‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 227 sur 320 · AMÉRIQUE RUSSE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE RUSSE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale entre i33* et 1700. Latitude boréale , entre 55° (précisément 54° 40') et 71°. Dans ces calculs , on n'a pas tenu compte des îles.

CONTINS» Au nord y l'Océan- Arctique. A Y est, l'Amérique- Anglaise. Au sud y le Grand-Océan. A Y ouest, le Grand-Océan, la mer de Bering, le détroit de Bering et l'Océan-Arctique.

PXEUVES. Quoique cette vaste contrée offre un grand nombre de fleuves dont plusieurs, pendant la saison chaude, apportent à la mer une grande masse d'eau , la partie de leur cours , reconnue jusqu'à présent , est trop peu considérable pour que nous ayons à les mentionner.

DIVISION et TOPOGRAPHIE. On peut dire que cette partie de l'empire Russe, considérée sous le rapport administratif, appartient à la Sibérie-Orientale, et dépend immédiatement de la Compagnie Américaine- Russe mentionnée à la page 470. Elle doit son origine à une réunion de marchands formée à Irkoutsk , sous la direction de Chelekhofi*, qui obtint <le l'empereur Paul le privilège exclusif de faire le commerce des pcllete-

ries aux îles Aléoutienneset autres contrées voisines; l'empereur Alexandre l'étendit sur toute l'Amérique-Russc. La capitale ou la principale factorerie fut d'abord placée dans l'île de Kodiak; mais les loutres de mer, devenant toujours pliis rares dans les îles Aléouticnnes, il fallut faire des expéditions plus au sud-est, chasser ces animaux dans l'archipel du Roi- George, et M. Baranoff, qui était alors gouverneur, y fonda la Nouvellc- Arkhangel qui, plus tard, devint l'établissement principal et par conséquent la capitale de cette partie de l'empire Russe. Nous avons déjà signalé ailleurs la domination purement de nom que les Russes exercent sur ces vastes solitudes. Quelques faibles tribus qui vivent le long des côtes font le commerce des fourrures avec les Russes, et reconnaissent par fois de nom seulement, la suzeraineté de l'empire; toutes les autres, ainsi uc celles de l'intérieur, sont entièrement indépendantes; on peut même ire que la plus grande partie de l'intérieur de la partie continentale est encore inconnue aux Russes. Cette nation n'y possède encore que quelques faibles établissemens le long des côtes, et quelques postes entourés de fossés et de palissades, décorés du titre de fort. Malgré cela nous lisons à notre grand étonnement, dans des géographies volumineuses publiées dernièrement, que l'Amérique- Russe est partagée en 8 prwinces y qui prennent leur nom des principales tribus qui les habitent! En attendant que la civilisation pénètre dans ces solitudes, et que les Russes y augmentent leuis établissemens et les étendent dans l'intérieur, nous proposons de partager cette région en Partie Continentale, et en Partie Insulaire. C'est d'a-

Î>rès ces deux divisions naturelles et géographiques que nous décrirons les ai Mrs établissemens, que l'activité commerciale des agens de la Compagnie Russe et le zèle de quelques missionnaires grecs sont parvenu à créer au milieu de ces sauvages. Nous ajouterons comme une dépendance l'établissement de liodega, dans la Nouvelle-Californie, que dernièrement on prétendait avoir été abandonné par les Russes; nous ne saurions l'omettre ayant été visité récemment par des voyageurs qui l'ont trouvé même assez florissant. Nous commencerons par la Partie Insulaire, parce qu'elle contient les deux principaux établissemens de l'Amérique -Russe.

La PARTIE INSULAIRE , comme l'indique sa dénomination , ue comprend que des îles , disposées en différons groupes ou archipels, que nous désignerons sous les uoms les plus connus et les plus en usage, en allant du sud au nord :

L'archipel Kolucuies, dénomination que nous proposons pour ce groupe d'îles qui d'après le dernier traité appartient aux Russes, et qui est habité par les belliqueux Koluches; il embrasse les groupes suivans, que les géographes qualifient aussi d'archipels.

V archipel du prince de Galles, qu'il vaudrait mieux appeler groupe du prince de Galles, à cause de la grande étendue de son île principale, qui porte ce nom et qui dépasse de beaucoup toutes les autres. Il est habité par les Koluches mentionnés à la page 980. Il n'offre rien de remarquable pour le cadre de cet ouvrage.

L'archipel du duc de York, dont l'île principale porte le même nom; il est habité par des tribus de Koluches.

Vile de l'A m i ra u té (Admiralfy), remarquable par son étendue , par sa belle végétation, par ses nombreux ports et par la férocité des Koluches qui l'habitent.

"L'archipel du roi George III, qu'il vaudrait mieux appeler groupe du roi George III, k cause de la grande étendue de son île principale nommée Sitka par les naturels, du Roi George III par Vancouver, et Baranoff par les Russes. Sur la côte occidentale on trouve la Noovxi 1 t-Ahmi \n«;m. , très petite ville, d'environ 1,000 habitans , siège du gouverneur dont dépendent tous les autres établissemens de l'Améri que- Russe. Les fortifications , les magasins, les casernes, la cale de construction ol

toutes les habitations sont en bois ; cependant la maison du gouverneur a une aorte d » le gance pour ces sites agrestes. Tous les édifices publics et ceux dépendant de la Compagnie Américaine, ainsi que l'hôpital qu'elle a fondé y sont tenus avec la plus grande propreté. Dans la maison du gouverneur on trouve même une bihliotlièque assez considérable composée des meilleurs ouvrages russes et étrangers, et même une collection d 'oh jets rares. Les Russes et les Créoles font tous le service militaire et sont en guerre avec les Koluchrs, qui en 1808 ont détruit Sitka, le premier établissement fondé dans cette île. M. Morineau, qui a visité dernièrement cette côte et auquel nous empruntons ces détails, dit que deux frégates et deux corvettes forment l'escadre ordinaire en station dans ces j>aragr s. La compagnie Russe-Américaine qui a ici son bureau principal et ses plus grands établissemens, possède une quiozaine de navires de toute grandeur, depuis a o jusqu'à aoo tonneaux ; les petits sont employés à recueillir les fourrures sur les cotes , soit qu'ils les obtiennent de leurs échanges avec les tribus sauvages, soit qu'elles proviennent de la chasse des Kodiaques; ils servent aussi à escorter les cayouques expédiées pour la pêche par escadrilles de 5o à 60. Les grands balimeus sont presque toujours commandés par des offiriers de la marine impériale, que le gouvernement regarde comme en activité dr st'rvice public et qui conservent par conséquent leurs appoiutemens. Mais le bénétice provenant du commerce des pelleteries, que le gouvernement russe depuis plusieurs années protège de toutes les manières , a énormément diminué à la Chine, région qu'on doit encore regarder comme le plus grand débouché pour les fourrures et les peaux de loutre, a La peau de cet animal , dit M. de Humboldt , qui varie de couleur et de finesse avec l'âge , la saison et le sexe , est d'un noir de jais : elle est si estimée à la Chine, qu'avant 1 780 , une peau de loutre était payée à raison de 40, de 60 et même de tooi no piastres. Jusqu'en 1787 , le prix se conserva jusqu'à 70 piastres pour les peaux de première qualité; mais depuis cette époque, les importations ont excédé de beaucoup les besoins du commerce et la valeur de cette fourrure a tellement baissé, qu'en 1790 la plus belle peau de Noutka se vendait à Canton à raison de i5 piastres. - M. de Humboldt estime la valeur totale de toutes sortes de fourrures d'animaux marins et terrestres introduits à la Chine par Kiakhta , année moyenne de 180a à i8o5, à i,45o,ooo roubles, et il croit que les marchés de Canton et de Macao étaient à la même époque abondamment fournis avec 3o ou 35,ooo peaux de loutre par an, dont il estime la valeur à 600,000 piastres. Il parait que depuis lors le prix des fourrures a encore diminué, ce qui a dû faire éprouver des diminutions considérables dans le bénéfice que faisaient autrefois cette Compagnie , celles de la Baie-d'Hudson et du Nord-Ouest , mentionnées à (a page xi 5a , et les Anglo- Américains qui depuis plusieurs aimées prennent one part si active dans ce commerce. Un voyageur russe, M. Chabelski, qui a visité ces établissemens à bord de l'Apollon, pendant les années i8ai, i8aa et i8a3, estime à 800,000 francs la valeur des fourrures que l'empire Russe reçoit annuellement de ces colonies.

Le croûte ns Tchaleha (Hiocbiugbroke) , dans le Prim-WUliam-Sound , formé par l'île de ce nom et plusieurs autres moins considérables. Sur l'ile Tchalkha se trouve le P o r t - E t c h e s , où les Russes ont un petit fort et un petit établissement.

Le groupe na KooiAE, formé par la grande ile de ce nom et par plusieurs autres beaucoup moius considérables, que quelques géographes rangent dans le grand archipel des Al éou tiennes. La population de l'ile de Kodiak (Saint-Paul; Kikhtak) a beaucoup diminué par les maladies et par le grand nombre d'habitans que les Russes lui ont enlevé pour les établir , ainsi que les Aleoutieus, dans tous leurs postes le long de la côte et sur les îles où ils ont fondé des colouies. Les Kodiaques sont robustes , actifs , habiles à la pêche , à la chasse et excellens dans tous les travaux qui y ont rapport. Le» Russes les emploient avec avantage aux différens arts professés daus leurs établissemens. Leurs embarcations, que l'on nomme cayouques. sont un des produits les plus remarquables de leur industrie ; elles sont en forme de navette, entièrement recouvertes en cuir petcé d'un ou deux trous, qui ne laissent que le passage du corps des pécheurs. Saivt-Peui., petite bourgade sur la baie Lekhik (Liechik) , était avant la fondation de la Nouvelte-Arkaugel le chef-lieu de toute l' Amérique-Russe. Nous nommerons ensuite l'ile Sitk hinak, très petite , mais importante par sa population , qui est assez concentrée relativement à ces contrées fi pauvres d'habitans.

L'archipel dbs Aleoutes (îles Aléoutiennes). Il nous semble plus convenable de borner cette dénomination à la chaîne d'îles qui se développe entre la péninsule d'Alaska en Amérique et celle de Kamtchatka en Asie. Les Russes les partagent dans les quatre groupes sui vans : les Aléoutt s proprement dites, dont les principales sont : Vile Je Bering, sans habitans permanens et remarquable par son étendue et par le naufrage du célèbre navigateur Bering, qui y mourut en 174» î !''*/« de Cuivre (Mednoï Oslrov des Russes), également sans habitans permauens; elle doit son nom aux grands morceaux de cuivre qu'on y trouva; Ait ou , la plus grande et , à ce qu'il parait, la plus peuplée de ce groupe; Siska, la plus étendue du petit groupe des iles Rats (Khao; Krisji des Russes; Ratlen des géographes allemands), subdivision des Aléoutes proprement dites. Les iles Andréanov (Nego) , remarquables par leurs nombreux volcans; les Iles principales sont Tanaga, Kanaga et Atcha; elles ont chacune un volcan et nous paraissent les plus peuplées du groupe; Amlja (Amlai). Les iles des Renards (Lisii Ostrovi, dites aussi Ravalany), dont les principales sont : Oumnak , une des plus grandes, avec un volcan; Ounalachka, la plus peuplée de tout I archipel et la seconde pour I étendue ; elle a un volcan ; entre cette île et la précédente, il y a un volcan sous-marin , ou une île volcanique produite pendant l'éruption de 1 795 ; Akutan , assez peuplée et remarquable par sou xoU can; Akun , une des plus peuplées ; Ounimak , la plus grande de tout l'archipel; elle a 11 11 volcan et un siège épiscopal ; les Russes y ont une petite garnison et un chantier de construction. Non loin est l'ilot Cougalga (Cougalga) , qui , avec l'île précédente , forme le passage qu'un savant marin regarde jusqu'à présent comme le plus sûr pour passer de la mer de Rering dans le Grand-Océan ; enfin SannakU , dont le sol est regardé comme le moins ingrat de tout l'archipel.

Dans la mer de Bering nous nommerons le croups des îles Pribtlo? , composé des iles Saint-Paul et Saint-George , remarquables par (es deux établissemens d'Aléoutieus que les Russes y ont fondés pour exploiter plus facilement la riche pèche des lions marins ; l'île Noumvok , dont la reconnaissance a été faite depuis peu ; on la croyait auparavant former partie du ContiuentAméricaiu ; elle est habitée et d'une étendue considérable. A la page 787 nous avons mentionné l'île de Saikt-I.aureict parmi les iles de cette mer qui nous paraissent devoir appartenir à l'Asie. Enfin, au milieu du détroit de Rering, nous citerons le petit groupe des îles .Diomedk, composé, selon Cook et M. Beechey, de trois îles, que ce savant marin nomme Fainvay, Kruzenttern et Ratmanojf; celle-ci est de beaucoup la plus grande; la première, qui n'est qu'un ilôt, est très remarquable parce qu'elle forme, avec la côte de l'Amérique, le meilleur passage entre l'Océnn-Arctique et la mer de Bering. Il ne faut pas oublier que ce groupe , que M. le capitaine Kotzebue assurait dernièrement érre conquisé de quatre au lieu de trois iles, appartient par sa position autant a l'Amérique qu'à l'Asie; cette dernière même peut en réclamer la plus grande partie, à cause du voisiuage de la plus grande de ces iles.

La PARTIE CONTINENTALE offre dans son état actuel des établissemens encore moios importans que ceux que nous venons de décrire dans la Partie Insulaire, mais elle ne laisse cependant pas d'être assez intéressante sous plus d'un rapport , que nous allons signaler à l'atteulion du géographe, du naturaliste et de l'ethnographe dans la description du petit nombre de points qui nous paraissent mériter quelques détails. En descendant du nord an sud nous suivrons la côte , seule partie de ces solitudes que l'on ait encore explorée. Nous la subdiviserons d'après les nations différentes qu'on y a observées.

Dans le Pats des Esquimaux proprement dits nous nommerons la Pointe-Barrow, ainsi nommée par le capitaine Beechey, en l'honneur de l'illustre secrétaire de l'amirauté d'Angleterre, non moins connu par ses voyages et par ses savans travaux géographiques que par les mémorables explorations qui , par son conseil , furent entreprises aux frais du gouvernement , et qui remplirent tant d'importantes lacuues qu'offrait encore de nos jours la description du globe. Cette pointe est doublement importante comme limite de t exploration du Continent. Américain , que les Anglais viennent de faire par f est sous la conduite de M. Beechey , et comme le point connu le plus toréai du Nouveau- Continent (Ut. 710 a3' 3i"); tout près se trouve un village d'Esquimaux, turbulens et peu hospitaliers , qui parait être le plus peuplé de toutes ces régions arctiques.

Dans le Pays des Kitegses, tribu comprise dans la grande famille des Eiquimaux,

décrite à la page 980, s'élève le cap Glacé, limite de l'exUoratiom arctique de l'immortel Cook. On doil ajouter que la côte de ce pays et du précédent a reçu du capitaine Beechey le nom de Géorgie Occidentale (West Georgta).

Dans le Pats oks Tcbouetchi , nous signalerons la péninsule formée par les golfes de Kotzebue et de Norton et par le détroit de Bering; ce détroit , un des plus remarquables du monde, sépare le Continent- Américain du Continent- Asiatique; le capitaine Heechcy lui donne 5a milles d'ouverture, tandis que Gook ne lui en avait donné que 44. Près du cap prince de Galles , extrémité occidentale du Nouveau-Continent, se trouvent deux villages; celui de K ing -a- ghe est un des plus peuplés de ces contrées boréales.

Dans le Pats ou Kobaiooes, nous nommerons la longue péninsule d'Alaska, qui en occupe la plus graude partie; elle est remarquable par ses deux hautes montagnes dont une est un volcan , et par le grand lac Çlitlekhov , qu'un fleuve assez considérable pour ces parages, décharge dans le grand golfe de Bristol ; Vétabli ssemen t russe le plus remarquable, quoique très petit, est situé près du cap Douglas sur le détroit de Chelekhov.

Dans le Pats dis Kehaïzes , qui s'étend au nord du précédent entre la mer de Bering et l'Entrée de Cook (Cook's Inlet) , nous signalerons a l'attention du lecteur le volcan vu par Vancouver sur la côte occidentale de l'Entrée de Cook , et Roda , petit établissement russe.

Dans le Pats des Tcbougatcbes , qui comprend la péninsule si remarquable formée par l'Entrée de Cook et la baie du prince William , que nous proposons de nommer péninsule des Tchougatc lies , ou trouve le Fort Alexandre, une des principales factoreries russes.

Dans le Pats des Ocgatachmioutes , qui embrasse toute la baio du prince William et ses nombreuses îles , nous uous bornerons à nommer l'île Tcfialk/ia qui est la plus considérable et que nous avons déjà meulionnée à la page 1 160.

Dans le Pats des Kolocbes , qui comprend le New- Norfolk et la partie septentrionale du New- Cor nw ail de Vancouver, nous signalerons d'abord le mont Sa int-Elie , qui est le point culminant de tout le monde connu au nord du 5oe parallèle ; Y a koutal (Yakoutat) , la plus importante des factoreries russes sur cette partie du Continent ; le mont Beau-Temps (mont Fairweather) , qu'à la page o5i nous avons rangé parmi les plus hautes raoutagnes du système Missouri-Mexicain auquel appartient aussi le colosse de Saint-Elie. A la page 1 1 59 nous avons déjà indiqué les îles les plus remarquables qui appartiennent au Pays des Koluches.

Avaut de quitter celte côte nous rappellerons au lecteur un usage singulier observé par des voyageurs chez plusieurs des peuplades qui l'habitent. Dans quelques cantons chaque tribu se distingue par les noms de certains animaux; celle ci s'appelle Loup, celle-là Aigle, d'autres prennent le nom du Corbeau et de YOurs ; lorsqu'on entre dans uu village, on sait bientôt à quelle tribu il appartient , car la cabane du chef est couronnée d'un symlwle qui représente cet animal peint avec plusieurs couleurs ; ce symbole les accompagne aussi à la guerre , et peut être regardé comme leur drapeau.

Depuis 180» les Russes possèdent un établissement daus la NouvEixa-CALiroajiiE , entièrement séparé de leurs autres possessions et situé sur un lerrein, que les Mexicains regardent comme une partie de leur territoire. Cette petite colonie, que les Russes nomment Bodega, est située à quelques milles au nord du port de San-Franeisco , à l'embouchure de la Slavinska-Ross. On nous avait assuré qu'il avait été abandonué ; mais M. de Morineau , qui l'a visité dernièrement , et le second voyage du capitaine de Kotzebue ne laissent plus en doute son existence. Sa population se compose d'une trentaine d'Européens et d'environ 3oo Kodiaques. Quoique son port ne soit pas fort bon , ce poste est pour les Russes d'une grande importance , étant uu entrepôt pour les denrées qu'ils tirent de la Californie et pour les pelleteries qu'ils destinent à la Chine, ainsi qu'un débouché avantageux pour les produits de leur industrie qu'ils ont à donner en échange.

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