toutes les branches de l'industrie ont pris un grand essor; non-seulement leur nombre s'est beaucoup accru, mais leurs produits se sont aussi perfectionnés. En 181 2 on ne comptait encore dans tout l'empire que 2,33a ateliers avec 119,093 ouvriers; en 1828 les premiers s'élevaient à 5,244 > 'es seconds à 255/ii4< Les gouvernemens de Moscou, de Vladimir, de Nijni-Novogorod, de Tambov, de Kalouga, d'Olonetz se distinguent entre tous les autres par leur activité industrielle. Mais ce n'est pas seulement dans la fabrication des cuirs , du savon, du caviar, de la colle de poisson , des chandelles, de X huile, de la toile à voile , des cordages , des nattes d'écorce d'arbre , de Veau-de-vic a* grain , de la carrosserie et de la bijouterie qu'on remarque ces progrès; la soierie, la verrerie, les draps, la papeterie , la faience , la porcelaine, plusieurs articles de qtdncailkric grosse et fine, $ armurerie, comptent aujourd'hui plusieurs manufactures dont les produits peuvent rivaliser avec ceux des meilleures fabriques dé l'Europe. Lors de l'exposition des produits de l'industrie nationale à Moscou en i83o, on a vu des draps provenant des fabriques du comte Komarovsky, du prince Nicolas Troubeukoï, etc., qui n'offraient aucune différence avec les plus beaux draps des fabriques françaises et anglaises. Les plus beaux cachemires de la fabrique de madame Merline , dans le gouvernement de Penza , se sont vendus jusqu'à 1 5,ooo roubles la pièce ; les cristaux de M. Maltzov et la porcelaine de M. Bakhmetev ne le cèdent qu'aux cristaux et à la porcelaine des fabriques impériales , dont les produits, à quelques exceptions près , sont comparables avec tout ce que l'Europe offre de plus beau en ce genre. Les filatures et les manufactures de coton ont fait des progrès extraordinaires dans quelques gouvernemens ; celui de Vladimir les surpasse tous pour l'importance de ses produits en ce genre. La ville de Chouïa et Ivanovo, village appartenant au comte Schereraetiev , peuvent être regardés comme le centre de cette fabrication, qui en 1828 n'employait pas moins de 1 5,6 12 métiers à tisser et 24,217 ouvriers, sans compter les fabricans et leurs familles. Ce développement de l'industrie est dû en grande partie au nouveau système adopté par quelques manufacturiers de n'employer que des ouvriers libres et bien payés. Le gouvernement à son tour surveille l'administration des fabricans et sévit contre ceux qui ne paient pas exactement les ouvriers. On a remarqué que les établisseraens où l'ouvrage se fait par des -esclaves et où la main-d'œuvre par conséquent ne coûte presque rien, n'atteignent jamais la prospérité et le degré de perfection de ceux qui n'emploient que des ouvriers libres.

Nous devons aussi signaler un autre fait qu'on ne rencootre encore qu'en Russie et dans un petit nombre d'autres pays; c'est que le paysan fabrique lui-même presque tous les objets dont il a besoin. Il y a des villages entiers qui sont occupés par des ouvriers de la campagne ; c'est ainsi que Hobotnika est peuplée de forgerons; Pavlovo, de se rntriers ; Nikolskoï , <ie tourneurs et de travailleurs en laque; Goroditch, de charpentiers ; Se-

4 gu

menova, de ferblantiers; Iagodnoge, à' ouvriers en maroquin; Katunka, de tanneurs en peaux de veau. Les meilleurs cuirs-maroquins se fabriquent à Iaroslav, Ouglitch , Kolomna , Arsamas, Viatka, Kazan, Toula, Nijni- Novogorod , Vladimir, Pskov, Vologda et Minsk; les plus beaux maroquins à Astrakhan , à Torjok dans le gouvernement de Tver, à Kazan et dans la* Tauride; ces deux articles sont supérieurs à ceux que fabriquent tous lf»s autres pays de l'Europe. Vladimir, Moscou , Kostroma et Kalougn se distinguent par leurs fabriques de linge de table ; Arkhangel , Riazan , Novogorod, Saint-Pétersbourg et Moscou, par la toile à voiles; Orel et Arkhangel ont d'importantes manufactures de cordes, câbles et autres cordages. Sarepta fabrique une grande quantité de bas, de bonnets et de draps ; Akhtyrka une étoffe nationale pour les femmes. On doit aussi mentionner les tapis perrons de Kamenskoï, de Smolensk , de Koursk, de Mikhailovka gros village du gouvernement de Voronégc, ceux de haute lice t du village d'Issa et de la fabrique impériale de Pétersbourg; les fabriques de coton des gouvernemens de Vladimir, Moscou, Pétersbourg, Kostroma et Astrakhan; les manufactures de soieries de Moscou, de Koupavna (au prince Youssoupov ) , de Freneoe (à M. Lazarev ), etc. j l'immense fabrique de drap du comte Potemkin à Glouchkov, qui seule suffit à l'habillement de l'armée russe; celles de Moscou, de Sviblov près de cette ville, de Sarepta, etc., etc.; le papier de Moscou, Pétersbourg, Iaroslav, Kalouga et de la Livonie; les produits des verreries d'Ozerski près de Pétersbourg, ensuite ceux des gouvernemens de Volhynie, Livonie et Vladimir; la porcelaine de Gatchina , Alexandrovsk et Verbitsk ; les manufactures d'armes de Toula, de Votka et Sestrabek; les fonderies de canons à Petrozavodsk, Pétersbourg, Liperk et Kherson; V orfèvrerie et la bijouterie de Pétersbourg, Moscou el Oustioug-Veliki; et les fabriques en cuivre des gouvernemens de Perm et de Moscou.

Les principaux articles de l'industrie du royaume actuel de Pologne ne sont pas nombreux , malgré les progrès que ce pavs a faits sous ce rapport depuis quelques années ; les draps , les toiles , les cuirs et les fourrures y tiennent le premier rang.

Nous avons déjà indiqué les lieux de l'empire qui, plus que les autres, se distinguent par leur industrie ; nous ajouterons encore que Moscou , Saint-Pétersbourg, Riga, Toula, Vladimir, Vologda , Astrakhan , Arkhangel, V oronége, Iambourg, Schlusselbourg, Serpoukhov, Choitia, sont les villes que l'on doit regarder comme les plus industrieuses. Dans le nouveau royaume de Pologne, ou doit citer surtout Varsovie, Lublin , Kalisz, Tomaszow.

Commerce. Les importuns travaux exécutés, surtout depuis le commencement du siècle actuel, pour faciliter le transport des marchandises dans toutes les parties de l'empire , et les progrès extraordinaires faits par les fabriques et les manufactures nationales, ont puissamment contribué à donner nue grande étendue aux relations commerciales , non-seulement des provinces entre elles, mais aussi aux relations de l'empire avec les nations étrangères. Nous bornant au commerce extérieur, qui est le seul dont nous parlons dans cet ouvrage , nous ferons observer que des calculs officiels out démontré qu'il a plus que doublé depuis trente ans. Les principaux articles d'xxpoRTATioif de l'empire consistent en suif, lin, chanvre et farine, fer, cuivre, graine de lin, bols de construction, soies de porc, cire, cuirs, toiles à voiles, potasse, goudron, poix, huile a brûler, coi-

ABRÉGÉ DK GÉOGRAPHIE

dages, Gis, pelleteries, cuirs, maroquins. Les principales importations sont : vins, coton , soie , draps lins, soieries, cotonnades, articles de teinture , étain , thé , sucre, calé et autres denrées coloniales , fruits, eau-de-vie , plomb, mercure, tabac, bois de menuiserie, résine, machines, outils et instrumens. Voyez l'article correspondant de la Russie Asiatique.

La Russie compte trois compagnies marchandes : la Compagnie d'Amérique, créée en 1797, dont la direction est à Pétersbourg , et dont dépendent les établissemens de l'Amérique Russe; elle a des comptoirs à Moscou, Kazan, Tomsk, Irkoutsk , Iakoutsk, Okhotsk et Kamtchatka; la Compagnie jyour la navigation à vapeur ,* fondée en 1 8a3 ; son but est de faciliter la navigation par des bateaux à vapeur établis sur le Volga, la Kama et la mer Caspienne; la Compagnie Russe du sud-ouest, fondée en 1824 , pour étendre la navigation sur les grands tleuves de l'intérieur, la mer Noire et la Baltique.

Les principales villes marchandes dans l'intérieur et sur les frontières terrestres, sont : Moscou , qu'on peut regarder comme le centre de tout le commerce russe par terre, et Nijni-Novogorod , où depuis 1 8 17 se tient la pjlus riche foire de l'empire .et peut-être de l'Europe; viennent ensuite Kalouga, Orcmbourg , À ours A , Kherson, Toula , Oustinug-Veliki , Orel , Jaroslav, MohUew, firzesc-Litowski , IVilna, lourbourg, Samara, Torof>etz, Rostov, Kiev, Nejin , Dubno , Berdyczew et Ratizivilov. Les principaux ports de mer marchands, sont : sur la Baltique, Saint-Pétersbourg avec Kronstatit, Riga, Jtbo, Helsingjors , Reval , Pernau , Libau , Uleâborg, Wasa, etc., etc.; dans la mer Blanche, Arhhangel; dans la mer Caspienne, Astrakhan, Bakou et Kistiar; dans la mer Noire, Odessa, Taganrog, T/téodosia ou Kaffa , Kertch. Les villes les plus commerçantes du royaume actuel de Pologne sont Varsovie et Lublui.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES! L'empire Russe offre de grandes différences dans l'organisation de ses divisions administratives. En combinant ce que nous trouvons dans MM. Hassel, Ziablovsky, Storeh et autres auteurs, avec les renseignemens que nous devons à l'obligeance de MM. de Tolstoy , Edme Herenu et Klnprotli , nous trouvons que l'empire Russe est partage actuellement en 49 couvernemens et 12 provinces (Oblast). A ces divisions il faut ajouter le territoire des Cosaques du Don, espèce de république militaire; le grand-duché de Finlande, qui a une administration entièrement particulière; le royaume de Pologne , qui n'a de commuu avec l'empire que le souverain qui le gouverne. Viennent ensuite plusieurs pats vassaux de NOM ou de fait , dans la Région du Caucase, dans la Sibérie, etc., etc., savoir : les khanats de Jarkou, de Konra , i\'Avai\ ô'Akzai, XEndcry et des Kasi-Koumuk; la Grande et la Petite Cabarda , la Mingrelie, la Petite- A bassic , le Pays des Kaïtak, de Thabassemn , etc. ; les Kirguiz de la Petite et de la Moyenne- Horde , et, depuis 1819, une partie de ceux de la Grande; enfin, plusieurs autres pa\s entièrement indkpendans, tels que la république de Koubilchi ; les Mitsdjeghi , à l'exception de la partie des Iugouches, qui sont vassaux; les Ossetes , à l'exception du petit nombre qui est soumis; les Tcherkesses occidentaux, les A basses de la Grande-Abassie , les :\ogai à la gauche du Kouban et les Tehouktchis à l'extrémité nord-est de l'Asie, ainsi que les Kolivttdjes et ,111 très peuples de l'Amérique Russe.

Les provinces f Oblast) ne sont à proprement parler que de petits gou-

verneruens, puisqu'elles sont indépendantes des gouvernement proprement dits , dont elles ne diffèrent que par leur étendue ou leur population. Leurs gouverneurs jouissent en outre d'une autorité plus étendue que celle dont sont investis les gouverneurs civils des divisions qui ont le titre de gouvcrnemens. Ces derniers sont divisés en plus ou moins d' 'arrondissemens ou cercles , selon leur étendue. Plusieurs divisions administratives sont, soumises à un gouverneur militaire et forment en quelque sorte des vice-royautes. C'est ainsi que les gouvernemens de Pskov , de Livonie, (XEsthonie et de Courlande relèvent du gouverneur général , qui réside à Riga; que les gouvernemens de Tobotsk et de Tomsk , avec la province à'UmsA, forment le gouvernement général de la Sibérie Occidentale , dont le chef-lieu est Tobolsk ; tandis que ceux d'ienisseisk et <ÏIrkoutsk , avec la province de Iakoutsk et les territoires riverains d'Okhotsk et de Kamtchatka , forment le gouvernement général de la Sibérie Orientale , dont le chef réside à Irkoutsk. Cependant quelques-uns de ces gouverneurs généraux n'étendent leur juridiction que sur un seul gouvernement; ceux de Pétersbourg, de Moscou, de la Finlande appartiennent à cette catégorie. Comme les limites de ces grandes divisions sont très variables , et n'ont offert jusqu'à présent rien de permanent, elles ne doivent ni ne peuvent ligurer ici.

Le gouvernement russe ne reconnaît pas la distinction faite par les géographes entre la Russie d'Europe et celles d'Asie et d'Amérique. Les deux premières se trouvent fondues dans plusieurs gouvernemens. Perm et Orembourg, par exemple, étant traversés par la chaîne de l'Oural, ont une partie de leur territoire en Europe et une autre en Asie. Nous avons cependant tâché de combiner autant qu'il était possible les divisions administratives avec les grandes divisions géographiques. Ayant fixé les coufins de l'Europe à la crête de l'Oural et à celle du Caucase , uous avons admis dans le tableau ci-dessus la totalité des deux gouvernemens de Perm et d'Orembourg, quoiqu'une grande partie de leur territoire, étant à l'est de l'Oural, appartienne réellement à l'Asie, et nous avons rejeté dans le tableau de la Russie Asiatique tout le gouvernement général du Caucase, bien que sa partie septentrionale soit située dans les contins que nous avons assignés à l'Europe. C'était le seul parti que nous pouvions prendre pour ne pas diviser ce que le gouvernement russe a voulu réunir, et pour conserver jusqu'à un certaiu point les grandes divisions naturelles qui doivent être toujours la base de tout traité de géographie. D'ailleurs la partie la plus importante de la Régiou Caucasienne étant placée au sud du faîte du Caucase, nous avons préféré laisser pour la description de la Russie d'Asie la totalité de cette région, plutôt que de la donner avec celle de l'Europe, à laquelle n'appartient que sa partie la moins considérable.

Le tableau suivant offre les divisions administratives de la Russie d'Europe, moins la partie septentrionale du gouvernement général du Caucase, par les motifs que nous venons de dire. On les a rangées d'après de grandes divisions géographiques et historiques , en mettant ensemble les contrées qui ont porté autrefois une dénomination générale, justifiée par l'ethno^ graphie et que l'usage n'a pas encore entièrement effacée, et en réunissant les pays qui autrefois ont fait partie de la Suéde , de la Pologne , des royaumes turks de Kazan et d'Astrakhan , etc. , etc. C'est ainsi , par exemple , que Ton a compris sous le nom de Grande-Russie tous les gouverne -

ARRICÉ I)K GKOGRAI'HIK.

mens qui forment le véritable noya» de l'empire, el dont lu grande masse des habitans se compose de Grauds-Russes. On a appelé Petite-Russie les gouvernemens où demeurent les Petits- Russes. Nous avons nommé Russie- Baltique les gouvernemens qui s'étendent autour de la mer Baltique, et qui, à l'exception de la Courlande, ont été conquis à différentes époques sur les Suédois; nous avons désigné sous la dénomination de Russie- Méridionale ceux qui s'avancent considérablement vers le sud , et qui ont été enlevés successivement a l'empire Ottoman. On a appelé Russie-Occidentale tous les gouvernemens qui formaient jadis partie du vaste et puissant royaume de Pologne; leur position justifie cette dénomination. Enfin on a nommé Russie- OricnUilc tous les gouvernemens qui, à quelques exceptions prés, sont situés à l'est des autres parties de l'empire; ils formaient les pnissans royaumes turks de Kazan et d'Astrakhan. Nous avons réservé pour l'Asie-Russe les grandes divisions de la Sibérie et de la Région dit Caucase. Pour rendre ce tableau plus utile, on a ajouté à certaines divisions administratives la qualification qui leur convient, afin de ne pas les confondre avec celles qui ont le titre de gouvernement. On doit remarquer qu'à l'exception de la Finlande et des gouvernemens d'Esthooie, de Livonie, de Courlande, de Volhynie, de Podolie, de Slobod- Ukraine , de Tauride, d'Olonetz, d'Orembourg, des provinces de Géorgie et du Caucase, toutes les divisions administratives de l'empire prennent leurs dénominations de leurs chefs-lieux respectifs. Le grand -duché de Finlande, qui a une constitution à part, est divisé en 7 petits gouvernemens qui prennent leur nom de leurs chefs-lieux respectifs; le ci-devant gouvernement russe de Vi bourg en est un, et y a été réuni dernièrement; chaque gouvernement est subdivisé en cercles. Nous avons déjà vu que le rovaume actuel de Pologne n'a que son roi de commun avec l'empire; il est divisé en 8 palatinats , subdivisés en ^9 arrondissemens et 77 districts. M. Serge Poltoratzky , de Moscou , a bien voulu rédiger pour notre Abrégé un tableau de la population des villes de l'empire, par gouvernemens, d'après les renseignemens publiés dans l'Almanach de l'académie des sciences de Saint-Pétersbourg pour l'année i83o. C'est à ce document que nous avons emprunté les populations des villes de l'empire. Ces estimations de l'Almanach, malgré quelques erreurs partielles et quelques grandes lacunes, sont toujours tout ce que cette partie de la statistique de la Russie offre de moins inexact ; d'ailleurs elles méritent plus de confiance que les données statistiques qu'on a publiées jusqu'à présent. Il parait que c'est à l'année 1829 qu'on doit rapporter le recensement sur lequel elles sont basées. A l'égard du gouvernement de Tchernigov, du grand- duché de Finlande et du nouveau royaume de Pologne, entièrement omis daus l'Almanach, nous n'avons pu que repéter les populations que nous avons données uans notre Tableau de l'empire Russe comparé aux principaux Etats du monde ; elles se réfèrent tontes, à l'exception de Varsovie et de Tomaszow, à l'année 1819, et sont par conséquent de beaucoup au-dessous du nombre réel. Les populations de la Bessarabie se réfèrent à l'année 1828. Pour ménager l'espace on s'est borné à indiquer en milliers Ut nombre des habitans, en exprimant en fractions décimales les centaines d'habitans de tous les liehx , dont la population est au-dessous d'un millier ; on a mis un astérisque après les chiffres empruntés à d'autres sources qu'à f'Almanach de l'académie. Voyez à la page i2\.

DES( .R1JTION DE L'EUROPE. 473

TABLEAU

»rVTI9TIQUK ET TOPOORATHIVUt DE f.*EMMRE RUSSE ET DU ROTiUMI DE rOLOOHE.

NOMS de» B» çi-.n* ,

GoL tKRHf I»» IT l'iMH'l»

acSMK DALTlOt.K.

SiiirP.iiuions.

GliAXnE

fim.

Oi.ui.irc

NlJll-NnTOCDlon.

» o»oi»tt

S.jC.

loi.iw

l.V'jlu

Page 1