‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 181 sur 320 · A LA GÉOGRAPHIE DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

A LA GÉOGRAPHIE DE L'AFRIQUE

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitiule , entre 19° occidentale et 49° orientale. Latitude, entre 38° boréale et 35° australe.

distensions. /V&f grande longueur : depuis le cap Bugaroni dans l'État d'Alger, jusqu'au cap des Aiguilles dans l'Afrique- Australe , 4,38o milles. Plus grande largeur : depuis le cap Vert jusqu'aux environs du cap Calmez sur la mer Rouge 3,170 railles. Mais nous ferons observer que la plus grande largeur absolue de l'Afrique est entre le cap Vert et le cap d'Orfui, puisque dans cette direction sa largeur est de 4,o3/î milles.

CONFINS. Au nord, le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée. A Y est, l'isthme et le golfe de Souéys (Suez), la mer Rouge, le Bab-el- Mandeb, le golfe d'Aden et l'Océan-Indien. Au sud, l'Océan-Auslral. A Y ouest, l'Océan-Atlantique.

MERS. On peut dire que l'Afrique n'a aucune mer qui lui appartienne entièrement, puisqu'elle partage la Méditerranée avec l'Europe et l'Asie, et la mer Rouge avec cette dernière ; la Méditerranée est une branche de I'Océah- Atlantique, la mer Rouge en est une de I'Océ an-Indien. Nous avons déjà fait observer que la mer Rouge n'est à proprement parler qu'un golfe; aussi de savans géographes commencent déjà à l'appeler golfe Arabique. Parmi les principaux golfes de cette partie du monde, outre le golfe Arabique et celui de Souéy's (Suez) qui en est une subdivision; nous nommerons : le golfe d'Aden , entre l'Arabie, l'Abyssinie et le Pays des Soraaulis; ce n'est proprement que la partie antérieure du golfe Arabique; les golfes de Bénin et de Biafra , regardés communément comme deux subdivisions du prétendu golfe de Guinée; nous avons signalé ailleurs le peu de justesse de cette qualification. Viennent ensuite le golfe de la Sidre dans l'État de Tripoli et ceux de Cabes et de Tunis dans celui de Tunis. Mafll si l'Afrique a peu de mers et de golfes, elle compte en revanche plusieurs vastes baies; nous nous bornerons à nommer la baie Saldanha , qui ofïre un des plus beaux ports de l'Afrique- Australe ; la False-Bay (Fausse Baie), à l'ouest du cap de Bonne-Espérance; la baie de Lagoa, sur la côte orientale ; la baie d'Anton Cil, dans l'île de Madagascar , une des plus belles du monde.

DETROITS. L'Afrique n'en a que deux : celui de Gibraltar, qui la sépare de l'Europe, et celui de Mandeb appelé par les Arabes Bab-el- Mandeb, qui forme la communication entre le golfe Arabique (la mer Rouge) et celui d'Aden. Le prétendu détroit de Mozambique, entre le Continent

Africain et l'île de Madagascar, doit être rangé parmi les bras de mer ou canaux maritimes les plus remarquables du globe. Voyez à la page aa.

CAPS- Parmi le grand nombre de caps que présente l'Afrique, nous nommerons les suivans comme les plus remarquables sous plusieurs rapports. Sur la côte septentrionale ou trouve : le cap Spartel , sur l'Atlantique à l'entrée du détroit de Gibraltar ; par sa position il appartient aussi à la côte occidentale; le cap Tres-Fonas ou des Trois- Fourches , dans l'empire de Maroc; le cap Bugaroni et le cap de Fer, dans le ci-devant état d'Alger; le cap Blanc, près de Bizerte, dans l'état de Tunis; c'est le plus septentrional de toute l'Afrique; le cap Bon, dans le même état; les caps Messratha (Mesurata) et Basât , dans l'état de Tripoli ; le cap Buriox, point le plus septentrional du delta du Nil.

Sur la côte occidentale et sur l'Océan-Atlantique on trouve : les caps Blanc, près de Masagau, Cantin et Ger, dans l'empire de Maroc; les caps Noun , Bo/ador et un autre cap Blanc près d'Arguin , sur la côte du Sahara ; le cap Vert, dans la Sénégambie, aussi remarquable par sa forme que par sa position, étant le point le plus occidental de tout le Continent Africain ; les caps Roxo ou Rouge et Vcrga , dans la même région ; les caps Monte, Mesurado, Pal mas , des Trois-Pointcs , For m ose , Saint-Jean ou das Serras et Lopez, dans la Guinée; pointe Palmeirinha, cap Negro et cap Frio, dans le Congo; et cap de Bonne-Espérance, dans l'Alrique- Australe Anglaise.

La côte méridionale offre, outre le fameux Cap-dc- Bonne- Espérance que nous venons de nommer, parce que par sa position il appartient aussi à la côte occidentale , le cap des Aiguilles , remarquable comme le point le plus austral de tout le Continent d'Afrique.

Le long de la côte orientale on trouve sur l'Océan-Indien : les caps Corrientes et Delgado, dans l'Afrique-Portugaise; le cap d'Orfui, remarquable par sa forme, et le cap Gardafui (Guardafui), par sa position, étant le plus oriental de ce continent; tous deux sont situés dans le Pays de Somaulis. Nous nommerons encore sur le golfe d'Aden et près de l'entrée de la mer Rouge, le Ras-Bir, dans l'Abyssinie ; sur la mer Rouge, les caps Calmez, dans la Nubie, et le Ras-el-Enf, dans la Troglodytide dépendante de l'Egypte. La grande île de Madagascar présente dans ses trois extrémités australe , occidentale et boréale, les caps Sainte- Marie, Saint- André et d' Ambre.

presqu'îles. Ce vaste continent a trop peu de coupures pour offrir des presqu'îles proprement dites d'une étendue remarquable. Il n'offre que de petites péninsules qui appartiennent plutôt aux descriptions topographiques. Nous en signalerons cependant quelques-unes des plus remarquables , telles que la péninsule du cap Vert; celle qui se développe à l'est de Tunis et qui termine le cap Bon; et les deux plus petites qui dans l'Afrique-Australe Anglaise forment un des côtés de la False-Bay et de la Baie-Saldanha.

FLEUVES. L'hydrographie de l'Afrique est encore très imparfaite, et l'on ne connaît complètement le cours d'aucun de ses plus grands fleuves ; on n'a que des conjectures sur les sources du Nil , et le voyage des frères Lander n'a résolu qu'en partie le problème relatif a l'embouchure du Niger. Voici les fleuves de l'Afrique que l'on peut regarder comme les plus grands; nous nous bornerons à les nommer, ayant tracé leur cours dans les régions auxquelles ils appartiennent. Les grands courans, aboutissant à trots

mers différentes et à un grand bassin intérieur, forment les quatre grandes divisions hydrographiques entre lesquelles on pourrait partager l'Afrique.

Fleuves qui se rendent dans la mer Méditerranée. Celte mer ne reçoit qu'un seul des grands fleuves de l'Afrique, mais aussi le plus considérable de tous; c'est le Nil; il traverse toute la région à laquelle il donne son nom.

Fleuves qui entrent dans l'Océan- Atlantique. Les plus grands sont : le Sérîoai. et la Gambie dam la Nig ri tic- Occidentale; le Djot.iba ou Kouara (Niger); il traverse une grande partie de la Nigrilie-Ceutrale (Soudan et Guiuéc); le Couakgo ou Zaïrr (Congo, Barbela), et le Couaaza ; ils arrosent la Nigritie-Méridionalc (Congo) ; I'Orasue , qui parcourt l'Hotlcntotie daus l'Afrique-Australe.

Fleuves qui se jettent dans l' Océan-Indien. Les principaux sont le Zambkzi ou Coi; ami le Loffih, le Motber, rOuTAuno et le Zebi (Zebee), qui paraissent traverser d'immenses espaces dans l'Afrique-Oricntalc ; ils ont leurs embouchures sur les côtes de Mozambique et de Zangucbar.

Fleuves qui appartiennent au bassin du lac Tchad. Cette vaste mer intérieure , découverte dernièrement dans le Soudau Oriental , reçoit le Yeou, qui traverse la partie orientale de l'empire des Fcllatah, et la partie centrale de l'empire de Bournouç le Char y, qui arrose une partie de ce dernier empire et d'autres contrées.

CANAUX. Dans des pays aussi peu civilisés que le sont ceux qui appartiennent à cette partie du monde, on ne doit pas s'attendre à trouver beaucoup de canaux. Aussi l'Egypte et l'empire d'Achantie, qui figurent parmi les contrées les plus avancées dans la civilisation sur ce continent, sont- ils les seuls peut- être qui jusqu'à présent offrent des canaux; mais la plupart ne servent qu'à l'arrosage; l'Egypte seule en a qui sont navigables. Parmi le grand nombre de canaux qui arrosent cette contrée célèbre, nous nommerons les suivans qu'on regarde comme les plus importans : le canal de Joseph oti le calideh-Mcnhi ; il a environ 100 milles de long sur une largeur de 5o à 3oo pieds; une partie parait répondre à l'ancien canal Oxyrynchus , que Strabon, en y naviguant, prit pour le Nil même. Le Beny-Jdy, qui communique au précédent ; le Bahr-el-H'ady, que l'ou pourrait appeler le canal de t Ouest ; il est creusé dans la pierre calcaire et a 60,000 mètres de long; le canal de Daman/tour, long de /< 0,000 mètres; le canal Baityreh , qui joint la branche de Rosette au lac Maryout; le canal de Menouf , long de 5o,ooo mètres ; le canal Abu-Mcneggy > qui passe par Balbeïs et près de Teil-Buisah; il n'a pas moins de 160,000 mètres ; enfin le canal de Clèopâlre , rétabli depuis quelques années par le vice-roi actuel , afin de joindre le Nil au vieux port d'Alexandrie ; il commence à Foua sur le Nil; Mohamed- Ali y a employé i5o,ooo Arabes pendant plusieurs mois; 20,000 sont morts pendant les travaux. Ce bel ouvrage a 40 milles de long ; mais telle est la nature du terrein et l'insuffisance des moyens mis en usage, que déjà le canal est à moitié rempli de vase, et ne peut servir à la navigation que lorsque les eaux du Nil sont élevées. Il a reçu le nom de Mahmoudy, en mémoire du sultan régnant Mahmoud.

LACS* Dans l'état actuel de la géographie on peut dire que celte partie du monde est extraordinairement dépourvue de lacs. Ce n'est que la Nigritic-Centrale (Soudan) qui paraît en avoir plusieurs, parmi lesquels se trouve même le lac Tchad (Schad), découvert depuis peu d'années; c'est le plus grand de tous les lacs connus de l'Afrique dont il occupe presque le centre. Les îles qui s'élèvent au-dessus de sa surface sont le séjour des féroces Biddoumahs, qu'on dit être de terribles pirates. Vienuent ensuite le lac Djebou (Dibbie) , qui est traversé par le Djoliba; le Lottdeah, dans l'état de

Tunis, et le Mclgig, dans celui d'Alger, quoique assez considérables, n'ont aucun débouché. Le Calottnga-Kouffoua (lac Mort) dit aussi simplement K ouf Joua , que M. Douville a découvert dans son importante exploration de l'intérieur de l'Afrique-Equatoriale , reproduit sur une grande échelle une partie des phénomènes qui caractérisent la mer Morte dans l'Asie- Ottoraane; les montagnes qui l'environnent au nord et au sud exhalent une odeur fétide, qui leur a valu le nom de moufonda gia iaiba risoumba ou monts des mauvaises odeurs ; il en coule du bithume; les eaux du lac sont recouvertes de cette substance ainsi que de naphte, qui s'élève du fond. Aucun poisson ne vit dans ces eaux , dont le goût est huileux et dont les exhalaisons causent une toux assez forte. Aucun être animé ne vit dans ses environs ; la végétation même y est presque nulle. Ce lac extraordinaire donne naissance à plusieurs rivières qui coulent à l'ouest et à l'est. La plus considérable vers l'ouest est le Bancora (un des principaux affluens au Couango) , qu'on a cru à tort être le Zaïre. MM. Douville et Eyriès le croient identique au lac Zambre et au lac Maravi , que , d'après des relations confuses données par les indigènes, les cartographes ont promené sur un grand espace de l'Afriquc-Orientalc. Nous n'hésitons pas a partager leur opinion, mais nous ne nous prononcerons pas relativement au lac Aquilunda. Des recherches d'un autre genre ne nous laissent pas le loisir qu'il faudrait pour concilier les remarques judicieuses de M. Douville sur ce lac, avec la description que les Ephthnr rides géographiques de Wcimar en ont donnée, d'après les renseignemens d'une authenticité fort problématique fournis par M. d'Étourville, qui l'aurait visité au commencement de ce siècle. Nous nommerons encore parmi les lacs les plus remarquables de l'Afrique le Dembea ou Tzana^ dans le ci-devant empire d'Abyssinie, et le Birket-el-Keroun , dans l'Egypte; ils sont les plus grands lacs de la région du Nil ; nous rappellerons que le second est le célèbre Mœris; on a cru pendant long- temps, sur l'autorité des auteurs anciens, qu'il avait été creusé de main d'homme; mais M. Jomard a prouvé que ce lac est l'ouvrage de la nature, quoique modifié par les travaux des anciens Egyptiens. Le lac Mariout (l'ancien Maréotis) était un lac d'eau douce, célèbre chez les anciens par ses jardins et ses vignobles; aujourd'hui ses eaux sont salées par l'irruption de la mer arrivée en 1801. Quant aux prétendus lacs Edhou , Bourlos et Mcnzaleh , ce ne sont que des lagunes , qui reproduisent dans le delta du Nil ce que nous avons déjà signalé aux embouchures du Brenla, de l'Adige et du Po,en Italie, de l'Oder, du Pregel et de la Vistule, dans la monarchie Prussienne.

I1IS. Le contour si peu découpé de l'Afrique est cause que cette partie du monde offre moins d'îles que les autres grandes divisions du globe. Nous proposons de les classer d'après les cinq mers où elles sont placées. Nous nommerons toutes les principales, en nous bornant à décrire ici les îles dont on n'a pas fait mention dans les six chapitres entre lesquels nous avons partagé la description de l'Afrique.

Iles dahs la mir MioiTiRiuirts. Elles sont toutes très petites, les principales sont : l'île Zerhiou Gtroi , qui est la plus grande et la plus importante de toutes; elle est située dans le golfe de Cabes ainsi que le groupe de Kerkeni; ces îles appartiennent à l'état de Tunis. Viennent ensuite : PanteUaria , qui appartient politiquement à la Sicile, mais qui, sous le rapport géographique, doit être placée en Afrique; Tabarca, que le bey de Tunis tient de céder à la France.

fil'.

Iles dans l'Océan-Atlantiqur. Cette division en offre plusieurs , dont un certain nombre forme des groupes et raénie des archipels. Les priucipales sont : le groupe de Madère, et V archipel du Cap-Fert , dans l'Afrique-Portugaise; Y archipel de* Canaries, dans l' Afrique-Espagnole ; Vile Corée , dans la Séuégarabie-Francaise. Viennent ensuite : Varclùpel des Bissagos , vis a vis l'embouchure du Geba et du Riogrande, où demeurent les Bijugas ou Bissagos, renommes par leur férocité et par leur humeur belliqueuse; ils sont régis par plusieurs chefs indépendans; on remarque daus cet archipel l'île Bissao, qui appartient aux Portugais; Boulama, sur laquelle les Français, dans le xvtn9 siècle, projetèrent a différentes reprises de fonder une colonie , et qui plus tard fut le siège d'un petit établissement anglais abandonne en 1793. Plus bas on trouve : Vile Cherhro , qu'on peut regarder comme la plus grande de toute la Guinée-Occidentale; ses lubitans qpiiservent leur indépendance. Les îles A'Anno-Bon, de Saint-Thomas , du Prince et de Fernan-do-Po; elles forment un groupe dans Je plus grand enfoncement du prétendu golfe de Guinée; ce groupe est partagé entre les Anglais, les Portugais et les iudigènes; ces derniers possèdent encore Anno-lSon , quoique leur île, depuis 1778 , appartienne de nom à l'Espagne; nous proposons de nommer ces îles, groupe d' 'A nno-Bon et de Fernan-do- Po. Les îles de Y Ascension , de Sainte-Hélène , appartiennent aux Anglais.

Iles dans l'Océan- Austral. Ces îles sont toutes très petites, à l'exception de celle de Keiguelen, et désertes, à l'exception de celle de Tristan-d'Acuuha. Les principales sont : le groupe de Tristan d'Acunha, qui appartient aux Anglais; nous proposons d'y réunir, à cause du voisinage, Y île de Diego- Alvarez , qui parait être la même que Vile Gough; elle a de hautes montagues d'où descendent de belles cascades ; Y de Bouvet , qui correspond au cap de la Circoncision des anciennes caries; les petits groupes du prince Edouard et de Crozei ou Marion ; euGn Vile de Kerguelen , nommée île de la Désolation, par Cook, presque entièrement dénuée de végétation, mais fournie d'excellens ports, que les marins fréquentent à cause de la riche pèche de phoques qu'on y fait depuis quelques années.

Iles dans l'Océax-Indien. Celte grande division de l'Afrique maritime offre un vaste assemblage d'îles, que les géographes auglais nomment depuis quelques années archipel Etlùopien , déuomiualion peu exacte » que nous proposons de remplacer par celle d'archipel de Madagascar. Nous décrirons Madagascar, qui est une des plus grandes îles du luoode, et les îles Comores qui appartieuueut à cet archipel , daus le chapitre de la Ré* giou de l'Afiique-Orientale; toutes les autres, telles que Yiû de France ou Maurice, Y de de Bourbon ou Mascarenhas , les Seychelles, les Amirautés, etc., etc., seront décrites avec les possessions Anglaises et Françaises. Les îles Quiloa, Monfta, Zanzibar, et Pemba, le loug de la cole de Zanguebar et celle de Socotora , presque vis-à-vis du cap Gardafui , seront décrites daus l'Afriquc-Arabe, à cause de leurs rapports politiques avec l'imam de Mascate.

Iles dans la mer Rouge. Parmi les îles assez nombreuses mais peu importantes que leur voisinage de la cote africaine oblige les géographes à ranger dans cette partie du monde, nous nommerons Y de Dahlac, qui est la plus grande de toutes. Au temps des Romains cette ile était la station principale pour le commerce des jierles. Sous les Ptoléuiées et même du temps des califes les marchands qui l'habitaient étaient renommés par leurs immenses richesses. Depuis long temps les pêcheries de la mer Rouge sont épuisées ou complètement abandonnées. Dahlac n'a plus pour habilans que de pau\res pêcheurs.

MONTAGNES. L'orographie de l'Afrique n'offre encore, à quelques exceptions près, que des doutes et des hypothèses. On ne connaît complètement la direction d'aucune des chaînes principales de ses systèmes montueux, et ce n'est que dans les îles , dans la région du Nil , dans quelques localités de la Nigritie et à l'extrémité de l'Afrique- Australe, que l'on en a mesuré quelques pointes. Toutes les autres évaluations ne sont que des mesures approximative;», la plupart affectées des plus grandes incertitudes. L'inspection des belles caries de cette partie du monde publiées dernièrement par M. Bruéet la comparaison des voyages ancieus avec ceux faits de nos jours, nous ont prouvé la justesse de ce que Malte-Brun avait dit sur le caractère particulier et sur l'ensemble des montagnes de l'Afri-

que. Ses chaînes sont plus remarquables par leur largeur que par leur hauteur, et généralement parlant elles n'arrivent à un niveau considérable qu'en sf élevant lentement de terrasse en terrasse. On pourrait presque dire que toute l'Afrique offre deux immenses plateaux que nous proposons de nommer Boréal et A astral , à cause de leur position respective; le second, beaucoup moins étendu que le premier, parait être incomparablement plus élevé. Au milieu de tant d'incertitudes il nous semble qu'on pourrait, en attendant des faits positifs, classer provisoirement toutes les montagnes connues de ce continent en quatre grands systèmes que nous proposons de nommer système Atlantique , système Abyssinien , système Austral ci système Nigritien ou Centrai. Laissant de côté tout ce qui est hypothétique ainsi que les détails trompeurs des anciennes cartes, nous engageons nos lecteurs à nous suivre, ayant sous les yeux la dernière édition de la carte générale de l'Afrique de l'Atlas de M. Brué. Nous regardons comme autant de petits systèmes isolés les montagnes qui s'élèvent au-dessus des îles, et qui sont des dépendances géographiques du Continent- Africain.

SYSTÈME ATLANTIQUE , aiusi nommé du mont Allai célèbre depuis si long-temps, main encore très peu conuu. Nous rattaclious à ce vaste système tout?» les hauteurs de la Région du Maghreb, c'est-à-dire les monlagues des États Barbaresques, ainsi que les élevalions qui sont dispersées dans l'immense Sahara ou Désert. Il parait que la chaiue principale s'étend depuis les environs du cap Nouu , sur l'Atlantique, jusqu'à l'est de la Graude-Syrte dans l'état de Tripoli. Dans ce vaste espace, elle traverse le nouvel étal de S\dy-Hcscham , l'empire de Maroc, le ci-devant état d'Alger , et les régences de Tunis et de Tripoli. C'est dans l'empire de Maroc et proprement à l'est de la ville de Maroc et au sud est de celle de Fez, que cette chaiue offre les plus grandes hauteurs couuues de tout le système; elle diminue ensuite d'élévation en avançant à l'est , de manière qu'il parait que les sommets qui s'élèvent dans l'état d'Alger sont plus hauts que ceux du territoire de Tunis, et ces derniers inoins élevés que ceux qui sont situés dans l'état de Tripoli. Plusieurs chaînes secondaires se détachent en différentes directions de cette chaîne principale ; nous nommerons entre autres celle qui va finir au détroit de Gibraltar dans l'empire de Maroc. Plusieurs montagnes intermédiaires semblent lier l'une à l'autre les chaiues seroudaires qui sillonnent le territoire des états d'Alger et de Tunis; les géographes nomment Petit-Aths les montagues secondaires du pays de Sous, par opposition au nom de Grand-Atlas, qu'ils donnent aux moutagues élevées de l'empire de Maroc. Dans la partie de la chaîne principale, nommée monts Gharian, au sud de Tripoli , se détachent plusieurs rameaux très l>as , qui , sous les noms de monts Maray , mont Haroudjc'Blanc , mont Haroudjè-Noir , mont Til>esty, mont Tiggertndoumma et autres moins connus, sillonnent les immeuses solitudes du désert de Libye et du Sahara proprement dit.

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