‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 146 sur 320 · GO. S · texte numérisé non relu

GO. S

SYSTÈME OCCIDENTAL ou TALRO-CAUCASIEN. Ce grand massif que nous avons propose dès l'année 1817 dans uotre Compendio, est un de* mieux circonscrits. Les steps qui bordent l'isthme Caucasieu au nord ; le grand enfoncement dont les rm rs Caspienne et d'Aral occupent le bassin le plus bas; les déserts de la Perse et de l'Arabie, le golfe Persique, la Méditerranée, l'Archipel et la mer Noire en dessiueut l'immense contour. L'Arménie , la Haute-Georgie et la plus grande partie de l'Adzarbaïdjait , le h ourdi* tau et l'intérieur de la partie orientale de l' Asie-Mineure forment un vaste plateau , qu'on peut regarder comme le noyau d'où partout le» différentes chaînes qui appartieuuenl à ce massif, et que nous proposons de nommer Plateau A rmeno- Persique ou Tauro- Caucasien. Laissant a part les questions oiseuses faites par quelques géographes sur I étendue qu'on doit donner au Taurus proprement dit et à Y Anti-Tau rus, nous nous bornerons à classer d'après les connaissances actuelles les principales chaines de ce système, que nous proposons de nommer Occidental , à cause de sa position relativement à celui de l'Altai-Himàlava , et Tauro-Caucasien , du nom de ses deux chaines principales.

Trois chaînes de montagnes se détachent du plateau vers l'occident; leurs subdivisions en plusieurs rameaux doivent les faire regarder comme les trois noyaux d'autant de groupes dilïéreus.

La première resserre et franchit le lit de l'Etiphrate près de Samosate , et s'avance vers l'ouest sous le uom de Mon ts Taurus chez les Européens, cl sous celui de D jebel- K ou ri 11 et autres, chez les habitans actuels de ces contrées. Cet chaine suit à des distauces variables la direction de la cote méridiouale de l'Asie- Mineure, et finit d'un coté à l'ouest du golfe de Salai ia et de l'autre a eelui de Cos. Ou pourrait regarder les hautes monlagues de Vile de Chypre , et celles de Rhodes comme des dépendances de ce- groupe.

La seconde chaîne se détache du même plateau , au nord de la précédente , mais plus à l'ouest; c'est la plus élevée, et sa position relativement aux autres nous engage à la nommer C lia in e M oyenn e ; sa partie orientale correspond à Y Ami-Taurus des anciens. Après avoir parcouru eu directions différentes et avec de fortes interruptions tout l'intérieur de la partie orientale de l'Asie-Miucure, elle prend uue direction nord-ouest, la suit sous différentes dénominations, se subdivise eu plusieurs rameaux et vase perdre daus l'Archipel aux golfes de Samos, de S mi rue et d'Adramiti.

La troisième qu'où pourrait nommer Chaine Septentrionale, parcourt l'Asie- Mineure de l'est à l'ouest en longeant la mer Noire et en ne laissant entre ei»e et celle mer que des plaiues étroites.

Trois aulres branches principales se détachent du plateau Armeuo- Persique. Les deux principales deviennent le noyau de deux groupes différons.

La première , qui est aussi la plus occidentale , n'est à proprement parler qu'un rameau du Taurus. C'est VAmanus des anciens et Y Alma-dagh des modernes, que uous proposons de nommer Ch aine A ma nique. L'Amanus séparait la Cilicie de la Syrie , en no laissant que deux |>assages étroits , l'un vers l'Euphrate , l'autre sur la mer ; te premier répond aux Portes Amaniques des ancien»; l'autre aux Portes de Syrie. La petite largeur de la vallée de l'Oronte et les hauteurs, qui courouuent sa partie inférieure, paraissent autoriser le géographe à regarder le groupe du Liban comme uue dépendance du système Tauro-Caucasien , et le prolongement de la chaîne Amauique. Ce groupe commence au sud d'Autioche ou Autakia par le grand pic que les anciens nommaient Mont Casius.Ce groupe s'étend du nord au sud à travers la Syrie en suivant les sinuosités de la cote. La grande élévation de quelques-uns de ses sommets ainsi que son importance historique nous paraissent mériter qu'on le regarde comme la partie principale de ce groupe, auquel uous avons en conséquence éiendu sa dénomination. Le Liban se divise eu deux chaînes princi|>ales : le Liban proprement dit , prés de la Méditerranée ; et V Anti-Liban , du coté des plaiues de Damas. On peut regarder les hauteurs qui , sous les noms de Djebel Seir et de Djebel Haïras , s'élèvent au sud de la mer Morte et serpentent ensuite daus l'extrémité nord-ouest de l'Arabie , comme les derniers échelons de ce groupe, dont les extrémités se perdent daus les déserts élevés qui occupent tout le nord de cette vaste péninsule.

C'est daus l'eyalet de Diarbekr que se détache la seconde chaiue qu'on pourrait appeler M és opo ta mi que, parce qu'elle se prolonge dans la Mésopotamie. Celle chaiue

est très peu élevée et très courte eu comparaison des autres , mais remarquable parce qu'elle est le noyau des hauteur* connues sous le nom de Monts Sindjar, séjour des indomptables Tezides, et parce qu'elle forme dans son prolongement les coUints d'Hamerin qui bordent au nord les plaines où s'élevaient jadis Ninive et Babylone.

EnGn la troisième branche, qui est la plus remarquable par sou élévation cl par sa longueur, se détache du plateau au sud-est du lac de Van, et sous les noms iïA glin- DagL, à'Elvend , de Monts de Louristan et Monts Bahtiari, elle traverse le Kourdistan et le Khousistan dans l'empire Ottoman et le royaume de Perse. Ou pourrait nommer Groupe Kourdis ta ni ij ue les montagnes dout celte troisième branche est le noyau. Sa partie septentrionale , qui est au.vti la plus élevée, correspond aux Monts Niphates des anciens , uom qui rappelle les neiges perpétuelles qui couvrent «es sommets les plus hauts.

Il nous semble qu'on pourrait regarder le célèbre Mont Ararat , qui s'élève vers la partie orientale du plateau Arméno-Pcrsique , comme la souche de la graude chaîne qui s'en détache, et qui , en suivant une direction sud-est à travers l'Adzarhaidjan et le G bilan f tourne a l'est daus cette dernière province et continue sons différens noms sa marche vers l'orient en parcourant le sud du Mazanderan et en traversant le Khorassan. C'est dans cette vaste province, que, malgré la chaîne continue que les cartographes y dessinent sur le dos de son plateau, cette branche parait se perdre dans les aspérités de son sol élevé. On pourrait réunir sous la dénomination de Groupe Oriental ou de A rarat-Damavend toutes les montagnes qui appartiennent à celle branche.

Le haut pic nommé Kop-tugh entre Erzcroum el ttaïhouth , que les Arméniens regardent comme aussi élevé que l'Ararat, nous parait pouvoir être considéré comme le commencement de la haute chaîne qui , allant d'abord au nord-est et ensuite au nord à travers les eyalets d'Erzeioum et d'Akhal-tsikhé , forme la jonction des chaînes appartenant au Taurus avec celles qui appartiennent au Caucase. Nous proposons de l'appeler Groupe d'Erzeroum à cause du voisinage de cette grande ville.

Le Groupe Caucasien comprend toutes les montagnes qui s'étendent au nord du Kour et du Rioui , depuis la mer Caspienne jusqu'à la mer Noire. La chaîne principale, dout le faite forme la séparation entre l'Europe et l'Asie, va du sud-est au nord-ouest depuis la péninsule d'Abcheron sur la mer Caspienue jusqu'aux envirous de la forteresse d'Anapa sur la mer Noire. Les hautes montagnes de la Crimée , quoique appartenant a l'Europe , n'en doivent pas moins être regardées comme une dépendance de ce groupe. Notre cadre ne nous permet pas de mentionner les chaînes peu importantes et encore trop peu connues qui se détachent au nord et au sud de la chaîne principale.

TABLEAU DES POINTS CULMINANS DU SYSTÈME TAURO-CAUCASUSN.

Groupe oc Taurus proprement dit. Le Sogout-tagh, dans le sandjak d'Hamid et

quelque autre point ncigenx. ...... 3,400??

Le Takhtalou , à l'ouest d'Antalia ou Satalia. 1,2 uj L'Orot- Slave ros (Olympe), point culminant

de la chaîne de l'Ile de Chypre i.îoo?

Gaourc Moyxb ou de l'A mti -Tau a us. Le Mont Ardjs (Argœus), au sud de Kaïsa,-

rieh a,5oo?

Le Mont Karadja, au sud de Konieh. 2,300?

Le Kerchich tagh (Olympe), près de Brousse. 1,400?

Le Mont Ida, dans le sandjak de Biga . . . 773

Le Mont Kerki, dans l'Ile de Snmos. 750

L 'Olympe ou Saint- EUe (Me de Lesbos). . . 507

Groupe ou Liban Le point culminant du Liban proprement

dit, au nord de BaaLbek, dans la Syrie. . 1,700 V Anti-Liban ou Djebel-ckaïk , à l'ouest de

Damas a,5o«»??

Le Mont-Carmel. 3', J

Le Mtmt-Thabor 3i3

Le Mont-Sinaï, dans l'Arabie.

Le Mont Sainte-Catherine i,,',oo.

Groupe n'A r ar at-Damavend Le Grand- Ararat , dans l'Arménie 2,-00

Le Pic Damavcmi , volcan en Perse. 4,000?

Croûte o'Erzrroum Le Kop-tagh, entre F.rzeroum et Baiboutli. . 2,400?

Croupe Caucasie* / V Elhrouz , stn nord de Konthaisi 2,800

Le Mquinwari , dit improprement Kazl>ek. 2,400 Le Chat Alhrouz, sur les confins du Daghestan 2.000?

Le Tchatjrr-dagh . dans la Crimée. 790

SYSTÈME ARABIQl E. Peu important en comparaison de ceux que nous venons de décrire , ce massif comprend toutes les montagnes de l'Arabie , à l'exception de celle* de la partie uord ouest que nous avons réunies au groupe du Liban , dépendant du système Tauro- Caucasien. On ne sait encore rien ui sur la direction ni sur la hauteur des montagnes de ce massif. Il parait cependant que l'Arabie , à quelques exceptions près , offre comme la Perse un immense plateau surmonté et couronné de montagnes , qui semblait s'étendre sans ordre dans toutes les directions, tantôt s'élevantà de grandes hauteurs, tantôt étant tout-à-coup interrompues par des plaines d'une grande étendue mais toujours liantes et souvent arides. Les chaînes les plus connues qui appartiennent à ce système sont :

La Chaîne Maritime, qui Iwrdc à une distance de 3o à 100 milles la mer Rouge et le golfe d'Oman , jusqu'au cap Mocandou. Il est probable qu'elle renferme des sommets de 1,000 à 1,400 toises, surtout dans les rameaux qui se prolongent dans l'intérieur. On doit compter aussi parmi ses pics le Mont Cliahak , que les pèlerins , en allant de Damas à la Mecque, aperçoivent à deux journées de distance.

La Chaîne Centrale, qui parait s'étendre depuis le cap Reccan, sur le golfe Pcrsiquc, jusqu'à la chaîne Maritime aux environs de la Mecque et à laquelle appartiennent les Monts El-Arcd. On ne sait rien sur l'élévation de cette chaîne ou pour mieux dire de ce groupe; mais il y a tout lieu de croire qu'elle doit être considérable, à cause de la hauteur de la base sur laquelle s'élèvent ses pics.

ta Chaîne Septentrionale ou d'£/- Chammar, que passent les pèlerins en allant de Bassorah à la Mecque; on prétend qu'elle atteint la hauteur du Liban.

SYSTÈME INDIEN ou des GATES. Ce massif qui , à l'exception de la chaîne des Gates cl de celle des Nilgherrv, offre des montagnes très peu élevées , s'étend sur plus des trois quarts de la surface de l'Inde. La grande vallée de l'Indu* à l'ouest, et celles du Gange et de la Djemna au nord, séparent les hauteurs qui appartiennent à ce système de celles qui dépendent du grand massif Altaï-IIimàla) a. Les Gates Oc ci dentales , qui s'élendeut pendant plusieurs centaines de milles du nord au sud , offrent la chaîne principale du système ludien; on peut les regarder jusqu'à un certain point comme le noyau de toutes les autres montagnes. Depuis le Tapty, où les géographes commencent cette chaîne, jusqu'au cap Comorin où elle finit, les Gates suivent la côte à une très petite distance. On ne connaît point encore la hauteur de toutes leurs pointes les pins élevées; mais il est probable que les plus hautes dépassent i,5oo toises. On pourrait regarder la haute Chain e d Ahou , qui s'élève près de la ville de ce nom, dans l'Adjurer , comme la continuation des Gates. Sans nous perdre dans les innombrables détails qu'exigerait la description des chaînes et des groupes qui serpentent sur les plaines élevées de l'Inde, depuis les bords de la Djemna et du Gange jusqu'au cap Comorin , nous nous bornerons à citer les suivantes, comme les plus importantes et les plus connues, en faisant observer que ce sont plutôt des groupes que des chaînes proprement dites , et que, malgré leur petite élévation, elles offrent de grandes aspérités et des gorges d'nn accès très difficile. Ses chaînes sont :

Les Monts Nilgherry, qui s'élèvent au nord de Coïmbetnre cl qu'on pourrait regarder comme l'anneau de jonction entre les Gates Occidentales et les Gates Orientales. Cette chaîne offre les pics les plus élevés après ceux des Gates Occidentales.

Les Gates Orientales, qui traversent les provinces de Salem, le Carnatic et le Bala ghAt et se prolongent jusqu'au Krichna.

Les Monts du Herar, qui sous différens noms parcourent les provinces de Candeich et de Berar, et séparent le bassin du Tapty de celui du Godavery.

Les Monts Pindltra, qui formeut le plus vaste groupe parmi les hauteurs secondaires de l'Inde, puisqu'ils .serpentent sous plusieurs dénominations snr tout l'espace compris entre le Godavery, le Tapty, la Djcmna et le Gange. La chaîne de Mandou dans le Malwa, parait être la plus élevée , quoique son point culminant n'atteigne que la médiocre hauteur de 4 * 1 toises.

On pourrait regarder les montagnes de Vile Ccylan , dont on a tant exagéré la hauteur , comme une dépendance de ce système.

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