‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 158 sur 320 · JO · texte numérisé non relu

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au plus qu'à la parlie de l'Inde qui s'étend au sud de la Nerbudda, et qu'on connaît depuis long-temps sous le nom de Dekkan ou Pays du Midi.

Les limites naturelles de l'Inde sont au nord, l'HimAIaya; à Y ouest t la chaîne qu'à la page 607 nous avons proposé de nommer Soliman-Brahouik; à Yest, les monts Khamti, les hauteurs qui séparent les afHuens du Brahmapoutra de ceux de l'Irraouaddy; ensuite la chaîne de montagnes qui traverse l'Arakan. La mer des Indes achève le contour de cette magnifique région. Dans ces limites tracées par la -nature, l'Inde comprendrait YAssam, le Pays des Garrows, le Katchar, tout le Tiperd, la plus grande partie du Kathi ou Kassay et YArakan , pays que l'usage place dans l'Inde-Transgangétique, ou dans la presqu'île au-delà du Gange ; le Sindh , le Pendjdb et le pays compris entre les bords occidentaux de l'Indus et les monts Soliman-Brahouik.

Il est bon aussi de faire observer que lorsqu'on parle du commerce des Indes, on y comprend souvent non-seulement le commerce de l'Inde- Transgangétique, mais aussi celui de la Chine, du Japon, et des prétendues lies Asiatiques ou de la Malaisie. On l'appelle le commerce des Indes- Orientales pour le distinguer de celui des Indes-Occidentales ou de Y Amérique. Quelquefois on appelle le premier le commerce des Grandes-Indes par opposition à celui de l'Amérique qu'on nomme des Petites-Indes.

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude, entre 65° et 90°. Latitude, entre 8° et 35°.

CONFINS. Au nord, le Tibet et autres contrées comprises dans l'era-

fnre Chinois. A Yest, l'Inde-Transgangétique. Au sud , l 'Océan-Indien. A 'ouest, le Beloutchistan et le royaume de Kaboul.

FLEUTE8. Peu de régions de l'Ancien-Continent offrent un plus grand nombre de fleuves que l'Inde ; elle en possède même deux qui figurent parmi les plus grands du globe. C'est à ces vastes et puissans courans qu'elle doit sa grande fertilité. Voici les fleuves que notre cadre rétréci nous permet de mentionner ; nous les rangeons en deux classes selon les mers différentes auxquelles ils aboutissent.

Le GOLFE D'OMAN reçoit :

L'Indus, qui parait prendre sa source dans le Petit -Tibet, au pied des monts Kaïlasa, sur le revers septentrional de l'HimAlaya; il court d'abord au nord sous la dénomination du Siîid , est joint par la rivière qui passe par Lch ou Ladak et traverse la ville de Draus; franchissant ensuite l'Himalaya ce fleuve traverse le royaume fondé par Raudjil-Singh et la principauté de Sindh en passant par les villes d'Atlock, d'Haïdrâl>ad et dcTalla. Deux branches principales s'en détachent; celle nommée Kambargakdt ou LiaKRÀffA au dessous de Bakkàr, qui après un long détour vient encore rejoindre le fleuve principal; et celle appelée Farrâk; celle-ci traverse l'extrémité occidentale du grand marais de Run (Ruun), et contribue par ses eaux à former la grande île de Katch . (Cutch). Selon M. Hamiltoo , le prétendu grand delta que les cartes donnent à ce fleuve, n'existe pas, excepté dans le plus fort de la saison pluvieuse. L'Indus n'a à proprement parler qu'une seule embouchure qui verse ses eaux dans la mer. Ses principaux affiuens à la droite sont : le K a m e h ou Kaboul, grossi à la gauche par la grande rivière qui traverse le Kaferistan; à la gauche : le Pandjnad, formé par la réunion de cinq rivières qui donnent le nom au Pendjàb ou province de Lahorc ; ces rivières sont le DJ/telam (Jhylum) nommé aussi Behal, qui reçoit, selon M. Hamilton, le Tchenâb et le Jtavei, et le Se t le dj (Sulledge) t qui prend te nom de G ha r ra après avoir reçu le Bedjah (Ryas). Le Setledj est le plus remarquable des affiuens de l'Indus par la longueur de son cours et par l'éoorrae élévation à laquelle se trouvent les lacs de Rawan et Mana Sarovara , qui paraissent devoir être regardés comme ses sources. D'autres géogra-

phes considèrent IcTchenAb, comme la branche principale à laquelle ils font aboutir le Djhelam. Il parait aussi qu'on pourrait regarder comme uu affluent temporaire de l'Indus le Ban , qui traverse l'Adjmir et dont les branches inférieures se perdent dans le grand marais Run; ce dernier s'étend à l'est de la branche de I Indus nommée Far r à h sur la carte que M. Cary fient de publier, et Goni sur des cartes moins récentes.

La Narmmadà ou Nerbuddah prend sa source dans un petit lac, sur le plateau d'Omerkantak dans le Gaudwânà, court à l'ouest en traversant cette province, et celles de Malwa, de Kandeich et de Guzerate, en passant par les villes de Mândlab, Garràh, Hindia et Barotch , et finit au golfe de Katnha\a. Ses afflucns sont trop peu considérables pour nous engager à les mentionner ; mais nous rappellerons que c'est au sud de ce fleuve que la plupart des géographes font commencer le Dekkan.

Le Taptt naît dans le GandwAna , court de l'est à l'ouest presque parallèlement à la Nerbuddah, traverse les provinces de Berar, de Malwa, de Kaudeich et de Guzerate, et, après avoir passé par lUnirhaupour et Surate, entre dans le golfe de Kambaya. Le GOLFE DU BENGALE reçoit :

Le Kâvrry; ce fleuve naît dans les Gates Occidentales, traverse le Maïssour, le Koïmbatouret le Karnatik, passe par Eroad, Seringapatnam, Tritchinopoly , et par plusieurs branches se rend dans le golfe du Beugale. C'est sur ces branches que se trouvent Ncgapatam, Karikal et Tranquebar.

Le Parkar a sa source sur le plateau de Maïssour, court au nord sur ce dentier, traverse le BalaghAt et dans le Karnatik se rend à la mer.

La Kisthah ou Krichna prend sa source dans les Gates Occidentales dans le Bedjapour, traverse cette province, celle d'Haïderàbàd cl dans les Circars du Nord entre dans le golfe de Bengale, par deux branches principales; celle du Nord dite aussi Kistnah passe près de Masulipatam ; celle du Sud, qui est la plus large, prend le nom de Sippei.ee. On doit remarquer avec M Ha tu i I ton que ce fleuve , plus que tout autre courant de I'Ih de , est riche en diamans et autres pierres précieuses. Ses principaux afflucns à la droite sont: la Mâlparbà et la Toumbadrdh (Toombudra); cette dernière est regardée par quelques géographes comme une des trois branches dont selon eux se forme la Kistnah; la Toumbadràh reçoit à la droite la Vàddwatty, qui vient du centre du plateau de Maïssour. Les principaux afflucns de la Kistnah à la gauche sont : la Bimd, grossie par la Siaa et autres rivières; et la Mous s y qui passe par Haïdcrahad.

Le Godaveby, naît dans les Gates Occidentales, dans l'Avrangabad, le traverse ainsi que les provinces de Bider , de Berar et les Circars du Nord. C'est dans ces derniers que ce fleuve entre dans la mer par plusieurs embouchures qui portent différens noms, et dont une vers le nord relient la dénomination de Godavery. Ce fleuve passe par NAdere et Mangapett. Ses principaux afflucns sont à la droite : la Mandjera; à la gauche: la Pou m a, la IVardd grossie par la Pain-Gangà , la Baûi-Ga/igd et le S'tlair.

Le M \ h v >• \ i in y ou Kattae (Cuttae), descend des montagnes du Bandelkand, traverse le Gandwàna et l'Orissa, baigne Senepour et Kattak, et après avoir formé un large delta composé de plusieurs branches entre dans la mer.

Le Gahge est le fleuve principal de l'Inde. Il est formé dans le Gherwal par l'union des deux branches le Bhâgiratmt, qui est regardé comme le vrai Gange, et par l'Ai Àn>-A.\ni. Le Bhâoirathy sort du flanc de l'Himâlaya au-dessus de Gangotri à la hauteur de x3,8oo pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. Mais selon M. Hamilton le Dauli, étant plus considérable et venant de plus loin, devrait être regardé comme la source principale. Le Bhàgirathy et l'Alàknandà se réunissent dans un lieu nommé Devaprayega, où s'élève un temple qui est un des sanctuaires les plus célèbres parmi les Indiens. Après Hardwar le Gange entre dans la vaste plaine de l'Hindoustau, traverse les provinces de Delhi, Agra , Aoudh , Allahâbâd, Behar et Bengale, en passant par Farrakh- Abâd, Allahabad, Mirzapour, Benares, Ghazipolir, Patna, Radjâmabala. C'est dans le Bengale que ce fleuve forme uu delta immense composé d'un grand nombre de branches, sur lesquelles se trouvent Mouirhidâbâd, Kassim-bazar, Dakka et autres graudes villes. Les branches principales sont : I'Hougly, qui passe par Calcutta et Chandernagor ; elle est toujours navigable et traversée par les vaisseaux qui font le commerce avec la capitale de l'Inde Anglaise; ses eaux sont réputées sacrées par les Brahmines. Ces prêtres de

Brahma jurent devant les tribunaux sur ses eaux, comme les mahoméians jurent sur le Coran et les chrétiens sur l'Évangile. Tiennent ensuite: rHotrainGOTT.il., qui est aussi toujours navigable; et le Gangs proprement dit; c'est la plus orientale; elle confond ses eaux avec celles du Megna ou Brahmapoutre au-dessous de Lakipour. Les principaux afflueos du Gauge sont à la droite : la Aa///- JVa</</j(Calini), la Djamnà (Juronah) dont les sources se trouvent dans le Ghcrwal à l'ouest de celles du Gauge; elle passe par Delhi, Agra et Allah&bad , et reçoit le Tchambal (Chumbul), la hetwali et la Kiane ; la Sont qui passe par Daoudnagar. Les principaux affluens à la gauche sont : la Aamganga, qui passe à Morabad; la G o u m t y (Goomty), qui arrose I.ucknow; la Gogra, qui naît sur le versant méridional de l'Himàlaya dans le Népal , forme la célèbre cascade de Kanar, passe par Feïzâbàd et Aoudb , et reçoit le Kali , le Tchauka , le Rapty et le Petit» Gandak ;\e Gandak (Gunduk), qui est le plus grand fleuve du Népal et dont les sources se trouvent selon les uns dans le Tibet, selon d'autres près du Dhawalaghiri , la plus haute montagne connue du globe ; le Bdgmatty (Bogmutty), qui naît près de Khalmandou, capitale du Népal; le Koussy (Kosi , Cosah), qui preud sa source sur le versant méridional de l'Himalaya, reçoit YArun et le Tombao daos le Népal, el le Gogaryàam le Behar; la Mdhdmada , grossie par le Parndbabaii; la Tistah (Teestan) ; c'est le dernier des grands afflueos du Gange; il naît dans le Tibet, sépare la principauté de Sikkim du Boutan, passe par Dinàdjpour et partage inégalement le tribut de ses eaux entre le Gange et le Brahmapoutra.

Le Brahmapoutra (Burrampooter) ; sur l'autorité de Rennell et de Turner les géographes représentaient ce fleuve comme la continuation du grand courant qui traverse le Tibet sous le nom de Ztangtsiou; mais l'exploration faite en 1837 par les lieutenans Wilcox et Burlton a démontré que le Brahmapoutra naît dans le pays de Borkhamli au pied des Langtau, montagnes neigeuses qui s'élèvent à l'est de l'Aisam et au nord de l'em pire Birman. Ce fleuve traverse le pays des Mismi, le royaume d'Assam et le Bengale orientai , et après avoir reçu une branche du Gange et quelques-unes de celles de son affluent Tistah, le Brahmapoutra prend la dénomination de Megka, passe par Lakipour , et au-dessous de cette ville il confond ses eaux avec celles du Gange. Ces deux fleuves réunis arrivent au golfe du Bengale, où ils forment un vaste delta. Les priucipaux affluens du Brahmapoutra, dont le cours supérieur appartient selon les divisions arbitraires des géographes à l'Inde-Transgangétique , sont à la droite : le Goddado , qui vient du Boutan; à la gauche: le JJrak, qui traverse le Kassay occidental et le Katchar dans ITnde-Trausgangétique , et le Silhet dans le Bengale; le Goumti (Goomty). qui traverse le Haut-Tiperah dans l'Iode-Transgaugélique et le Bas-Tiperah dans le Bengale.

AXiiiGlOlTO* Les Hindous sont très inégalement partagés sous le rapport de leurs croyances religieuses. Le Brahmanisme est professé par plus des sept huitièmes de la population de cette contrée. Les princes Maharattes , les rois de Maïssour , de Travankore, les princes radjapoutes d'Adjmîr, etc., etc., appartiennent à cette religion. Le Bouddhisme est professé par une grande partie des habitans de Ceylan, par les Tibétains (Bhotias) dans le Kemaoun, dans le Népal, la principauté de Sikkim. La croyance des Djainas , sectaires établis dans le Dekkan et peu nombreux comparés avec les adorateurs de Brahma, est une dégénération du Bouddhisme. La religion de Nanek, reformée par Gourou -Gowind, qui nous paraît tenir le milieu entre le Brahmanisme et l'Islamisme , est professée par les Seikhs, peuple guerrier et dominant dans la confédération de ce nom. La plupart de ses disciples vivent dans le Lahore et dans la partie occidentale de la province de Delhi ; le célèbre Randjit-Singh était attaché à ses dogmes. L'Islamisme compte après le Brahmanisme le plus grand nombre de croyans ; c'est la religion professée par les prétendus Mongols, et celle qui dominait dans l'Inde lorsque In plus grande partie de cette contrée formait le grand empire, dont le souverain était connu

sous le titre de Grand- MogoL C'est aussi la religion que professent encore les souverains des royaumes du Decan ou d'Haïdcrâbâd , d'Aoudh, les princes Battiers dans l'Adjmîr , les radjas de ttopal , les princes du Sindh , etc., etc. La rkligion des Maoes ou de Zoroastbe est professée par les Parsi ou Guèbres , dont le plus grand nombre vit à Bombay, à Surate et autres villes du Guzerate. Le Cumstianisme compte plusieurs milliers de fidèles surtout dans l'île de Ce vlan, dans le Malabar et dans le Canara. Les Catholiques sont les plus nombreux; viennent ensuite les Jacobins, les Protestans , les Arméniens et les soi-disant chrétiens de Saint- Thomas. La religion dr Moïse, dont on a tant exagéré le nombre des croyans, ne compterait, selon les calculs approximatifs des meilleurs auteurs qui ont écrit sur l'Inde, qu'environ 100,000 âmes : c'est dans le Malabar qu'on les trouve en plus grand nombre.

gouvernement. Tous les nombreux princes indigènes qui régnent encore sur une grande partie de l'Inde jouissent d'une autorité absolue sur leurs sujets, quoiqu'elle soit différemment modifiée dans quelques états. Dans la confédération des Seikhs, dans les états des princes Maharattes, dans ceux de l'Adjmîr, aussi bien qu'en plusieurs autres principautés tributaires des Anglais, le gouvernement peut être regardé comme féodal. La Compagnie Anglaise des Indes-Orientales, qui est le véritable souverain de presque tous les pays qui forment l'empire Anglo-Indien, quoique jouissant de tous les droits annexés à la royauté , n'en a pas le titre; son autorité n'est que temporaire; elle doit être conlirmée tous les 20 ans par le roi d'Angleterre, dont elle reconnaît toujours la suzeraineté, et auprès de qui elle est responsable de la conduite des gouverneurs généraux et des employés supérieurs. Dans ses possessions immédiates on a laissé subsister les lois du pays; seulement on a introduit plusieurs améliorations dans le mode d'administrer la justice et dans tout ce qui concerne la police. Le grandmogol Acbar II existe encore à Delhi, où il vit richement pensionné par la Compagnie; mais au milieu des égards qu'on lui témoigne et de la pompe royale dont il est environné, il n'en est pas moins un véritable prisonnier, n'ayant pas la liberté de sortir de son palais. La Compagnie fait placer son nom et son protocole en tète de quelques-uns des édits qu'elle rend pour l'administration de la justice dans la partie de ses vastes possessions situées dans les anciens états de ce prince.

Les princes qui régissent les pays médiats ou vassaux de la Compagnie, n'en sont guère que les souverains nominaux pour tout ce qui ne concerne pas l'administration intérieure de leurs territoires; pour tout le reste l'autorité réelle appartient aux résident anglais accrédités à leur cour. Une foule de petites principautés enclavées dans les provinces immédiates de la Compagnie doivent être regardées plutôt comme des grands fiefs que comme des territoires vassaux; et tous les états radjepoules dans la vaste province d'Adjmîr, forment depuis 181 8 une confédération particulière sous la protection des Anglais.

Le gou vernement du Sindh offre un véritable phénomène politique. Trois branches de la famille Talpouri, beloutchi d'origine, occupent simultanément le trône d'Haïderâhàd. Par le traite qu'elles ont stipulé en 1809 à la mort de Mîr Fattih-Ali, l'aîné mâle de chaque famille hérite par tiers du royaume du Simili , de manière cependant que le plus âgé des trois aînés a la prééminence ; la moitié du territoire est censée lui appartenir; il prend

le titre à'Amir et se trouve à la tête du gouvernement Le plus Agé après lui occupe la seconde place, et le plus jeune la troisième. La formidable association connue sous le nom de Pindaries , qui pendant une longue suite d'années a ravagé régulièrement tous les ans plusieurs provinces de l'Inde, a été entièrement détruite par les Anglais en 1818. Dans la même année ils ont mis fin à la puissante confédération des Maharattes. Quelques années auparavant ils avaient détruit plusieurs établissemens de pirates sur la côte occidentale de l'Inde, et dernièrement ils ont fini de purger ces parages, ainsi que ceux du Gange des corsaires qui les infestaient encore. Mais la plupart des Bhtis (Bheels), les Sondies , les Minahs (Mccnahs) , les Gadjars (Gudjurs), les K ouïtes , les Kitchafcs ou Gfdarmars , les Tchohans (Chohans) , les Thougs, les Gonds et autres peuples dans l'Inde, les Beda/is ou fPaddahs dans l'île de Ccylan, errent sur de vastes espaces à-peu-près déserts et vivent encore sans lois et dans l'état sauvage. Nous ajouterons oue les Bhindciwas , tribu de Gônds qui habitent dans les montagnes d'Omerkantak dans le Gandwânâ, sont incontestablement anthropophages par suite d'une horrible superstition , qui leur fait croire que c'est une action agréable à Kali et un acte de miséricorde envers leurs parens que de les tuer et de les manger, lorsqu'ils sont attaqués d'une maladie grave regardée comme incurable, ou bien lorsque quelque individu de la famille, arrivé à un âge avancé, devient faible et infirme. Cet horrible festin, dit le lieutenant Prendegast qui eu i8ao visita cette peuplade, est partagé par tous ses parens et amis qu'on a soin d'inviter dans ces occasions.

industrie. Depuis bien des siècles l'Inde est renommée par l'industrie et l'adresse de ses habitans dans les arts. Les toiles de coton qu'on appelle communément indiennes , parce que de temps immémorial elles ont formé un article principal des exportations de llnde, les étoffes de soie , les draps et les châles de laine , les tapis et les nattes sont les articles dans lesquels se distinguent les Indiens. On peut même dire que par la combinaison et les heureux mélanges de différentes espèces de coton qui conviennent par leur force, leur souplesse et leurs qualités variées au tissage des différentes mousselines, et à force de recherches et d'observations faites par les ancêtres, et transmises de père en fils, les Hindous sont parvenirs à perfectionner les arts de la main et à les porter tous à un degré de perfection que les nations les plus industrieuses de l'Europe n'out pu atteindre que dans ces dernières années. On ne compte pas moins de i*4 espèces différentes d'étoffes de coton que ces peuples savent travailler. Vizigapatnam, les environs de Mazulipatnara , Paliakatc, Madras, etc., plusieurs villes de l'Orissa et du Bengale sont les lieux qui en fournissent la plus grande quantité et les qualités les plus estimées. Les soieries brochées d'or et d'argent de Surate ; les étoffes de soie de Mourchidâbâd, Kassim-bazar et autres villes du Bengale; les draps et surtout les châles de Kachemîr qui sont encore supérieurs à tous ceux qu'on a fabriqués hors de ce pays, et les tapis de Patna sont, avec les ouvrages cnJîUgranc et en natte et les armes blanches, les autres objels dans la fabrication desquels se distinguent éminemment les peuples de l'Inde.

COMMERCE. Les productions du sol aussi variées que précieuses et abondantes, et les produits de l'industrie ont attiré depuis la plus haute antiquité les nations commerçantes dans cette contrée, qui a été toujours le centre d'un grand commerce. Les Hindous sous le nom de Baniancs ,

DESCRIPTION Dl£ L'ASIE. 69i

et ensuite les Arméniens et les Parsi ou Guèbres, (ont les plus grandes affaires avec les places intérieures, et les deux derniers prennent part un nie aux plus vastes spéculations du commerce maritime. Ce dernier peut être regarde comme étant aujourd'hui presque tout entre les mains des Anglais. Après eux viennent les Anglo- Américains, les Portugais, le* Français, les Néerlandais et les Danois. Celui des autres nations de l'Europe est encore moins considérable. Les principales f.xportatioms sont : outre les toiles de coton, les étoffes de soie, les châles, les tapis et les autres objets mentionnes dans l'article de l'industrie, les nombreux produits du sol, savoir : coton, riz, opium, sucre, nitre, poivre, bois de sapan et surtout bois de sandal, gomme-laque , indigo, cannelle, soie, cochenille, diamans et autres pierres précieuses, perles, poissons, peaux de tigre et autres objets. Les principaux articles d'importation sont : draps, velours, fer, cuivre rouge, plomb, armes a feu, vins, eau-de-vie, dentelles, £1 d'or, galons, coraux, papiers, fruits secs et confits, drogues et produits de l'Amérique, montres, miroirs et quincaillerie, tous objets importés par les nations européennes. L'Arabie y envoie du café, des encens, des coraux, des dattes et des chevaux; la Chine, beaucoup de thé par le moyen de vaisseaux européens ; l'empire Birman, beaucoup de bois de teck; les Moluques, le clou de girofle et la noix muscade; le Tibet, la côte d'Afrique, beaucoup de coquillages très recherchés des Hindous pour leur parure.

Les principales villes commerçantes dans l'intérieur sont : Farakhdbdd , Agra t Delhi, Mirzapour , Allahdbdd , Dcnarcs , Patna , Dakka , On dey pour , Indour , Nagpour , Soumboulpour , Bourlu'mpour s Haidcrdbdd y etc., etc. Parmi les villes maritimes nous nommerons : Calcutta, Bombay y Madras et Surate , ensuite K ambaya, Ma/igalore, Broatch , Goa , Kalikut y Kotchiriy Paliakate , Poadichéry, Negapatnam , Vizagapatam , Koringa , Maziriipatnam , Colombo, etc., etc. Une partie du commerce extérieur se fait aussi par le moyen des caravanes, ce qui a lieu surtout avec les royaumes de Kaboul et de Perse, et avec le Turkestan.

divisions. Afin de rendre plus facile l'étude de cette partie de la géographie, nous ferons précéder le tableau des divisions politiques actuelles de l'Inde par le tableau de ses divisions ri -ographiques coordonnées aux anciennes divisions politiques. Ces dernières se rencontrent dans tous les livres d'histoire et de voyages, et sont encore mentionnées par les naturels et par les Européens, toutes les fois qu'il est question des pays qui font partie de l'Inde. Elles ne sauraient donc être ignorées sans inconvénient; nous en avons résumé les principales dans le tableau suivant.

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